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ISBN : 2754017224
Éditeur : First (08/11/2012)

Note moyenne : 4/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Qui n'est pas attendri au souvenir de Jean Yanne ? de ses yeux de cocker, de sa voix pleine de gouaille ? de ses sketchs, de ses films ou de ses multiples emplois de Français moyen, râleur, vachard et égoïste ? Et qui, aujourd'hui, l'a remplacé ?

Enfant des banlieues ouvrières, Jean Yanne traitait avec un égal mépris les bourgeois arrogants et les révolutionnaires en chambre. Au cinéma, à la télévision, à la radio, au cabaret, en chanson et même en b... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Dionysos89
  05 avril 2013
Jean Yanne, un nom dont le pseudo redondant à la bretonne résonne gaiement à mes oreilles, malgré ces quelques années passées depuis son décès. Bertrand Dicale nous offre ici une biographie épaisse, volontairement « À rebrousse-poil » comme son titre l'indique, et surtout au plus près des sentiments de ce personnage du paysage audiovisuel français.
Nous avons là un pavé. Un vrai gros pavé, massif et brutal. Cette biographie faite par ce qui semble être, au vu de sa bibliographie, un spécialiste du genre, Bertrand Dicale (la quatrième de couverture nous rappelle qu'il a rempli le même office pour Juliette Gréco, Louis de Funès, Serge Gainsbourg et Georges Brassens, entre autres), apparaît comme une nouvelle référence sur la vie professionnelle du regretté Jean Yanne, disparu en 2003.
L'objet-livre n'est pas, il faut le dire, très attirant au premier coup d'oeil, mais alors, une fois parti dans la lecture, qu'est-ce que c'est passionnant ! Des pages longues et denses viennent rythmer notre lecture : on sent bien que Bertrand Dicale a fait un travail vraiment colossal pour amasser autant d'informations précises et surtout jamais surfaites. de plus, histoire de bien accumuler une quantité impressionnante d'informations, on trouve un vrai intérêt à tomber, en marge, sur des extraits de sketchs ou de dialogues made in Jean Yanne. C'est frais, c'est savoureux et ça se passe de commentaires !
Même si on peut rapidement trouver une assez grande tendance de l'auteur à renchérir sur la thèse vantée par le titre, celle d'un personnage « à rebrousse-poil », expression maintes et maintes fois reprise dans cet ouvrage, il convient de reconnaître que Bertrand Dicale va au fond des choses. Ainsi, nous voyons des années et des années de cinéma français défiler devant nos yeux de lecteurs et non seulement c'est fait avec une très forte érudition et un sûrement un profond respect pour le personnage (voire une prise de parti pour lui même), mais surtout c'est l'occasion de suivre pas à pas l'évolution sociale de la France des années 1960 à 2000, de la télévision au cinéma, en passant par les jeux de société, le marché automobile ou même le féminisme. Cette quantité de chiffres, de données, devient vite énormissime, si on y fait bien attention, et surtout, on retrouve rapidement une mécanique assez redondante quand il s'agit d'enchaîner les oeuvres de la filmographie de l'acteur-réalisateur-producteur : idée miraculeuse, ennuis de tournage, chiffres de fréquentation, critiques de presse et enfin conséquences personnelles.
Heureusement, pour finir, l'auteur ne rechigne pas à égratigner Jean Yanne, ce qui est bienvenu, même quand on adore le personnage : cet homme bourru est loin d'être le gentilhomme parfait et Bertrand Dicale réussit, sur le tard, à nous faire profiter de cette facette. Il est à noter que l'auteur se focalise surtout sur la vie professionnelle de Jean Yanne et pas vraiment sur sa vie sentimentale, et c'est tant mieux pour moi car je préfère largement ce choix. En revanche, la fin de cet ouvrage donne l'impression que tout va très vite : peut-être à l'image de la carrière de l'acteur Jean Yanne, la biographie sur lui se devait de passer rapidement sur ces années 1990 et le début des années 2000, comme un coup de vent sur une carrière déjà bien riche.
Un ouvrage conséquent donc que ce « Jean Yanne : à rebrousse-poil » que j'ai vraiment adoré lire, même si ça m'a pris un temps fou. Merci évidemment à Babelio (désolé d'avoir attendu le tout dernier jour pour publier cette chronique, mais je n'allais pas publier avant d'avoir bien tout lu jusqu'à la dernière ligne), à son opération Masse Critique (qui m'a encore gâté et j'en suis ravi comme pas possible !) et aux éditions First Document bien sûr, de m'avoir permis de découvrir ainsi cette charmante biographie aussi grinçante et généreuse que le personnage qui fait son sujet.
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carre
  16 mars 2013
Tout d'abord un grand merci aux Editions First et à Babelio pour cette Masse Critique et de m'en avoir fait bénéficié.
Bertrand Dicale s'attache plus à nous décrire le parcours professionnel que la vie privée (ce qui est à saluer) du touche à tout qu'était Jean Yanne. Et quel parcours !
Yanne était un bourreau de travail, provocateur dans l'âme, adorable ou colérique, docile ou irrespectueux, anarchiste ou réactionnaire, le tout et son contraire. le travail de Dicale reprend point par point la carrière de l'insaisissable trublion.
Une carrière en dent de scie, acteur reconnu mais réalisateur déchu, après les fiascos financiers de « Deux moins le quart… » et de « Liberté, égalité, choucroute », ces déboires avec le fisc et son départ pour la cité des Anges (Depardieu n'a rien inventé), ces amitiés indéfectibles. Mais derrière ces frasques, ces réactions imprévisibles, ces mensonges, sa mauvaise foi se cachait un homme pudique, certainement meurtri, désespéré qu'il masquait par une gouaille, un humour et un verbe souvent provocateur. Comme beaucoup de grands amuseurs. Remarquablement documentée, « A rebrousse-poil » est un bien bel hommage à un homme imprévisible qui sous l'image de « grande gueule » cachait une grande solitude. Avec pour paraphrasé Jean Gouyé « La solitude, c'est l'impossibilité de vivre seul… »

