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Claire Malroux (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070347599
448 pages
Éditeur : Gallimard (22/11/2007)

Note moyenne : 4.27/5 (sur 47 notes)
Résumé :
« Celle qui a tant écrit sur l'adieu a dit adieu au monde il y a cent vingt ans, léguant à d'hypothétiques lecteurs, tandis qu'une mouche venue de ses propres poèmes cognait contre la vitre de sa chambre, "la part d'elle transmissible" : une longue lettre sans signature, composée de centaines de feuillets déposés dans un coffret au fond d'un tiroir de commode. Un tendre et solennel héritage à partager. Une énigme à résoudre par les générations à venir.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
michemuche
  08 septembre 2015
En préambule, je trouve que la poésie est le parent pauvre de la littérature, c'est ce que je ressens, réussir à décrire un sentiment, un état d'esprit en quelques phrases ça tient de la magie.
" Car l'adieu, c'est la nuit" d'Emily Dickinson à cette magie.
Ce recueil de poème reflète assez bien la tendance du 19ème siècle, la solitude du poète, le " spleen" pour emprunter le mot au grand Charles Baudelaire.
Les mots d'Emily sont crépusculaires, la mort y est présente comme la tombe, dieu est omniprésent, nous sommes dans cette Nouvelle-Angleterre puritaine et dévote.
Le temps semble s'arrêter à la lecture de ses mots magnifique, j'ai retrouvé cette ambiance dans les écrits de Charlotte et Emily Brontë .
la poésie a quelque chose d'intemporel.
j'ai aimé les mots d'Emily Dickinson et j'espère que cette critique attirera d'autres lecteurs qui feront des critiques qui attireront d'autres lecteurs.....
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Pirouette0001
  28 octobre 2016
Lecture mitigée.
Tout d'abord, allez savoir pourquoi, j'étais persuadée qu'Emily Dickinson était anglaise. Mais il n'y a pas eu de doute possible, dès la première page, elle ne pouvait être qu'américaine. Sa langue, son écriture, ce n'était pas de l'anglais. Très juste me direz-vous, Emily Dickinson est reconnue comme la première grande poétesse américaine... Et voilà ! Avec en plus une langue du 19e siècle. Bon, l'édition est bilingue. Donc on s'en sort.
Mais mon sentiment partagé découle surtout de l'ambiance de plomb des poèmes. Mysticisme et noirceur du propos sont les caractéristiques essentielles de l'ensemble des poèmes. Pour la très grande majorité, pas un seul poème qui ne contienne le mot de 'mort' ou de 'tombeau' ou de 'Dieu', de 'ténèbres', d' 'immortalité', d' 'angoisse', d' effroi', etc ou ne soit marqué par le sceau de la disparition.

