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Pierre Nordon (Préfacier, etc.)Charles Bernard-Derosne (Traducteur)
EAN : 9782744106774
1113 pages
France loisirs (30/11/-1)
4.15/5   155 notes
Résumé :
"Dickens reviendra toujours de son oubli, lorsque les hommes auront besoin de gaieté et lorsque, fatigués des tragiques tiraillements de la passion, ils voudront entendre, même dans les choses les plus effacées, la musique mystérieuse de la poésie" Stefan Zweig
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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En puisant l'inspiration dans sa propre expérience de vie, Charles Dickens dressera souvent dans ses romans, des portraits de très jeunes enfants confrontés  aux difficultés de la vie.
Avec son talent de conteur touché par la grâce, dans Les espérances perdues, l'auteur britannique compose un magnifique roman d'apprentissage.
On partage la vie d'un enfant sensible, solitaire et sans véritable protection affective, élevé à la dure, qui devra apprendre  à affronter bien trop tôt les terreurs enfantines dans le monde cruel des grands.

Ce jeune homme est pourtant volontaire et ambitieux et il porte en soi cette jeunesse pleine d'espoir, prête à en découdre pour obtenir une meilleure situation.
Son bon coeur lui  ouvrira des portes insoupçonnées.

Nous suivrons avec délice et avec compassion son parcours et son apprentissage des règles de conduite, nous le verrons s'initier à apprivoiser la douleur et l'amertume des blessures causées par les humiliations et le mépris des nantis.
Ses premiers émois amoureux nous feront fondre, son ennui dans un monde d'adultes nous arrachera un sourire, son sentiment de honte envers ses proches nous semblera familier.

Dans Les Grandes Espérances, la langue est d'une beauté particulièrement douce et empreinte d'une magie cotonneuse qui parvient à évoquer à merveille nos plus anciens souvenirs, ceux qui dorment au plus profond de nous-mêmes et qui sont réveillés par une odeur, par une image ou par un son particulier.
Dickens a aussi cette capacité de capter  avec intelligence l'incongru, l'absurde, le drôle avec un stoïcisme inébranlable. 
Il aime pointer le pittoresque mais il s'intéresse également à la condition de la femme, considérée souvent comme un trésor ou une monnaie d'échange.

Le plus grand romancier de l'époque victorienne aime s'adresser directement au lecteur et effectivement l'on a l'impression unique qu'il nous parle directement à chacun. 
Les descriptions physiques des personnages, souvent drôles et spirituelles sont un régal.

On en ressort avec des réflexions éveillées par les grandes espérances que nous avons tous nourries au cours de nos vies. Combien de rêves
a-t-on vu se réaliser? combien de désillusions nous ont rattrapés?

Un grand classique indémodable!

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Un vrai bonheur cette lecture... le héros de cette histoire, Pip, est élevé par une soeur acariâtre qui a la main lourde, et un beau-frère aimant et généreux, le forgeron Joe. Pip n'aspire qu'à changer de vie, désir bien légitime mais qui ne le rend guère sympathique, du moins pendant un certain temps, car il faut bien avouer qu'il se montre égoïste et peu reconnaissant. Durant son enfance et son adolescence, deux événements vont chambouler le cours de sa vie : l'évasion d'un forçat et sa rencontre avec Melle Havisham, femme riche et excentrique chez qui il va rencontrer celle qu'il va aimer pour son malheur, la jeune et belle Estelle.

Quelques mois après cette rencontre, un homme de loi énigmatique, M. Jaggers (un des personnages les plus réussis du roman) lui apprend qu'un généreux bienfaiteur - anonyme - se propose de lui allouer une rente régulière afin de faire de lui un gentleman. Et voilà notre Pip, bien heureux d'échapper à sa misérable condition et un peu honteux de ses origines, prêt à s'installer à Londres pour une nouvelle vie.



Je ne m'étendrai pas davantage sur les péripéties et caprices du destin qui ponctuent la vie de Pip. Sachez seulement que j'ai adoré et dévoré ce roman. Dickens sait comme personne restituer des atmosphères : celle de Londres par exemple, grande cité sale, boueuse et malodorante et donner vie à ses personnages. J'ai eu un coup de coeur pour Wemmick, le curieux clerc de Me Jagger, soucieux de ne pas mélanger vie privée et vie profesionnelle et qui habite une drôle de maison avec son vieux père. Comme dans tout roman de Dickens qui se respecte les situations dramatiques et les malheurs sont assez nombreux mais l'humour contrebalance heureusement cette noirceur : comment ne pas rire devant les excentricités des parents d'Herbert, l'ami de Pip ? La mère confie l'éducation de ses enfants aux domestiques et le père se soulève par les cheveux dès qu'il est contrarié ! Amusantes aussi la bêtise et la vanité des anciennes relations de Pip qui revendiquent leur amitié maintenant qu'il est plus riche qu'eux.

