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EAN : 9782290338926
252 pages
Éditeur : J'ai Lu (26/01/2004)
3.59/5   197 notes
Résumé :
Le cours du temps s'est inversé sur terre. Les morts se réveillent dans leurs tombes, rajeunissent, et finissent par réintégrer une matrice maternelle. Les cigarettes se reconstituent lentement dans les cendriers, et les vêtements sales du matin sont devenus propres le soir venu.
Sebastian Hermes dirige un vitarium, une société spécialisée dans le repérage et l'extraction des morts revenus à la vie. Lors d'une mission de routine, il tombe par hasard sur la t... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
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Witchblade
  16 mai 2021
Livre découvert lors d'un furetage sur une librairie virtuelle. À la base, je recherchais le tome 1 d'une série. Je connais l'auteur de nom mais ça sera mon premier de lui. le titre de ce roman m'intrigue depuis que je l'ai dans ma pal. Il aura fallu une énième déception en matière de découverte pour que je m'y lance enfin, en espérant ne pas en rajouter une autre à la longue liste.
La logique de cette histoire est très originale, beaucoup de choses y sont inversées comme le retour à la vie après la mort ou le « bonjour/au revoir ». Tout le concept du livre repose sur l'inversion des évènements. L'histoire en elle-même n'est pas transcendante mais elle est suffisamment captivante pour maintenir mon attention sur elle. Surtout qu'au fur et à mesure de la lecture, on découvre les subtilités de ce monde. Plusieurs personnages prennent la parole à tour de rôles dont un ancien-né M. Hermès, un policier Joe Tinbane et un bibliothécaire Doug Appleford. le tout étant mélangé avec la religion et une histoire d'amour naissante. L'univers créé par l'auteur est complètement farfelu mais il suit une logique tout au long de son histoire. C'est ce que j'aime beaucoup avec ce type de roman, l'univers et l'histoire suivent une même logique sans faillir ni en se raccrochant aux tares connues de l'humanité. Dans ce roman, l'auteur les remet au goût du jour avec une version tout à lui et lié à son monde à rebrousse-temps. Ce qui est intéressant également, c'est la vision des différents personnages suivant leurs interlocuteurs, certains changent du tout au tout. Rien ne se passe comme prévu, j'ai trouvé Sebastian assez indécis comme ancien-né, il se laisse porter par les évènements même si c'est contraire à son avis. Curieuse fin, c'en est une sans en être une car l'histoire est tellement originale avec son mode de fonctionnement propre et le style de l'auteur, qu'il a choisi une fin ouverte. En même temps, je m'attendais à tout sauf à ça. D'autant plus qu'arriver dans les 50 dernières pages, il me tardait de connaître la fin de cette aventure. Et au final, je suis un peu déçue.
Comme vous l'aurez compris, c'est malgré tout une excellente découverte pour le style et pour l'imaginaire de l'auteur. Il est original à souhait et sort des sentiers battus, tout ce que j'aime même si cette fin laisse à désirer. Si vous êtes amateurs de SF original, je vous conseille donc très fortement de découvrir cet auteur et ce roman. Pour ma part, j'en ai deux autres de lui dans ma pal, je les lirais avec plaisir et je fouillerai également plus sa bibliographie.
Sur ce, bonnes lectures à vous :-)
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ibon
  28 avril 2019
Joli délire qui ne bénéficie pas, hélas, de l'intensité, du suspense, de l'émotion et de l'inventivité des récits les plus connus de Philip K.Dick. Pourtant le thème de l'après-mort, récurent chez l'artiste (avec la semi-mort, les morts sont conservés au froid et remis en semi-vie pour permettre un contact avec les vivants), est habituellement traité avec plus de mystère et, selon moi, plus d'intérêt.
Avec la nouvelle loi (la loi d'Hobbart), le processus de décomposition s'inverse et les morts reviennent à la vie et toquent à leur cercueil quand ils sont prêts à sortir. le travail de récupération est assuré par des entreprises privées. le lecteur suit l'une d'entre elles, laquelle devra gérer le retour à la vie d'un grand prédicateur. Ce retour suscite un vif émoi dans les communautés religieuses qui vont oeuvrer pour prendre possession du personnage. L'intrigue repose sur la petite guéguerre entre toutes ces confréries.
