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ISBN : 2013212321
Éditeur : Hachette (15/02/2007)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.84/5 (sur 1382 notes)
Résumé :
Dans un orphelinat de l'Angleterre victorienne, Oliver Twist survit au milieu de ses compagnons d'infortune. Mal nourri, exploité, il est placé dans une entreprise de pompes funèbres où, là encore, il ne connaît que privations et mauvais traitements. Oliver endure tout, jusqu'au jour où une provocation de trop le pousse à s'enfuir vers Londres.
Epuisé, affamé, il est recueilli par une bande de jeunes voleurs qui travaillent pour le vieux Fagin. Entre Dodger, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (132) Voir plus Ajouter une critique
isajulia
  22 avril 2013
Le style de Dickens est inimitable, lui seul a le don de dépeindre des situations graves avec force et justesse.
Oliver Twist, c'est l'histoire d'un enfant qui se retrouve orphelin dès sa naissance, sa mère étant morte en couches. Placé, il échoue chez un croque-mort qui lui inflige privations et mauvais traitements. Suite à une altercation avec un apprenti du fabriquant de cercueils, le petit Oliver s'enfuit à Londres en espérant vivre une nouvelle vie. Une fois de plus, la destin lui jouera un mauvais tour en mettant sur sa route une bande de voleurs, dirigée par Fagin, un vieux juif qui lui fait accomplir des petits larcins. Arrêté pour un vol qu'il n'a pas commis, un gentilhomme, Mr Brownlow, prends Oliver sous son aile, mais la bande à Fagin qui ne compte pas en rester là, retrouve le petit et l'obligent à participer à un cambriolage qui tourne mal. Blessé, Oliver est récupéré par la famille Maylie qui v'a s'occuper de lui jusqu'à ce qu'il puisse retourner avec Mr Brownlow et enfin connaître la vérité concernant ses origines et sa famille...
Ce roman est tout simplement époustouflant, il décrit avec précision la situation des enfants orphelins dans l'Angleterre Victorienne du XIXème siècle. Il met en avant les différences entre les classes sociales et l'injustice qui en découle. Poignant de vérité, à mes yeux Oliver Twist est une très grande oeuvre qui prend aux tripes. A lire et à relire !
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Eve-Yeshe
  16 mai 2015
Oliver nait dans un hospice où sa mère vient d'accoucher de façon dramatique et y laisse la vie comme c'était fréquent à l'époque. Il nait de père inconnu et personne ne connaît de détail même insignifiant sur lui, car sa mère a été découverte dans la rue, sans alliance ni papiers.
Monsieur Bumble, le bedeau de l'église qui dirige cet hospice lui donne un nom. Il y a beaucoup d'orphelins à cette époque et il leur attribue un nom en suivant l'ordre alphabétique ; pour lui, il en est à la lettre T et ce sera Twist.
Il réside dans cet hospice jusqu'à l'âge de neuf ans. Il y est maltraité, mal nourri et considéré comme un esclave. Un jour, les enfants ont tellement faim, qu'ils tirent au sort le nom de celui qui va aller demander « un peu plus de gruau » ce qui lui vaut l'enfermement.
Le jour de ses neuf ans, la date limite au-delà de laquelle la loi ne permet plus de le garder à l'hospice, le bedeau le place chez un ramoneur : il est de petite taille, maigre à cause de la malnutrition, il pourra donc facilement entrer dans les conduits.
La maltraitance continue, hélas et un jour il s'échappe et part pour Londres à pieds.
Ce que j'en pense :

