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Alain Dorémieux (Traducteur)
ISBN : 2264030003
Éditeur : 10-18 (06/07/2000)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 121 notes)
Résumé :
Philip Dick vit près de San Francis co. Le caractère violent de ses ro mans avait fait d'abord qualifier de « noire » son type de science-fiction. En 1962, le Prix Hugo le mit en ve dette. Il est aujourd'hui au premier rang des auteurs de S. F. avec Ubik, Loterie solaire, etc.

Depuis quinze ans ils attendent. Dans leurs abris souterrains. Prison niers mais aussi protégés des gaz mortels et des radiations qui ont en vahi la planète en guerre. Et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
wellibus2
  14 novembre 2016
Qu'il est plaisant de relire, après plus de 30 années, l'un des meilleurs romans de Philip K. Dick, initialement paru en 1966, dans une édition qui, si elle n'a absolument pas été débarrassée de ses fautes (trop nombreuses, dûment relevées sur mon exemplaire), bénéficie au moins d'une belle première de couverture, effort graphique notable concernant d'ailleurs tous les romans de l'Américain édités par J'Ai Lu. Enfin, quelque éditeur français s'avise, à l'instar des éditeurs anglo-saxons qui le savent depuis des lustres, qu'un livre est beaucoup de choses mais, en premier lieu, un objet !
S'il n'est pas aussi maîtrisé que le remarquable Maître du Haut Château, ce roman n'en est pas moins intéressant, tant il condense les interrogations habituelles de l'auteur, autour de trois thématiques principales que sont les distorsions temporelles, la perception d'une réalité truquée et mensongère, grand classique dickien, et enfin la révolte contre le règne de l'imposture généralisée.
Nicolas Saint-James est le président de «l'abri souterrain communautaire antimicrobien Tom Mix, ouvert en l'an 1 de la Troisième Guerre mondiale, soit en juin 2010, de longues, longues années auparavant» (1) et, comme des millions d'autres réfugiés terrés sous terre, il est persuadé que la surface de la planète n'est qu'un immense champ de ruines, balayées par de pestilentielles maladies qu'il s'agit d'éviter à tout prix. le seul lien unissant ces populations à ce qu'elles pensent être le monde dévasté par la guerre tient aux nouvelles télévisées que Talbot Yancy, leur dirigeant, surnommé le Protecteur, leur fournit régulièrement : nous sommes toujours en guerre, leur dit-il, contre les ennemis de l'Est, la surface de la Terre est encore plus polluée, par les maladies et les radiations, qu'elle ne l'était voici quelques années, et nous avons besoin que vous continuiez, dans vos abris, à travailler d'arrache-pied pour nous fournir les robots-soldats dont nous avons besoin pour continuer de livrer bataille à un ennemi, le Pacif-Pop, qui n'hésite pas à raser des villes entières de la carte, images à l'appui, que je vous invite du reste à regarder.
Nos réfugiés, parqués comme des rats, ne savent pas que ces images sont fausses, tout comme les discours de leur dirigeant, le Protecteur Talbot Yancy qui n'est qu'un robot (mais aussi, complication quelque peu inutile, l'un des personnages réels du roman, par le biais d'un artifice temporel peu convaincant), et que la surface terrestre a eu le temps de reverdir, et qu'elle est désormais partagée en d'immenses propriétés (cf. p. 148) où une toute petite poignée de privilégiés vivent à l'abri du besoin, protégés par ces mêmes robots que fabriquent sans relâche les habitants du sous-sol.
Ajoutons qu'un certain Louis Runcible, l'homme qui loge les arrivants des abris souterrains «montés en surface en croyant y trouver la guerre, pour découvrir que celle-ci avait pris fin des années auparavant et que la superficie de la planète n'était qu'un immense parc» (p. 68), est en lutte ouverte contre le tout-puissant Stanton Brose, disposant pour sa solde personnelle d'une armée de robots et puisant sans aucun scrupule dans le stock rarissime d'organes de synthèse dont il se sert afin de prolonger son existence ventripotente et maléfique.
C'est sur cette trame d'irréalité ou de simulacres, assez classique chez Dick, et dont l'imposture semble toujours indiquée par quelque mystérieux élément extérieur venant perturber la quiétude d'une vie en apparence banale et tranquille (2), que se greffera la thématique des paradoxes temporels, à vrai dire superfétatoires dans ce roman, comme je l'ai dit, et qui ne saurait nous intéresser.