L'inversion du temps dans ce roman n'est pas une inversion de la chronologie. Les cellules se régénèrent et c'est tout. Pas de paradoxe temporel ou je ne sais quel événement. C'est bien cela qui m'a manqué dans ce roman: être surpris.
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Musardise
  27 juillet 2018
Malheureusement, pas grand-chose à dire de très intéressant sur ce roman franchement mineur de Philip K. Dick. À lire la quatrième de couverture, on pouvait craindre un Ubik à l'envers, mais non, et tant mieux, car on n'en aurait sans doute pas vu l'utilité. Ce n'est pas pour autant que c'est un texte bien original. Les sujets sont là, qui ne demandaient qu'à être exploités : résurrection des morts comme annoncé dans la Bible, inversion du temps, religion omniprésente, conflits ethniques, retour d'un leader religieux mort considéré comme un saint, institution toute puissante qui fleure bon la dystopie, etc., etc.
Seulement, rien n'est développé. Oui, les morts reviennent à la vie et on les appelle (dans la traduction que j'ai lue) les anciens-nés. Et voilà. Philip K. Dick amorce vaguement une réflexion sur la mort de temps à autre, et laisse tomber. Sans compter que tout ne fonctionne pas à rebrousse-temps, alors que la Terre entière est censée être sous le coup d'une inversion du temps qui relève d'une loi physique universelle. du coup, outre la résurrection des morts et le rajeunissement des personnes, on se contente d'anecdotes, comme les cigarettes fumées à l'envers et la nourriture régurgitée, anecdotes un peu grotesques. La question des conflits ethniques a l'air de tomber là comme un cheveu sur la soupe, n'est pas développée, et n'apporte rien à l'histoire. Sur la Bibliothèque, institution qui pratique la censure en détruisant certains documents, on ne sait pas grand-chose : ni d'où lui vient son pouvoir, ni à quoi elle sert véritablement. Son autorité semble s'étendre à pas mal de choses, mais comme son rôle n'est pas développé non plus, on en restera là. Et surtout, on a le fameux leader Peake qui revient à la vie semble avoir fondé une religion qui a pour objet de faire communier les esprits des adeptes jusqu'à la symbiose. Là, on pense à Fondation d'Asimov, à l'univers de Ghost in the shell, et on se dit que ça, Philip K. Dick va le développer bien à sa façon. En fait non. Un personnage en parle, mais est aussitôt interrompu par un autre personnage que ça n'intéresse pas. Et finies les histoires d'osmose spirituelle.
Reste une sorte de thriller qui se lit vite et bien, écrit avec plus de naturel que certains autres romans en revanche bien plus denses du même auteur, et dont on suit l'histoire sans s'ennuyer. Donc, c'est un très bon roman pour passer le temps (par exemple pour s'extirper des lourdeurs de la faute de l'Abbé Mouret), mais ce n'est certainement pas là qu'on trouvera matière à réflexion, ni le coeur de l'oeuvre dickiennne. Cela dit, on s'amusera à retrouver certains leitmotiv typiques de l'auteur, notamment la figure de la fameuse femme fatale et cruelle. Je ne déconseillerai donc pas ce roman, du moment que vous savez à quoi vous attendre. Il passe bien pour un moment de détente, ou si on tient à absolument tout lire de Philip K. Dick. Mais si vous avez dans l'intention de vous lancer dans un Philip K. Dick particulièrement représentatif de son auteur, allez directement prendre une dose d'Ubik.
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colimasson
  07 décembre 2016
Thriller paranoïde dans un futur qui ne l'était pas encore à l'époque (1998). Dieu est un yaourt. C'est ce que disent ceux qui qui ressuscitent, c'est-à-dire ceux qui démeurent. Ah oui, le sens du temps est inversé. On ne naît plus, on ne vieillit plus : on démeurt et on rajeunit. Mais les démorts n'ont aucun souvenir de leur après-vie. Peut-on affirmer pour autant que Dieu n'existe pas ? « Cela ne réfute pas plus Dieu et l'au-delà que l'absence de souvenirs pré-utérins ne réfute le bouddhisme ». Faudra y penser le jour où vous aurez oublié de prendre un livre pour traverser la city en bus.