Oliver Twist m'a plu autant que la première fois. Dickens décrit de belle façon la vie des orphelins à cette époque Victorienne. Les accouchements se font dans des conditions sordides, les mères mourant souvent en couches, (fièvre puerpérale très fréquente à l'époque, Semmelweis ne mettra en évidence l'importance de l'hygiène à partir de 1847).
De plus, Oliver naît de père inconnu, et on connait la façon dont les femmes adultères étaient considérées : des femmes de rien, des putes… donc pas de raison de les ménager. Il tombe ainsi sous la loi dite « Loi sur les pauvres » (Poor Law) qui leur donne droit à une ration alimentaire minimale.
Pendant leurs neuf premières années, les enfants travaillent dans un atelier attenant à l'hospice où ils fabriquent de la filasse.
L'auteur décrit très bien ces « fermes à bébés » qui maltraitaient les enfants, avec des châtiments corporels, une alimentation insuffisante. Puis l'exploitation chez les employeurs, lorsque les neuf ans sont révolus. Là aussi, tout est prétexte à recevoir des coups, car ces enfants orphelins éveillent peu la compassion quelque soit le milieu où ils vivent.
La souffrance, l'injustice entraînent un cercle vicieux avec, les fugues, la délinquance, car les adultes savent très bien exploiter les enfants pour leur apprendre à voler les passants dans la rue. Cela nous permet de rencontrer des personnages hauts en couleurs, bandits notoires et malfaisants tels, Fagin qui lui apprend les techniques de vol, Bill Sikes,
Dickens nous décrit un enfant, qui a des valeurs morales après tout ce qu'il a traversé depuis sa naissance, et qui aurait pu ou dû le mener tout droit dans la délinquance. Il ne voit que le bon côté des gens, il ne sent pas quand on le manipule. Est-ce de la naïveté ?
Certains personnages sont attachants, tel Mr Brownlow, Mrs Bedwin, ou Nancy du côté des malfrats, d'autres répugnants de méchanceté, de pouvoir : Sikes, Monks… le bien ou le mal en somme.
Comme dans d'autres romans de l'époque, le héros est souvent pur, et comme Cendrillon, l'histoire va-t-elle se terminer en conte de fées ? On ne peut s'empêcher de penser à Cosette…
On a donc une belle description des bas-fonds, de la société qui est cruelle avec les enfants, des pouvoirs et des méfaits des institutions de l'époque : l'église, l'administration. On peut aussi voir au-delà de notre héros, une étude de l'enfance, de l'adolescence, montrant que ces enfants n'ont aucuns droits, qu'ils sont obligés de travailler très jeunes, et peuvent basculer dans la délinquance, que la maltraitance est quotidienne. Bref, un tableau détaillé de l'injustice sociale que l'auteur dénoncera toujours.
Selon Dickens, l'enfant est innocent par nature, et c'est la société qui va le façonner et déterminer son évolution future. Certes, on est obligé de constater que pour lui, il n'y a que deux possibilités, le bien ou le mal, mais il ne faut pas oublier l'empreinte de l'église, toute puissante à l'époque.
Lors de la première lecture, c'était ce côté-là qui m'avait plu : une belle histoire qui se termine avec une morale. Cette fois-ci, j'ai plus été touchée par les conditions de vie, la violence de la société à l'égard des plus démunis physiquement et mentalement et hélas, les choses ne se sont guère améliorées.
Un roman bien écrit et qui fait du bien. Des personnages bien décrits, qui bien sûr datent un peu mais qui nous touchent. Et je retiens la petite musique gaie, légère qu'on entend en arrière plan, comme une petite note d'optimisme, d'espoir, l'humour de l'auteur n'est jamais bien loin et il ne sombre pas dans le pathos.
Note : 8/10
lu dans le cadre Challenge XIXe siècle
Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
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zaphod
  31 mars 2014
samedi 6 juin 2009
Zaph, tu peux le faire !

J'ai un aveu à vous faire.
Allez, je me lance : je n'ai jamais lu Dickens.
Ouaip, je me mêle de causer de livres, mais bon, j'ai jamais lu Dickens. La honte.

J'étais allé à la bibli pour chercher le livre de Jennifer Johnston que j'avais réservé (va savoir pourquoi Jennifer Johnston). Or voila que la bibliothécaire m'annonce que non seulement ce livre est introuvable, mais qu'en plus, les trois volumes qu'ils possédaient de Johnston ont tous mystérieusement disparus. J'ai même du jurer que je n'y étais pour rien, c'est embarrassant (c'est pas tous les jours qu'un lecteur fait réserver un livre de Johnston). Résultat, il faut faire transférer un livre d'une autre bibli pour que j'aie enfin mon Johnston.

C'est pas grave, que je me dis, en attendant, je vais emprunter un livre en anglais.
Et là, dans le "rayon anglais", j'avais en main "Sons and lovers" de Lawrence, qui me faisait vraiment bien envie, quand voilà que mon regard tombe sur plusieurs volumes de Charles Dickens.
Faut savoir que je me dis depuis longtemps que Dickens est un grand écrivain, et que je devrais lire au moins un de ses livres, mais voilà, j'y arrive pas, j'ai un énorme blocage. Je ne sais pas, j'ai l'impression que c'est long et lent, ardu et ampoulé, pleurnichouillard et misérabiliste.

Alors, je me suis dit, mon vieux Zaph, fais un effort, c'est le moment ou jamais, tu ne vas quand-même pas mourir sans avoir lu un seul Dickens. Et, bien qu'en me disant cela, tout à coup, l'idée de mourir sans avoir lu Dickens ne me semblait plus si horrible, j'ai quand-même déposé Lawrence et je suis parti avec Charles Dickens.
J'ai quand-même choisi le moins épais. C'est "Oliver Twist".
On va bien voir.

***

dimanche 7 juin 2009
Ça commence mal.

Alors, avant de dire quoi que ce soit, je vous copie la première phrase du livre :

"Among other public buildings in a certain town which for many reasons it will be prudent to refrain from mentioning, and to which I will assign no fictitious name, it boasts of one which is common to most towns, great or small, to wit, a workhouse; and in this workhouse was born, on a day and date which I need not take upon myself to repeat, inasmuch as it can be of no possible consequence to the reader, in this stage of the business at all events, the item of mortality whose name is prefixed to the head of this chapter."

Et c'est ainsi, après une seule phrase (mais bien assez longue), que je refermai définitivement ce volume de Dickens, bien heureux que finalement rien ne m'oblige à plus ample fréquentation de cet auteur durant ce qui me reste de vie à vivre.