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Woland
  27 mars 2013
ISBN : 9782754017220

Ce livre a été lu dans le cadre d'une opération "Masse Critique" sur Babélio et nous remercions tout particulièrement les éditions First Document pour nous en avoir gracieusement offert un exemplaire. ;o)
De son vrai nom Jean Gouyé - et d'origine bretonne, soit-dit en passant - Jean Yanne fut sans doute le seul authentique anar des années soixante et soixante-dix. Un anar qui, malheureusement pour lui et comme la majeure partie de ses semblables, ne parvint jamais à se libérer d'un système qu'il haïssait et tournait cruellement en dérision, un anar qui mourut couvert de dettes et en délicatesse avec le fisc, un anar qui avait la faiblesse d'aimer vivre dans un confort certain - mais peut-être, à bien y regarder, l'anar le plus vrai, le plus insolent du XXème siècle. Il convient désormais de laisser faire le Temps en espérant que la postérité lui rendra l'hommage qui lui est dû en substituant à son image d'amuseur public et de pilier des "Grosses Têtes" celle d'un moraliste pétri d'amertume et d'ironie, qui ne fut jamais en phase avec son époque parce qu'il ne pouvait faire l'impasse sur ses trop nombreux travers.
Chansonnier dont les sketches cyniques font les beaux jours de You Tube & compagnie, comédien prodigieux qui, curieusement, ne tirait aucune gloire de ce don qu'il avait reçu et le considérait même avec mépris, scénariste, dialoguiste et réalisateur ambitieux (mais sans rigueur) qui finit par embourber un talent bien réel dans de pesantes machineries comme le navrant "Deux heures moins le quart avant J. C.", Jean Yanne offre, à celui qui s'intéresse à lui, presque autant de visages qu'il a tenu de rôles, sans que l'on parvienne à savoir lequel était le plus proche de lui.
Certains - qui ne voient pas très loin, il faut bien le dire, et jugent trop sur les apparences - le tiennent pour l'incarnation parfaite du Français moyen dans toute sa gloire, râleur, grossier, toujours prêt à critiquer et à se plaindre, un personnage imbuvable dont la misogynie, la mauvaise foi et la tendance à faire la leçon sont à jamais rédhibitoires. D'autres, plus fins, le tiennent au contraire pour une sorte de génie méconnu et bien plus pudique qu'il ne consentait à l'avouer, que son incapacité semble-t-il foncière à accepter certaines limites techniques et financières a fini par vouer à une vie de semi-expatrié, un pied aux USA et un autre aux "Grosses Têtes" de Bouvard.
Quoi qu'il en soit, que vous préfériez le candidat anonyme mais menaçant du "Permis de Conduire" au Benoît Lepape tout fringant de "Moi Y En A Vouloir des Sous", que vous vous rappeliez avec attendrissement le camionneur parisien qui appelle Micheline Presle "ma p'tite dame" dans plusieurs épisodes des "Saintes-Chéries" ou que vous ayez des petits boutons en vous repassant les pires numéros de beaufitude achevée de Jean Yanne chez Bouvard, vous gagnerez à lire la biographie que Bertrand Dicale vient de consacrer à celui qui demeure l'inoubliable interprète de "Que la Bête Meure" et "Le Boucher" de Chabrol. On est tenté d'écrire que rien n'y manque. En outre, on y sent la volonté de raconter un homme et un artiste tel qu'il fut, avec ses humeurs, ses faiblesses mais aussi son enthousiasme, sa générosité et son grand, son immense talent.
