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Robert Abirached (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070388565
Éditeur : Gallimard (22/04/1994)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 52 notes)
Résumé :
Ce dialogue brillant et drôle est un véritable traité de l'acteur et du théâtre, et des poètes et des arts en général. Diderot a, toute sa vie, subi la fascination du théâtre. Attentif à la représentation, il pressent l'un des premiers l'importance de la mise en scène en fonction de quoi l'acteur doit régler son interprétation. Diderot admire les comédiens, tout en s'en méfiant ; d'où les affirmations célèbres suivant lesquelles ils sont les moins sensibles des homm... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Marti94
  22 janvier 2019
J'adore le théâtre, surtout les comédiens et les comédiennes que j'admire en tant que spectatrice.
Alors la lecture du texte de Denis Diderot intitulé "Le paradoxe du comédien" s'est imposée naturellement.
Il s'agit d'un essai rédigé sous forme de dialogue écrit à la fin du XVIIIe siècle. Ce texte court montre que Diderot a laissé son empreinte dans l'histoire de tous les genres littéraires auxquels il s'est essayé. Ici il développe une véritable réflexion sur l'art du comédien au théâtre.
Même si le dialogue est dissymétrique les deux interlocuteurs semble défendre des thèses différentes voir opposées. Cet échange est un prétexte pour développer l'idée que, paradoxalement, c'est au moment où l'acteur joue la plus grande effusion émotionnelle qu'il fait le plus preuve d'art, de technique, de métier. Ce qui revient à dire que le naturel, au théâtre, est le comble de l'artifice.
Ce que j'ai aimé avant tout c'est la reconnaissance du travail des acteurs et des actrices, qui ne se limite pas seulement aux exercices de mémoire. On sent d'ailleurs l'admiration de Diderot pour certaines grandes artistes de l'époque comme La Clairon, sans oublier les auteurs leur offrant de grands rôles, Molière en première ligne ou plutôt au-devant de la scène.
Lu en janvier 2019
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Laureneb
  28 novembre 2018
Etant moi-même une - très modeste - comédienne amateur, j'ai beaucoup apprécié ce dialogue assez plaisant : ce n'est pas un sec exposé philosophique, mais un entretien lui-même assez rythmé et spirituel qu'on pourrait imaginer lui aussi sur scène. J'ai d'ailleurs trouvé qu'on peut adopter l'un ou l'autre des points de vue des deux interlocuteurs, la discussion n'est pas fermée ou dogmatique - même si finalement, à la fin, aucun n'a vraiment changé d'avis. Il y a de l'humour lorsqu'un des personnages explique bien que l'intérêt pour les actrices est aussi - d'abord ? - un désir physique que ne renieraient pas les personnages de Nana qui fréquentent les loges...
Je ne suis ainsi, personnellement, pas tout à fait d'accord avec Diderot lorsqu'il critique l'alexandrin classique, le trouvant trop noble et trop héroïque dans les pièces de Corneille - peut-être parce que j'apprécie justement que "le ton de la muse tragique soit brouillé avec le langage de la muse épique".
Surtout, ce qu'il montre, c'est que le bon comédien n'est pas un être sensible, mais que c'est un travailleur. Il faut répéter son rôle et bien étudié les hommes pour bien jouer. L'acteur n'est qu'une interprétation de la réalité, avec une personnalité différente lorsqu'il tombe le masque.
C'est aussi une réhabilitation d'une profession encore marginalisée et mal vue au XVIIIème siècle.
Je termine donc ma lecture en ayant envie de découvrir l'oeuvre théâtrale de Diderot que je ne connais que de nom.
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chartel
  22 octobre 2009
Après ma période Voltaire (qui n'est pourtant pas complètement close), j'entame la période Diderot, par l'ouverture d'un très vieux livre poche "Paradoxe sur le comédien, précédé de "Entretiens sur le Fils naturel" qui a dû se balader de mains en mains, se poser de bibliothèques en bibliothèques avant de finir dans la mienne, croyant innocemment y vivre au calme. Mais il fut surpris quand je le sortis du rang, le préférant aux autres, les plus récents, les petits nouveaux, pour lire ou relire les oeuvres de ce grand philosophe des Lumières.
C'est probablement mon intérêt pour le théâtre qui a influé sur mon choix, pourtant Diderot n'a pas construit sa renommée sur ce genre, d'autant plus que les auteurs du XVIIIe siècle – on l'a vu avec Voltaire – souffriront (et souffrent encore) de l'écrasant prestige du théâtre de l'époque classique.