Mais non, je plaisantais, je ne me laisse pas terrasser aussi facilement.
Mais bon, je disais quoi, déjà ? Lent et ampoulé ? Avouez que je ne suis pas tombé loin ! Va falloir s'accrocher (si ça continue sur le même ton).
Courage Zaph !

***

lundi 8 juin 2009
Sad end.

Oliver et Cosette se marièrent ; ils eurent beaucoup d'enfants pauvres, et ils vécurent malheureux pour le reste de leur vie, qui d'ailleurs fut brève et triste.

Non, je rigole. D'abord, je suis loin d'avoir fini, et puis je ne suis pas sûr qu'au train où vont les choses, Oliver atteindra l'âge de se marier.
Mais c'est pour vous dire que, comme je le craignais un peu, ce livre (du moins jusqu'à présent) n'est que le récit d'une succession de malheurs plus tristes les uns que les autres. Personne n'aime Oliver, et tout le monde le maltraite avec un réel plaisir.

Pourtant, j'ai envie de continuer ma lecture. D'abord, j'ai envie de voir si Dickens va changer de mode de récit, ou s'il va oser continuer dans la même ligne jusqu'à la fin. Et puis, je commence à m'habituer au style, et quelque chose me plait : c'est l'immense ironie de Dickens. Bon, je ne peux pas m'imaginer que cette histoire soit à prendre au premier degré ; et vu sous cet angle, Dickens se montre sous un jour cynique tout à fait réjouissant.

***

jeudi 11 juin 2009
Just a little twist of fate.

Bon, j'ai pas beaucoup avancé ; ça fait trois jours que je m'endors sur la même page. Non que Dickens soit particulièrement soporifique (disons que j'ai vu pire), mais simplement, je suis crevé.

Donc, si vous voulez savoir, Oliver est parti pour un périple à pied de 70 miles pour rejoindre Londres (oui, ça prend un peu de temps, c'est normal).

A propos, je me disais que nos enfants ont quand-même une vie confortable. Tiens, ils devraient lire Oliver Twist, ils se plaindraient peut-être un peu moins (par exemple, quand je veux limiter la télé à une heure par jour).

Quoique... l'autre jour, ma fille de cinq ans est rentrée de l'école avec le nez rouge et bleu et tout gonflé. Quand j'ai enfin réussi à obtenir d'elle des explications, j'ai appris qu'un de ses copains de classe (un caïd de cinq ans et demi) lui avait donné un coup de pied au visage parce qu'elle refusait de jouer avec lui.
J'ai du user de diplomatie pour qu'elle accepte de retourner à l'école le lendemain, et je lui ai promis que ce genre de chose ne se reproduirait plus. J'ai écrit à cet effet un mot à l'institutrice en lui demandant de faire la leçon à ce petit morveux. Je pensais que ce serait suffisant.
J'avais tort, comme je vous le raconterai plus tard, parce que là, mon oeil me fait mal.

***

vendredi 12 juin 2009
Non à la violence!

Le lendemain, ma fille est encore rentrée en pleurant. Je lui avais dit de tenir bon, de refuser de jouer avec ce morveux, et en cas de besoin, d'aller se réfugier près de la surveillante. Ce qu'elle a fait... mais l'ignoble avorton a quand-même eu le temps d'essayer de l'étrangler.
Dans son cartable, il y avait un mot de la maîtresse en réponse au mien, qui disait en substance ceci :
"J'ai fait la leçon au petit X, et ce n'est pas la première fois. J'essaie de faire de mon mieux, mais dans son cas, je ne crois pas que l'école soit en cause.
Voyez-vous, cet enfant se fait maltraiter chez lui, alors, ce n'est pas étonnant qu'il soit violent avec les autres. Il n'a pas appris à s'exprimer autrement."

Bon, je veux bien que chacun ait le droit de s'exprimer, mais pas en utilisant ma fille comme moyen d'expression !
J'étais énervé. C'est quand-même pas à moi d'éduquer tous les enfants de la classe ! Bon, c'est peut-être pas le rôle de l'école non plus ? J'ai téléphoné chez le petit X et c'est son père qui a répondu.
J'essayais de lui expliquer calmement la situation, mais ce con m'a interrompu :
"Et alors ? Qu'est ce que tu veux ? Que j'aille arbitrer toutes les disputes de bac à sable ? J'ai pas que ça à foutre ! Ta fille, elle a trois solutions : jouer avec mon fils, apprendre à se battre et lui casser la figure, ou courir très vite." Sur ce, il a raccroché.

Ah, c'est comme ça ?! J'ai appelé ma fille et j'ai commencé à lui expliquer comment donner un coup de poing. "Tu vois, c'est pas seulement le bras qui frappe, c'est tout le corps. Tiens, essaye".

Ma femme, qui est arrivée à ce moment là, n'a pas approuvé la méthode : "Mais qu'est-ce que tu fabriques ? Tu crois que c'est ça, la solution ? L'escalade de la violence ? Et demain, l'autre gosse va amener un couteau à l'école, c'est ça ? Non, tu vas aller trouver les parents, et tu vas les raisonner."