On ne remplacera jamais Jean Yanne mais sans doute est-il mort à temps, en ce siècle où l'angélisme crétin et le politiquement correct semblent vouloir régner sans partage. Il a passé sa vie à les haïr et à en découdre avec eux. Certes, il n'a pas réussi à les vaincre mais sait-on jamais ? Tant qu'il y aura des gens comme vous, comme moi, pour aimer et citer Jean Yanne, pour s'extasier sur ce don unique qu'il avait de se couler sans façon dans la peau d'un personnage - une facilité aussi déconcertante, aussi naturelle, je n'en trouve personnellement d'équivalent que chez Brando - pour encenser ses sketches et ces petites merveilles que sont "Tout le monde il est beau ..." et "Moi Y En A Vouloir Des Sous" - oui, aussi longtemps que cela sera, tout espoir de voir renaître l'Impertinence et le Panache en notre pays ne sera pas perdu. Comme le dit si bien son biographe, le citant lorsqu'il affirmait : "Quand on a un successeur, quel que soit le domaine, c'est qu'on est fini", Jean Yanne n'est pas fini.
Et c'est tant mieux. ;o)
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benleb
  10 septembre 2014
Très bonne critique du grand chansonnier, humoriste, homme de radio, acteur, réalisateur et mauvais entrepreneur que fut Jean Yanne.
Né dans un milieu modeste, il détesta toujours les donneurs de leçons qu'ils fussent de droite ou de gauche.
J'ai surtout apprécié les chapitres consacrés à son enfance et à ses débuts (trop courts ,pour moi), et surtout à ses années de gloire de radio et de cinéma que furent les années 70, sur lesquels l'auteur s'étend à raison. Ceux consacrés aux années 80 et 90 sont aussi très bien, mais l'auteur me semblent trop insister sur les échecs, la ranceur puis la médiocrité de Jean Yanne à cette époque.
J'ai trouvé excellente l'idée des citations en marge des textes de Jean Yanne.
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critiques presse (1)
LeFigaro   17 décembre 2012
Alors que 2013 va marquer le dixième anniversaire de sa mort, Bertrand Dicale fait revivre [Jean Yanne] dans une minutieuse biographie.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Dionysos89Dionysos89   12 mars 2013
On chante « Maréchal nous voilà » dans les écoles, certains enfants portent une étoile jaune sur leur blouse, on écoute Radio Londres le soir, on élève un lapin dans les toilettes pour améliorer l’ordinaire. On attend, on espère, on protège le petit des angoisses des grandes personnes. La liesse de la Libération permet surtout à Jean de voir l’instituteur qui chantait la gloire du Maréchal arborer fièrement un brassard FFI.

