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EAN : 9782246789734
240 pages
Éditeur : Grasset (09/01/2013)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 73 notes)
Résumé :
Tout le monde se souvient de L'Année de la pensée magique, le récit que Joan Didion avait consacré à la mort de son époux. Or, quelques semaines à peine avant la parution de ce livre aux États-Unis, en 2005, une nouvelle tragédie frappait Joan Didion : la mort de sa fille adoptive, Quintana, des suites d'une longue maladie.Après avoir érigé un inoubliable tombeau littéraire à l'homme de sa vie, Joan Didion adresse, dans Le Bleu de la nuit, un vibrant hommage funèbre... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  20 novembre 2013
Joan Didion nous raconte sa fille, sobrement, passionnément, tendrement avec des mots qui sonnent juste et résonnent encore. Alors qu'elle était en promotion pour son livre «L'année de la pensée magique», sa fille adoptive Quintana meurt tragiquement d'une double pneumonie et d'une hémorragie cérébrale, dans un de ces nombreux services de soins intensifs qu'elle aura fréquentés. Après avoir enduré le décès tragique de son mari quelques mois auparavant, elle est de nouveau confrontée à la mort.
Elle nous raconte son combat de tous les instants auprès de sa fille mais c'est aussi une manière pour elle de faire remonter à la surface ses souvenirs, ses petits moments du quotidien qui prennent d'un coup une place si chère, ces odeurs de l'enfance, ces images si présentes. C'est également pour elle l'occasion de faire le bilan de sa vie, ce qu'elle a entrepris, les choix si importants qu'elle a dû faire, l'adoption de sa fille, la maladie, la vieillesse...
Sans jamais être larmoyante, bien au contraire, elle dépeint avec justesse, poésie, tendresse sa propre vie et celle de sa fille. Une sorte de testament, un besoin de faire ressortir tout cela pour s'en alléger... D'une écriture directe et sensible, elle nous livre une part d'elle-même sans voyeurisme.
Le bleu de la nuit... des bleus à l'âme...
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Bazart
  16 avril 2014
Décidément, il y a certaines personnes qui connaissent une terrible loi des séries question tragédie familiales. Car après le décès brutal de son mari qu'elle avait magnifiquement raconté dans L'Année de la pensée magique la romancière et scénariste américaine Joan Didion a peu de temps après perdu sa fille adoptive, Quintana, décédée peu après à l'âge de 39 ans d'une hémorragie cérébrale après plusieurs mois d'agonies.
Et comme pour l'année de la pensée magique, le seul moyen qu'elle a trouvé, c'est de consigner ce drame terrible dans un récit, le Bleu de la Nuit, paru au Livre de Poche en ce début 2014.
L'auteur y raconte Quintana dans sa globalité, et surtout les souvenirs de sa vie avec Quintana, cette petite fille à la destinée et à la personnalité assez incroyable, particulièrement intelligente et précoce, qui a écrit un premier livre avant même ses 15 ans, et qu'une maladie va briser les ailes .
Le bleu de la nuit ne suit pas un fil chronologique classique, Joan Didon nous livre plutôt un patchwork, un kaléidoscope de souvenirs et de réflexions qui nous entraine des difficultés entourant de l'adoption à l'agonie en passant par la solitude et le si difficile travail de deuil. le bleu de la nuit, comme le précèdent livre de l'auteur est donc un magnifique carthasis, une antidote au chagrin et à la douleur en même tant qu'un très bel hommage à ceux qui nous quittent. Joan Didon cultive le paradoxe de nous livrer des souvenirs, alors qu'elle déteste ce terme, car pour elle,«Les souvenirs, c'est ce qu'on ne veut plus se rappeler.»
Les thèmes abordés sont particulièrement éprouvants, mais l'auteur refute tout pathos et tout épanchement lacrymal. L'écriture est sèche sans être aride, et essaie de lutter contre la tristesse et la mélancolie, même si celles ci livrent une bataille particulièrement aride. Joan Didon veut à tout prix se rappeller les souvenirs des jours heureux passés, le souvenir de ce qui a été comme garde fou salutaire pour croire à de nouveaux jours heureux.

Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Annette55
  09 février 2014
Qu'est ce qu'être parent quand la fille et le père ont disparu?
Que demeure t-on sinon un écrivain, une femme confrontée à la vieillesse,à sa douleur indicible,à la perte?
Voilà quelques unes des questions auxquelles répond l'auteur de cet ouvrage relativement court,Joan Didion,après la perte de sa fille :Quantana,âgée de 39ans,disparue tragiquement, quelques mois seulement,après la mort de son époux.
Ce livre est insoutenable,pourquoi?car il est vrai,direct,dur et juste,il évite toutes les larmes.
Il répond à la question de Quintana:"quand quelqu'un meurt,mieux vaut savoir ne pas s'appesantir dessus".
L'auteur ne céde ni à l'impudeur ni à la complaisance,elle est d'une honnêteté scrupuleuse.
Avec une grande clairvoyance,comme si elle rédigeait son testament,elle fait le tour des sujets essentiels:l'adoption,l'argent,la maladie, la vieillesse, la mort.
A l'aide d'une écriture précise, sèche, lumineuse,sans larmoyer, sans s'apitoyer,elle n'embellit pas ses souvenirs,elle les sort de sa mémoire pour s'en débarrasser, les expose comme si elle les liquidait.
Elle fait place nette après une vie de réussite, d'amour.
Elle évoque des moments, des images,des mots,elle rend un vibrant hommage à sa fille: "les stéphanotis,fleurs piquées dans la natte épaisse de sa fille ,le jour de son mariage, ses petits mots conservés...."
Restent les fleurs qui éclosent et se fanent dans les allées de ce livre poignant et exemplaire,les stephanotis,la lavande,le magnolia,les fleurs de frangipanier........
Elle égrène les variétés comme dans un tableau pictural.
Leur parfum semble courir entre les pages.
Et enfin :Le Bleu de la Nuit,c'est une tentative de rassemblement de soi- même quand plus rien n'a de sens.
C'est un très beau livre,douloureux et superbe.

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liratouva2
  18 novembre 2013
"Ce livre est pour Quintana", la fille de l'auteur morte à 39 ans, quelque temps après son mariage, suivi d' un long séjour à l'hôpital puis de la mort subite de son père alors qu'il venait de lui rendre visite et un peu avant la sortie du livre à succès de sa mère sur la mort de son mari justement: "L'Année de la pensée magique", un livre qui m'a bouleversée, plus que celui-ci que j'ai cependant beaucoup admiré également.
Le thème est des plus douloureux mais ici on ne s'apitoie pas. L'écriture sèche et précise caractéristique de Didion évite tout épanchement inutile tout en évoquant ce qui effraie le plus: la solitude, la maladie, le vieillissement, la mort. Rien de tout cela n'est escamoté mais ce sont surtout les souvenirs des jours heureux qui envahissent les premiers moments et les premières pages, éblouissants comme le bleu des vitraux de Chartres par beau temps ou le bleu de la nuit new yorkaise quand on a l'impression que les journées n'en finissent jamais. «Le bleu de la nuit, c'est le contraire de l'agonie de la clarté, mais c'est aussi son avertissement.»
Les souvenirs heureux affluent en commençant par le jour du mariage de Quintana sous le signe de la légèreté, de la joie et des stéphanotis dans les cheveux sous le voile blanc, ce qui conduit à la vision de la véranda familiale pleine de ces jolies fleurs et à New York où l'auteur est revenue vivre, seule.
Elle revient sur les moments forts de l'adoption de sa fille, les retrouvailles récentes et ratées de celle-ci avec sa famille d'origine, et son propre sentiment de culpabilité, sa peur d'avoir pu rater son éducation.
Peu à peu cependant c'est la réalité de la femme de 75 ans qui s'impose de plus en plus avec ses chutes inexpliquées qui la conduisent à son tour aux Urgences, ses crises de paniques soudaines, ses intenses douleurs à la tête dues au stress que rien n'apaise, sa "peur de ce qui reste à perdre".
"Et pourtant il n'est pas un seul jour de sa vie où je ne la revois pas.