J'ai été fascinée par le luxe de détails donnée par l'écrivain : les physiques, les manies, les vêtements... tout est détaillé de façon à ce que le lecteur parvienne à visualiser sans peine les protagonistes.



Bien sûr, Pip ne suscite pas la plus grande sympathie au moins pendant la première moitié du roman, mais lorsqu'il réalise que ses espérances sont noyées sous le flot des désillusions et que la vie oisive qu'il mène ne lui apporte aucun bonheur, le jeune homme va s'efforcer de racheter ses fautes.



Dickens a choisi de faire évoluer son personnage principal. Rien n'est blanc ou noir, cette part d'ombre existe en chacun de nous. C'est le roman des bassesses humaines mais également des bonnes actions, qui fait rire et pleurer. de la grande littérature !


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Une écriture simple, fluide, sensible, qui n'a pas peur de montrer ses faiblesses. Une écriture universelle, d'une simplicité qui nous ressemble.
Et la plus belle déclaration d'amour qu'il m'ait été donné de lire, sauf peut-être chez Proust qui s'en approche.
Le jeune orphelin si touchant, toujours soutenu par son oncle si bon, si doux, va affronter un monde féminin sans merci - pour briller simplement d'amour et de bonté.
Un régal pour le coeur qui nous réconcilie avec le monde.
Cette lecture est nécessaire, et salutaire.
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C'est ma première incursion dans l'oeuvre de Dickens. Il y a tout d'abord le plaisir de découvrir une écriture enlevée, qui a du souffle, de la truculence et de l'esprit. Charles Dickens croque des personnages saisissants, inoubliables. Ce qui est remarquable aussi, c'est qu'il fait exister ses personnages aussi bien par la description de leurs actions qu'en parvenant à nous faire pénétrer leurs pensées. Il crée ainsi des « êtres vivants », sans manichéisme, et c'est là l'un des talents que j'ai savouré chez lui. La figure de Miss Havisham, fantomatique femme vivant comme une recluse, enfermée dans sa haine des hommes et dans ses souvenirs, de sa fille adoptive Estella qu'elle a corrompue pour que celle-ci serve sa vengeance, du bon Joe, du bagnard effrayant ou de l'énigmatique Mister Jaggers restent marqués dans ma mémoire.

L'histoire est assez simple : nous suivons le jeune Pip dans son élévation sociale, qui lui arrive sous forme d'un héritage d'un bienfaiteur anonyme. Cette élévation sociale s'accompagne de difficultés morales à surmonter, du désir de percer l'identité de son bienfaiteur et, surtout, d'obtenir l'amour d'Estella.
De surprises en surprises, avec un sens de la construction et du retournement qui fit le succès de Dickens (rappelons-nous que ses histoires étaient publiées en épisodes dans la presse), le lecteur attend le fin mot de l'histoire. Quelques longueurs, certes, dans cet épais roman, mais le plaisir de replonger dans une époque magnifiquement rendue et de s'attacher à des personnages si fouillés efface ce bémol.
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Les grandes espérances sont celles qui, de manière inattendue, sont promises à Pip, le jeune narrateur. Orphelin de condition modeste, ce dernier est élevé "à la main" par Mrs Gargery, sa soeur de vingt ans son aînée. Comprenez par là qu'elle l'a lourde et dure, la main, ce dont son époux Joe pourrait lui aussi témoigner. Forgeron, Joe est ce que l'on appelle une bonne pâte. Pip éprouve pour cet homme gentil, généreux et sans malice un amour et une admiration sans bornes.
La dure et laborieuse routine du jeune garçon, ainsi adoucie par le lien qui l'attache à son beau-frère, est bouleversée par deux événements extraordinaires. le premier, terrifiant, consiste en sa rencontre avec un forçat en fuite et dissimulé dans les marais à proximité du logis des Gargery, qui oblige Pip à lui procurer de la nourriture et une lime. le second tient dans une autre rencontre qui va le bouleverser tout autant, bien que de manière différente : convié par l'entremise de l'oncle Pumblechook, vague membre de sa famille, chez la riche Miss Havisham afin de la distraire, il découvre en son hôtesse une vieille femme aussi effrayante que pathétique, affublée d'une robe de mariée affreusement décatie qu'elle ne quitte jamais, qui vit recluse dans une labyrinthique demeure sombre et poussiéreuse dont toutes les horloges sont arrêtées à neuf heures vingt. Mais surtout, il y rencontre la pupille de cette dernière, Estelle, belle jeune fille dont il tombe immédiatement amoureux. Las, la donzelle, élevée par Miss Havisham pour exercer sa vengeance sur un sexe masculin qui l'a humiliée, se montre avec Pip extrêmement hautaine, capricieuse et cruelle.