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WolandWoland   27 mars 2013
[...] ... Même s'il prétend, comme beaucoup de cinéastes, ne pas se soucier des critiques, [Jean Yanne] ne peut lire sans délectation l'article d'Henry Chapier dans Combat à la sortie de Moi Y En A Vouloir des Sous, le 22 février 1973 : "L'immense réussite du film de Jean Yanne, c'est d'avoir résumé, en moins de deux heures, la comédie humaine qui se joue sous nos yeux, à tous les niveaux, et que l'auteur définit à peu près comme "la lutte des imbéciles contre les demeurés pour le maintien d'une société absurde. [...] Jean Yanne, c'est le bon sens de Molière revenu dans le siècle, avec ce que cela comporte de verve, d'imagination, de délire farfelu. [...] La mise en scène rappelle la poigne d'un Abel Gance, son sens de la direction des foules, et son écriture d'architecte, composant chaque plan comme une immense toile en mouvement."

Chapier n'est pas seul à brandir les références majuscules à propos de Moi Y En A Vouloir des Sous. Pour France-Soir, c'est "du Molière de bonne santé et du Courteline sans idées noires" et, pour Le Point, "une énormité à la Céline."

Mais même si La Croix exagère en évoquant une "quasi unanime volée de bois vert", Moi Y En A Vouloir des Sous est voué aux gémonies par la majorité de la presse de gauche. Ainsi, L'Humanité-Dimanche tonne : "On ne met pas dans le même panier exploiteurs et exploités, même pour faire rire, à la manière des chansonniers de bas étages qui s'adressent à un public de bourgeois et de gavés. [...] Yanne se prend pour Jupiter. Du haut de son mépris, il distribue ses coups à droite et à gauche. Mais ça fait rire la droite, qui en a vu d'autres et qui participe au financement du film." L'autre hebdomadaire du parti communiste, France Nouvelle , tranche dans le vif : "Disons que le film de Jean Yanne est le plus bête [...] mais qu'il est aussi ouvertement le plus directement conformiste dans son anti-conformisme affiché." Dans Télérama, on cloue au pilori "saint Jean Yanne, celui qui sait tout et qui détient les clés du Paradis. Lui seul est honnête, généreux, lucide, intelligent." Et, ici ou là, on stigmatise le poujadisme du film et de son auteur. On néologise même en parlant de "pouyannisme."

Mais il ne fait plus de doute pour les observateurs que Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil n'était pas un triomphe sans lendemain et que Jean Yanne s'est taillé une place à part dans le paysage du cinéma français. ... [...]
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Dionysos89Dionysos89   21 mai 2013
De Funès incarne une société dont les habitudes sont attaquées de toutes parts, et le rire naît de ses tentatives désespérées pour parer ces attaques. En revanche, Jean Yanne personnifie le mouvement, le changement, l’audace. Son comique procède de la subversion des traditions et des positions établies. Il n’incarne pas la panique de la France de papa, mais l’intelligence sans complexe de la modernité.

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Dionysos89Dionysos89   08 avril 2013
On lui avait demandé un jour : « Vous voyez-vous un successeur ? » Il avait répondu : « Quand on a un successeur, quel que soit le domaine, c’est qu’on est fini. »
Alors, Jean Yanne n’est pas fini.

(Excipit)

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carrecarre   09 mars 2013
Le mercredi, ils évoquent la bible et plus particulièrement le personnage de Loth. Les trois comparses lisent tour à tour des passages parodiant l'Ancien Testament dans lequel Loth erre dans le désert avec son chien Vinégra- "Ce qui veut dire "chien fidèle" en hébreu, assure Jean Yanne. Et à la fin, "Vinégra lécha Loth".
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Videos de Bertrand Dicale (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Bertrand Dicale
http://www.passion-bouquins.com http://www.facebook.com/pages/Blog-Passion-Bouquins/327561607257926
27e salon du livre de Colmar 2016 http://www.salon-du-livre-colmar.com/
Entretien avec Bertrand Dicale qui nous présente son Dictionnaire amoureux de la chanson franc?aise avec de nombreuses références et notamment la place de Serge Gainsbourg dans le patrimoine musica français.
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