Il s'agira donc, bien sûr, une fois de plus, de tenter de dissiper les apparences, en sortant de la caverne où sont projetées de grandes ombres déformées de l'inaccessible réalité, en s'extrayant des souterrains, et en se dirigeant vers la surface, comme le fera Nicolas Saint-James, à la recherche d'une greffe organique pour l'un de ses amis qui se meurt. Ces apparences et faux-semblants ne peuvent qu'être assez clairement indiqués par la mention, dès les premières pages du roman, d'Alice au pays des merveilles, un livre devenu rarissime dans ces temps de guerre, mais moinsrare quand même qu'un animal, pourquoi pas un écureuil, comme a cru en voir un Joseph Adams (cf. p. 12), alors que tous les animaux ont été exterminés.
Ces jeux entre la réalité et ce qui la double, à tous les sens de ce terme, sont directement mentionnés par ce syllogisme : «Tout ce que je dis est un mensonge. Donc je mens en prétendant mentir. Donc je dis bien la vérité en affirmant que je mens. Donc...» (p. 53), et ainsi de suite à l'infini, tandis que dans ce que nous pourrions appeler, goûtant le paradoxe de l'expression, «l'or factice véritable» (p. 54) se niche comme en un miroir déformant un univers labyrinthique sans commencement ni fin : «Et cet univers, réfléchissait-il, dont on pourrait croire qu'une fois la porte d'entrée franchie on puisse le traverser en deux minutes avant d'atteindre la sortie... cet univers, comme les monceaux d'accessoires dans les studios d'Eisenbludt [chargés de falsifier la réalité] à Moscou, était sans fin, il était composé d'une enfilade infinie de pièces : la sortie de chacun n'était que l'entrée de la suivante» (p. 55).
Comme toujours chez Dick, un mensonge en cache un autre, un enfer s'emboîte dans un autre, qui semblait pourtant paradisiaque, mais à bien y regarder, finalement... Ainsi, bien que la vie des réfugiés, dans leurs clapiers souterrains, soit immonde et abjecte, Philip K. Dick se garde bien d'affirmer que celle qui attend ceux qui parviennent à gagner la surface serait meilleure. Rien n'est moins sûr ! Ils sont en effet parqués dans les conapts, sortes d'immenses immeubles tout de même confortables, construits par Runcible : «les «hôtes» de Runcible sont en fait des prisonniers, et les conapts constituent des réserves» ou, ajoute immédiatement l'un des personnages, «pour employer un mot plus moderne, des camps de concentration» (p. 68, l'auteur souligne).
Nous savons quelle fascination le nazisme a exercé, en tant que romancier, sur Dick qui, quelques pages plus loin, évoque le fait que les nazis «n'avaient pas d'ordres écrits concernant la solution finale, le génocide des juifs. Tout se passait oralement, de supérieur à subordonné, de bouche à oreille» (p. 73), alors que les principaux personnages sont en train de mettre au point un plan machiavélique destiné à perdre Runcible, cet idéaliste qui veut faire remonter à la surface de la planète des centaines de millions de femmes et d'hommes enfermés durant des années sous terre. C'est une perspective tout à fait impossible pour Stanton Brose, l'un de ceux qui jouit du pouvoir :
«Qu'est-ce qui se passerait si la terre s'entrouvrait pour laisser sortir ces millions d'humains emprisonnés quinze ans sous la surface, jusqu'alors persuadés qu'une guerre faisait rage à l'air libre, que la planète entière était un champ de bataille couvert de décombres, ravagé par les missiles et les bactéries ? le système des domaines subirait un coup mortel, et l'immense parc qu'il survolait deux fois par jour redeviendrait une zone densément habitée, pas tout à fait autant qu'avant-guerre, mais il s'en faudrait de peu. Les routes referaient leur apparition. Ainsi que les villes. Et, en fin de compte, une autre guerre éclaterait» (p. 75, l'auteur souligne).
