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Critique de coincescheznous


coincescheznous
  04 novembre 2015
Je suis très en colère contre le snobisme des critiques littéraires et particulièrement dans le cas de ce livre.



Joël Dicker est jeune trentenaire Suisse, beau gosse, écrivain famous depuis La vérité sur l'affaire Harry Québert (qui s'est vendu à plus de trois millions d'exemplaires !). Avant de connaître ce premier énorme succès, il a mis quatre livres au placard que personne n'a voulu éditer, et a publié auparavant un premier livre qui a eu un écho très, très relatif. Je veux dire par là que c'est pour le moins un jeune homme opiniâtre et combatif qui a su remettre son ouvrage sur le métier. Personnellement, ça me rend le type sympathique.



Si vous débarquez de la planète Mars et que vous n'avez jamais entendu parler de la vérité sur l'affaire Harry Québert qui a raflé moult prix, je vous conseille de le lire pour vous faire votre propre avis sur ce livre à succès qui – à mon sens – était très réussi même si un peu naïf ou gnangnan.



Le livre des Baltimore reprend le héros principal de l'ouvrage précédent, Marcus Goldman, écrivain à succès en quête d'inspiration pour son nouveau livre. Cette fois-ci, Marcus n'enquêtera pas sur la vie de son ancien professeur, mais sur sa famille, et notamment sur ses cousins de Baltimore qui le fascinent au plus haut point. Il va alors dépiauter leurs habitudes, leur cadre de vie, les analyser finement tant dans leurs actions que dans leur cheminement psychologique. En bref, il s'agit d'une saga familiale qui cherche à démêler le vrai du faux entre ce que l'on fantasme de la vie de nos proches… et ce qu'ils vivent réellement ! Ainsi s'arrête mon résumé pour ne pas vous dire trop.



Ai-je aimé ? Oui, assurément. J'ai trouvé, pour reprendre l'expression de mon mari, que le livre était très « page turner », on est dedans et on a hâte de retourner lire ! L'histoire tient la route, même si okay certains aspects restent naïfs ou si la chronologie n'est pas toujours claire. Et so what ? J'ai vraiment imaginé les personnages du livre, ou tout du moins pour la plupart d'entre eux; j'ai visionné les maisons, les endroits de vacances, les trajets en voiture, la taille du jardin et plein d'autres choses. J'ai été amusée de certains dénouements, excitée par d'autres, même si ce n'est pas l'intrigue du siècle et même s'il m'est arrivé de deviner quelques points qui allaient être abordés. J'ai trouvé le style très fluide, l'histoire très limpide. Je n'ai rien vu de pompeux ou de facile, même si en soi certaines situations ou descriptions sont faciles, oui. Donc non ce n'est pas le roman du siècle, non ce n'est pas dingue, absolument ouf, mais ça reste un roman bien réussi qui donne un très bon exemple des projections que nous faisons sur autrui en passant à côté de leur réalité.



Je défends précisément ce livre parce qu'il est très attaqué, à croire qu'en France nous sommes très énervés par les mecs à succès, sauf s'ils ont un super réseau ou une histoire de famille absolument glauque, auquel cas on les tient en respect. Je trouve insupportable qu'un Beigbeder puisse dire qu'il ne s'agisse pas de littérature mais de « story-telling ». Ah ? C'est-à-dire ?



Rappelons qu'il n'est jamais simple d'écrire, et qu'écrire peut avoir pour ambition de tester un style, de raconter une histoire, voire les deux. C'est certain, tout le monde n'est pas Flaubert, j'en conviens, mais enfin il serait temps que tous les quadras français qui publient chez des grands éditeurs et vendent en nombre correct mais pas mirobolant arrêtent de se penser comme « des vrais écrivains », sous-entendu « à la différence des autres ».



Je déteste également le discours supra snob des écrivains (francophones toujours, au risque de me répéter) qui dit qu'ils n'écrivent pas pour être lus ou achetés, mais pour le plaisir, le besoin, ou le groupe d'initiés auxquels ils croient appartenir. Un livre n'a pour moi de sens que s'il est lu par autrui, sinon cela ne sert à rien de le publier, à part se faire du bien à son égo de névrotique en quête de valorisation pseudo intellectuelle. Je pense qu'il faut être un peu honnête : n'importe quel écrivain serait ravi de connaître THE succès et j'ai tendance à penser que trois millions de lecteurs ne sont pas bêtes comme des choux. A titre personnel, je n'apprécie guère les romans de Marc Lévy, il est vrai. Mais manifestement d'autres oui. Et si Marc Lévy pousse à la lecture des gens qui en général ne lisent jamais, je dis bravo ! Surtout que Marc Lévy écrit ses livres avec ses petites mains, il ne boit pas des cocktails à Rio en attendant que le succès arrive.



Bref, s'il vous plait, si vous connaissez des critiques littéraires, demandez-leur qu'ils arrêtent de nous apprendre à différencier la « littérature » des soi-disant « grosses bouses d'usurpateurs ». C'est insupportable. On ne casse pas quelqu'un qui sort deux best-sellers en deux ans, on met en avant ses points forts et on l'encourage à re-travailler quelques faiblesses.



Donc pour conclure, well done Joël Dicker pour ce nouvel ouvrage à tout juste trente ans, t'as fait du bon boulot même si tu n'es pas Marcel Proust.





Jo la Frite



PS : j'ai mis plein de mots en anglais pour bien ennuyer les littéraires radicaux, et paf !

Lien : http://coincescheznous.unblo..
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