Après quelques mois passés à visiter régulièrement la vieille dame, Pip reprend ses habitudes, et entame son apprentissage auprès de Joe, lorsqu'un nouvel événement incroyable vient bouleverser son existence : un bienfaiteur secret a décidé de le prendre sous son aile, et d'assurer à grand frais son éducation, en l'élevant "en jeune homme comme il faut".

Les voici donc, ces grandes espérances qui vont permettre à Pip d'acquérir cette instruction et ces bonnes manières qui lui manquaient tant depuis que sa fréquentation de la maison Havisham lui a fait mesurer son ignorance et sa rusticité. Avec elles, Pip voit le comportement de son entourage changer : lui qui ne "valait pas le sixième d'un sou", selon l'oncle Pumblechook, dont la soeur se plaignait sans cesse des sacrifices qu'il lui imposait, devient le centre d'intérêt, l'objet de toutes les courbettes. Il mesure ainsi l'opportunisme et la vénalité de ses proches. Seul Joe, fidèle à lui-même, continue de faire preuve envers le garçon d'une affection sincère et désintéressée. Pip change, lui aussi. Parti à Londres, où il fait de nouvelles connaissances, il est pris d'une honte pour le milieu dont il est issu, et malgré ses promesses, délaisse de plus en plus son beau-frère, ce qui finit par lui porter lourdement sur la conscience.

"Les grandes espérances" est ainsi un roman d'apprentissage, et celui d'une élévation sociale qui se révèle finalement source de désillusion, mais aussi porteuse d'une saine morale sur la hiérarchie opposant valeurs humaines et valeurs matérielles. Et c'est surtout un grand moment de plaisir que nous procure là Charles Dickens, en grande partie grâce à son narrateur, qui colore le récit d'un ton enlevé, drôle, par le regard à la fois candide et lucide qu'il porte sur les gens et les situations. Aussi, malgré la dureté qui préside à l'évocation du petit monde qu'il met en scène -celui des Gargery, brutal et laborieux, tirant le diable par la queue, marqué par l'illettrisme, mais aussi celui d'une petite bourgeoisie gangrenée par la cupidité et l'hypocrisie-, le regard rigolard et plein de dérision qu'y porte le héros, nous le fait découvrir de manière fort réjouissante, et le rend très vivant.

Par ailleurs, le roman est peuplé de personnages secondaires haut-en-couleurs dont Pip, avec sa saine et sincère curiosité, met en évidence la singularité, nous les rendant ainsi profondément marquants.

Bref, un classique que j'avais tort de craindre, et une bien belle découverte !
Lien : https://bookin-ingannmic.blo..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
La propreté est comme la religion, bien des gens la rendent insupportable en l’exagérant.
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Miss Sarah Pocket, que je contemplais alors, était une petite femme, vieille, sèche, à la peau brune et ridée ; elle avait une petite tête qui semblait faite en coquille de noix et une grande
bouche, comme celle d’un chat sans les moustaches.
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Je m'étonnais souvent en moi-même d'avoir pu concevoir autrefois l'idée de son inaptitude, jusqu'au jour où je fus illuminé par cette réflexion, que peut-être l'inaptitude n'avait jamais été en lui, mais en moi.
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- Je méditais, dit M. Pickwick, sur l'étrange mutabilité des affaires humaines.
- Je vois. Un jour on entre par la porte du palais, on sort le lendemain par la fenêtre.
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D'un bout à l'autre de notre vie, nos bassesses et nos faiblesses les plus graves sont généralement commises à cause des gens que nous dédaignons le plus.
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Videos de Charles Dickens (45) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Charles Dickens
"Une des plus grandes auteures américaine actuelle qui revient avec un chef d'oeuvre ! Une transposition de David Copperfield dans les Appalaches digne de Charles Dickens ! " - Jean-Edgar Casel.
Demon Copperhead réimagine le roman de Dickens dans une Amérique rurale moderne confrontée à la pauvreté et à la crise des opioïdes ... le roman de Kingsolver vous emporte avec autant de force que l'original.
À retrouver en librairie et sur lagriffenoire.com https://lagriffenoire.com/on-m-appelle-demon-copperhead.html
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