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Diglee (Autre)Clémentine Beauvais (Traducteur)
EAN : 9782360121267
333 pages
Ville Brule (08/10/2021)
4.57/5   245 notes
Résumé :
Cette anthologie réunit 50 poétesses des 19e, 20e et 21e siècle. Certaines d’entre elles sont très connues, d’autres sont tombées dans l’oubli. Toutes ont en commun d’avoir marqué leur époque, et d’avoir écrit de sublimes poèmes. Pour chacune d’entre elles, Diglee a réalisé un portrait ou une illustration originale, rédigé une biographie, et sélectionné ses poèmes préférés. Maureen Wingrove (Diglee) est une illustratrice, autrice de bande dessinée et romancière fran... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
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Ardemment désiré, ce superbe livre m'a été offert à Noël, grand merci!

" Si l'on m'aborde
Je serai le feu"

Claude de Burine.

Diglee, illustratrice, auteure de bande dessinée et romancière, a relevé le défi en 2017 de publier 31 dessins par jour, durant le mois d'octobre, autour du même thème. Et elle a choisi les femmes poètes, découvertes par elle, au fil de ses recherches. Est née ensuite cette oeuvre à la première de couverture magnifique, rose lilas et dorée, avec en son centre, à l'encre noire, le visage d'Anna Akhmatova.

Diglee a décidé de réunir cinquante femmes poètes en différents groupes, " Les insoumises", " Les mélancoliques, " Les magiciennes" etc.., avouant que certaines appartiennent à plusieurs d'entre eux. Elle reconnaît avoir privilégié l'entre deux guerres, qui la fascine. Pour chacune, un portrait tout en symboles à l'encre ,souvent accompagné d'un vers, une biographie très personnelle et quelques poèmes.

L'ensemble est vraiment réussi, original, inspiré, et m'a permis de faire de nouvelles rencontres avec des femmes poètes oubliées ou fort peu connues, comme Angèle Vannier, Gisèle Prassinos ou Edith Boissonnas, dont voici quelques vers:

" Tout à coup s'ouvre une porte
sur le souffle de la nuit
l'air des feuillages m'apporte
la solitude et son bruit"

On parcourt les pages avec ravissement: beauté des mots, sensualité des dessins, délicatesse d'association du noir et de l'or! Une merveille! Un livre que je vais chérir...
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L'incandescence.
Ce n'est pas un hasard si "Je serai le feu" est édité par "La Ville brûle".
Le feu appelle le feu, et la beauté aussi.
La grâce, la clarté et l'incendie.
Tout ça et puis le reste, la beauté des mots, leur chant souvent incantatoire.

Avec "Je serai le feu", Diglee -illustratrice, romancière et auteur de bande dessinée- réunit dans un écrin d'or, d'encre et de velours réunit les textes de pas moins de cinquante poétesses courant du XIXème siècle au XXIème siècle. Il y a celles que l'on connaît, mais si mal et si peu au fond: Emily Dickinson, Rosemonde Gérard, Marceline Desbordes-Valmore, Sylvia Plath, Anaïs Nin, Patti Smith… Et celles qui sont tombées dans l'oubli, parce qu'aujourd'hui, on lit si peu de poésie et parce qu'elles étaient des femmes. Surtout parce qu'elles étaient des femmes.
Comme si la poésie n'était qu'une affaire d'hommes... C'est presque ce qu'on a appris à l'école d'ailleurs...non?

Avec le talent, l'engagement et surtout la sensibilité qu'on lui connaît, Diglee fait sortir de l'oubli où les a plongé l'histoire littéraire ces femmes et leurs textes.
C'est une anthologie complètement subjective qu'elle nous propose, faite de fragments et d'éclats, de bribes et d'étincelles des textes qu'elle aime et qu'elle accompagne de biographies toutes aussi subjectives de ces magiciennes du verbes, différentes mais toutes ardentes à leur manière, qu'elles soient "filles de la lune" ou "prédatrices", "mélancoliques" ou "consumées", "insoumises ou alchimistes".
L'ensemble n'en est pas moins érudit pour autant, mais il n'a ni froideur, ni distance. Il est composé et illustré avec le coeur et les tripes, avec passion, avec poésie et s'y plonger, c'est prendre le risque d'y laisser le coeur et les tripes, de partager les mots et les souffrances, les rêves et les embrasements de chacune des poétesses qui se livrent-là...