La révélation vient toujours d'ailleurs : en l'occurrence, ce sont les citations d'Erigène, de saint Thomas d'Aquin, de saint Augustin et de Boèce, en exergue de chaque chapitre, qui viennent nous indiquer l'abandon divin par surplus d'être. Cette collection de citations cassées et obtuses vaut à elle seule le déplacement de la lecture :

« L'éternité est une sorte de mesure. Mais il n'appartient pas à Dieu d'être mesuré. Donc, il ne lui appartient pas d'être éternel. » Saint Thomas d'Aquin

« L'amour est la fin silencieuse du mouvement naturel de toutes choses animées. Au-delà, le mouvement ne se perpétue pas. » Erigène

« Mais demain n'est pas encore atteint et hier est perdu. Et vous ne vivez pas plus dans cette vie d'un jour que dans ce moment fugace et transitoire. » Boèce

« Ainsi donc, quand ils se lèvent et tendent vers l'être, plus vite ils croissent pour pouvoir être et plus ils se hâtent vers le non-être. » Saint Augustin

Comme dans « L'homme dont toutes les dents étaient exactement semblables », P. K. D. accorde beaucoup d'importance à la métaphysique des relations amoureuses. C'est une question au moins aussi mystérieuse que celle qui concerne l'existence de Dieu. On peut comprendre.

