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ISBN : 2070453308
Éditeur : Gallimard (12/09/2013)

Note moyenne : 3.12/5 (sur 13 notes)
Résumé :
«Quand on écrit des femmes, il faut tremper sa plume dans l’arc-en-ciel et jeter sur sa ligne la poussière des ailes du papillon ; comme le petit chien du pèlerin, à chaque fois qu’on secoue la patte, il faut qu’il en tombe des perles.» Un hommage vibrant aux femmes, un plaidoyer enlevé en faveur de leur émancipation, par l’un des plus grands philosophes des Lumières.
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
micky05
  23 janvier 2014
Dans cet Essai, que Diderot fit paraître dans « La correspondance » en 1772, l'auteur se présente comme un critique littéraire qui donnerait son point de vue au sujet d'un livre appelé « Essai sur les femmes » d'un académicien du nom de A.-L. Thomas. Mais si on comprend vite qu'il ne partage pas le point de vue de cet auteur, nous comprendrons rapidement ce n'est qu'un prétexte pour exposer ses réflexions au sujet des femmes. Elles en montrent moins que nous, explique-t-il, mais sous leur apparence de fragilité, elles ne sont pas plus honnêtes que nous ; c'est sans doute à ses yeux une manière d'en remontrer.
L'encyclopédiste se sent encore une fois à travers ce texte, et c'est un véritable article, un traité sur la femme qu'il va nous livrer. Il fait allusion à de nombreuses références historiques, artistiques et littéraires, mais également il y adjoint des considérations personnelles. Tel un entomologiste, il va observer la femme et nous la décrire jusque dans son intimité. Il y passera en revue tous les aspects moraux, poétiques mais aussi anatomiques et physiologiques d'un sexe qu'ils ne considèrent visiblement pas comme faible.
L'encyclopédiste est à ce moment un homme amoureux, à cette date il l'était toujours de Madame de Meaux. Pourtant il nous étonne par la rigueur qu'il déploie dans cet exercice. Étonnant début où le voilà trouvant que Monsieur Thomas a écrit un livre asexué, hermaphrodite. Sous cette apparente impertinence, il lui reproche et c'est pour mieux se livrer, d'avoir une « tête tourmentée mais un coeur tranquille ». En disant qu'il aurait écrit avec moins d'impartialité et de sagesse il avoue qu'il se serait occupé du sujet « avec plus d'intérêt et de chaleur ». Et le sujet féminin est visiblement pour Diderot « le seul être de la nature qui nous rende sentiment pour sentiment, et qui soit heureux du bonheur qu'il nous fait.
Avec le recul d'un quart de millénaire, Diderot nous rassure. Les femmes de son époque connaissaient l'orgasme, enfin peut-être pas toutes… Étrange comparaison qu'il fait entre les frémissements du plaisir et l'épilepsie. Mais déjà on perçoit cette idée qui fera florès plus tard, que l'hystérie (utérus) est due à une remontée des organes féminins dans le cerveau. Que de mots d'admiration de va-t-il pas utiliser pour parler du deuxième sexe ! Combien il plaindra ceux qui n'aiment pas ou qui ne savent pas aimer. Que de tournure ne trouvera-t-il pas à donner à ces phrases pour évoquer la beauté du sentiment amoureux. Mais le voilà aussi qui vénère la femme en tant que mère, qui la plaint des souffrances qu'elle endure, qui l'admire dans son rôle de mère et qui la défend quand, commençant à se faner elle est abandonnée de son mari et de la société. S'il eut été législateur, il les aurait mieux défendues.
Et, fin politique, il différencie la femme des villes et la femme des champs, qui dit-il est encore plus malheureuse. Mais il ne reste pas cloîtré dans l'exemple de la seule France. C'est l'époque où l'on parle beaucoup des « Indes », ou l'exotisme est à la mode ; et il va chercher ses exemples chez les femmes Samoyèdes ou de l'Orénoque. Pour finir, c'est un féministe convaincu qui parle. On croirait entendre Aragon nous envoyant que : La femme est l'avenir de l'homme. Quelle belle conclusion que celle qui dit « Quand elles ont du génie, je leur en crois l'empreinte plus originale qu'en nous. »
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ValerieLacaille
  19 février 2017
Denis Diderot, en 1768, était déjà bien clairvoyant en ce qui concerne le caractère féminin. Ce texte est un véritable éloge à la force que possède de manière intrinsèque le genre féminin: "Pour un seul homme, il y a cent femmes capables de cette force et de cette présence d'esprit". Il loue la clairvoyance de celle qui donne la vie à travers le témoignage émouvant d'une Indienne, puis généralise en dotant chaque femme d'une connaissance innée sur la Vie, sur le Monde, qu'aucun homme ne pourra jamais acquérir: "Tandis que nous lisons dans les livres, elles lisent dans le grand livre du monde".
En 2017, on se rend compte que si les mentalités ont évolué, le plus gros reste encore à faire.