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LeScribouillard
  21 décembre 2019
Emily Dickinson fut l'une des poétesses romantiques les plus modernes de l'Amérique du XIXe et par ailleurs d'un talent extraordinaire et merveilleusement inspirateur. Ceci étant posé, "Car l'adieu, c'est la nuit" contient sa part de frustration, car il s'agit d'une intégrale non-exhaustive - si tant est qu'on peut parler d'intégrale pour peut-être la moitié de ses 1789 poèmes.
Et quand je dis que la poésie est plus apte aux textures qu'à la narration, ça trouve tout son sens ici : la poésie de Dickinson est énigmatique, sybilline, cryptique par moments, et nécessite ou bien une démarche analytique poussée, ou bien qu'on se laisse porter par le flow. Tout est purement sensoriel, sans cesse évoquant la nature et le mysticisme, rappelant le symbolisme à la même époque où celui-ci commençait à éclore ; mais ici plus qu'ailleurs on laisse place à l'expérimental : ponctuation haletante ou hachée face à l'émerveillement ou l'effroi, phrases pas forcément verbales, quasi-absence de rimes. L'anglais dans toute sa beauté crépusculaire déploie ses sonorités aussi murmurantes que hurlées.
Comment déployer de si vastes reliefs avec des mots aussi simples et dépouillés ? Il s'agit de l'"incessante pauvreté" que recherche Emily, dont la vie particulièrement sobre et ennuyeuse lui permit de trouver le merveilleux dans le moindre détail : ici, les rouges-gorges parlent et portent des habits de petits bourgeois, là le sublime kantien peut jaillir de la moindre goutte de rosée. Il peut aussi se faire immense, dès qu'on aborde les voyages fantasmés ou les craintes métaphysiques ; mais tout est toujours porté par des mots très simples, accessibles à tous, et pourtant assemblés juste avec assez peu de relations de cause à effet pour qu'on ne devine pas facilement le mystère au chocolat. Ma seule reproche au recueil est d'ailleurs quand elle tente de faire autrement, incluant des mots scientifiques, politiques ou juste compliqués, jurant abec l'ensemble tellement humble.
Emily Dickinson craignait pour ses poèmes, ne les dévoilait jamais tant ils lui étaient intimes, sauf à de rares personnes pour savoir s'ils étaient "vivants". Et vivants, ils le sont toujours. Profondément vivants, intensément vivants. Même 150 ans plus tard.
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Lutopie
  03 janvier 2019
La poésie mystique d'Emily Dickinson, la femme qui s'enfermait chez elle, toute de blanc vêtue, nourrissent l'esprit, comme le ferait le fruit de la bissection. C'est la rupture entre une solitude et le reste du monde, entre la Femme, seule, retranchée, et Dieu. Elle est influencée par la Bible, mais on sent l'influence d'une âme romantique. On a là les résidus d'une expérience personnelle, intime, comme les émanations d'une absence, comme l'expérience d'une mort imminente, d'une mort avant l'heure.
A lire en version originale car la langue originelle se découvre à l'anglaise, avec un léger accent américain, celui de la Nouvelle-Angleterre, et la langue de la poétesse se savoure autour d'un thé pris dans la plus stricte intimité et non en charmante compagnie selon les conventions de la société anglaise, et il faut bien placer sa langue dans sa bouche et la tourner dans son palais le temps d'un baiser qu'on adresse en rêve à l'être absent, pour apprécier la beauté de la solitude.
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Citations et extraits (87) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   23 octobre 2013
On ne sait jamais qu'on part - quand on part -
On plaisante, on ferme la porte
Le destin qui suit derrière nous la verrouille
Et jamais plus on n'aborde.

We never know we go - when we are going -
We jest and shut the door
Fate following behind us bolts it
And we accost no more.
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PiatkaPiatka   13 novembre 2013
J'aime mieux me souvenir d'un Couchant
Que jouir d'une Aurore
Bien que l'un soit superbe oubli
Et l'autre réel.

Car il y a dans le départ un Drame
Que rester ne peut offrir -
Mourir divinement en une fois le soir -
Est plus aisé que décliner -

I'd rather recollect a Setting
Than own a rising Sun
Though one is beautiful forgetting
And true the other one.

Because in going is a Drama
Staying cannot confer -
To die divinely once a twilight -
Than wane is easier -
+ Lire la suite
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PiatkaPiatka   24 octobre 2013
L'Eau, s'apprend par la soif.
La Terre - par les Mers franchies.
L'Extase - par les affres -
La Paix, par le récit de ses combats -
L'Amour, par l'effigie -
L'Oiseau, par la neige.

Water, is taught by thirst.
Land - by the Oceans passed.
Transport - by throe -
Peace, by it's battles told -
Love, by memorial mold -
Birds, by the snow.
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michemuchemichemuche   06 septembre 2015
Du cœur, l'esprit se nourrit
Comme tout parasite
Si le cœur est riche
L'esprit profite
Mais si le cœur faillit
L'esprit s'émacie
Si absolu ce qu'il
Y puise.