Et de la beauté de ces vers jaillissent tant de forces et tant de choses...
La lumière des étoiles et la sensualité, la tristesse et le désir qu'elles ont osé écrire.
Et tant pis pour la moral.
La grandeur de la nature et la tentation du désespoir. de la mort aussi parfois. Celle de l'érotisme qui affleure sous le désir et du feu qui consume.
Et tant pis pour ceux qui condamnent.
La force du langage brandit comme une formule magique et la puissance de l'écriture qui fait fleurir le désert et plier l'orage.
Et tant pis pour ceux qui ne comprennent pas.

Elles étaient le feu.
Elles faisaient, elles aussi, la beauté qui s'appose, comme un incandescent papillon, sur nos bouches assoiffées de poésie. Au même titre que tous les autres.
Merci à Diglee de nous le rappeler.














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"Je serai le feu"
à "consumer" et consommer lentement comme le ferait la flamme d'une bougie.

Très beau livre de poésies, la poésie vue au travers de toutes ces femmes invisibilisées, oubliées ou au contraire adoubées et reconnues.

Diglee nous fait découvrir des trésors oubliés, avec un ravissement non dissimulé, férue de poésie, elle avait bien sûr croisé "l'homme aux semelles de vent" et tant d'autres, mais jamais de poétesses.

Voilà, qui est fait, et elle a restituer à sa manière un voyage de poésie pure de ces femmes :
Filles de lune, prédatrices, mélancoliques, magiciennes, excentriques, insoumises, alchimistes du verbe, consumées ....
et les a faites nôtres.

A offrir, où , à s'offrir et se laisser bercer par les mots.

* Dès l'enfance, j'ai su que "le monde était bleu comme une orange"*.
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Lorsque j'ai vu ce recueil en librairie lors de sa sortie, je n'ai pas pu résister à l'acheter après l'avoir feuilleté. Des poétesses venant d'époques différentes, des magnifiques illustrations ornées de doré, et un objet-livre vraiment superbe... Autant de raisons qui m'ont fait craquer !

Dans ce recueil de poésie, Diglee présente cinquante poétesses du 19e, 20e et 21e siècle, grâce à des courtes biographies et à une sélection de certains de leurs poèmes, accompagnés d'une illustration de ladite poétesse.

J'ai commencé ce livre il y a près de deux ans, et je l'ai terminé il y a relativement peu de temps, parce que je lisais quelques poèmes à certains moments. J'ai voulu prendre mon temps pour découvrir ce magnifique ouvrage, d'autant plus que je ne souhaitais pas l'emporter en dehors de chez moi.

Il y a certaines poétesses dont je connaissais les noms mais la plupart m'étaient complètement inconnues. Je me suis mise à lire tardivement se la poésie et ça n'est pas un genre que je connais franchement. J'étais ravie de pouvoir découvrir autant de femmes qui ont écrit, être plus ou moins touchée par leurs textes, par leurs histoires et leur personnalité.

Grâce à ce beau livre, j'ai pu découvrir plusieurs poétesses dont le travail m'a plu et que je souhaite découvrir davantage. le travail de l'objet-livre est impressionnant, les illustrations sont remarquables et c'est un chouette recueil à découvrir petit à petit.
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Ce livre regroupe les biographies et extraits de poèmes de 50 poétesses choisies comme coups de coeur par Diglee.

