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Matthew Roberts (Illustrateur)Owen Gieni (Illustrateur)
EAN : 9781534305137
128 pages
Éditeur : Image Comics (09/10/2018)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Meriwether Lewis has slayed monsters in the pursuit of taming the wilds of America. Now, if he ever hopes to reach the Pacific coast, he must learn an important lesson: Don’t listen to the voices in your head.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Presence
  09 décembre 2018
Ce tome fait suite à Manifest Destiny Volume 5: Mnemophobia & Chronophobia (épisodes 25 à 30) qu'il faut avoir lu avant. Il faut avoir commencé par le premier tome pour pouvoir apprécier le récit. Il comprend les épisodes 31 à 36, initialement parus en 2017/2018, écrits par Chris Dingess, dessinés par Matthew Roberts, encrés par Tony Akins et mis en couleurs par Owen Gieni.
Le mercredi 5 décembre 1804. Il s'est écoulé seize jours depuis la fin de l'épisode du brouillard. Les hommes du fort ont commencé à creuser des tombes dès le lendemain, avec deux de plus en prévision des semaines où la terre sera trop gelée pour creuser. La reconstruction du fort s'est achevée le 30 novembre. le capitaine Meriwether Lewis a choisi d'établir une simple tente à l'extérieur pour pouvoir observer l'arche en continu, jour & nuit. Il dispose de deux soldats qui montent la garde, et qui changent tous les jours. La courbure de l'arche n'apparaît que sous la pluie, ou sous la neige. Dorénavant, c'est le second lieutenant William Clark qui s'occupe de tenir le journal de l'expédition. Il supervise également les réparations dans l'enceinte du fort. le sergent Pryor s'est pris au jeu de prêcher la bonne parole, de lire les écritures aux soldats et de les commenter. Cela a pour effet de les réconforter et de diminuer leur niveau de peur. À l'extérieur, Lewis s'interroge sur la nature de l'arche (Un portail ? Une borne ? Un signal ?). Mais il n'est pas vraiment seul car le spectre du lieutenant Arturo Maldonao continue de lui apparaître et de lui donner des conseils à un rythme soutenu. Il lui parle de tactique pour survivre.
Dans le camp, Sacagawea accepte d'allaiter son petit, à la demande de Magdalene Boniface, mais elle ne lui a toujours pas donné de nom. En dehors des périodes d'allaitement, elle refuse de s'en occuper. Boniface s'en ouvre à Clark qui ne peut que constater que ce nourrisson a l'air tout ce qu'il y a de plus normal. Ce jour-là, 2 soldats ramènent Toussaint Charbonneau, nu comme un ver. La cuisinière du camp lui fait respirer les plantes permettant de se soustraire à l'action du brouillard. Il donne un nom au nourrisson : Jean Baptiste. Afin de passer le temps, le forgeron du camp a fabriqué une jambe de bois pour Hardy. Ce dernier l'essaye et se rend compte qu'il a retrouvé sa mobilité et qu'il peut à nouveau se rendre utile. Lorsqu'elle s'en aperçoit, Irène Lebrun (rescapée du village de la Charrette) sait qu'elle ne pourra jamais faire confiance à Hardy du fait de ses actions pendant l'épisode de brouillard. Il lui faut trouver une solution pour le mettre hors d'état de nuire.
Le lecteur ouvre ce tome avec une pointe d'appréhension. En effet, Matthew Roberts n'avait pas encré ses dessins dans le tome précédent, et la différence s'était fait sentir, encore accrue par des décors mangés par un brouillard omniprésent. du coup la narration avait beaucoup perdu en intensité visuelle et en potentiel d'immersion. le lecteur constate que le nom de Tony Akins figure sur la couverture, et la page de crédits confirme que Roberts n'a encré que 4 pages (90, 104, 106, 118). Néanmoins l'épisode de brouillard est passé, et il n'y en a pas de nouveau dans ces 6 épisodes. Il note dès les premières pages que les traits de contour ont retrouvé de la précision et un peu de souplesse, en tout cas significativement plus que dans le tome précédent. de même, il subsiste des pages dont toutes les cases sont dépourvues d'arrière-plan, mais pas de manière aussi manifeste que dans le tome précédent. Sans être revenu au niveau des 4 premiers tomes, la narration visuelle a regagné une capacité d'immersion satisfaisante. Owen Gieni aussi semble plus en forme, avec une utilisation des nuances de couleurs suffisante pour habiller les fonds de case de manière convaincante. le lecteur veut bien accepter que le relatif rationnement des richesses visuelles reflète la diminution des ressources directement causée par la période hivernale du récit.
Le lecteur apprécie donc de retrouver des personnages mieux définis sur le plan visuel : le visage sérieux du capitaine Meriwether Lewis, le visage plus viril du second lieutenant Clark, l'air courroucé de Magdalene Boniface, l'expression parfois lunatique de Charbonneau, la mine enjouée de Maldonado. Ce regain de justesse dans les dessins apparaît vite indispensable car l'évolution de plusieurs situations tendues se joue entièrement sur des regards ou des postures corporelles. Il en va ainsi quand Irène croise Hardy avec son pilon, quand Sacagawea regarde son enfant, quand Maldonado jauge son interlocuteur, ou quand Jensen (ancien prisonnier) surveille York (esclave de Clark). Ainsi le lecteur éprouve la sensation d'évoluer dans un drame psychologique, avec des jeux d'acteur de qualité.