Qui prévenir en cas d'urgence?"
C'est un très beau livre.
Lien : http://liratouva2.blogspot.f..
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mumuboc
  29 juin 2017
Ce récit retrace la perte d'un enfant mais pas tellement les circonstances mais plutôt les souvenirs qui remontent suite à cette perte. Joan Didion a perdu successivement son mari puis sa fille qu'ils avaient adoptée à sa naissance.
Les petits moments de leur vie remontent, passent, s'enfuient et l'auteure y mélent également ses réflexions sur leur vie commune, sur son enfance, sur son travail et le milieu littéraire et artistique où elles et son mari ont évolué, sur la maternité, sur le mariage de Quintana (sa fille), sur sa propre vie, sur les années qui passent et sur la vieillesse et ses troubles.
L'ensemble se déroule dans le monde du spectacle, avec des références à des stars, des films et pièces de théâtre auxquels l'auteure a souvent collaborés.
Roman sur la douleur de la perte d'un enfant, sur l'incompréhension mais aussi sur la lucidité des mots, des situations.
L'écriture est accessible mais un peu confuse (à mon goût) mais cela reflète quelque part, peut être, l'état dans lequel se trouve l'auteure au moment du récit. Les souvenirs remontent au gré des pensées, des photos, des mots qu'elle retrouve au gré de ses recherches.
Il vaut mieux être dans de bonnes dispositions pour lire ce témoignage très mélancolique, assez fataliste et lucide.
Le récit débute par le mariage de Quintana, puis remonte à son adoption, à la frustration de ne pouvoir avoir d'enfants, les différentes maisons qu'ils ont occupées, les événements liés à chacune d'entre elles, à leur vie de voyages liés à leur travail, puis à la maladie de sa fille et à la solitude et les affres de la vieillesse pour l'auteure.
Si je mets une note de ** c'est qu'il est difficile de rester dans le texte, par moment j'étais un peu perdue dans les réflexions de l'auteure et je me suis surprise à plusieurs moments à retourner en arrière pour mieux saisir ses mots. C'est également un style d'écriture que j'ai du mal à suivre.
Mais comment discipliner ses idées, ses pensées et ses souvenirs quand un tel drame vous frappe.
Ma note : **
Lien : http://mumudanslebocage.cana..
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critiques presse (4)
Liberation   21 janvier 2013
Didion n’explique pas ceci par cela, elle consigne avec cette forme d’expression directe qui est sa manière de dire, avec ce souci du mot juste, celui qu’elle lâche et qui résonne, parce qu’il ne veut pas faire effet, parce qu’il traduit au plus près l’état d’âme, le geste, la personne.
Lire la critique sur le site : Liberation
Bibliobs   11 janvier 2013
Elle se souvient mais elle déteste se souvenir. «Les souvenirs, écrit-elle, c'est ce qu'on ne veut plus se rappeler.» Les mots lui coûtent, les phrases sont dures, sans concession.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Telerama   09 janvier 2013
Moins hagard, moins déboussolé que le précédent, mais tout aussi secouant, ce livre est le monologue fataliste d'une femme qui ne cherche plus de réponses à ses questions.­ Elle continue d'en poser, en rafales, avec la même écriture directe, dénu­dée, à fleur de pensée.
Lire la critique sur le site : Telerama
LaLibreBelgique   08 janvier 2013
Son écriture chaotique témoigne de sa difficulté à exprimer cette fois, ses sentiments. Sa pensée y est en boucles et elle répète les mêmes phrases et les mêmes citations de sa fille. Elle montre la fragilité du récit lui-même et des souvenirs qui viennent cacher l’essentiel
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   20 novembre 2013
Arrêtez les horloges, coupez le téléphone,
Jetez un os au chien pour que ses aboiements ne résonnent,
Faites taire les pianos et au son d'un tambour voilé
Sortez le cercueil, qu'avance le cortège endeuillé.

Que les avions tournoyant dans les airs déplorent
Et tracent sur le ciel le message Il est mort.
Nouez des rubans de crêpe au cou blanc des pigeons des squares,
Et que les mains des gendarmes soient gantées de coton noir.