Elle avait raison, bien sûr. C'était pas à ma fille de régler ça toute seule, et encore moins avec les poings. "Tu as raison" que j'ai dit, "j'y vais ; je vais aller les raisonner". Pour autant que ce genre de personne soit sensible à des arguments raisonnés, pensai-je.

Quoi ?
Oliver Twist ?
Oh, qu'il se débrouille tout seul, ce petit idiot ! (Entre temps, il est arrivé à Londres, chez des gens charmants, des voleurs à la tire, je crois).

***

samedi 13 juin 2009
Techniques de combat.

Comme j'allais sortir, je me suis dit que c'était vraiment pas évident que le père de X allait accepter de discuter calmement et se rangerait docilement à mes sages conseils.

Je ne sais pas pourquoi, ça m'a rappelé une copine que j'ai eue (pas pendant très longtemps). Une fois, on allait à un concert, et pendant qu'on était dans la file pour acheter nos places, il y a un gros loubard en cuir appuyé au mur qui se met à siffler ma copine.
Elle a réagi au quart de tour : "Non, mais t'as vu ce gros porc ? Comment ose-t-il ? Zaph, va lui casser la gueule !"
J'ai eu de la chance sur ce coup-là, parce que les copains du loubard n'ont rien entendu, qu'il n'a donc pas jugé utile de défendre son honneur, et qu'il a simplement écrasé (peut-être que l'assurance de mon amie l'a fait un peu douter, mais ce n'est pas le genre de pari que j'apprécie).

Donc, je me suis dit qu'il valait mieux prendre un minimum de précautions.
Je me suis connecté sur le net et j'ai googlé "self-defense". Je suis tombé sur un site pas mal fichu qui proposait un tas de vidéos pour apprendre à se défendre. J'avais pas le temps de tout visionner, encore moins de m'entraîner, alors, je me suis dit que d'après le portrait que je me faisais du type (c'est à dire, pas débordant d'imagination), si on devait en venir aux mains, je misais sur le bon vieux "coup de poing dans la gueule" des familles.

J'ai identifié une vidéo sur "comment parer un coup de poing", et je me suis concentré sur celle-ci.
En voyant la démonstration, ça paraissait vraiment simple : lorsque le coup arrive, on esquive d'un pas rapide de côté, l'adversaire se trouve emporté par son élan vers l'avant, ce qui fait qu'on se retrouve sur son flanc en bonne position pour contre-attaquer. Comme contre-attaque, j'ai opté pour le coup de pied au genou, qui est facile à réaliser, ne demande pas une grande précision, et présente l'avantage de handicaper la course, si jamais votre adversaire n'est pas hors de combat et se met en tête de vous poursuivre.

Légèrement rassuré par mes compétences fraîchement acquises, je me suis mis en route (non sans avoir regardé une dernière fois la vidéo).

Notez qu'en chemin, j'ai compris ce qui me dérangeait un peu dans le personnage d'Oliver Twist : je l'ai dit, Dickens use beaucoup d'ironie, or l'ironie introduit une distance. Résultat, je ne me sens jamais proche d'Oliver. Si les personnages qui l'entourent et les décors sont pittoresques, Oliver, lui, fait un peu pâle figure.

***

dimanche 14 juin 2009
Lire Dickens et puis mourir.

Ça s'est mal passé.
C'est terrible comme certaines personnes ont le don de tout comprendre à l'envers. Dans la réalité, c'est ma fille qui s'était faite agresser par le petit X. Dans la tête du père de X, c'était comme si j'étais venu pour me venger sur son fils ou je ne sais trop quoi. J'avais beau essayer d'expliquer que tout ce que je demandais, c'était qu'il apprenne à son fils à se comporter en société, et qu'il fiche la paix à ma fille, mais plus je parlais, moins il écoutait et plus il s'énervait, et plus il gesticulait en s'approchant de moi.

Je l'ai vu venir.
J'avais pris soin de me positionner dans un endroit dégagé, ce qui n'était pas évident, dans la petite maison surchargée de meubles.
J'ai magnifiquement appliqué ma technique de combat. Et elle a magnifiquement fonctionné, presque.
J'ai fait le bond de côté. Il m'a raté, il s'est déporté vers l'avant, j'ai pivoté sur le pied gauche, et je lui ai balancé un coup du pied droit en plein dans le genou. Un vrai karateka ; Bruce Lee n'aurait pas fait mieux.
Le seul problème, c'est que ce gros patapouf était bardé de graisse, et que mon coup au genou n'a pas semblé le perturber plus que ça. Il ne s'est pas effondré de douleur comme je l'espérais. Au lieu de quoi, il a pivoté également, m'a attrapé par la chemise pendant qu'il armait son poing droit (qu'il avait énorme, je m'en rendais compte).
A ce moment, j'ai eu la présence d'esprit de me souvenir qu'il existait aussi une vidéo sur "comment se dégager d'une prise aux vêtements", et j'ai même eu le temps de regretter amèrement de n'avoir pas pris le temps de la regarder.
Je crois même avoir pensé que j'allais effectivement mourir avant d'avoir lu Dickens, mais je ne sais plus si j'ai trouvé ça dommage.
Heureusement, j'ai pu bouger légèrement la tête, ce qui m'a évité de prendre le coup complètement de face, mais il m'a quand-même envoyé valser dans la pièce, et j'ai atterri juste devant le petit X, que le spectacle ne semblait pas particulièrement émouvoir.