Décrire la situation des habitants privés de surface amène Dick à évoquer les «Nibelungen, les nains au fond des mines» mais aussi, via un discours de Talbot Yancy, une parabole (cf. p. 91 pour ces deux références) censée apporter quelque consolation à celles et ceux qui écoutent la «matière verbale» du Protecteur, unique lien avec la surface censée être dévastée. Il est à noter que c'est Lantano qui a composé le discours que le robot Yancy sera chargé de prononcer, ce même Lantano qui assume le rôle de l'auteur de la Sauterelle pèse lourd dans le Maître du Haut Château, même si le pouvoir qu'il détient semble infiniment plus dangereux et trouble voire mortel (cf. p. 113) que celui du tout-puissant Stanton Brose : c'est lui qui dit la vérité aux captifs, qui leur apprend que l'univers dans lequel ils vivent depuis des années est truqué, mais il possède pourtant la faculté de se déplacer dans le temps, et est même la source de plus d'une distorsion dans la réalité historique, ayant assumé plusieurs fois, comme il l'apprendra à l'un des personnages, des rôles de chefs et de dirigeants, apparaissant sur des films de propagande où Dick s'amuse, à partir d'une situation bien réelle, à la saturer de mensonges (cf. p. 108). En d'autres termes, David Lantano est le représentant d'une puissance occulte, que Dick a toujours figurée avec crainte, et qui n'est autre que le temps, ou bien, alors, la volonté insoupçonnable, mystérieuse, qui s'y cache et s'amuse avec les hommes. Nous apprendrons même que la marionnette Talbot Yancy n'est autre que... le double de Lantano, ce dernier lui ayant prêté ses traits, puisqu'il était l'acteur d'un des films de propagande qui a éduqué des millions de réfugiés ! de fait, il est clair qu'un «personnage supplémentaire, que ni moi [Foote], ni Runcible ni Brose n'envisageons, est descendu dans l'arène afin de s'immiscer dans la lutte pour le pouvoir» (p. 185, l'auteur souligne), et ce personnage n'est autre que Lantano.
Dick résume ces jeux constants avec la réalité historique et la vérité, qui n'est jamais celle que l'on croit, par cette formule ironique mais probablement, en réalité, désespérée : «Quand nous passons notre temps à fabriquer des mensonges, nous sommes fatalement voués, un jour ou l'autre, à faire des bourdes» (p. 112), tout comme Dick lui-même d'ailleurs, lorsqu'il semble par exemple oublier que l'un de ses personnages, Joseph Adams, est marié, alors qu'il ne manifeste qu'une seule hâte : se réfugier, mais sans sa femme, dans un abri souterrain pour échapper à la menace qui pèse sur lui, ou bien lorsqu'il greffe, sur l'habituelle trame d'une réalité fausse, des distorsions temporelles et des jeux improbables d'identités, qui embrouillent le récit, sans réelle ni profonde utilité.
La force de ce roman n'en est pas moins réelle, ne serait-ce que par sa description d'une vie réduite, parquée, cachée, coupée de la réalité prétendûment luxuriante et qui n'est qu'un leurre, une vie falsifiée par le seul pouvoir d'une immense et constante manipulation médiatique. La critique est imparable et, plus d'un demi-siècle après la parution de ce roman, nous ne pouvons que saluer le génie visionnaire de l'auteur qui, stigmatisant les travers de notre époque, semble avoir vu la nôtre bien mieux que tant de romanciers contemporains qui, après tout, profitent de l'imposture bien davantage qu'ils ne la dénoncent. En effet, en quelques mots résumée, l'histoire de L'avant-dernière vérité est d'une simplicité biblique (la Bible, souvent citée dans ce roman, notons-le) et rejoint celle d'Ubik dans sa dessillante violence (Je suis vivant et vous êtes morts) : Nul homme n'est jamais libre, et le moins libre de tous les hommes est encore celui qui à tout prix veut briser ses chaînes, et ce ne sont pas les derniers mots, inquiétants, du roman qui pourraient nous laisser espérer quelque libération définitive.

Lien : http://www.juanasensio.com
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Masa
  23 octobre 2016
Avec Philip Kindred Dick, c'est tout ou rien. Soit j'adore, soit je déteste. Et à ce petit jeu-là ce ne sont pas ses chefs-d'oeuvres – selon les bibliophiles – qui sont mes préférés. J'ai trouvé Philip Kindred Dick excellent sur les formats courts (notamment sur les nouvelles) et trop souvent décevant sur les plus longs. Il est vrai que j'ai une certaine affinité avec les récits catastrophes et post-apocalyptiques, c'est pourquoi, j'ai été attiré vers « La vérité avant-dernière ».