Sous la forme de longs dialogues, Diderot interroge le théâtre de son temps ainsi que la manière et les codes qui le régissent. L'intérêt de ces deux discussions fictives réside dans les propositions novatrices et originales du philosophe, cherchant à sortir des règles trop strictes du théâtre classique dérivé des préceptes d'Aristote. Il précède ainsi la volonté d'un Victor Hugo, en axant surtout sa réflexion sur l'art de l'acteur, ce dernier devant jouer sur ses techniques et sa réflexion pour bien interpréter un rôle, au lieu de chercher à atteindre le sentiment juste par une identification trop proche du personnage et de la situation, identification qui peut probablement émouvoir dans un instant, une représentation, mais certainement pas sur le long terme, sur plusieurs représentations.
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ogressedeparis
  01 février 2012
Une référence en matière de réflexion sur le théâtre
Lien : http://ogressedeparis.canalb..
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
StephanieIsReadingStephanieIsReading   01 juin 2019
C'est surtout lorsque tout est faux qu'on aime le vrai, c'est surtout lorsque tout est corrompu que le spectacle est le plus épuré. Le citoyen qui se présente à l'entrée de la Comédie y laisse tous ses vices pour ne les reprendre qu'en sortant. Là il est juste, impartial, bon père, bon ami, ami de la vertu ; et j'ai vu souvent à côté de moi des méchants profondément indignés contre des actions qu'ils n'auraient pas manqué de commettre s'ils s'étaient trouvés dans les mêmes circonstances où le poète avait placé le personnage qu'ils abhorraient.
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brigetounbrigetoun   14 novembre 2009
le second - Un grand courtisan, accoutumé, depuis qu'il respire, au rôle d'un pantin merveilleux, prend toutes sortes de formes, au gré de la ficelle qui est entre les mains de son maître.
le premier - un grand comédien est un autre pantin merveilleux dont le poète tient la ficelle, et auquel il indique à chaque ligne la véritable forme qu'il droit prendre.
le second - Ainsi un courtisan, un comédien, qui ne peuvent prendre qu'une forme, quelque belle, quelque intéressante qu'elle soit, ne sont que deux mauvais pantins ?
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StephanieIsReadingStephanieIsReading   01 juin 2019
C'est qu'être sensible est une chose, et sentir est une autre. L'une est une affaire d'âme, l'autre une affaire de jugement.
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LaurenebLaureneb   10 novembre 2018
Voyez les femmes ; elles nous surpassent certainement, et de fort loin, en sensibilité : quelle comparaison d’elles à nous dans les instants de la passion ! Mais autant nous le leur cédons quand elles agissent, autant elles restent au-dessous de nous quand elles imitent. La sensibilité n’est jamais sans faiblesse d’organisation. La larme qui s’échappe de l’homme vraiment homme nous touche plus que tous les pleurs d’une femme.
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chartelchartel   22 octobre 2009
L’acteur est las, et vous triste ; c’est qu’il s’est démené sans rien sentir, et que vous avez senti sans vous démener. S’il en était autrement, la condition du comédien serait la plus malheureuse des conditions ; mais il n’est pas le personnage, il le joue et le joue si bien que vous le prenez pour tel : l’illusion n’est que pour vous ; il sait bien, lui, qu’il ne l’est pas. [Paradoxe sur le Comédien]
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Videos de Denis Diderot (30) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Denis Diderot
Emmanuel Couly reçoit Roger-Pol Droit au Musée Jean-Jacques Rousseau de Montmorency d'après son roman, "Monsieur, Je ne vous aime point" (Editions Albin-Michel):
C'est l'histoire d'une amitié impossible. Entre Voltaire et Rousseau, les deux géants des Lumières. Dans un XVIIIe siècle en effervescence, ils se lisent, s'écrivent, s'admirent. Avant le temps des déceptions, du mépris, des insultes, où finalement ils se haïssent à mort. Sans jamais se rencontrer... Ce qui les oppose ? Tout ! Dans ce face à face, loin de leurs statues, on découvre Voltaire adulé et mondain, affairiste et généreux, candide et manipulateur, Rousseau exalté et dépressif, ambitieux et sauvage, passionné et libre. On les accompagne dans la farandole de l'époque, de Paris à Genève, de Potsdam à Londres, de châteaux en auberges, de salons en théâtres, philosophant avec Diderot, D Alembert, Grimm, leurs amis communs, batifolant avec des femmes souverainement libres comme Madame de Warens, Madame du Châtelet, ou avec l'humble lingère Thérèse Levasseur… Sans le savoir, ils dessinent la confrontation, plus que jamais actuelle, de deux mondes : Voltaire, « en-haut », choisit progrès, opulence et scepticisme, Rousseau, « en bas », défend nature, frugalité et vertu. Comédie des sentiments, ce premier roman du philosophe Roger-Pol Droit est une fête de grand style. On y apprend que, pour engendrer des idées, les icônes de la philosophie jouissent, souffrent et rêvent.
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