A part ça, je n'ai pas compris grand-chose à l'histoire, mais ce n'est qu'un détail.
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Luniver
  12 janvier 2013
En 1986, le temps sur la Terre s'est inversé : les morts reviennent à la vie, et crient dans les cimetières pour qu'on les libère. Ils rajeunissent alors de plus en plus, deviennent des enfants, puis des nourrissons, et disparaissent enfin dans l'ultime étreinte de leur mère d'adoption. Pour manger, les citoyens posent une assiette sale sur la table, et régurgitent leur repas qui devient un plat parfaitement présentable. Les vieux mégots se (dé)fument, jusqu'à ce que la cigarette se reconstitue intégralement.
Des sociétés se sont constituées pour déterrer les anciens-nés et les vendre au plus offrant. Sebastian Hermes en dirige. Son flair le mène à découvrir la tombe de l'Anarque Thomas Peak, prophète de la toute nouvelle religion udite, qui va bientôt revenir à la vie. Il flaire le bon filon, mais les organisations qui s'intéressent à Peak vont bientôt se montrer très pressante pour obtenir celui qui a bouleversé le monde religieux.
Tous les ingrédients étaient réunis pour un bon roman, mais malheureusement, la sauce n'a pas pris. La cohérence du phénomène de l'inversion du temps pour commencer : tous les petits détails (les repas, la cigarette, …) sont amusants, mais certains phénomènes reviennent dans le temps, d'autres continuent à « vieillir », certaines personnes sont moins touchées que d'autre, sur Mars, ce phénomène n'apparaît pas du tout … Tout ça est bien confus !
L'intrigue se révèle tout aussi décevante. « Le conseil des Oblits, les Udites, le Vatican : tous veulent mettre la main sur le prophète. Mais dans quel but ? » nous dit la quatrième du couverture. le soucis, c'est qu'en refermant le livre, on se pose toujours la question. Les Oblits, chargés de désécrire tous les livres pour une raison obscure (organisation religieuse ? Nécessité scientifique pour préserver la cohérence de l'univers ?), courent après lui sans qu'on sache pourquoi : le tuer ? L'obliger à effacer ses écrits ? le rôle du Vatican dans cette affaire reste un mystère complet. Et si on nous présente d'abord le successeur de Peak comme un homme capable de tuer son prophète pour conserver sa place au sommet de l'organisation udite, son rôle devient ensuite ambigu, et on ne connaîtra jamais le fin mot de l'histoire.
Ni le côté science-fiction, ni le côté thriller ne sont pleinement exploités. À la place, on assiste aux problèmes de couple de deux protagonistes. Une belle déception pour moi.
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Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   18 juin 2021
- Oh ? (Sa voix, soudain métallique, avait subi un changement fondamental, presque métabolique.)
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colimassoncolimasson   16 juin 2021
Lotta s’efforçait toujours de se rendre compte si Sebastian était heureux avec elle, s’il était en colère contre elle, s’il l’aimait ou ne l’aimait pas : Miss Fisher, elle, paraissait le jauger tel qu’il était au lieu d’essayer de deviner ses sentiments. Comme si, songea-t-il, elle avait le pouvoir –ou en tout cas l’aptitude- de déterminer si je suis un homme. Ou si je fais seulement semblant d’en être un.
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LuniverLuniver   12 janvier 2013
Il pris un disque – les sonates de Beethoven pour violoncelle et piano. Dire que tout cela serait effacé d'ici deux siècles ! La Bibliothèque de Vienne recevrait la partition originelle aux notes griffonnées et tourmentées, que Beethoven aurait copiées à grand-peine sur la dernière édition imprimée de la partition. Oui, songea-t-il, Beethoven revivra, lui aussi. Un jour, il poussera des appels angoissés au fond de son cercueil. Et pour quoi faire ? Pour détruire une à une certaines des œuvres musicales les plus admirables qui aient jamais été composées. Quelle tristesse !
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SteamkeuponSteamkeupon   09 mars 2015
Il errait à travers le cimetière en s'éclairant de sa torche pour ne pas trébucher sur les tombes. Il avançait très lentement, écoutant - non avec ses oreilles, non pas au sens propre, mais avec une sorte de sens intime - les obscurs frémissements souterrains. Et il se disait : "Bientôt, d'autres deviendront à leur tour des ancien-nés. Leur chair et leurs éléments organiques refluent et se rassemblent déjà, s'efforcent de retrouver leur structure d'antan." Il était conscient de ce flux éternel, de cette activité sans fin, et il frissonnait d'enthousiasme, en proie à une violente excitation. Rien n'était plus exaltant que cette reconstitution des corps qui, après être entrés en corruption, émergeaient maintenant, grâce à l'Effet Hobart, de la corruption.
Saint Paul avait vu juste. Sa seule erreur avait été de croire que cette métamorphose aurait lieu de son vivant.
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MusardiseMusardise   24 juillet 2018
- Des fois, j'en fais. Des rêves, murmura Sebastian.
- Lesquels ? demanda Lindy.
- Je me vois dans une sorte de forêt.
- Et c'est tout ?
- Il y a quelqu'un d’autre.» Sebastian hésita. «Une présence sombre et palpitante, qui pulse comme un cœur gigantesque. Un battement puissant, assourdissant, qui s'amplifie et s'affaiblit, qui enfle et retombe. Cette présence est furieuse. Elle consume tout ce qu'elle désapprouve en moi... et dans le rêve, il me semble que je me résume pratiquement à ça.
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Videos de Philip K. Dick (40) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philip K. Dick
Extrait du livre audio "Ubik" de Philip K. Dick lu par Damien Witecka. ©Editions Audiolib. Parution en CD et en numérique le 19 mai 2021.
https://www.audiolib.fr/livre-audio/ubik-9791035405670
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