Une lecture qui fait du bien lorsqu'on est une femme, qui secoue les conscience quand on est un homme.
Dommage que ce texte soit si court; parfois un peu trop proche d'une simple énumération...
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mlseditions
  18 octobre 2015
Trois textes extraits de contes et romans et oeuvres, et de deux amis de bourbonne qui sont dédiés à la femme.
mystification, Madame de la Carlière et Sur les femmes.
A travers ces trois textes, Diderot fait un réel hommage à la femme. Il y a, à première vue, une certaine ambiguïté dans les écrits sur la femme mais au final se dégage une réelle propension au féminisme qui à cette époque était avangardiste.
Seul regret : que ces textes soient un peu courts donc très concentrés et qui pour ma part auraient nécessité un peu plus de développement.
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AudreyMarie
  24 juin 2018
Un sujet fort et des textes courts auxquels je n'ai malheureusement pas accrochés. J'ai trouvé le tout trop condensé, trop lourd. C'est dommage.
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Mana_
  14 novembre 2014
Pas aussi bon que Jacques le Fataliste, et bien court pour comprendre toute la portée de ce qui y est dit.
Lien : http://la-riviere-des-mots.b..
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
micky05micky05   23 janvier 2014
Thomas ne dit pas un mot des avantages du commerce des femmes pour un homme de lettres ; et c’est ingrat. L’âme des femmes n’étant pas plus honnête que la nôtre, mais la décence de leur permettant pas de s’expliquer avec notre franchise, elles se sont fait un ramage délicat, à l’aide duquel on dit honnêtement tout ce qu’on veut quand on a été sifflé dans leur volière. Où les femmes se taisent, ou souvent elles ont l’air de n’oser dire ce qu’elles disent.
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AudreyMarieAudreyMarie   24 juin 2018
Et c'est ainsi que de bouche en bouche, échos ridicules les unes des autres, un galant homme est traduit pour un plat homme, un homme d'esprit pour un sot, un homme honnête pour un coquin, un homme de courage pour un insensé, et réciproquement. Non, ces impertinents jaseurs ne valent pas la peine que l'on compte leur approbation, leur improbation pour quelque chose dans la conduite de sa vie.
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AudreyMarieAudreyMarie   24 juin 2018
- Monsieur Desroches, parlez, ai-je été fidèle à mes promesses?
- Jusqu'au scrupule.
- Et vous, monsieur, vous m'avez trompée, vous m'avez trahie.
- Moi, madame!
- Vous, monsieur.
- Qui sont les malheureux, les indignes...
- Il n'y a de malheureux ici que moi, et d'indigne que vous.
- Madame... ma femme...
- Je ne la suis plus.
- Madame...
- Monsieur, n'ajoutez pas le mensonge et l'arrogance à la perfidie. Plus vous vous défendrez, plus vous serez confus. Épargnez-vous vous-même.
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AudreyMarieAudreyMarie   24 juin 2018
Tant de personnes étaient confidentes de cette séparation inattendue et du motif singulier qui l'avait amenée, que ce fut bientôt l'entretien général. C'est ici que je vous prie de détourner, s'il se peut, de Mme de La Carlière pour les fixer sur le public, sur cette foule d'imbécile qui nous juge, qui dispose de notre bonheur, qui nous porte aux nues ou qui nous traîne dans la fange, et qu'on respecte d'autant plus qu'on a moins d'énergie et de vertu.
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AudreyMarieAudreyMarie   24 juin 2018
- C'est qu'on ignore ces choses-là.
- C'est qu'il faut se taire quand on ignore.
- Mais pour se taire, il faut se méfier.
- Et quel inconvénient à se méfier?
- De refuser de la croyance à vingt personnes qu'on estime, en faveur d'un homme qu'on ne connaît pas.
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Videos de Denis Diderot (47) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Denis Diderot
JACQUES LE FATALISTE - DIDEROT
ACQUES LE FATALISTE - DIDEROT FESTIVAL OFF AVIGNON 2014 adaptation Yves Lebeau, mise en scène et scénographie: Gilles Droulez, assistante mise en scène: Fanny Corbasson, réalisation décor et création costumes: Stéphane V, création lumière: Romuald Valentin, création musicale: François Tantot avec Gilles Droulez et François Tantot
Plein feux sur les amours de Jacques et de son maître! Cette adaptation du roman de Diderot nous offre une comédie truculente et philosophique pleine de rebondissements! En chemin, Jacques et son maître se confient le récit de leurs péripéties amoureuses: tout est humour, jeu, plaisir! De souvenirs intimes en anecdotes croustillantes, ils se questionnent sur les croyances, le désir, l'amour, le bonheur, le déterminisme.. Tout est-il écrit ou sommes-nous maîtres de notre destin ? Une action peut-elle modifier la fin qui nous attend ? L'homme est-il libre ou peut-il infléchir son destin ? Le spectateur va suivre avec bonheur les confidences et récits des deux protagonistes dans une mise en scène rythmée et alerte, intemporelle, où philosophie et humour se mêlent avec délice
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