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EAN : 9782707322203
80 pages
Éditeur : Editions de Minuit (03/11/2011)

Note moyenne : 4.26/5 (sur 27 notes)
Résumé :

C'est le simple "récit-photo" d'une déambulation à Auschwitz-Birkenau en juin 2011. C'est la tentative d'interroger quelques lambeaux du présent qu'il fallait photographier pour voir ce qui se trouvait sous les yeux, ce qui survit dans la mémoire, mais aussi quelque chose que met en œuvre le désir, le désir de n'en pas rester au deuil accablé du lieu. C'est un moment d'archéologie personnelle, une arch... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
folivier
  26 janvier 2019
Un très court texte de commentaires de l'auteur sur des photos qu'il a pris lors d'une visite du site d'Auschwitz-Birkenau. Une déambulation à regarder les traces, la mémoire de la tragédie qui s'est déroulée il y a soixante-dix ans. C'est une très belle réflexion philosophique sur le sens de l'image par son cadrage, par la focale, le sens du regard lié au hasard conscient ou pas où vont les yeux, de la reproduction de l'image. C'est également une réflexion sur le présent et la relation au passé, à la vérité et comment en témoigner. Il y a des passages assez bouleversant notamment concernant cette photo prise dans la zone où les Sonderkommando brulaient les corps dans d'immense fosses, maintenant comblées mais à la surface desquelles apparaissent des milliers de petites fleurs blanches délimitant parfaitement l'emplacement des fosses.
Images terrifiantes également de cette forêt de bouleau aux abords du camp qui étaient là il y a soixante-dix ans et qui ont poussés, grandis, se nourrissant des milliers de cadavres et dont l'écorce dont l'auteur à récupérer quelques morceaux est certainement marqués des cendres des rejets des crématoriums, ou du sol bétonné craquelé, fissuré d'une chambre à gaz.
C'est un texte à lire et relire, pour intégrer et faire sien les réflexions de Didi-Huberman.
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zazoux
  10 novembre 2012
Quelle force, similaire à celle des livres-témoins de ceux qui ont vécu l'Horreur des camps mais certes différente, dans un autre registre. L'écho entre les photos et cette visite commentée confère à ce livre une autre dimension pour dire l'indicible. Georges Didi-Huberman nous amène à voir à la fois le camp d'Auschwitz-Birkenau pendant la guerre mais aussi ce qu'il est devenu. Cette difficulté à transmettre dans le lieu même sans trahir les victimes. En cela le livre de Georges Didi-Huberman est une véritable prouesse.
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brigetoun
  10 mai 2012
partir des photos que l'on prend, pour dire, penser, formuler ou le tenter - interposer aussi entre soi et le vertige horrible, l'appareil - sans pour autant laisser la première place au souci de la photo, du cadrage - et il en vient un fort témoignage de qui est concerné mais n'a pas vécu cela, et une méditation sur la mémoire, le regard..
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Racines
  16 février 2013
Précieux sont les amis qui vous conseillent des livres précieux. Et c'est le cas de ces Ecorces, bouleversante déambulation dans certaines pages les plus noires de l'Histoire. En juin 2011, Georges Didi-Huberman se rend à Auschwitz-Birkenau. Il y prend quelques photos. de retour, les images sous les yeux il s'interroge. Ecorces est le résultat de ces interrogations. Quelques photos, des courts textes pour les accompagner. Courts mais intenses, riches, profonds.
Lire la suite sur mon site : http://chroniques.annev-blog.fr/2012/07/chronique-livre-ecorces/
Lien : http://chroniques.annev-blog..