Elle les a réparties en 8 catégories :
- Les filles de la lune : Emily Dickinson, Christina Rossetti, Rosemonde Gérard, Jeanne Mette, dite Jane Catulle Mendès, Anna de Noailles, Cécile Sauvage.
- Les prédatrices : Marie de Heredia, dite Gérard d'Houville, Natalie Clifford Barney, Vita Sackville-West, Simonne Michel Azais, Joyce Mansour, Joumana Haddad.
- Les mélancoliques : Marceline Desbordes-Valmore, Marie Nizet, Lucie Delarue-Mardrus, Catherine Pozzi, Anna Akhmatova, Ingeborg Bachmann.
- Les magiciennes : Hilda Doolittle, dite H.D., Valentine Penrose, Anaïs Nin, Angèle Vannier, Anise Koltz, Claude de Burine, Marie-Claire Bancquart, Patti Smith, Laura Kasischke.
- Les excentriques : Claude Cahun, Irène Hamoir, dite Irine, Meret Oppenheim.
- Les insoumises : Louise Ackermann, Valentine de Saint-Point, Mina Loy, Maya Angelou, Audre Lorde, Annie le Brun, Nikki Giovanni, Catherine Voyer-Léger.
- Les alchimistes du verbe : Marie Krysinska, Lise Deharme, Marie-Jeanne Durry, Louise de Vilmorin, Edith Boissonnas, Gisèle Prassinos, Andrée Chedid.
- Les consumées : Else Lasker-Schüler, Renée Vivien, Marina Tsvetaeva, Sylvia Plath, Alejandra Pizarnik.

Ce recueil m'avait fait de l'oeil à sa sortie, véritable objet-livre rose pâle et doré, composé d'une biographie subjective par Diglee pour chacune, et d'un dessin en noir et blanc.
Les poèmes anglophones inédits ont été traduits par Clémentine Beauvais.

J'en connaissais certaines (Emily Dickinson, Alejandra Pizarnik, Anna de Noailles, Anaïs Nin, Patti Smith et Andrée Chedid), et ai découvert avec plaisir et curiosité toutes les autres.
On sent tout le travail de recherche de l'auteure, et sa passion pour la poésie se ressent dans son écriture des biographies.

Petit bémol pour la police de caractères utilisée qui ne permet pas de déchiffrer immédiatement certains mots, même si elle donne de belles lettres sur le rendu.

Des poétesses de différentes origines et avec des styles poétiques distinctifs.
De la poésie amoureuse,
engagée,
féministe,
mélancolique,
raison de vivre,
automatique,
sous emprise de substances,
De la poésie + Des femmes passionnées = Un livre brûlant et flamboyant de beauté.
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Citations et extraits (115) Voir plus Ajouter une citation
Soit, je suis votre fée
  
  
  
  
Soit, je suis votre fée et votre Béatrice,
Votre Ariel dansant pareil au pur-esprit,
La muse blanche auprès de l’anxieux proscrit
Lui posant son baiser au front pour qu’il guérisse.

Soit, je suis Cléopâtre aux yeux d’impératrice,
Celle pour qui l’on meurt et pour qui l’on écrit,
Et je suis la bacchante échappée et qui rit
Ou l’amante sans voix damnée et tentatrice.

Soit, mon ami d’amour, je suis, entre tes bras,
Convoitée, adorée, et haïe et chérie,
Le motif de ton rêve et ton idolâtrie,

Tout ce que l’on possède et tout ce qu’on n’a pas ;
— Mais ces choses, vois-tu, c’est bien moins qu’une femme
Avec son cœur. avec sa chair, avec son âme.


// Jane Catulle-Mendès ///France (16/03/1867-09/06/1955)
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ADIEU

N'oublie pas, mon trésor, qu'on s'est aimées un jour.
Libérée aujourd'hui, cependant, souviens toi
Qu'il était nu, poisseux, humide, notre amour,
Et que toute ta peau frémissait sous mes doigts.

Le monde avance, et toi avec, tu te convaincs
Que rien de tout cela n'a existé vraiment.
Crois moi : ton coeur se moquera de ton chagrin.
C'est un étrange traître, aux costumes changeants.

Remords, remémorer - ces syllabes sont soeurs,
Si elles sonnent pareil, qu'il en soit donc ainsi !
Va, passe de mon coeur à un tout autre coeur,
Mais remémore-toi notre amour à demi.


(Vita Sackville-West)
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Le retour.

Je revins dans ma famille,
Non sans avoir voyagé,
Un soir de mélancolie.
les lieux avaient bien changé.