Le récit ne se compose pas que de scènes de discussion où des acteurs compétents se lancent dans des dialogues bien ciselés. Il y a effectivement des personnages en train d'échanger, mais occupés à différentes tâches. le dessinateur peut donc introduire de la variété visuelle et des informations supplémentaires. Ça commence par les différentes tenues vestimentaires : la chemise et le gilet de Clark, la toque de fourrure, l'écharpe et le chaud manteau de Lewis, l'habit espagnol de Maldonado, le bonnet particulier de Charbonneau, l'habit d'indien de Sacagawea, etc. Les personnages évoluent dans différents lieux : dans les espaces du fort (cour, entre les bâtiments), à l'intérieur des constructions du fort, à l'extérieur de l'enceinte du fort dans la forêt avec ses arbres ayant perdu toutes leurs feuilles. Roberts sait placer le nombre d'éléments nécessaires pour le lecteur sache précisément où se déroule chaque scène, même s'il n'est pas revenu au niveau de détails des premiers tomes. de temps à autre, il surprend le lecteur avec une vision originale, comme l'esquisse de l'arche par la neige accumulée dessus par endroit, ou les troncs d'arbre dénudés en vue du ciel.
Comme dans les tomes précédents, Matthew Roberts gère également les plans de prises de vue des séquences d'action, avec un bon flair pour les cadrages adaptés. Ça commence dès la première page avec une case qui s'attarde sur les 2 tombes préparées à l'avance, une vision sobre et parlante. Par la suite, le lecteur sent un frisson le parcourir en voyant arriver Charbonneau nu comme un ver, marchant dans la neige. L'exaspération de Magdalene le heurte de plein fouet, pour ce qui est de l'absence d'amour maternel de Sacagawea. Il retient sa respiration en regardant Hardy tester sa jambe de bois, en voyant son équilibre instable pour ses premiers pas. le meurtre de nuit dans la neige est d'une violence inouïe. Lors de la rébellion, la tension est à couper au couteau quand le groupe de Lewis & Clark se retrouve mis en joue par les autres. le lecteur s'attend à chaque case que la tension entre Jensen et York escalade et dégénère en affrontement physique. Il se sent apaisé par la sérénité et la confiance en soi de Lewis alors qu'il est à quelques jours de mourir de faim et de froid.
La narration visuelle a effectivement regagné un bon niveau et le lecteur retrouve son plaisir de lecture, avec la curiosité de découvrir quels revers l'expédition va encore subir. Pourtant l'hiver n'est pas passé, et l'expédition est bloquée, ne pouvant pas progresser. Il se doute bien que le mystère des arches ne sera pas dévoilé alors qu'il reste énormément de chemin à parcourir. de fait, le scénariste se concentre sur 3 fils directeurs. le premier concerne bien sûr l'insurrection des hommes de l'expédition, contre Lewis & Clark. Cet enjeu était présent dès le début du récit, et les 2 chefs ont déjà dû calmer les envies de leurs hommes à plusieurs reprises, par des méthodes soit viriles, soit dictatoriales. Cette fois-ci, l'avènement d'un meneur prend une forme originale, émanant à la fois de la situation présente, à la fois d'une caractéristique socio-culturelle de l'époque. le scénariste se montre très habile à la fois dans l'évolution progressive de la situation, à la fois dans la résolution du conflit, logique et implacable car Lewis & Clark ne sont pas des enfants de choeur, comme il a déjà été montré précédemment. le deuxième fil narratif concerne le fils de Sacagawea. Il s'agit d'une intrigue secondaire qui progresse lentement. Elle a déjà été évoquée dans les tomes précédents, et le lecteur comprend bien qu'il s'agit d'un élément essentiel de la résolution qu'il convient de développer de manière organique.
Ledit développement apparaît naturel car les auteurs savent donner vie à leurs personnages, les faire exister de manière à ce que le lecteur puisse y croire. Cette caractéristique est tout aussi vitale pour le troisième fil directeur qui concerne les monstres, ou plutôt leur existence et leur présence proche. L'hiver immobilise les membres de l'expédition, et il semble bien avoir aussi imposé une pause dans l'apparition des monstres, puisque l'arche à proximité du camp a déjà révélé le danger qu'elle génère dans le tome précédent. Il reste pourtant bien une présence surnaturelle à la dangerosité bien plus insidieuse que les blessures infligées par les monstres lors des combats. le lecteur la voit opérer sous ses yeux, avec une bonne idée de la manière dont elle fonctionne puisqu'elle a déjà fait l'objet d'une histoire dans un tome précédent. Mais il ne se rend compte qu'assez en avant dans le récit que l'ampleur du danger est proportionnelle à l'effet cumulatif de cette menace surnaturelle, et à la zizanie qu'elle instille progressivement. le lecteur retrouve là toute la finesse des auteurs et leur capacité à l'impliquer viscéralement dans les épreuves des personnages.
Ce sixième tome redonne espoir au lecteur, après un tome précédent en demi-teinte. La qualité visuelle reprend du poil de la bête, et l'intrigue retrouve des nuances, des saveurs et un impact grâce à des personnages très attachants. L'arrêt de la progression de l'expédition imposé par l'hiver n'induit pas une diminution des dangers, et ceux-ci prennent une nouvelle forme aussi insidieuse qu'impitoyable.
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