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EAN : 9782081454736
121 pages
Éditeur : Flammarion (28/08/2019)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 31 notes)
Résumé :
« Boy Diola », c’est ainsi qu’on appelait le villageois de Casamance venu à Dakar pour trouver du travail. Ce villageois, c’est toi, mon père, Apéraw en diola. À force de côtoyer de trop près la souffrance, tu as décidé de partir. Pendant des mois, tu t’es rendu au port jusqu’à ce que ton tour arrive, un matin de 1969. Tu as laissé derrière toi les histoires racontées autour du feu, les animaux de la brousse, les arachides cultivées toute ta jeunesse. De ce voyage t... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  14 août 2019
Voici un témoignage émouvant : le récit du déroulement de la vie du père de l'auteur: Apéraw , arrivé en France en1969.
«  Boy Diola, » ,c'est ainsi que l'on appelait les villageois de Casamence venus à Dakar pour trouver du travail: le commencement de ses souffrances .
Les années d'usine n'effaceront jamais les paysages de la Brousse dans ses yeux , les arachides cultivées dans sa jeunesse, les animaux de là-bas et les histoires racontées au coin du feu.
Né au village de Kagnarou , son père , Abidjé, était naturellement le premier debout .
A Kagnarou, d'un enfant qui ne voulait pas travailler on disait : «  Celui - là , il ne respecte pas son père . »
L'auteur met en scène avec humilité , respect , une once d'humour et de dérision , un poil de maladresse le destin de cet homme « de la maison du Gros Saule » toujours écartelé entre deux mondes , le recrutement chez Citroën avec ses copains Sénégalais, Mauritaniens , Algériens, Portugais, Italiens , son licenciement après quatorze années de bons et loyaux services à la chaîne..., la vie aléatoire en foyer, le travail au marché et les débrouilles, les galères de l'expulsion, le travail d'intérimaire à l'aéroport de Roissy , l'hébergement de la famille chez son frère ,: Lecleon qui a abandonné l'islam pour le christianisme.....N'en disons pas plus.
Le fils donne voix aux déracinés , ceux dont on entend jamais la voix, jamais reconnus à leur juste valeur, des traditions ancestrales des villageois de Casamence , au fin fond de l'Afrique , jusqu’aux quartiers populaires de la banlieue parisienne : à Aulnay-sous-Bois ..

Un récit bouleversant parfois maladroit comme un premier roman .
Des mots en Wolof non traduits ....Merci à Babelio et à masse critique pour l'envoi de cet ouvrage .
Extraits :
«  Les histoires ça doit rester dans la famille , ça doit pas sortir. »
«  Un avion apparaît dans le ciel .
Apéraw bombe le torse et , en pointant l'appareil du doigt , il lâche cette phrase : « Papa,une journée , je pisserai sur ta tête ».
«  On nous a ramassés pour venir travailler en France . »
«  C'est douloureux
Le corps gâté par le fer.
Le métal.
La tôle. »
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Commenter  J’apprécie          511
mariecloclo
  15 août 2019
Merci à Babelio et Flammarion pour cette masse critique rentrée littéraire. Il s'agit ici du premier roman d'un jeune auteur que je trouve prometteur. Ce roman est consacré à son père, Aperaw, né en Casamance. Aperaw à très vite voulu quitter sa région d'origine, attiré par les villes. Il va tenter de survivre à Dakar puis son but sera de venir en France. Il trouve une embarcation et débarque à Marseille en 1969. Ensuite ce sera l'installation avec sa première épouse à Aulnay-sous-Bois. Il sera embauché comme ouvrier chez Citroën où il travaillera de nombreuses années. Ensuite lui et sa famille ( 9 enfants) habiteront une maison.
Yancouba Diémé rend un bel hommage à son père, il évoque les traditions sénégalaises, l'importance de la famille, la vie de tous ces africains qui aiment la France et rêvent d'obtenir la nationalité. Son récit est teinté d'humour et d'admiration pour son père. C'est très intéressant aussi sur le plan sociologique.
Un très bon premier roman que je recommande vivement.
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ManouB
  10 mars 2020
L'auteur repart sur les traces de son père, arrivé un jour en France en provenance de son pays natal, le Sénégal.
