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ISBN : 2081213532
Éditeur : Flammarion (15/08/2008)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 53 notes)
Résumé :
Betty passe son temps à observer l’immeuble d’en face.
Son attention se focalise sur une vieille dame ; à son air joyeux, elle la baptise Félicité et se prend d’affection pour elle.
Lorsque Félicité est envoyée contre son gré dans une maison de retraite, Betty remue ciel et terre pour la retrouver.
Une véritable amitié va les lier.
Une nouvelle va plonger Félicité dans le mutisme. Impuissante, Betty prend du recul et part quelques jours. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
aouatef79
  20 mai 2019
"Inassouvies ,nos vies" , est un roman de l 'écrivaine sénégalaise ,Fatou Diome .Son oeuvre explore notamment les thèmes de l 'immigration en France , la relation entre cette dernière et ses ex-colonies africaines dont le Sénégal .Fatou Diome , fille naturelle , elle est rejetée par toute la société y compris par les membres de sa famille .Elle est élevée par sa grand-mère et son grand-père .Elle va à l 'école et poursuit ses études jus qu 'au baccalauréat .A vingt-deux ans , elle tombe amoureuse d 'un Français ,se marie et décide de le suivre en France . Rejetée par la famille de son mari , elle divorce deux ans deux ans plus tard .En grande difficulté et abandonnée à sa condition d 'immigrée en France ,pour pouvoir subsister et financer ses études , elle doit faire des ménages pendant six ans .En 1994 , elle s 'installe à Strasbourg . Elle y poursuit ses études et obtient un diplôme d 'études supérieures .Elle s 'y consacre à l 'enseignement . C 'est une pédagogue .( j ' ai estimé cet éclairage sur la vie de l 'auteure , nécessaire) .
"Inassouvies ,nos vies", est un roman sur l 'amitié et la solidarité envers les gens du troisième âge .Betty , la trentaine , solitaire , passe son temps à observer les habitants de l 'immeuble d 'en face .Son attention se focalise sur une vieille dame . A cause de son air joyeux et
son entrain ,Betty la baptise Félicité .Cette dernière est une vieille très digne .Elle est placée, contre son gré par des enfants indignes ,dans une maison de retraite .Ayant
appris la nouvelle , Betty vient lui rendre chaque semaine .La vie de Betty est d 'une grande simplicité .Une grande
amitié s 'est établie entre elles .Le jour où Félicité meurt ,
son monde s 'écroule . Elle essaie bien de se raccrocher à
l 'amitié d 'un homme de rencontre , mais celui-ci meurt à
son tour . Alors Betty décide de larguer les amarres et de
partir sans laisser d 'adresse et sans espoir de retour .
Ce récit nous laisse apprécier la générosité de Betty et son amitié sincère pour Félicité .Le livre est triste et
mélancolique .










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Commenter  J’apprécie          114
nilebeh
  23 janvier 2019
Voilà un curieux roman qui met en scène une narratrice prénommée Betty et les habitants de l'immeuble en face du sien, gens qu'elle observe et finit, parfois, par rencontrer.
Ainsi en sera-t-il de la revêche vieille dame qu'elle surnomme Félicité avec humour, car cette voisine découragerait toutes tentatives d'approche. mais pas Betty, qui lui offre du kouglof (nous sommes en Alsace) et se fait rabrouer. Quand l'âge aidant, Félicité est littéralement « placée » par ses neveux et nièces en maison de retraite, Betty va fidèlement la voir tous les jours. Là, elle élargit son cercle de connaissances et écoute les vieillards raconter « leur » guerre », dans l'intention d'en faire un livre.
Avec l'aide de la boulangère, elle apprend mille petites choses sur les gens d'en face. On pourrait s'indigner de l'indiscrétion de la brave commerçante. Mais apparaissent ainsi des sortes de « types », comme on dit en cartophilie : la prof de lettres intello-bio-écolo qui ne trouve pas l'amour, refuse d'avoir des enfants, mange végétarien et achète ses draps aux « Artisans du Monde », l'avocat qui travaille presque toute la nuit et délaisse sa femme jusqu'à la faire fuir, le couple attendrissant de petits vieillards qui ne se lâchent pas la main et attendent la mort « comme des siamois », etc.
Devenue sorte de petit Diable boiteux façon Lesage, Betty observe, s'informe, prend des notes et raconte à sa vieille amie. Jusqu'au moment où une nouvelle tragique va grandement déstabiliser cette dernière.