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critiques presse (1)
Bibliobs   23 novembre 2011
[Georges Didi-Huberman] ne vient pas faire le pèlerinage de l'«innommable», de l'«inconcevable», de l'«impensable» et autres termes trop souvent attribués à Auschwitz. Au contraire : à chaque instant de sa visite, il nomme, il conçoit, il pense.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
racooninanracooninan   25 janvier 2013
Dans un magnifique petit texte intitulé "Fouille et souvenir", Walter Benjamin a rappelé - à la suite de Freud - que l'activité de l'archéologue pouvait éclairer, par-delà sa technique matérielle, quelque chose d'essentiel à l'activité de notre mémoire. "Qui tente de s'approcher de son propre passé enseveli doit faire comme un homme qui fouille. Il ne doit pas craindre de revenir sans cesse à un seul et même état des choses - à le disperser comme on disperse la terre, à le retourner comme on retourne le royaume de la terre." Or, ce qu'il trouve, dans ce ressassement dispersé, toujours remonté du temps perdu, ce sont "les images, qui arrachées à tout contexte antérieur, sont pour notre regard ultérieur des joyaux en habits sobres, comme les torsi dans la galerie du collectionneur."
Cela signifie deux choses au moins. D'une part, l'art de la mémoire ne se réduit pas à l'inventaire des objets mis au jour, des objets clairement visibles. D'autre part, que l'archéologie n'est pas seulement une technique pour explorer le passé, mais aussi et surtout une anamnèse pour comprendre le présent.
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brigetounbrigetoun   10 mai 2012
À partir de ce moment, j'ai pratiquement photographié toute chose à l'aveugle. D'abord parc qu'une sorte d'urgence me poussait en avant. Ensuite parce que je n'avais pas envie de transformer ce lieu en une série de paysages bien cadrés. Enfin, tout cadrage précis m'était presque interdit, techniquement parlant, en ceci que la lumière pesante de cette mi-journée, dont les nuages dans le ciel accentuait presque l'intensité, ou du moins l'intensité de plomb m'empêchait de vérifier quoi que ce fût sur le petit écran de contrôle de mon appareil digital.
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brigetounbrigetoun   10 mai 2012
Sur quelques-unes de mes photographies, on ne voit que les arbres, comme si mon regard avait cherché sa respiration par delà les barbelés. Mais les barbelés sont bien là, avec leurs poteaux de ciment et leurs conducteurs électriques. Tout cela rendu si discret par la force visuelle des troncs d'arbres alentour, si présent pourtant puisqu'ils indiquent dans cette banale forêt un lieu de massacre organisé.
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brigetounbrigetoun   10 mai 2012
"Absolument" parlant, il n'y a plus rien à voir de cela. Mais l'après de cette histoire, où je me situe aujourd'hui, n'a pas été sans travailler lui aussi, travailler à retardement, travailler "relativement". C'est ce dont je me rends compte en découvrant, le coeur serré, ce pullulement bizarre de fleurs blanches sur le lieu exact des fosses de crémation.
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racooninanracooninan   25 janvier 2013
Mais c'est tout le contraire que l'on découvre peu à peu. La destruction des êtres ne signifie pas qu'ils sont partis ailleurs. Ils sont là, ils sont bien là : là dans les fleurs des champs, là dans la sève des bouleaux, là dans ce petit lac où reposent les cendres de milliers de morts. Lac, eau dormante qui exige de notre regard un qui-vive de chaque instant. Les roses déposées par les pèlerins à la surface de l'eau flottent encore et commencent de pourrir. Les grenouilles sautent de partout lorsque je m'approche du bord de l'eau. En dessous sont les cendres. Il faut comprendre ici que l'on marche dans le plus grand cimetière du monde, un cimetière dont les "monuments" ne sont que les restes des appareils précisément conçus pour l'assassinat de chacun séparément et de tous ensemble.
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Vidéo de Georges Didi-Huberman
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Conférence de Georges Didi-Huberman, philosophe et historien de l'art, le lundi 27 janvier 2020, dans le cadre du Prix de la Principauté 2019 qui lui a été décerné conjointement par la Fondation Prince Pierre et les Rencontres Philosophiques de Monaco pour l'ensemble de son oeuvre.
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