Se peut-il que la terrasse
Ne soit plus au même endroit ?
La cheminée est plus basse
Le corridor n'est plus droit.
Une véranda touffue
que je ne connaissais pas
Donne dans la chambre nue
Au mystérieux coffre plat.
Ici chacun continue
Son monologue sans moi,
Dans cette étrange atmosphère
Où je ne reconnais rien.
Tout à coup s'ouvre une porte
sur le souffle de la nuit,
l'air des feuillages m'apporte
la solitude et son bruit.

Édith BOISSONNAS ( 1904-1989)

page 281.
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FLORILÈGE - extrait -
  
  
  
  
[…]

Pardon ! Pardon Si j’en oublie…
J’en vois encor sur le chemin,
Et des livres de poésie
Resplendissent entre leurs mains.

Ah! Je voudrais les garder toutes
Dans ce jardin que je construits,
Car si parfois je les écoute,
Je les entends mieux aujourd’hui.

[…]

Je veux que la plus effacée,
La plus oubliée aujourd’hui,
Sente, un instant, que ma pensée
À côté d’elle me conduit,

Et sache, la pauvre petite,
Qu’en terminant j’écris tout bas,
– Comme une fleur qu’on ressuscite –
Son nom, que je ne connais pas !


// Rosemonde Gérard
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Mélodie

Tes yeux se posent dans mes yeux
Jamais ma vie n'a eu de si forte attache
Jamais n'a-t-elle été autant ancrée en toi
Éperdument ancrée.

À l'ombre de tes rêves, la nuit venue,
Mon coeur d'anémone s'abreuve de vent,
Et je traverse, florissante, les jardins
De ta paisible solitude.

Else Lasker-Schuler ( extrait de " Secrètement, à la nuit")
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Videos de Diglee (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Diglee
Le fil rouge de ce nouvel épisode ? L'amour.
Sept conseils de lectures, proposés par sept libraires de Dialogues, des livres pour tous les âges, pour tous les goûts, pour toutes les sensibilités, et qui, chacun, nous parle d'amour à sa façon.
Voici les livres cités dans cet épisode :
Normal People, de Sally Rooney (éd. de l'Olivier) : https://www.librairiedialogues.fr/livre/18431293-normal-people-sally-rooney-editions-de-l-olivier ;
Ada et Graff, de Dany Héricourt (éd. Liana Levi) : https://www.librairiedialogues.fr/livre/23009211-ada-et-graff-dany-hericourt-liana-levi ;
J'ai péché, péché dans le plaisir, d'Abnousse Shalmani (éd. Grasset) : https://www.librairiedialogues.fr/livre/23136090-j-ai-peche-peche-dans-le-plaisir-abnousse-shalmani-grasset ;
Forough Farrokhzad, oeuvre poétique complète (éd. Lettres persanes) : https://www.librairiedialogues.fr/livre/13210169-forough-farrokhzad-oeuvre-poetique-complete-forug-farroh-zad-persanes ;
Je serai le feu, de Diglee (éd. La ville brûle) : https://www.librairiedialogues.fr/livre/19776423-je-serai-le-feu-diglee-la-ville-brule ;
Les Choses de l'amour, de Dorothée de Monfreid (éd. Misma) : https://www.librairiedialogues.fr/livre/16724027-les-choses-de-l-amour-dorothee-de-monfreid-misma ;
Le Chevalier aux épines, tomes 1, 2 et 3, de Jean-Philippe Jaworski (éd. Les Moutons électriques) : https://www.librairiedialogues.fr/recherche/?q=le+chevalier+aux+%C3%A9pines ;
Sans crier gare, de Gary D. Schmidt (éd. École des Loisirs) : https://www.librairiedialogues.fr/livre/23027151-sans-crier-gare-gary-d-schmidt-ecole-des-loisirs ;
Plein ciel, de Siècle Vaëlban (éd. Castelmore) : https://www.librairiedialogues.fr/livre/23128671-plein-ciel-edition-reliee--siecle-vaelban-bragelonne.
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