AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782378802011
Éditeur : L' Iconoclaste (01/04/2021)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 115 notes)
Résumé :
Une station-service, une nuit d'été, dans les Ardennes.
Sous la lumière crue des néons, ils sont douze à se trouver là, en compagnie d'un cheval et d 'un macchabée. Juliette, la caissière, et son collègue Sébastien, marié à Mauricio. Alika, la nounou philippine, Chelly, prof de pole dance, Joseph, représentant en acariens... Il est 23h12. Dans une minute tout va basculer. Chacun d'eux va devenir le héros d'une histoire, entre elles vont se tisser parfois des ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  17 avril 2021
Personnellement, je ne me soucie guère de savoir dans quel genre littéraire il faut classer un livre. Mais lorsqu'à la fin d'une lecture, un léger malaise persiste, cette interrogation est légitime pour comprendre sa source. Kérozène n'est pas un roman. Sa structure narrative est beaucoup trop éclatée pour cela entre quatorze personnages, chacun son mini chapitre autonome pouvant se lire et se comprendre indépendamment des autres. Un des chapitres, Chelly, est d'ailleurs apparu comme une des nouvelles du Treize à table 2019-2020 en faveur des Restos du coeur ( je l'avais adorée ).
Kérozène n'est pas non plus un recueil de nouvelles car l'auteure cherche à connecter ses personnages dont les chemins convergent à 23h12 sur une aire d'autoroute des Ardennes. Tous en mouvement, tous en lutte avec leur destin, essayant d'échapper à quelque chose qui ne leur convient pas ou plus. Tous fracassés par la vie car la vie est fracassante. Tous profondément seuls à un moment où leur vie bascule. Il y a bien un personnage fil conducteur qui serait la nonagénaire Monica ( oui la Monica de la Vraie vie, vingt ans après ). Mais cela ne suffit pas à créer une unité d'ensemble convaincante. Il m'a manqué une vraie scène finale faisant l'amalgame. J'ai été surprise par cette fin abrupte alors que j'avais envie de lire un paquets de chapitres en plus.
En fait, la véritable bonne question lorsqu'on repose un livre est : « est-ce que c'est du bon ? ». Et, malgré cette fin qui n'en est pas une, la réponse est clairement « oui ». Je me suis régalée de cette galerie de portraits tous inquiétants et excessifs . Adeline Dieudonné est embusquée derrière l'intériorité de chaque personnage afin de réveiller notre regard critique sur la société contemporaine.
Comme des fables modernes pour raconter l'ultra violence née des rapports de domination : l'emprise de l'homme sur la femme ou vice-versa, sur les animaux, la lutte des classes, mais aussi de façon plus symbolique l'emprise que peut avoir sur nous nos pulsions, nos impulsions, la norme ordinaire. de ces bras de fer mordants, je retiens tout particulièrement certains : Chelly, la pole-danceuse qui s'est appropriée les codes de la virilité ; Alika, qui a abandonné ces enfants à l'autre bout de la planète pour élever ceux de ces patrons, sous les épouvantables injonctions du manuel de la nounou philippine ( il existe vraiment ) ; Pupute, sorte de vieux gigolo piégé par celle qui ne loge et nourrit ; Julie, engluée dans un environnement peuplé de mari et beaux-parents hygiénistes gynéco-obstétricien. Et surtout, Victoire, formidable personnage qui voue une haine féroce aux dauphins. L'auteure fore loin dans les affres contemporaines.
C'est radicalement cruel, avec sans doute moins de tendresse que dans La Vraie Vie, même si elle ressort par moment dans le regard porté sur ces malheureux, et notamment sur les animaux comme le cheval maltraité Red Apple. C'est très drôle aussi pour ceux qui goutent l'humour très noir. Une scène est géniale : celle où Monica, sur son fauteuil roulant, crache des noyaux de cerise en rythme avec la cadences d'ébats sexuels qu'elle mate sans aucune vergogne. Adeline Dieudonné a le sourire carnassier dans ce récit à l'électricité vivifiante, loin de toute bienséance. Ce livre est un feu d'artifices qui pétarade de partout en mode féroce, grotesque, caustique et trash. Il m'a juste manqué le bouquet final
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10210
Ladybirdy
  02 avril 2021
Une station service. Un soir d'été. 23h12. Ils vont tous s'arrêter dans cet endroit d'où s'émanent odeurs d'essence et d'asphalte. Ils vous regardent. L'oeil. Monica. Adeline. Vous.
Ils sont là, ces quelques êtres en proie avec leurs démons intérieurs, leurs phobies, leur classe sociale, leur solitude, leur folie, l'essence même de ce qui les définit.
Préparez vous à soulever le voile sur la transe humaine.
J'appelle Chelly, une prof de pool dance qui ne supporte ni les perdants ni les mangeurs de chips ni les sempiternels apitoiements de son homme. Ça fait boum.
J'appelle Victoire, mannequin, seule sans amis qui erre dans les couloirs de son psychisme et qui surtout, voue une haine féroce contre les dauphins, l'eau où baignent ces mammifères, se « lave » avec des lingettes et ingurgite 2l de lait par jour. Boum.
Obligée d'appeler Julie qui termine chez la famille foldingue gynécologue, qui mange aux frottis et au doigter vaginal comme on mange du chocolat, ne fait l'amour qu'entre 7h et 7h08. Boum.
Vous avez ici un kaléidoscope sous forme de puzzle qui nous dévoile toute la diversité humaine, dans sa perversité la plus macabre et surtout très jubilatoire. Car le phrasé d'Adeline est à présent reconnaissable parmi tous. Ce qui la place en rang d'honneur parmi ces auteurs singuliers tels une Amélie Nothomb.
Dans Kerozene, Adeline Dieudonné continue sa perfusion féroce à l'intérieur des mots. Les mots exultent et explosent pour former une image qui accroche, ricoche et fait mouche. « Un tête à tête avec un cadavre de phoque en décomposition. » «L'effet d'une injection de jus de purin dans l'artère fémorale. ». Ça cogne, ça envoie. C'est une écriture instinctive, spontanée, viscérale.
On retrouve une forme de fascination, déjà présente dans La vraie vie pour le monde animal. Les animaux sont partout, dauphins, truie, cheval, acariens, ils grouillent de toute part comme l'oeil qui vous regarde où que vous soyez.
Étonnant ici, une certaine obsession pour le sexe, souvent trivial, bestial. le passage du couple sur le parking en plein débat pendant que la vieille mange ses cerises est incroyable. C'est d'un voyeurisme poussé à son paroxysme. Je te vois semble être le créneau de ces 258 pages.
Ce roman aurait pu me dérouter pour son côté « nouvelles » mais c'est sans compter la grandiloquence de la plume de l'auteure qui marie avec maestro humour, lubricité et émotions. C'est brut au décoffrage, c'est du neuf dans la littérature. Et c'est un régal de se rouler et se laisser rouler dans un style aussi frais et abouti.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          9118
Christophe_bj
  04 avril 2021
Une station-service, le soir. Une douzaine de personnages, un cheval et un cadavre y sont présents en même temps. Nous allons lire l'histoire de chacun d'eux. ● J'ai été enthousiaste tout au long de ma lecture, qui s'est faite à un rythme d'enfer car je ne parvenais pas à poser ce livre, et considérablement déçu par la fin. Je pensais que par un ultime coup de magie tous les personnages allaient se trouver rassemblés dans un finale collectif aussi éclatant que leurs histoires individuelles. ● Il est indéniable qu'Adeline Dieudonné, tout en n'étant pas une grande styliste, possède une imagination complètement débridée et a le don d'inventer des personnages (et des animaux) hors du commun, ainsi que des récits haletants. ● Néanmoins ici il y a tromperie sur la marchandise : il s'agit d'un recueil de nouvelles et non d'un roman. Les nouvelles ont été bricolées pour donner l'illusion d'un roman, mais cela ne doit tromper personne. Il aurait été préférable de publier ces histoires en recueil : le contrat avec le lecteur aurait été clair – mais d'un point de vue marketing c'était bien sûr moins vendeur…. Je me suis senti floué.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          578
montmartin
  05 avril 2021
Dans cette station-service le long de l'autoroute,
le lecteur va croiser tour à tour, un couple qui vit avec un cochon, une danseuse de pole dance qui se promène avec le cadavre de son mari, une grand-mère qui dort dans un hamac, un couple de gynécologues obsédés, un photographe amateur fasciné par les photos de plaquettes de beurre ; une mannequin qui a la haine des dauphins, une rescapée d'une tuerie, un représentant en acariens, une vieille châtelaine qui s'enfile des bouteilles de prosecco sur la tombe de la mère de son compagnon, joliment dénommé pupute. Une Philippine, qui se tue au travail pour gagner l'argent nécessaire à l'éducation de ses enfants ; un petit cheval champion des concours d'obstacles. Il ne manque qu'un raton laveur.
Une galerie de portraits glauques, des personnages vulgaires, souvent grotesques, hantés par le sexe. Adeline Dieudonné m'avait profondément marqué par la puissance de son premier roman « la vraie vie », la déception n'en est que plus grande. Je ne me suis absolument pas retrouvé dans cette succession de nouvelles sans queue ni tête. Seules les quelques pages consacrées à Red Apple, le petit cheval ont retenu mon attention.
Comme toujours, cette chronique n'est que le reflet de mon ressenti et je vous invite à lire le roman pour vous faire votre propre opinion.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          3110
gruz
  09 avril 2021
Le nouveau livre tant attendu d'Adeline Dieudonné tient d'avantage du recueil de nouvelles. Mais ça vaut bien un bon roman !
Des tranches de vie, liées entre elles directement ou indirectement par une station-service d'autoroute belge, une étouffante nuit d'été. Un environnement dangereusement inflammable, essence, chaleur, mais le liquide le plus explosif coule dans les veines des protagonistes.
Chaque chapitre met des bouts d'existence en avant, sous la lumière blafarde des néons, ou encore par un retour vers leur passé. Des passages racontés par l'autrice avec une plume qui met à terre, grinçante, frappé par son style coups de poing, son univers aussi noir qu'unique, ses thématiques percutantes.
Plusieurs de ces histoires commencent de manière assez burlesque, mettant le sourire au lèvre, voire prêtant à rire. Sauf que très vite, il reste coincé au fond de la gorge… Parce que ces morceaux de destins personnels sont le plus souvent des reflets de mal-être, de traumas, d'horreurs du quotidien. La misère humaine traverse le temps et les strates des statuts sociaux.
Dans Kerozene, il y a zen. Sans aucun doute le mot le plus éloigné de (des) ambiance(s) de ce livre. le ton est cru et cruel. Derrière une voix parfois faussement légère, provocatrice, émerge vite de la colère. Cette peinture de caractères sert à rendre la fiction presque réelle pour mieux s'en indigner.
Ces personnages abîmés, même aussi tranchés, semblent devenir vrais en quelques mots, par le pouvoir d'une écriture viscérale et hautement expressive. de celle qu'on reconnaît vite maintenant, qui marquera à l'avenir.
L'amateur d'histoires courtes que je suis aura été happé, meurtri et subjugué par ces récits-là. Des ambiances tragi-comiques qui laissent des traces, à lire avec des yeux parfois exorbités, incrédules même. Touché au coeur aussi par des protagonistes qui n'ont pourtant pas grand-chose de séduisant à la base.
C'est sans aucun doute cette fibre de réalité, même étirée vers le grotesque et aspergée de violence, qui rend ce livre aussi saisissant.
Pas de redite avec ce deuxième livre d'Adeline Dieudonné, qui marque déjà l'univers littéraire au fer rouge. Son univers, peint de différentes teintes de noir et de rouge, enflamme l'esprit, embrase les sentiments, chauffe à blanc jusqu'au bord de l'excès sans jamais l'atteindre. Kerozene, brûlot ludique.
PS : le premier « chapitre » de ce livre a été précédemment publié dans le recueil 13 à table 2020, au profit des Restos du coeur.
Lien : https://gruznamur.com/2021/0..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          261