L'idée de départ donne des frissons d'extases : Suite à une guerre nucléaire, les êtres humains se sont terrés dans des abris anti-atomiques. Ils occupent leurs temps à fabriquer des robots qu'ils envoient sur la surface de la Terre pour combattre dans une atmosphère chargée de radiation. Seulement voilà, un jour un des techniciens doit impérativement obtenir une greffe d'organe. le seul moyen de le récupérer est d'aller chercher un organe synthétique à la surface de la Terre.
Hé bien, avec un début aussi alléchant, je m'imaginais avoir entre mes mains un vrai coup de coeur. Sauf que… Philip Kindred Dick à tout gâcher. le potentiel du livre se résume à une intrigue politique où il est question de manipulation, de mensonges, de paranoïa, de machination,…
Si on passe outre une histoire qui tend vers le complot politique, l'atmosphère est typique Dick. On y trouve une avancée technologique où les robots vivent au service les humains. On se retrouve dans le futur, qui est désormais le passé pour nous. Un avenir technologique un peu gauche quand on pense à l'antique ordinateur à carte (ceci n'est qu'un exemple, d'ailleurs il n'existe pas dans le récit) qui côtoie des armes lasers. J'ai d'ailleurs souri quand l'auteur a parlé de cabines téléphoniques.
Bien que le récit soit court, il n'en reste pas moins complexe par sa thématique – sans divulguer l'intrigue, il est question de Seconde Guerre mondiale avec les nazis. Un livre que j'ai eu beaucoup de mal à lire. J'ai d'ailleurs passé rapidement les dernières pages. Les personnages sont peu ou pas intéressant.
Je suis bien évidemment dégoûté de ne pas avoir eu entre mes mains un roman à la Fallout (je parle du jeu vidéo). Au lieu de ça, c'est une intrigue politique qui a pris le dessus sur l'action. Dans un registre plus ou moins similaire, je conseille « Dr. Bloodmoney », plus accessible, plus intéressant, mais surtout cette touche de fantastique.
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KrisPy
  29 juillet 2014
Une autre histoire étrange de Philipp K. Dick, le maître en la matière.
Des gens vivent sous terre, dans des souterrains. Là, ils ont organisé leur vie : ils travaillent, mangent, dorment, vivent et meurent. Car une terrible guerre a dévasté la Terre, et continue de faire rage. Et d'ailleurs, c'est pour cela qu'ils travaillent comme des acharnés, pour fabriquer et réparer les armes et le matériel nécessaire à cette horrible guerre sans fin. Mais est-ce réellement ce qui se passe là-haut ? L'air est-il vraiment si dangereux qu'il ne faille pas sortir de sous terre ? Où tout cela n'est-il qu'un vaste mensonge pour les faire rester là où ils sont ?
Certains vont essayer de le découvrir...
Ce livre de K. Dick est génial. Les thèmes de la manipulation et de la désinformation sont encore abordés là d'une manière ingénieuse et prenante.
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Rusen
  20 décembre 2015
2025, l'humanité se terre dans des abris souterrains afin d'échapper aux radiations, aux maladies et à la guerre mondiale opposant la Dem-Ouest et la Pacif-Pop faisant rage à la surface depuis une quinzaine d'années.
Sous les ordres de Talbot Yancy, s'exprimant régulièrement au travers d'émissions vidéos, les habitants des abris participent à l'effort de guerre en produisant des solplombs, des robots partant ensuite combattre à la surface.
Un jour, le mécanicien-chef de son abris tombant gravement malade, Nicholas Saint-James est envoyé à la surface avec pour mission de revenir avec un grefforg, un organe artificiel. Il découvrira un monde bien différent de ce à quoi il s'attendait...
Récit dystopique à l'ambiance post-apocalyptique, La Vérité avant dernière baigne dans une atmosphère qui ne pourra qu'enchanter les fans de Fallout, avec son monde dévasté, ses radiations, ses abris, ses robots et ses conspirations.