J'étais un peu groggy, mais pas complètement KO. Je me suis adressé à X : "tu vois, petit, ce qui arrive quand on en vient aux mains? Il vaut mieux régler ses problèmes en parlant, c'est beaucoup mieux. Essaie d'y penser à l'avenir."

Puis je me suis relevé et je suis parti. Y avait vraiment pas moyen de discuter avec ce type.
Je suppose qu'il avait tout de même un peu mal au genou, car il n'a pas fait mine de me suivre.

Moi, ce que j'ai appris, quand j'étais gosse (à cette époque, une bonne bagarre avait encore son rôle à jouer dans les relations sociales), c'est que c'est pas en la jouant réglo que tu gagnes. Pour gagner, faut toujours frapper le premier, et le plus vicieusement possible, faut surtout pas attendre que l'autre prenne l'initiative : quand tu sens que ça va peut-être chauffer, tu tapes. Avec cette méthode, tu te fais respecter ; mais le seul ennui, c'est que quand les autres ont compris l'astuce, tu dois taper de plus en plus tôt, bien avant que ça ne chauffe.
Enfin, notre époque n'est (presque) plus comme ça, et c'est tant mieux.

Quand je suis rentré, ma femme m'a crié du haut des escaliers "alors, c'est arrangé?".
- "Oui", que j'ai répondu, "je crois que le petit a compris la leçon", et je suis allé m'enfermer dans la salle de bains pour soigner mon oeil.

Ce soir-là, j'ai pas pu lire Dickens.

***

jeudi 18 juin 2009
LOT of trouble.

Le 16 Juin est une date importante dans ma vie. Depuis deux ans.
En effet, c'est à cette date que LOT, la compagnie aérienne polonaise que j'emprunte régulièrement, change son menu sur les vols en classe économique.
Cette année, j'attendais cette date avec une réelle impatience, car je me disais que ce n'était pas possible de faire pire que le menu de l'année précédente. Comme quoi il ne faut jurer de rien.
Crise financière oblige, le repas chaud a été remplacé par un simple petit sandwich à l'air inoffensif. Comme quoi l'air ne fait pas la chanson.
Le petit pain, quoique d'une densité peu commune, est bien mou ; par contre, la tranche de fromage (mais est-ce bien du fromage?) est extrêmement élastique, et donne lieu à de longues minutes de mâchouillage. le tout n'a que peu de goût, mais contient une substance qui fait abondamment saliver, ce qui est une aide bienvenue à la déglutition du "fromage".
Dernière chose à mentionner sur ce sandwich : s'il ne pèse pas bien lourd dans l'assiette, une fois arrivé dans l'estomac, il prend réellement toute son ampleur.
Ça me déprime un peu d'être parti pour un an de sandwiches au plomb. Espérons que je ne devrai pas me rendre trop souvent à Varsovie.
La conséquence de tout ça, c'est qu'au lieu de lire Dickens, je me suis endormi.
Moi qui compte d'habitude sur mes voyages pour bien avancer dans mes lectures, cette fois, c'est raté.
J'ai commencé ce bouquin le 6 du mois. Et je ne suis même pas à la moitié !

***

dimanche 21 juin 2009
Pourquoi Dickens écrit en petit ?

Bon, les amis, grande nouvelle : j'ai dépassé la moitié !
Et bon, entre nous, je dois vous avouer une chose : j'ai failli abandonner.
C'est pas que j'aime pas, pourtant. Peut-être que sur ce coup-ci, je suis vraiment trop lent ? C'est que je suis particulièrement crevé ; j'ai l'habitude de lire après minuit, mais pour le moment, à minuit, je m'effondre.
Et puis, je vous avais dit que j'avais choisi le Dickens le plus mince... mais qu'est ce que c'est dense !
C'est vrai, quoi ! Pourquoi Dickens écrit si petit ?
Alors que Jaenada, par exemple (pris totalement au hasard), écrit en grand.
Ce qui fait que pour deux bouquins de la même épaisseur, le Jaenada se lit beaucoup plus vite.
Pourtant, à ma grande honte, je dois avouer que je préfère la compagnie du second (non, je rigole... j'ai même pas honte).

En plus, j'ai un problème, c'est que je connais l'histoire. Vous me direz que ça n'a rien d'extraordinaire ; tout le monde connait l'histoire d'Oliver Twist. Sauf que je ne me souviens absolument pas de l'avoir lue, ni vue en adaptation à la télé. Bizarre !

Allez, comme j'ai passé la moitié, je crois que je vais tenir bon jusqu'au bout. de toute façon, je vous tiens au courant. J'imagine que vous mourez d'envie de savoir si je vais remporter ce défi !