critiques presse (4)
Culturebox   21 avril 2021
"Kerozene" est une comédie humaine trash, qui scrute l'âme humaine sans tabou, jusque dans les tréfonds.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LaLibreBelgique   01 avril 2021
Après la révélation de "La Vraie Vie", la romancière agrège dans "Kérozène" des tranches de vie malmenées.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeSoir   01 avril 2021
Adeline Dieudonné sort ce 1er avril son deuxième roman, « Kérozène ». C’est « La vraie vie » qui continue avec son cortège tragique et drôle de tranches de vie cruelles et pourtant ordinaires.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Lexpress   29 mars 2021
Avec "Kérozène", l'auteure de "La Vraie Vie", au succès fracassant, franchit hardiment l'éprouvante étape du second roman. Rencontre avec une trentenaire belge, à l'univers toujours aussi piquant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
JuinJuin   17 avril 2021
Tout était toujours bien rangé en Flandre. Les arbres, les canaux, les immeubles, tous semblaient obéir à une autorité naturelle.
( p 245)
Commenter  J’apprécie          70
JuinJuin   17 avril 2021
J'avais sept ans et les adultes disaient "l'été s'en va", " le printemps arrive", alors je croyais que les saisons étaient des personnes. Des sorciers, ou des créatures magiques qui venaient vivre ici quelques temps, puis s'en allaient. Des créatures si puissantes qu'elles emportaient leur chaleur ou leur neige avec elles.
(p221)
Commenter  J’apprécie          20
HaninChristopheHaninChristophe   18 avril 2021
Julie