The mind lives on the heart
Like any parasite
If that is full of meat
The mind is fat
But if the heart omit
Emaciate the wit
The aliment of it
so absolute.
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PiatkaPiatka   26 janvier 2014
C'était un Poète -
Cet Être
Qui extrait un sens surprenant
De Signes Ordinaires -
Une si vaste Essence

Des espèces familières
Ayant péri à la Porte -
Qu'on s'étonne de ne pas Soi-même
L'avoir captée - d'abord -

D'Images, Révélateur -
Le Poète - Lui et nul autre -
Nous investit - par Contraste -
D'une incessante Pauvreté -

De la Partie - si inconscient -
Qu'un Vol ne le saurait léser -
Lui-même - pour Lui - Trésor -
Au Temps - étranger -
+ Lire la suite
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Videos de Emily Dickinson (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Emily Dickinson
Emily Dickinson (1830-1886), une dame en blanc qui nourrit les abeilles : Une vie, une œuvre. Émission “Une vie, une œuvre” diffusée le 18 février 1993. Par Michel Bydlowski. Réalisation : Isabelle Yhuel. Prise de son : Arthur Gerbault. Mixage : Arlette Adrian. Emily Elizabeth Dickinson, née le 10 décembre 1830 et morte le 15 mai 1886, est une poétesse américaine. Née à Amherst dans le Massachusetts, dans une famille aisée ayant des liens communautaires forts, elle a vécu une vie introvertie et recluse. Après avoir étudié dans sa jeunesse, durant sept ans à l'académie d’Amherst, elle vit un moment au séminaire féminin du mont Holyoke avant de retourner dans la maison familiale à Amherst. Considérée comme une excentrique par le voisinage, on la connaît pour son penchant pour les vêtements blancs et pour sa répugnance à recevoir des visiteurs, voire plus tard à sortir de sa chambre. La plupart de ses amitiés seront donc entretenues par correspondance. Bien qu’ayant été un auteur prolifique, moins d’une douzaine de ses presque mille huit cents poèmes ont été publiés de son vivant. Ceux qui furent publiés alors étaient généralement modifiés par les éditeurs afin de se conformer aux règles poétiques de l’époque. Les poèmes de Dickinson sont uniques pour leur époque : ils sont constitués de vers très courts, n’ont pas de titres et utilisent fréquemment des rimes imparfaites et des majuscules et une ponctuation non conventionnelle. Un grand nombre de ses poèmes traitent de la mort et de l’immortalité, des sujets récurrents dans sa correspondance avec ses amis. Même si la plupart de ses connaissances devaient savoir qu’Emily Dickinson écrivait, l’étendue de son œuvre ne fut connue qu’après sa mort, en 1886, quand Lavinia, sa plus jeune sœur, découvre sa cachette de poèmes. Son premier recueil est publié en 1890 par des relations personnelles, Thomas Wentworth Higginson et Mabel Loomis Todd, qui en altéreront fortement le contenu. Ce n’est qu’avec l’édition de Thomas H. Johnson en 1955, “Les poèmes d’Emily Dickinson” (“The Poems of Emily Dickinson”), que paraît pour la première fois un recueil complet et pratiquement intact de son travail. Malgré des critiques défavorables et un grand scepticisme vis-à-vis de ses performances littéraires de la fin du XIXème siècle au début du XXème siècle, les critiques considèrent à présent Emily Dickinson comme une poétesse américaine majeure. Avec Patrick Reumaux, poète et romancier Cyrille Cahen, psychiatre, psychothérapeute et écrivain Claire Malroux, poétesse, essayiste et traductrice Antoine Cazé, professeur à l’Université Paris VII Denis Diderot Claude Pujade-Renaud, écrivaine Catherine Salviat, comédienne Anne Portugal, poétesse Gérard Wajcman, écrivain et psychanalyste Jean-Loup Rivière, dramaturge et théoricien du théâtre Textes lus en anglais et en français par Solange Boulanger, Jane Cahen, Marie-Aimée Le Breton, Catherine Mateli, Catherine Salviat et Ruth Stegassy. Sources : France Culture et Wikipédia
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