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Pierre Demarty (Traducteur)
ISBN : 2246712513
Éditeur : Grasset (05/09/2007)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 183 notes)
Résumé :

Une soirée ordinaire, fin décembre à New York. Joan Didion s'apprête à dîner avec son mari, l'écrivain John Gregory Dunne - quand ce dernier s'écroule sur la table de la salle à manger, victime d'une crise cardiaque foudroyante.

Pendant une année entière, elle essaiera de se résoudre à la mort du compagnon de toute sa vie et de s'occuper de leur fille, plongée dans le coma à la suite d'une grave pneumonie.

La souffrance, l'inc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
Marple
  11 juin 2014
Bilan mitigé pour moi à cette lecture, pas inintéressante mais pas non plus génératrice de pensées magiques ou susceptible de me marquer une (ou des) année(s).
Pourquoi ? Parce que Joan Didion reste en surface pour décrire l'année difficile qu'elle passe après la mort de son mari, principalement au chevet de sa fille hospitalisée pour des hémorragies cérébrales. On pourrait penser que cette façon très distanciée de raconter la douleur évite les montagnes de kleenex et fait naître des émotions moins exacerbées mais plus justes. On pourrait le penser, mais ce n'est pas le cas, en tout cas ça ne l'a pas été pour moi. J'ai simplement trouvé ça froid et 'bêtement' intellectuel.
À sa décharge, c'est probablement la seule méthode trouvée par Joan Didion pour affronter ses drames et faire face. Mais c'est dommage, car certains sujets évoqués auraient à mon sens mérité d'être plus creusés, comme par ex ces allusions sibyllines à un divorce ou à des regrets de n'avoir pas mené de grands projets en couple. J'imagine que Joan Didion aurait eu peur de trahir son mari en écrivant cela, comme elle craint constamment de le trahir au cours du livre. Pourtant, c'est ça qui est intéressant et émouvant : les failles et la vérité, bien plus que l'idéalisation ou le name-dropping des centaines d'amis qu'on a (et que j'envie à Joan Didon, je l'avoue, car elle a du participer à 5 fois plus de dîners et autres sauteries en société pendant son année de deuil que moi pendant l'année normale écoulée). de même pour Quintana présentée dans le livre comme une jeune femme de santé fragile mais heureuse, alors que Wikipedia évoque dépression et alcoolisme...
Tout ça donne au final un livre très cérébral, trop cérébral, et pas assez magique à mon goût.
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Myriam3
  17 février 2015
Quel beau titre, et quelle belle couverture! Malheureusement, si le sujet m'a intéressée, il ne m'a pas profondément touchée.
Joan Didion écrit sur cette année qui a suivi le décès brutal - mais envisagé par lui - de son mari suite à une crise cardiaque. Elle y évoque sa stupeur, son incompréhension, et tous ces gestes consistant à chercher le dernier mot lu, le dernier écrit, la dernière pensée, le dernier repas afin de le retrouver.
Je rejoins certaines critiques que je viens de lire, selon quoi Joan Didion ne va pas aussi loin qu'elle pourrait -par scrupule envers son mari? Par peur d'en souffir davantage?. Peut-être est-ce aussi une question de culture, dans le sens où il est de bon ton aujourd'hui de se montrer fort dans des situations de deuil, comme elle le dit elle-même.
L'année de la Pensée Magique m'a tout de suite fait penser à J'ai Réussi à Rester en Vie, de Joyce Carol Oates, essai écrit à peine quelques années plus tard sur le même thème. Je n'ai pas ce dernier essai à portée de main mais je me demande même si JCO n'y évoque pas Joan Didion d'ailleurs.
La différence étant, entre les deux, que JCO va plus loin dans la douleur, le manque et une certaine folie. L'autre différence étant également que Joan Didion a, elle, une fille, qui est hospitalisée et mourra quelques mois plus tard, même si elle ne parle pas de ce décès dans ce livre.
J'ai néanmoins beaucoup aimé les recherches qu'elle a effectuées pour se retrouver dans un certain schéma et la manière dont elle évoque ces dérives de la pensée qu'elle essaie à tout prix d'éviter, l'emprise qu'elle veut avoir sur les explications scientifiques de la mort de son mari -ou les problèmes de santé de sa fille - ses doutes, ses tâtonnements lui permettant de lutter contre le désespoir.
Un beau livre somme toute, mais inachevé à mon goût.
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mariecesttout
  30 mars 2014
Comment passe-t-on de la vie ordinaire au cauchemar absolu ? C'est très simple : en une fraction de seconde. « Et puis plus rien - disparu », commente Joan Didion. L'instant d'avant, l'écrivain John Gregory Dunne, son mari depuis quarante ans, buvait son whisky du soir au salon, L'instant d'après, il était ce corps que les pompiers ne parviendront pas à réanimer. Commencé « neuf mois et cinq jours » après cette soirée funeste, le livre de Joan Didion est une tentative pour comprendre,mais comprendre quoi...