Il était mon Nord, mon Sud, mon Est et mon Ouest,
Ma semaine de labeur et mon dimanche de sieste,
Mon midi, mon minuit, ma langue, ma chanson;
Je croyais que l'amour durerait à jamais: je sais à présent que non.

Eteignez les étoiles; elles ne sont pas conviées à la veille.
Remballez la lune et démontez le soleil,
Videz l'océan et balayez les forêts;
Car plus rien de bon ne saurait advenir désormais.

Funeral Blues, W.H. Auden
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liratouva2liratouva2   18 novembre 2013
Connie Wald, vêtue de l’un des nombreux tailleurs Chanel déployés cet après-midi-là, en l’occurrence un tailleur en tweed bleu et crème à lisérés en soie rose cyclamen. C’est Connie qui avait offert à Quintana l’une des deux longues robes blanches qu’elle porta à l’église et ensuite. A quatre-vingt-dix ans passés, jusqu’au moment où elle déclara une neuropathie, Connie nageait encore tous les jours. La maladie la força à réduire son régime quotidien de longueurs de piscine et à ne plus faire seule le tour de Beverley Hills au volant d’une vieille Rolls-Royce, mais pour le reste elle continua à mener exactement la même vie qu’avant. Elle portait toujours les robes Claire McCardell qu’on lui avait offerte quand elle était mannequin pour McCardell dans les années 1940. Elle recevait toujours à dîner deux ou trois fois par semaine, faisait elle-même la cuisine, mélangeait les jeunes et les anciens de telle sorte que tous les convives étaient ravis, allumait d’immenses feux de cheminée dans sa bibliothèque et parsemait les tables d’amandes salées et d’énormes vases regorgeant de nasturtiums et des roses qu’elle continuait de cultiver elle-même. Connie avait été la femme du producteur Jerry Wald, qui avait servi, dit-on, de modèle à Budd Shulberg pour le personnage de Sammy Glick dans « Qu’est-ce qui fait courir Sammy?» et qui était mort quelques années avant notre rencontre.
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MICHELEJULIETTEMICHELEJULIETTE   07 juin 2013
Tu as tes merveilleux souvenirs, dirent les gens par la suite, comme si les souvenirs étaient un réconfort. Les souvenirs ne sont rien de tel. Les souvenirs portent par définition sur des temps passés, des choses enfouies. Les souvenirs, ce sont les uniformes de Weslake dans la penderie, les photos craquelées aux couleurs délavées, les invitations au mariage des gens qui ne sont plus mariés, les faire-part de décès de gens dont on ne se rappelle plus le visage. Les souvenirs, c'est ce qu'on ne veut plus se rappeler.
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BazartBazart   16 avril 2014
Quand vient la saison des nuits bleues, on a l'impression que les journées n'en finissent jamais. Et à mesure que la saison des nuits bleues se rapproche de son terme (inexorable, inéluctable), on est saisi d'un frisson, d'une appréhension physique, maladive, lorsqu'on s'en avise pour la première fois : la lumière bleue s'en va, déjà les jours raccourcissent, l'été n'est plus là. Ce livre s'appelle «Le bleu de la nuit» parce qu'à l'époque où j'ai commencé à l'écrire, j'avais l'esprit de plus en plus souvent tourné vers la maladie, vers la fin des promesses, le déclin des jours, l'inévitable assombrissement, l'agonie de la clarté. Le bleu de la nuit, c'est le contraire de l'agonie de la clarté, mais c'est aussi son avertissement.
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CarolineDBruihierCarolineDBruihier   10 septembre 2018
Je me suis jurée de garder le cap. "Garder le cap" était l'impératif qui se réverbérait en écho jusqu'à l'autre bout de la ville. En vérité je ne savais pas du tout ce qui se passerait si je n'y arrivais pas. En vérité je ne savais pas du tout ce qu'était le cap. Je pensais à tort, que cela avait quelque chose à voir avec le mouvement, les voyages, les hôtels où l'on descend et que l'on quitte, les aéroports d'où l'on s'en va et où l'on arrive. J'ai essayé.
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