***

lundi 22 juin 2009
Charles, si tu me lis...

Charles,
si tu me lis : loin de moi l'idée de vouloir te donner des leçons, mais bon, il semble que la concision ne soit pas un concept qui te préoccupe énormément.
En ton honneur, et sans arrière-pensées, j'ai décidé de m'inscrire au concours de la nouvelle la plus courte.
Il s'agit d'une nouvelle de science-fiction.
La voici :

"- Je viens d'absorber la nouvelle drogue, et je me propose d'en décrire ici ses eff e...

***

mercredi 24 juin 2009
Pauvre et con, et pas très beau non plus.

Serait peut-être temps que je me livre à mon exercice préféré (ironie) : le résumé de livre !
Mais finalement, peu importe les péripéties de ce roman, ce qui compte, c'est l'exploit réalisé par Dickens : il a réussi à créer le personnage le plus con de la littérature mondiale, toutes époques confondues.
En effet, Oliver Twist est vraiment un concentré de naïveté, de bons sentiments, de confiance aussi inébranlable que mal placée en la bonté humaine.
On se demande bien d'ailleurs d'où il tire sa rigueur morale dégoulinante de bonnes intentions.
Le fait que ce soit un gamin sans éducation n'excuse rien. Il aurait pu au moins devenir une petite racaille des bas fonds comme tous ses congénères, mais non ! Il subit les pires sévices avec une égale tranquillité d'esprit, jamais il ne se révolte, et si parfois il lui arrive de verser une larme égoïste sur sa propre condition, il se reprend bien vite en témoignant une fidélité et un dévouement d'épagneul aux rares personnes qui ont eu pour lui une geste ou une parole gentille.
Non content de se précipiter en gambadant et avec le sourire dans la gueule de chaque loup qui passe à proximité, ce garçon jouit en plus d'une malchance phénoménale. Lorsqu'il bouscule par inadvertance un passant dans la rue, il faut que ce soit justement l'horrible exploiteur d'enfants qui a jeté (va savoir pourquoi) son dévolu sur lui.

Est-ce que je vous ai dit que le personnage d'Oliver Twist m'énerve un peu ?
Heureusement que les personnages secondaires sont un véritable régal, surtout les méchants.
Dommage seulement qu'ils tournent autour d'un centre vide.

***

dimanche 28 juin 2009
Dickens et moi, c'est une (trop) longue histoire.

Si je remonte le cruel curseur de ce journal de lecture, je m'aperçois que j'ai entamé ce livre le six Juin, or nous sommes le vingt-huit, et je suis donc probablement en train de battre un record personnel. D'autre part, je dois rendre ce livre vendredi à la bibli, et il a été décidé unanimement par moi-même qu'il n'y aurait pas de prolongations.
Mais il y a
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Gwen21
  10 janvier 2017
Il me semble que plus je lis Dickens et plus je l'apprécie.
Avec son célèbre "Oliver Twist", cet auteur emblématique de la littérature classique anglaise a réussi le double prodige de m'intéresser à une histoire que je connaissais déjà, et de me faire rire à la lecture d'un drame aussi noir que les bas-fonds de Londres.
Plus encore qu'avec "De grandes espérances" qui souffre de vraies longueurs, et qu'avec "Le magasin d'antiquités" qui pèche par un accès de mièvrerie - et bien que j'aie apprécié ces deux romans -, avec "Oliver Twist" on touche à une telle misère, la narration atteint une telle gravité, qu'on se sent envahi par un respect infini, et pour le thème traité, et pour son auteur.
Orphelin confié dès sa naissance à un dépôt de mendicité de la banlieue londonienne, le jeune Oliver possède une nature qui le préserve des vices et des défauts malgré des conditions de vie plus que spartiates. Chétif et obligeant, Oliver est condamné au rôle de la proie jusqu'au jour où la Providence décide qu'il est grand temps de placer sur son chemin quelques protecteurs aimants et charitables. Longtemps la marionnette d'une bande de brigands vicieux et violents, cible de surcroît d'un demi-frère haineux décidé à le faire disparaître de la surface de la terre, le jeune garçon échappe finalement aux dangers mortels qui le menacent grâce à la chance et à ses amis.
Au-delà du parcours initiatique d'Oliver, Dickens souhaite donner en spectacle un Londres des misérables - Hugo fera de même trente ans plus tard avec Paris. Avec une acuité du détail proprement étonnante pour l'époque, avec parfois même une mise à nue crue de la violence meurtrière et de l'indécence qui animent les crapules dont il a fait ses personnages, Dickens nous emmène très loin du confort de notre fauteuil de lecteur.
Bien sûr, on peut reprocher aux romans de Dickens un certain manichéisme - et "Oliver Twist" n'y échappe pas - mais au-delà de ce petit travers si fréquent en littérature on perçoit un intérêt véritable pour la nature humaine dans ce qu'elle offre de meilleur et de pire. Et puis le verbe est haut, le style est superbe, unique en son genre, reconnaissable entre mille, tout comme cet humour et ce goût pour la moquerie qui font sourire et rire même au coeur des pages les plus sombres.