Je n'avais jamais joui avec mon mari.
Je l'aime. Vraiment.
Mais je crois que quelque chose a déraillé à un moment.
Je ne sais plus.
Commenter  J’apprécie          00
audeLOUISETROSSATaudeLOUISETROSSAT   17 avril 2021
Elle m'a coupé :
- Tu veux baiser, c'est ça ?
- Heu, quoi ?
- T'as pas de soeur, tu veux juste baiser. J'ai biebvu comment tu m’as regardé. Et ton truc de petite soeur ça pue l'arnaque.
Commenter  J’apprécie          00
LibertyBojanglesLibertyBojangles   15 avril 2021
Joël m’avait fait un clin d’œil en prenant le papier et ses quatre collègues m’avaient regardée d’un air sale. Un air que je n’aimais pas. Un air qui vous soupèse, qui vous déshabille, qui calcule votre rapport taille/hanches et qui évalue votre potentiel reproductif. Un air qui vous transforme en jument.
Commenter  J’apprécie          20

Videos de Adeline Dieudonné (31) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Adeline Dieudonné
Retrouvez le passage d'Adeline Dieudonné dans La Grande Libraire Copyright France 5
Notre sélection Littérature française Voir plus
Livres les plus populaires de la semaine Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

La Vraie Vie de Adeline Dieudonné - Facile

Quel est la pièce maitresse de la collection de chasse de "papa" ?

une hyène empaillée
une défense d’éléphant
un lion entier
une tête d'impala

10 questions
149 lecteurs ont répondu
Thème : La Vraie Vie de Adeline DieudonnéCréer un quiz sur ce livre

.. ..