Ainsi raconté, il semblerait qu'il y ait un récit, des personnages, des événements. En fait, très peu. L'essentiel du roman consiste en des constatations désabusées sur les êtres humains et la vie, en aphorismes multiples, parfois bien trouvés parfois très clichés, avec ce leitmotiv à la fin agaçant : inassouvi ceci ou cela. Comme si pour l'auteure la vie était avant tout un grand manque.
Puis elle adopte ce parti pris stylistique de topicalisation des adjectifs rejetés en tête de phrases : agaçantes sont ces manies de considérer que le style doit être avant tout une forme répétitive !
Le livre change de direction quasiment à la fin, lorsqu'on en apprend un peu plus sur le passé de Betty, ses origines, ses blessures. Et arrive une déferlante d'idées déjà bien acquises (mais pas fausses) sur l'Afrique, victime du post-colonialisme et de ses propres incapacités à s'en sortir.
In fine, un roman qui était resté un peu oublié depuis 2008 au fond de ma bibliothèque, ressorti à l'occasion d'un inventaire hivernal mais qui ne m'a guère passionnée...Seul le cas de la vieille dame dont on dispose à la fois de la personne et des biens m'a réellement touchée. Question de génération, peut-être...
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bina
  04 août 2013
"Betty avait pris sa décision, elle saurait quelles existences se cachaient derrière les fenêtres d'en face"
C'est le postulat de départ. Betty la Loupe va s'incruster dans la vie de l'immeuble en face du sien, en observant les fenêtres. le degré de luminosité, la durée de l'éclairage dans une pièce renseignent sur les fonctions de celle-ci. Les jeux d'ombre des personnes observées à la jumelle permettent d'étudier le comportement des hommes et des femmes et de s'immiscer peu à peu dans leur vie jusqu'à comprendre leur état d'âme. Inassouvi notre besoin de tout connaitre des autres. Son voyeurisme l'amène à se lier d'amitié avec une dame âgée, Félicité. le placement de celle-ci en maison de retraite est pour Betty l'occasion d'entrer vraiment en contact avec cette génération. L'occasion de connaitre le passé des pensionnaires et la perception de chacun des événements de l'Histoire dont ils ont été témoins (seconde guerre mondiale, déportation).
Ce roman de Fatou Diome est une plongée au coeur de l'humain. Son écriture est particulière et un peu déroutante. Chaque phrase est ciselée et imagée, à tel point que dans certains passages, chacune pourrait faire l'objet d'une citation par le message ou l'observation ainsi transmise.
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Marsup
  25 mars 2010
C'est le premier roman que je lis de cette auteure et il m' a vraiment donné envie de m'essayer à d'autres.
Un roman intimiste extrêmement touchant duquel on ressort la tête chamboulée de questions. Une véritable reflexion sur le monde empreinte de poésie.
Les personnages sont attachants et réalistes, ils peuvent éveiller en chacun un souvenir, une rencontre, un proche.
Auprès de Betty, on assiste à des scènes de vies qu'elle nous dépeint tout en finesse. J'avais l'impression de construire une immense fresque où chaque trait des personnages se dessinait au fil de la lecture.
Plus qu'un coup de coeur, une leçon de vie !
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MaminouG
  01 février 2018
C'est un bond de dix années en arrière que je viens de faire avec la lecture de "Inassouvies, nos vies" de Fatou Diome. Ce livre est paru à la rentrée 2008 et m'avait échappé. Je dois avouer que c'était bien dommage.
Ce roman nous plonge dans la vie de Betty, une jeune femme solitaire qui "venait de l'autre bout de la planète et, depuis son arrivée en France ne manquait jamais les infos : si un astéroïde géant s'abattait sur mon île natale, l'enfonçant dans l'Atlantique, c'est ainsi que je l'apprendrais, se disait-elle". Elle ne manquait jamais non plus d'observer ses voisins de l'immeuble d'en face. Elle essayait de deviner les vies qui se déroulaient derrière les fenêtres. C'est ainsi qu'elle se prit d'amitié pour une personne âgée qu'elle surnomma Félicité. Elle la chercha désespérément dans toutes les maisons de retraite avoisinantes quand elle s'aperçut qu'elle avait quitté son domicile. Elle la trouva, et lui rendit visite régulièrement.