Il faut dire aussi que tous deux revenaient d'un service de réanimation où leur fille unique, Quintana, était entre la vie et la mort ( Quintana est morte après la sortie du livre..., Joan Didion parlera de sa fille adoptive dans le bleu de la nuit ).
« Savoir, c'était contrôler », écrit-elle. Hélas non. Et on lit là le récit d'une femme habituée à tout contrôler, et qui, là, ne comprend pas pourquoi il en est autrement.
Alors elle écrit. Tout. Avec tous les détails, les souvenirs, comme si , comme dans les scénarios qu'elle écrivait avec son mari, elle pouvait changer la fin du film...
Elle entre dans les univers bien connus ( enfin, que seuls peuvent comprendre ceux qui l'ont connu de très près) du deuil. La culpabilité, bien sûr ( et si j'avais fait autrement, est ce que???) . La prise de conscience de ses jugements très sévères sur d'autres:
"Je me souviens du mépris que m'avait inspiré le livre écrit par la veuve de Dylan Thomas, Caitlin, après la mort de son mari, Leftover life to kill. Je me souviens de mon dédain, de ma sévérité envers sa façon de ‘s'apitoyer', de ‘geindre', de ‘s'appesantir'. Leftover life to kill est paru en 1957. J'avais vingt-deux ans. le temps est l'école où nous apprenons".
Et puis aussi, la conscience de ce qu'elle perd, qui n'est pas seulement l'homme aimé, mais aussi son regard sur elle:
"Le mariage, ce n'est pas seulement le temps ; c'est aussi, paradoxalement, le déni du temps. Pendant quarante ans, je me suis vue à travers le regard de John. Je n'ai pas vieilli. Cette année, pour la première fois depuis mes vingt-neuf ans, je me suis vue à travers le regard des autres ; pour la première fois, j'ai compris que j'avais de moi-même l'image d'une personne beaucoup plus jeune. Nous sommes d'imparfaits mortels, ainsi faits que lorsque nous pleurons nos pertes, c'est aussi, pour le meilleur et pour le pire, nous-mêmes que nous pleurons. Tels que nous étions. Tels que nous ne sommes plus. Tels qu'un jour nous ne serons plus du tout"..
Ce texte , qui a quelquefois la froideur clinique des rapports médicaux, m'a fait penser à certains rescapés d'accidents indemnes , mais dont des membres de la famille sont morts. le contact n'est plus possible, ils sont eux aussi dans un autre monde. C'est très retenu, presque sec, mais on sent que Joan Didion écrit ainsi parce que tout ce qui lui reste est justement le contrôle de l'écriture, et que sinon, elle sombre.
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JIEMDE
  13 août 2019
« Tout se passe comme d'habitude, et puis tout à coup, c'est le bordel total ».
Énième victime d'une rupture de l'artère intraventriculaire antérieure -la faiseuse de veuves- John Dunne meurt en laissant son épouse Joan désemparée (d'ailleurs est-on jamais préparé à la mort d'un proche ?). Dans le même temps, leur fille Quintana lutte dans le coma contre un virus potentiellement mortel. Il faudra une année entière à Joan pour commencer à réagir, grâce à l'écriture de L'année de la pensée magique -traduit par Pierre Demarty-, roman catharsis autobiographique.
Difficile -et pas envie- d'en dire plus, tellement cet état et ce livre sont personnels et génèrent des réactions de lecture qui touchent au plus profond de nos propres intimités. « le chagrin du deuil, en fin de compte, est un état qu'aucun de nous ne connaît avant de l'avoir atteint ». Une évidence, soit. Mais pas mieux.
Ce texte est assurément magnifique, et m'a secoué. Je le relirai et l'offrirai. Une question me taraude en fin de lecture : quand ce livre porte t-il sa pleine puissance ? Dans un contexte personnel de deuil ou au contraire, en dehors et de manière distanciée ?
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Accalia
  08 septembre 2013
En voyant ce livre régulièrement à la bibliothèque, je me suis laissée tenter et je l'ai emprunté.
Joan Didion est une auteure née en 1934. Elle est connue comme journaliste, essayiste et romancière, ainsi qu'auteure de scénarios de film. Dans ses écrits, elle explore le trouble et l'agitation sociale et personnelle. Elle est considérée une auteure culte par beaucoup d'écrivains.
C'est donc une personne assez connue aux Etats-Unis (et pourtant, elle est relativement peu connue en France je trouve).
J'ai eu très peur un moment d'être incapable de lire ce livre. Perdre la personne qu'on aime et qui partage notre vie jour après jour est certainement une de chose qui me fait le plus peur.
Il y a des livres comme ça, dont le thème me fait trop peur, ou est insoutenable (cela m'était arrivé avec le roman "Nos étoiles ont filé" d'Anne-Marie Revol…très bien écrit, mais trop dur pour moi) et je décide de m'arrêter, pour ne pas me faire du mal.

Or ici, finalement, grâce à l'écriture de Joan Didion, je n'ai pas eu à m'arrêter. C'est sans aucun doute dû à son style exceptionnel.
Ce récit n'est pas -je trouve- très émotionnel. Joan Didion reste très calme, très scientifique, très impersonnelle : elle nous raconte cette première année terrible, en nous décrivant très spécifiquement ce qui s'est passée, ce qu'elle a pensé et ce qu'elle a fait.
Elle analyse le deuil en fait. Sans en faire un essai, elle le décrit, y pense, se documente, essaye de comprendre comment il fonctionne et qu'est-ce qu'il en ressort. Elle fait ce qu'on ose guère faire : mettre des mots sur ce drame, non seulement le drame lui-même, mais sur les jours, les uns après les autres, plusieurs mois après. La mort, on y pense tous, même si on évite. Joan Didion, elle s'y plonge et en ressort avec ce livre.
J'ai du mal à voir cet ouvrage comme un roman. Ce n'est pas romancé. Cela me fait penser à une sorte de témoignage à cause du contenu, mais aussi à un essai, à cause du ton très impersonnel qui est employé. Ton, qu'elle quitte à de très rares occasions, qui rendent le récit bouleversant.
Joan Didion a toujours pensé que le savoir, l'information et la connaissance permettaient d'avoir un certain contrôle sur la vie et sur les événements. "Savoir, c'est contrôler" est une phrase qui revient souvent.
D'où ce besoin de lire des ouvrages sur la pathologie de sa fille, sur ce qui a causé la mort de son époux et sur le deuil. Et d'une certaine manière, à la fin de ce livre, le deuil se retrouve nu, désacralisé. Et ça, c'est impressionnant, vu comment notre société y réagit.
J'ai beaucoup aimé ce qu'elle dit sur le deuil et la mort : Avant, la mort était tout le temps présente, l'être humain en avait moins peur car on la côtoyait régulièrement, puisqu'on ne pouvait que difficilement l'empêcher.
Maintenant qu'on arrive à la repousser, la mort nous fait très peur. On n'en parle pas, on tourne autour…surtout dans notre société qui refuse de vieillir, cherchant à prolonger la jeunesse au maximum.

Cela ne se fait pas d'afficher son chagrin.Le deuil doit être maintenu secret, ou alors être très discret et noble. Il faut être fort, ne rien montrer, craquer si on veut, mais rideaux fermés, chez soi et tout seul. Il faut surmonter rapidement, ne pas être trop triste. Ne rien montrer. C'est malsain et effrayant je trouve.
Avant, on ne pouvait pas rire ni danser, on était en noir pendant des mois et des mois (voir des années et des années pour les époux). A présent, il faut oublier au plus vite et passer à la suite. On est passé d'un extrême à l'autre.

Alors qu'elle essaye d'apprendre à vivre seule, d'apprivoiser la solitude, durant toute cette première année, il y a une pensée qui s'impose, alors qu'on la sait stupide, irrationnelle, impossible "Et si il revenait? Et si je pouvais le faire revenir?". C'est l'année de la pensée magique, celle où tout est encore possible, parce que la mort de son époux n'appartient pas encore au passé, c'est un drame qui s'est produit dans l'année. Il est encore possible de l'arrêter, de retourner en arrière où de changer le cours des choses.
Et ainsi Joan Didion cherche dans le passé, dans la chronologie (qu'elle dissèque au maximum : qu'avons-nous fait ce jour là? Et si j'avais fait ça? Et si on avait pris cette décision?) de manière irrationnelle (et elle le sait très bien, mais elle ne peut s'en empêcher) une façon de faire revenir son époux.
J'aurais encore tellement de choses à dire sur ce livre…mais je vais m'arrêter là, ma critique est déjà bien assez longue. Je ne peux dire qu'une chose : c'est un livre à lire.

—————————————-
Un livre assez exceptionnel dans son genre, dont je ne regrette pas du tout la lecture.
C'est un livre que j'ai apprécié et qui -je pense- doit aider les personnes dans la même situation qu'elle. Je vais essayer d'en savoir plus sur cette écrivaine. Elle a vraiment une écriture incroyablement bonne.
Lien : http://writeifyouplease.word..
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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
Myriam3Myriam3   17 février 2015
La mort d'un parent, écrivait-il, "quoique nous y soyons préparés, et malgré notre âge, remue des choses profondes en nous, déclenchent des réactions qui nous surprennent et peuvent libérer des souvenirs, des sentiments que nous pensions éteints depuis longtemps. C'est comme si, durant cette période indéterminée qu'on appelle le deuil, on était dans un sous-marin, entouré par le silence de l'océan, conscient du poids de la profondeur, tantôt proche, tantôt lointain, assailli par la mémoire."
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Zora-la-RousseZora-la-Rousse   13 janvier 2012
Le mariage, c'est la mémoire ; le mariage, c'est le temps. Le mariage, ce n'est pas seulement le temps ; c'est aussi, paradoxalement, le déni du temps. Pendant quarante ans, je me suis vue à travers le regard de John. Je n'ai pas vieilli. Cette année, pour la première fois depuis mes vingt-neuf ans, je me suis vue à travers le regard des autres ; pour la première fois, j'ai compris que j'avais de moi-même l'image d'une personne beaucoup plus jeune. Nous sommes d'imparfaits mortels, ainsi faits que lorsque nous pleurons nos pertes, c'est aussi, pour le meilleur et pour le pire, nous-mêmes que nous pleurons. Tels que nous étions. Tels que nous ne sommes plus. Tels qu'un jour nous ne serons plus du tout
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ElahbulleElahbulle   27 novembre 2011
Je sais pourquoi nous essayons de garder les morts en vie : nous essayons de les garder en vie afin de les garder auprès de nous.
Je sais aussi que, si nous voulons vivre nous-m^mes, vient un moment où nous devons nous défaire de nos morts, les laisser partir, les laisser morts.
Les laisser devenir la photo sur la table de chevet.
Les laisser devenir le nom sur les comptes de tutelle.
Les laisser partir au fil de l’eau.
Savoir tout cela ne rend pas plus facile de le laisser partir au fil de l’eau.
+ Lire la suite
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manU17manU17   21 novembre 2018
Les gens qui ont récemment perdu quelqu'un ont un air particulier, que seuls peut-être ceux qui l'ont décelé sur leur propre visage peuvent reconnaitre. Je l'ai remarqué sur mon propre visage et je le remarque à présent sur d'autres. C'est un air d'extrême vulnérabilité, une nudité, une béance.
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liratouva2liratouva2   11 mars 2011
Tu ne crains rien.
Je suis là.
J’avais cru que nous avions ce pouvoir.
Maintenant je sais que si nous voulons vivre nous-mêmes, vient un moment où nous devons nous défaire de nos morts, les laisser partir, les laisser morts.
Savoir tout cela ne rend pas plus facile de les laisser partir au fil de l’eau
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