Élevé à Kagnarou, un petit village de Casamance, Apéraw a travaillé très tôt dans les rizières et les champs d'arachide, a appris très jeune à retourner la terre à l'aide du Kaliandou. Un jour il fuit la pauvreté pour se rendre à Dakar d'où il embarquera pour Marseille, après des mois d'attente.
Derrière lui, il laisse sa famille et ses racines, mais aussi les histoires racontées au coin du feu et les animaux sauvages qui vivent dans les forêts.
De Marseille, il gagnera Aulnay-sous-bois où le travail en usine éreintant l'attend, comme c'est le cas pour beaucoup d'africains, sénégalais, mauritaniens, algériens, mais aussi pour des portugais et des italiens.
C'est alors la vie d'ouvriers chez Citroën, le mariage avec Ina, et après quatorze ans de travail, le licenciement économique, les marchés au petit matin avec son ami Moussa, puis des travaux en intérim passés à nettoyer des avions.
Il prendra une seconde femme et aura en tout neuf enfants.
L'auteur nous parle aussi de sa mère, morte très jeune qui a toute sa vie fait des ménages, comme le font encore aujourd'hui beaucoup de femmes de sa condition.
Et au passage, il nous dresse une intéressante et touchante photographie sociale de la vie dans les banlieues, des années 70 aux années 2000.
Il nous raconte aussi par des allers-retours entre le présent et le passé, son premier voyage alors qu'à 11 ans son père les avait emmenés en Casamance pour faire connaissance avec la famille restée là-bas. Un voyage qui lui a permis aussi de briser les "images imaginées", et d'en construire d'autres beaucoup plus réelles.
Très tôt désigné par ses frères pour raconter l'histoire familiale, l'auteur qui ne voulait pas devenir écrivain, a finalement par les jeux du hasard de la vie, pris la plume pour parler à la place du père.
Alors que son père reçoit enfin quarante ans après être arrivé en France, une lettre lui annonçant sa naturalisation, l'auteur est surpris de ne pas le voir sauter de joie et ranger tout simplement la feuille dans un tiroir.
Un an après, alors qu'ils regardent ensemble à la télévision, un reportage montrant l'arrivée de réfugiés sur une plage corse, le père dresse en quelques mots, un parallèle entre eux et ce qu'il a vécu lui-même des années auparavant.
Dès lors, l'auteur le "force" à raconter, pour retrouver lui-aussi ses racines, effacer les silences, en savoir plus sur cette vie qui a démarré en Casamance.
Ce témoignage est aussi l'histoire des Diolas que je ne connaissais pas du tout et qui "du temps de avant-avant" n'étaient ni musulmans, ni chrétiens.
L'histoire du père est celle d'une vie partagée entre deux mondes, celles de tous les immigrés qu'ils soient venus seuls ou qu'on soit "aller les chercher", le déracinement est le même et la coupure avec les siens, restés au pays, identique.
L'auteur donne ainsi la voix à ceux qui ne peuvent que rarement s'exprimer et parler de la douleur de l'exil et du déracinement, mais qui savent vivre dans le travail et la dignité.
Voilà un roman-témoignage touchant, non dénué d'humour, qui est aussi un bel hommage au père.
J'ai juste eu un peu de mal à me retrouver dans les noms des villages sénégalais, les mots de dialectes, et aussi dans le rythme du roman qui ne suit aucune chronologie. L'auteur a voulu nous plonger dans une ambiance, dans la manière même dont il a pris lui-même connaissance de la vie mouvementée de son père.
C'est un premier roman qui m'a permis de découvrir un jeune auteur qui a encore, je le pense beaucoup de choses à nous dire et que je suivrais avec grand plaisir.
Lien : http://www.bulledemanou.com/..
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DarineM
  15 août 2019
Yancouba Diémé nous raconte l'histoire de son père, Apéraw...une histoire d'immigration : tous les obstacles rencontrés et toutes les répercussions sur sa vie.
Ce livre m'a particulièrement touchée car je suis bénévole dans une association qui réunit des femmes et des hommes d'origine, d'âges et d'horizons divers...40 nationalités différentes y sont représentées. Sont proposées comme activités, l'apprentissage du français, la découverte des cultures et des animations interculturelles.
En premier lieu, il faut prendre la décision de partir….né à la campagne, parti à Dakar chercher du travail, Apéraw se cherche :
“ Tous les jours, tu montes sur les bateaux, et avec beaucoup d'aisance et de politesse tu dis que tu cherches du travail, tu cherches à partir. du travail en Europe, en Amérique ou en Chine, peu importe. Partir loin d'ici, traverser l'océan pour toucher d'autres soleils. On va te trouver du travail. La France vous a colonisés, vous avez le droit de venir. Vous avez le droit de venir et de rester.”
Et le voilà parti, la traversée en mer est longue, pas simple, il arrive en France en 1969.
Dans les premiers temps, il est en lien avec le Sénégal par courrier avec son frère, ce dernier lui parle en bien de Ina, une fille du pays. En 1972, Apéraw et Ina se marient, et en 1974, Ina arrive en France grâce à la loi pour le regroupement familial.Leur vie se construit rapidement : ils ont 5 enfants, puis d'un commun accord, Apéraw épouse une deuxième femme, ils ont 3 enfants, et le petit dernier nait en 1990 : Yancouba, l'auteur de ce roman. Apéraw a un travail chez Citroen, ils achètent une maison à Aulnay sous Bois. Puis tout bascule, Ina meurt d'un cancer. Retournés au pays pendant 3 mois, Apéraw a un avis d'expulsion. Sa deuxième femme divorce. Il est également licencié de chez Citroen. Commence alors une vie de débrouille, d'abord commerçant à Rungis, puis intérim de nettoyage à Roissy….A 11 ans, Yancouba vient pour la première fois au Sénégal, pour visiter la famille et les cultures. En 2010, Yancouba est étudiant à l'université.
Beaucoup de passages sur les difficultés administratives, les demandes de naturalisation…
Apéraw obtient la nationalité française après 40 ans de vie en France !
J'ai beaucoup aimé ce roman, des moments de vie très cruels.
J'ai beaucoup aimé voyager entre le Sénégal et la région parisienne.
Par contre, j'ai eu un peu de mal avec le temps, le roman est loin d'être chronologique.
Je recommande vivement, pour avoir un regard différent sur les gens de couleurs différentes que vous croisez chaque jour dans la rue : ce roman montre à quel point leur parcours est difficile. Enfin, je rajoute ma petite touche personnelle, le parcours d' Apéraw est fort compliqué pourtant il n'a pas l'obstacle de la langue. Dans l'association que je fréquente, je rencontre beaucoup d'immigrés qui rencontrent cet obstacle, c'est très compliqué pour eux.
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Marti94
  15 janvier 2020
Je suis très attachée à la Casamance, région sud du Sénégal d'où est originaire Yancouba Diémé et c'est ce qui m'a fait acheter ce premier roman intitulé "Boy Diola" en hommage à son père dont c'est le surnom.
Les diolas sont un peuple de cultivateurs, récolteurs de riz et de vins de palme depuis plusieurs siècles. Ça c'était du temps de avant avant comme dit l'auteur.
Son père Apéraw, quand il était enfant, a aidé le sien à cultiver les arachides à Kagnarou près de Bignona en Casamance. La famille qui était Animiste s'est convertie à l'Islam sans trop se poser de questions. D'ailleurs, Apéraw a toujours été croyant et fait ses prières même lorsqu'il a émigré d'abord à Dakar puis en France en 1969.
Yancouba Diémé va retracer le parcours de son père grâce aux quelques discussions qu'ils ont pu avoir. C'est un enfant Citroën, son père ayant été ouvrier sur les chaînes automobiles à Aulnay-sous-Bois. Yancouba c'est aussi le prénom de l'oncle qui a fait des études. C'est pourquoi son père a choisi ce prénom pour qu'il suive le même chemin.
Malgré l'intérêt du sujet, j'ai trouvé que le rythme du roman s'essoufflait avec un début passionnant et une fin un peu laborieuse. le choix de ne pas raconter les faits dans l'ordre chronologique n'amène pas grand chose et il manque une force de suggestion. Ces critiques ne m'empêche pas de penser que c'est une beau portrait surtout pour un premier roman.