Ce roman est d'une grande beauté. L'écriture y est magnifique, imagée, recherchée. Les réflexions y sont profondes. Betty parle, parle et parle encore avec cette langue digne d'une conteuse. Il est bien difficile de ne pas recopier chacune de ses phrases tant elles sont parfaitement choisies notamment lorsqu'il s'agit de lecture. Elle passe en revue les différents ouvrages qu'elle possède souhaitant trouver le mieux adapté à son amie "Félicité" et finit par se dire que "Offrir des livres ou donner des conseils de lecture est un exercice périlleux : quand on se trompe, on passe pour idiot ou prétentieux. Et il est facile de se tromper, car chacun se prosterne à l'hôtel de sa propre sensibilité." Plus drôle l'image d'une amoureuse friande des cadeaux que son mari lui ramène de ses voyages et son dépit lorsqu'il oublie "… la chérie s'effondrait et sanglotait : Tu n'as même pas pensé à moi ? Tu ne m'aimes plus. Il faut dire qu'il l'avait courtisée et séduite ainsi. Les chattes s'habituent au pâté qu'on leur donne. Est-ce leur faute ?"
Je me suis ainsi régalée tout au long du récit de ces formules expressives ou graves, mais aussi de cette richesse de vies dans laquelle la narratrice s'enfonce au point de s'y abîmer. A aucun moment je ne me suis lassée de cette virée au coeur de l'humain, de ces personnages tous pourvus d'une richesse visible ou cachée, de leur histoire, de ce qu'ils traînent dans leur sillage.
De cette auteure que je ne connaissais pas, j'ai retenu l'empathie pour ses personnages et je reste inassouvie de plus de pages encore.
"Inassouvies, nos vies", un très joli titre pour un roman rayonnant.
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Citations et extraits (68) Voir plus Ajouter une citation
aouatef79aouatef79   20 mai 2019
Combien d 'amitiés , déchirées ou perdues , en cours de route , inassouvies ?
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aouatef79aouatef79   20 mai 2019
Inassouvie ,la vie aspire , sans retenue , nos heures ,des heures de miel de sapin ou fleur de sel .
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Lea25Lea25   23 février 2014
Combien d'amitiés, déchirées ou perdues, en cours de route, inassouvies? Combien d'amours, larvées, enterrées sans requiem ni fleurs, inassouvies? Combien de rêves, malgré la volonté d'oubli, continuent d'alimenter nos soupirs, inassouvis? Combien de désirs, devenus dépits, parce que, inassouvis? Combien d'êtres chers, partis à l'aube de notre affection, nous laissent inassouvis? Et puis, parce que vivre c'est survivre à quelqu'un ou à quelque chose, à qui, à quoi renonçons-nous, humblement défaits ou dignement amputés, mais toujours inassouvis?
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MarsupMarsup   02 août 2010
Les gens n'ont pas idée de la violence qu'ils exercent sur les autres, en les transformant en déversoirs d'états d'âmes. Ils vous prennent pour une terre en jachère, vierge des soucis inhérents à la vie et, au premier sourire, ils mettent la charrue avant les boeufs, labourent votre mémoire jusqu'à la saigner et déterrent, sans s'en rendre compte, tout ce que vous vous évertuiez à oublier. Le choc est alors terrible. Tout se passe comme au jeu de quilles, une confidence c'est parfois une dégringolade dans la tête ; en vous balançant les grumeaux de leur vie, boulet par boulet, ils finissent par ébranler les béquilles qui vous soutiennent le moral. Certains sont parfois plus solides que vous, mais parce que vous gérez vos peines en silence, afin de ne pas déranger autrui, ils vous attribuent une sérénité bouddhique et vous demandent de partager le poids de leur choix.
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1000N1000N   27 octobre 2014
Elle, elle voulait vivre. Mais la vie lui faisait peur. Au beau milieu de ce mot, il y a le I de l'Inassouvi. Vie, trois lettres, pour les trois parts de notre existence : entre le V de vivre et le E de Exister, se dresse, impériale, la colonne, ce I, de l'Inassouvi. Cette césure, dans le mot vie, fend le coeur de l'homme et le fait vaciller, en permanence, entre le vide et le plein, entre le fuyant et le saisissable, entre le doute et l'espoir.
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Videos de Fatou Diome (23) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fatou Diome
Le lundi 27 mai a lieu la présentation de notre Rentrée littéraire à la Maison de l'Amérique latine. Suivez cet événement exceptionnel en direct sur notre page Facebook dès 9h15 !
Tommy Orange, Dana Grigorcea, Sana Krasikov, Victoria Mas, Bruno de Cessole, