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EAN : 9782847422863
253 pages
Éditeur : Le Passage (10/10/2013)
3.36/5   32 notes
Résumé :
Au début de la seconde moitié du XVIIIe siècle, la bataille de l'Encyclopédie fait rage : cette magnifique entreprise placée sous le signe des Lumières et de la liberté de penser voit se dresser contre elle la censure du pouvoir et la colère des dévots. C'est dans ce contexte tourmenté que Félicité, une jeune paysanne née sur le plateau de Langres, est envoyée à Paris pour devenir la copiste de Denis Diderot. Elle a appris à lire et à écrire, fait exceptionnel à l'é... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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fanfanouche24
  19 septembre 2014
Une impression très étrange…. de retrouver comme une amie, ou du moins une « vieille connaissance ». le premier livre lu à sa parution, et relu tout dernièrement de Danielle Digne fut l'excellente biographie romancée de « Rosa Bonheur ou l'insolence »…parue en 1980 !!
Et je retrouve quelques années plus tard…Danielle Digne, avec ce second ouvrage , que j'achève avec grand plaisir, étant passionnée par la personnalité et les travaux de Diderot.
Un "Diderot" vu et appréhendé par un "regard candide et féminin"...
Ce qui paraît léger, ou naïf, c'est le ton, et le procédé narratif choisis fort astucieusement par Danielle Digne. Nous allons revisiter le parcours de Diderot, et plus exclusivement tout ce qui touche à la création de l'Encyclopédie, à travers le regard candide, mais non dénué de malice, d'observation d'une jeune paysanne , orpheline, Félicité, qui a la chance de savoir lire, et qui par diverses recommandations , va se retrouver embauchée comme « copiste » au service de Denis Diderot, et de son « Encyclopédie ».

Nous allons vivre au quotidien son travail de copiste, sa vénération pour le « maître »…son esprit taquin qui se fait plus critique, au fil des années, les rencontres avec les grands personnages qui gravitent autour du philosophe : le baron d'Holbach, Condillac, Leroy, Madame d'Epinay, le baron de Grimm (un des nombreux collaborateurs de l'Encyclopédie), Helvétius, Charles-Georges Leroy, le Directeur de la Librairie française, Malesherbes, le censeur-imprimeur, Le Breton, et l'italien facétieux et brillant économiste, Ferdinando Galiani.
Ce dernier nom m'a subitement rappelé des souvenirs incroyables ; une période de recherches intensives faites pour cataloguer chez mon « patron-expert », un lot de livres anciens du 18e, concernant les physiocrates, dont Galiani faisait partie. Moi… profondément ignorante en économie, me suis surprise à me passionner pour ces physiocrates. de Galiani, j'ai le souvenir d'un « traité sur le commerce du blé »….Le moment rare aussi de collationner (compter et vérifier que l'ouvrage est bien complet du texte et des illustrations) les planches gravées de l'Encyclopédie, en 17 volumes. J'ai eu le bonheur de voir ces 17 impressionnants volumes in-folio, une « fois dans ma vie »… Et surprise, je l'ai réaperçue avec émotion, en écoutant le petit interview avec Danielle Digne (que je vous ai joint avec le lien, noté à la fin de cette « critique »)
S'ajoute à tous les détails, mésaventures liés à « L'Encyclopédie », tout ce qui concerne les mentalités de l'époque, quant à l'éducation des filles, confinée, réduite à cause de la religion . Nous accompagnons de nos encouragements intérieurs la soif d'apprendre, d'écrire de cette jeune copiste, nous indignons des idées très réductrices quant à l'instruction des filles,des bagarres de Diderot avec sa femme bigote, pour qu'elle n'envoie pas leur fille unique au couvent. Et l'affaire semble avoir été plus que tumultueuse et de longue haleine. Nous connaissions l'amour fou de Diderot pour sa fille, qu'il voulait instruite, autonome, avec un « esprit bien fait »…
Un roman faussement léger… qui aborde une multitude de thématiques et de questionnements de ce 18e, bouillonnant entre Ancien régime, « Encyclopédistes, et hommes des Lumières », remises en cause sociétales , philosophiques et religieuses… et l'approche imminente de la Révolution…
J'ai aimé ce texte… mais je suis restée sur ma faim. Cette « Petite copiste de Diderot » a, cependant, les immense qualité et mérite de mettre en
« appétit » ,de donner envie de lire, d'en apprendre beaucoup plus sur Diderot, sur « L'Encyclopédie » et sur tous les talents et « cerveaux » de l'époque dont Denis Diderot est le représentant flamboyant….
J'achève cette note par un passage qui exprime un peu de l'essentiel du travail acharné de Diderot, à qui l'on doit tant…encore aujourd'hui, de multiples façons !
« Surmontant sa rage, mon maître accepta ces sages recommandations. Il se calma en pensant qu'il avait rempli son contrat auprès des souscripteurs et des imprimeurs. Son oeuvre était là, imparfaite certes, mais signée de son nom. Il espérait qu'elle engendrerait à son tour des pensées nouvelles. La postérité se souviendrait alors de ses combats. Il lui était important de laisser sa trace dans l'histoire.
-Il faut rester vigilant, conclut-il. Si on laisse survivre la médiocrité humaine, un jour il n'y aura plus de pensée...
Quand Diderot demanda des comptes à Le Breton, celui-ci se justifia ainsi:
-Pardonnez-moi, mon ami, mais il y a des choses que l'on ne peut pas laisser passer sans semer la révolution . » ( p.220)
Après cette lecture distrayante et fort documentée, à la fois, j'ai grande envie de débuter la biographie romancée en 2 tomes de Sophie Chauveau, « Denis Diderot, le génie débraillé »…
Je lance un appel aux passionnés du sujet, pour des conseils, et recommandations d'ouvrages, pouvant combler mon envie d'aller plus avant dans la vision de l'Encyclopédie et de son « créateur ». MERCI par avance.
***Une seule vraie frustration : j'aurais bien aimé que Danielle Digne, ajoute, in-fine, à son roman historique, un index des personnes, et une bibliographie (même sommaire)… Car à la suite de ce texte fort distrayant et instructif, il ne peut pas nous manquer l'envie de poursuivre plus avant des recherches
P.S : Voir le lien suivant, pour compléter cette chronique :
http://www.web-tv-culture.com/la-petite-copiste-de-diderot-de-danielle-digne-617.html
+ Lire la suite
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MicheleP
  12 octobre 2014
un charmant petit livre historique, dans la veine de ceux de Tracy Chevallier. l''héroïne est une petite paysanne de Langres, engagée par Diderot comme copiste, alors qu'il se bat pour la publication des derniers volumes de l'Encyclopédie (interdite par le pouvoir). Reflet des combats pour les Lumières, avec quelques portraits rapides d'intellectuel(le)s de l'époque. C'est simple, léger, facile et instructif. Jolie lecture.
Merci à Fanfanouche de m'avoir donné envie de lire cet ouvrage.
Commenter  J’apprécie          330
cmpf
  21 janvier 2016

La question qui se pose toujours à la lecture d'un roman historique est : quelle est la part véridique et celle qui relève de la liberté de l'écrivain. Ici, il n'y a pas de note finale permettant de faire la part des choses, dommage. Je suppose qu'à part l'existence de la narratrice, l'essentiel est vrai.
Sinon, c'est un roman sympathique, vite lu, raconté par une femme qui relate brièvement ses années de jeunesse dans son village sur le plateau de Langres dans une famille de paysans tout à fait lettrée, puis plus longuement auprès de Diderot.
J'avais choisi ce roman évidemment par intérêt pour le rédacteur du Dictionnaire raisonné des Sciences et des Arts, dont j'avais surtout aimé le roman le neveu de Rameau. J'ai apprécié de voir aussi peu soit-il, le baron d'Holbach, Julie D'Épinay, Melchior Grimm, l'abbé Galiani, économiste napolitain, dont j'ai découvert l'existence, certains personnages égratignés, Rousseau, D Alembert
Je ne peux pas me dire déçue, mais je ne peux pas me dire non plus enthousiasmée. Un roman agréable mais pour moi pas une révélation.
+ Lire la suite
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saphoo
  29 mai 2021
Un petit livre intéressant, grâce à sa couverture, il est arrivé chez moi, sinon je ne pense pas que je l'aurai acheté.
J'aime assez les livres historiques qui nous permettent de découvrir des personnages illustres et une époque.
On n'y apprend certes sur Diderot mais pas assez à mon goût, un pas assez non plus sur l'époque. Cependant, c'est une lecture très agréable, la petite Marie est bien sympathique et j'ai passé un excellent moment à ses côtés. Ce roman aurait mérité d'être approfondi et développé.
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Strega
  14 novembre 2013
Cela faisait longtemps que je n'avais plus lu de roman historique et je suis assez contente d'être tombée sur celui-ci pour mes retrouvailles avec ce genre.
Marie n'a pas seize ans quand elle part pour Paris où elle deviendra la copiste de Denis Diderot. D'extraction paysanne, elle a appris à lire grâce à sa mère qui a été élevée dans un couvent. Ayant malheureusement perdu ses parents, elle a été recueillie par un cousin de sa mère, curé de campagne qui, soucieux de son avenir, usera de ses relations pour lui trouver une situation plus conforme à ses talents et capacités.
Marie, devenue Félicité pour plaire à Diderot qui n'aime pas les prénoms religieux (c'est ironique venant d'un homme dont la fille se nomme Marie-Angélique) est un personnage intéressant. On la voit évoluer au contact du philosophe et c'est un plaisir de suivre les réflexions qui ponctuent le roman. Félicité est un personnage sympathique. Il est plaisant de la voir grandir et devenir femme, même si, sans être anachronique, elle manque un peu de réalisme d'un point de vue historique. Ceci dit, je ne suis pas non plus une spécialiste, je le reconnais volontiers.