Challenge PAVES 2016 - 2017
Challenge MULTI-DÉFIS 2016 - 2017
Challenge XIXème siècle 2017
Challenge BBC
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Luniver
  11 avril 2015
Né d'une mère célibataire qui a accouché en cachette, Oliver Twist semblait promis à un avenir peu brillant. Les organismes de charité qui l'ont pris en charge, persuadés qu'il finirait tôt ou tard à la potence comme tous les êtres de son engeance, lui donnaient à peine de quoi survivre (et s'indignaient comme il se doit du manque de reconnaissance envers leurs sacrifices).
On cherche alors à se débarrasser de son encombrant estomac dès qu'il arrive à l'âge d'être apprenti. S'il échappe à un ramoneur peu scrupuleux, il atterrit finalement chez un croque-mort. Sa vie ne s'en trouve pas améliorée : son statut d'orphelin et d'assisté le désigne d'emblée comme coupable dans tous les conflits qui le concerne, ce qui en fait le souffre-douleur de l'entreprise. Il décide un soir de s'enfuir vers Londres, dans l'espoir d'améliorer son sort. Mais il n'y trouve qu'une bande de voleurs, bien décidés à profiter de sa naïveté pour réaliser quelques coups juteux.
Le roman est très proche du conte philosophique par plusieurs aspects. Tout d'abord, le manichéisme des personnages : les gentils ne sont décrits que par des qualités, les méchants uniquement par des défauts (et ils sont inexcusables par dessus le marché), et même si quelques uns se sont retrouvés dans le mauvais camp par un coup du sort, on sait au premier coup d'oeil vers qui doit aller notre sympathie, et qui nous devons détester. Ensuite, l'intrigue est remplie de retournements de situation et de coups de théâtre peu crédibles : malgré l'étendue de l'Angleterre, les protagonistes tombent toujours sur la bonne personne au bon moment. Il faut bien avouer que parfois, on frôle la romance de série B.
Malgré ces petits défauts, on se laisse facilement emporter par la plume de l'auteur. L'humour est omniprésent dans l'histoire, et la critique sur les lois sur la pauvreté, le manque d'aide aux démunis et l'hypocrisie des philanthropes est sévère (ah, ces pauvres qui s'obstinent à mourir de faim alors que des gens de la bonne société leur ont assuré qu'ils avaient de quoi se rassasier, quel scandale !)
Un roman plein de bons sentiments donc, et aux mécaniques assez simples. Mais si vous être dans un état d'esprit où vous voulez voir les gentils récompensés et les méchants punis, nul doute qu'Oliver Twist soit une lecture idéale.
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rogermuerogermue   02 juin 2013
Oliver demande davantage

Le soir venu, les enfants prirent leurs places; le chef de
l'établissement, affublé de son costume de cuisinier, était en
personne devant la chaudière; on servit le gruau; on dit un long
_benedictus_ sur ce chétif ordinaire. Le gruau disparut; les
enfants se parlaient à l'oreille, faisaient des signes à Olivier,
et ses voisins le poussaient du coude. Tout enfant qu'il était, la
faim l'avait exaspéré, et l'excès de la misère l'avait rendu
insouciant; il quitta sa place, et, s'avançant l'écuelle et la
cuiller à la main, il dit, tout effrayé de sa témérité:

«J'en voudrais encore, monsieur, s'il vous plaît.»

Le chef, homme gras et rebondi, devint pâle; stupéfait de
surprise, il regarda plusieurs fois le petit rebelle; puis il
s'appuya sur la chaudière pour se soutenir; les vieilles femmes
qui l'aidaient étaient saisies d'étonnement, et les enfants de
terreur.

«Comment! dit enfin le chef d'une voix altérée.

- J'en voudrais encore, monsieur, s'il vous plaît,» répondit
Olivier.

Le chef dirigea vers la tête d'Olivier un coup de sa cuiller à
pot, l'étreignit dans ses bras, et appela à grands cris le bedeau.

Le conseil siégeait en séance solennelle quand M. Bumble tout hors
de lui, se précipita dans la salle, et s'adressant au président,
lui dit:

«Monsieur Limbkins, je vous demande pardon, monsieur, Olivier
Twist en a redemandé.»

Ce fut une stupéfaction générale; l'horreur était peinte sur tous
les visages.

«Il en a redemandé, dit M. Limbkins? calmez-vous, Bumble, et
répondez-moi clairement. Dois-je comprendre qu'il a redemandé de
la nourriture, après avoir mangé le souper alloué par le
règlement?

- Oui, monsieur, répondit Bumble.

- Cet enfant-là se fera pendre, dit le monsieur au gilet blanc;
oui, cet enfant-là se fera pendre.»