Lu en janvier 2020
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critiques presse (1)
Actualitte   26 septembre 2019
Un récit au style agile et savoureux, aromatisé d’un zeste d’humour, juste ce qu’il faut pour laisser toute leur place à la tendresse et à l’humanité. Et à l’émotion quand la voix du père se fait entendre, avec son français singulier.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
mariecloclomariecloclo   15 août 2019
Étudier pour aller où ? Est-ce-qu'on a attendu quelqu'un pour apprendre à manger ? Ils croient qu'on est bêtes mais laissez les croire ce qu'ils veulent nous on s'en fout. Ce qui est dans notre tête c'est ce qui était dans la tête de nos pères. La vie, c'est comme ça : tu prends les choses de la tête de ton père et tu augmentes.
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Annette55Annette55   14 août 2019
«  On ne peut pas retourner dans la souffrance .
C’est pour ça quand on sort on fait attention maintenant .
On peut pas retourner .
C’est beaucoup la souffrance. »
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Marti94Marti94   15 janvier 2020
Aujourd'hui il ne dit rien. Malgré les quarante-un printemps passés en France, il reste un Sénégalais arrivé par bateau un jour de 1969 avec un numéro de série, transformé en ouvrier à la chaîne.
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mailys_babeliomailys_babelio   11 juillet 2019
C'est au sud de la Corse, à environ six kilomètres de Bonifacio, que se trouve la plage de Paragan. Vues du ciel, les falaises blanches se dressent hautes comme des forteresses contre les vents marins. Des jeunes se jettent dans une eau teintée de bleu et vert. L'un des meilleurs endroits pour la baignade. Un plage sauvage entre calcaire et granit où l'on croise (et c'est un fait dont tout le monde aime se vanter) très peu de touristes.
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ManouBManouB   10 mars 2020
"J'ai vu la souffrance, moi"
Apéraw prononce cette phrase en mettant le doigt devant son oeil. Comme s'il avait vu de ses propres yeux le visage de la souffrance. Pendant toute la durée de nos entretiens, il mène la danse. Le récit commence là où il veut et s’interrompt quand il le décide...
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Videos de Yancouba Diémé (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yancouba Diémé
L'interview : https://www.web-tv-culture.com/emission/yancouba-dieme-boy-diola-51654.html
Yancouba Diémé a 29 ans, il a grandi en banlieue parisienne, dans ce que l'on appelle communément une cité. A l'adolescence, il découvre la littérature, choisit d'en faire ses études avant d'obtenir un master de création littéraire. Il publie aujourd'hui son premier roman, « Boy Diola » aux éditions Flammarion. S'il découvre les arcanes de l'écriture et du milieu littéraire, Yancouba Diémé n'oublie pas d'où il vient et c'est l'histoire de sa famille qu'il a choisi de raconter, plus précisément celle de son père, Sabari Apéraw. Né en Casamance, parti chercher du travail à Dakar avant de traverser la Méditerranée, le père de Yancouba Diémé s'est installé avec sa famille à Aulnay-sous-Bois où il a travaillé chez Citroën pendant 14 ans avant d'en être brutalement licencié. En forme d'hommage pudique à son père, avec ses mots à lui, sans rien renier au style mais en jouant la carte de la sincérité et de l'authenticité, Yancouba Diémé nous offre un livre fort, émouvant, tendre et violent. Il nous parle de la difficulté de l'intégration, du regard des autres, de la tradition que l'on garde ancrée au fond de soi. On y lit aussi les blessures secrètes, les non-dits, les regrets, la fragilité d'une vie, la violence d'un quotidien entre l'usine et la barre d'immeubles dans une cité où tout part à vau l'eau et où rester digne est un combat de chaque jour. Le roman, puisqu'il s'agit malgré tout d'un roman offre de jolis moments émouvants mais aussi des pages plus légères où l'humour et l'ironie atténuent la gravité du propos sans le nier. Au-delà de sa famille, Yancouba Diémé nous parle surtout de tous les sans-noms, les fragiles, les discrets, les inconnus, ceux que l'on croise chaque jour sans chercher à savoir qui se cache derrière ce regard vide plein de fatigue et de souvenirs enfuis. Un premier roman très réussi et un auteur à suivre. « Boy Diola », le premier roman de Yancouba Diémé est publié chez Flammarion.
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