Les chapitres sont courts, souvent tissés d'anecdotes et de réflexions qui restent malheureusement assez succinctes, mais piquent la curiosité du lecteur et le pousseront peut-être à aller chercher plus loin. J'ai vraiment apprécié les références littéraires ainsi que la réflexion sur la femme et sa place dans la société. La religion alimente aussi, bien évidemment, les débats de nos personnages.
De manière légère, superficielle mais néanmoins cohérente, on apprend à connaître Diderot à travers ses écrits, qu'il s'agisse de ses essais, ses articles, ses fictions, ses écrits sur l'art et surtout sa correspondance. L'auteur les évoque, les cite parfois, s'en sert pour alimenter les discussions de Félicité avec son maître. Cependant, c'est au travers de l'oeuvre de sa vie, son combat pour la rédaction et la publication de l'Encyclopédie que l'on apprend le mieux à connaître l‘homme. Tout cela nous est relaté avec la distance nécessaire, sans un foisonnement de détails, mais c'est une manière assez ludique d'approcher l'oeuvre de Diderot ainsi que sa vie.
J'ai trouvé original de consacrer un roman à cet auteur, même au travers du regard d'un autre personnage. Tout en étant très connu de nom, Diderot n'est pas non plus le plus populaire ni le mieux connu des philosophes des Lumières. Dans le cadre de la fiction romanesque, c'est certainement Voltaire qui a inspiré le plus d'auteurs et il y avait de quoi. Cependant, Diderot se révèle un « personnage » plein de potentiel, que j'ai également trouvé assez émouvant dans son combat.
La petite copiste de Diderot est avant tout un roman d'apprentissage. Il relate la vie d'une jeune fille qui cherche à élever son esprit, mais reste simple, faisant plus dans le réalisme que le romanesque. Pas d'aventures rocambolesques ou de fortes émotions ici, mais une certaine sensibilité, alliée à une écriture douce. C'est très agréable à lire.
Lien : http://livropathe.blogspot.f..
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   14 septembre 2014
En lisant l'article, je compris que son "Eclectique" était en quelque sorte son autoportrait
[ Diderot]. Je m'appliquai à le résumer afin d'essayer de l'impressionner par la finesse de mon analyse.
(...)
-L'éclectique regarde avec attention tout ce qui l'entoure, s'intéresse à la politique, aux sciences de la nature, à l'économie, à l'art. Il n'est pas sectaire. Il ne se reconnaît pas de maître. Aucune discipline ne lui est étrangère. Il les accueille toutes avec bienveillance, les discute en fonction de son expérience et de sa raison. Il ne garde pas son savoir pour lui comme Harpagon sa cassette d'or. (p.101)
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fanfanouche24fanfanouche24   19 septembre 2014
Surmontant sa rage, mon maître accepta ces sages recommandations. Il se calma en pensant qu'il avait rempli son contrat auprès des souscripteurs et des imprimeurs. Son oeuvre était là, imparfaite certes, mais signée de son nom. Il espérait qu'elle engendrerait à son tour des pensées nouvelles. La postérité se souviendrait alors de ses combats. Il lui était important de laisser sa trace dans l'histoire.
-Il faut rester vigilant, conclut-il. Si on laisse survivre la médiocrité humaine, un jour il n'y aura plus de pensée...
Quand Diderot demanda des comptes à Le Breton, celui-ci se justifia ainsi:
-Pardonnez-moi, mon ami, mais il y a des choses que l'on ne peut pas laisser passer sans semer la révolution . ( p.220)

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fanfanouche24fanfanouche24   15 septembre 2014
Cher Paulin, fit elle en changeant de ton, je me suis consacrée à son éducation en pensant qu'une fille sachant lire et écrire était moins facile à opprimer qu'une autre; (p.8)
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fanfanouche24fanfanouche24   15 septembre 2014
[A propos de l'Encyclopédie....]

-Personne n'a jamais exécuté un ouvrage de cette importance. Moi, j'ai écrit dans l'Avertissement qu'il devait servir de guide à ceux qui se sentaient le courage de travailler à l'instruction des autres et à éclairer ceux qui ne s'instruisaient que par eux-mêmes. Quand le premier tome est paru, en juillet 1751, on aurait dit qu'on avait jeté une boule de feu dans un champ de paille ! Notre manifeste se donnait pour ambition de changer la façon commune de penser en libérant les hommes des ténèbres de l'ignorance et du fanatisme. D'après nous, seule la Raison doit éclairer les esprits. L'homme est né pour penser par lui-même. mais cette idée ne plaît pas à tout le monde. Il faudra du temps pour l'imposer. (p.17)
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fanfanouche24fanfanouche24   19 septembre 2014
[Diderot]
-Ce sont des grands mots pour des choses simples. Je crois qu'il y a une certaine correspondance entre ce que nous sommes et notre écriture. (p.39)
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