Source: http://www.gutenberg.org/catalog/world/readfile?fk_files=1502342&pageno=12
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Gwen21Gwen21   10 janvier 2017
Les vivres les moins chers et les plus grossiers sont entassés dans les boutiques ; les vêtements les plus communs sont suspendus à la porte du brocanteur ou accrochés aux fenêtres. Coudoyé par des ouvriers sans ouvrage du plus bas étage, des porteurs de lest et de charbon, des femmes effrontées, des enfants en guenilles, enfin par le rebut de la population voisine du fleuve, le visiteur ne se fraye un chemin qu’avec peine, rebuté par le spectacle hideux et l’odeur infecte des allées étroites qui se détachent à droite et à gauche de la rue principale, et assourdi par le bruit des chariots lourdement chargés. Arrivé enfin dans des rues plus reculées et moins fréquentées que celles qu’il a traversées jusqu’ici, il s’avance entre des rangées de maisons dont les façades chancelantes surplombent sur le trottoir, des murs lézardés qui semblent prêts à s’écrouler, des cheminées en ruines qui hésitent à tomber tout à fait, des fenêtres garnies de barres de fer rongées par la rouille et par le temps, enfin tout ce qu’on peut imaginer de plus triste et de plus dégradé.
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MusardiseMusardise   19 juin 2018
Au nombre des édifices publics d'une certaine ville, qu'il sera pour mainte raison plus prudent de s'abstenir de nommer, et à laquelle je me refuse de donner un nom imaginaire, s'en trouve un que possèdent en commun, depuis fort longtemps, la plupart des villes, petites ou grandes, à savoir : un asile ; et dans cet asile naquit, un jour d'une année que je ne prendrai pas la peine de citer, étant donné que cela ne saurait avoir la moindre importance pour le lecteur, du moins au cours de cette première phase des événements, le fragment d'espèce humaine dont le nom est placé en tête du présent chapitre.
Pendant une longue période à partir de l'instant où il fut introduit par le chirurgien municipal dans notre monde de tristesse et de tourments, la question de savoir si l'enfant vivrait assez pour porter un nom quelconque resta l'objet de doutes considérables ; dans la négative, il est plus que probable que ce récit n'eût jamais été publié ; ou que, s'il l'avait été, ne comprenant que deux pages, il eût possédé l'inappréciable mérite d'être l'exemple le plus concis et le plus véridique de l'art biographique de toutes les littératures de tous les temps et de tous les pays.

Chapitre Premier. Traite du lieu où naquit Oliver Twist et des circonstances qui entourèrent sa naissance
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MusardiseMusardise   27 juin 2018
Noé était pupille de l'assistance, mais non point orphelin de l'asile. Il n'avait rien d'un enfant trouvé, lui qui pouvait faire remonter sa généalogie très haut, jusqu'à ses propres parents, lesquels habitaient dans le voisinage ; sa mère était blanchisseuse, et il avait pour père un ivrogne de soldat, licencié avec une jambe de bois et une pension quotidienne de deux pence et demi plus une fraction infinitésimale. Les garçons de boutique du voisinage avaient depuis longtemps pris l'habitude de flétrir Noé, sur la voie publique, d'appellations aussi ignominieuses que "Bas-de-cuir", "Assistance", et ainsi de suite ; et Noé les avait subies sans protester. Mais maintenant que le destin avait placé sur son chemin un orphelin sans nom, que tous, même les plus humbles, pouvaient désigner d'un index méprisant, il se payait sur lui avec usure. Cette attitude fournit à la méditation un aliment délectable. Elle nous montre le beau parti qu'on peut tirer de la nature humaine, et avec quelle impartialité les mêmes aimables qualités se développent chez l’aristocrate le plus raffiné comme chez le plus crasseux des pupilles de l’assistance.

Chapitre V.Oliver entre en contact avec de nouvelles relations. Assistant pour la première fois à un enterrement, il se fait une idée défavorable du commerce de son maître
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MusardiseMusardise   20 juin 2018
Oliver était effrayé à la vue de tant de messieurs, et il en tremblait ; et l'appariteur lui donna une nouvelle tape dans le dos, ce qui le fit pleurer. Pour ces deux motifs il répondit d'une voix très faible et hésitante ; sur quoi un homme en gilet blanc déclara qu'il était un imbécile. Ce qui était un excellent moyen de le réconforter et de le mettre tout à fait à son aise.
- Petit, dit l'homme au fauteuil surélevé, écoute-moi. Tu sais que tu es orphelin, j'imagine ?
- Qu'est-ce que cela veut dire, monsieur ? demanda le pauvre Oliver.
- Ce garçon est un imbécile, c'est bien ce que je pensais, dit le personnage au gilet blanc.
- Chut ! dit l'homme qui avait parlé le premier. Tu sais que tu n'as pas de papa ni de maman, et que tu as été élevé par la commune, n'est-ce pas ?
- Oui, monsieur, répondit Oliver, en pleurant à chaudes larmes.
- Pourquoi pleures-tu ? demanda l’homme au gilet blanc.
Et certes c'était bien extraordinaire. Pourquoi donc l'enfant pouvait-il pleurer ?

Chapitre II. Traite de la croissance, de l'éducation et de l’alimentation d'Oliver
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Bande annonce du film The Mystery of Edwin Drood (BBC 2012), adaptation du roman de Charles Dickens
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