Philip K. Dick oblige, le roman aborde la thématique de la réalité, cette fois-ci de façon assez « Orwellienne » puisque les habitants des abris sont totalement manipulés par un Big-Brother en puissance réécrivant l'histoire à sa façon. Via la description de documentaires, déclarés officiels, déformant et manipulant l'histoire du XXeme siècle afin d'aboutir au monde décrit dans le roman, l'auteur nous questionne sur notre propre perception de la réalité.
Baignant dans un univers atypique et bien parano comme il faut, le roman aborde également des thématiques purement SF telles que le voyage temporel et nous propose une enquête où se mêlent trahisons, manipulations, robots, radiations et technologies d'avant-guerre.
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aureliestrega
  26 janvier 2017
Fabuleux livre. Guerre nucléaire entre l'Ouest et l'Est, les gens sont envoyés dans des abris pour se protéger des radiations. L'un d'eux est forcé de remonter à la surface et y trouve un monde en paix et partiellement reconstruit. Quand la guerre s'est elle terminée. S'ensuit une bataille morale et létale entre plusieurs propriétaires du dessus à propos de ce qu'il convient de faire pour ces gens terrés depuis 13 ans. Science-fiction, policier, presque un essai futuriste. Et lorsque l'on approche de la fin du livre on se rend compte que ce n'est que le début du combat et celui-ci dépendra encore une fois de la tenue de quelques uns.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
OrpheaOrphea   21 novembre 2018
Incipit

Le brouillard peut venir de l'extérieur et vous envahir. A la grande fenêtre de sa bibliothèque − assemblage géant de débris de béton qui, jadis, avaient formé une bretelle d'entrée de l'autoroute de la baie −, Joseph Adams contemplait songeusement le brouillard en question : celui du Pacifique. Et comme la nuit et les ténèbres tombaient sur le monde, ce brouillard lui faisait aussi peur que l'autre, celui de l'intérieur, qui n'avait nul besoin de l'envahir pour tourner et s'étirer en lui, en remplissant toutes les parties vides de son corps. D'habitude, ce brouillard-là porte le nom de solitude.
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trogloniotroglonio   07 avril 2015
Et comme la nuit et les ténèbres tombaient sur le monde, ce brouillard lui faisait aussi peur que l'autre, celui de l'intérieur, qui n'avait nul besoin de l'envahir pour tourner et s'étirer en lui, en remplissant toutes les parties vides de son corps. D'habitude, ce brouillard-là porte le nom de solitude.
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urbanbikeurbanbike   12 janvier 2017
Il eut un haussement d’épaules fatigué, irritable.
« Et alors ? Si nous allions au lit ? On en reparlera une autre…
— Ce n’est pas fini, poursuivit Carol inflexiblement. Le 3 mai, il a encore employé cette expression dans un autre discours. Il s’agissait de cette allocution mémorable où il nous informait que nos forces avaient entièrement détruit Leningrad.« » Elle regarda ses notes. « Et il est revenu à la prononciation accentuée à l’excès.« » Elle rangea le bristol dans l’armoire et la ferma à clef. Il observa que la commande de la serrure n’obéissait pas seulement à la clef mais aussi à la pression de ses empreintes digitales ; si quelqu’un d’autre essayait de l’ouvrir avec un double – ou même avec la clef originale – la porte resterait close. L’armoire était accessible uniquement à Carol.
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JadeVisionJadeVision   29 juillet 2008
Mais, comme Talbot Yancy, austère ou rayonnant selon les circonstances, l'aurait dit : " Nous avons eu de la chance de ne pas être réduits en cendres, comme nous l'avions craint. Car nous avons disposé de cette année entière pour nous réfugier sous la surface et nous ne devons pas oublier. " Aussi Nicholas veillait-il à ne pas oublier : et tout en réchauffant son café de la veille, il s'imaginait quinze ans plus tôt le corps désagrégé ou attaqué dans ses cellules par le hideux neurogaz anticholinestérase, la pire arme de guerre jamais lancée, par les déments jadis en place dans la ville aujourd'hui disparue de Washington, (...). Et il apprécia le fait d'être toujours en vie et d'être ici, à boire ce café synthétique, si mauvais qu'en soit le goût.
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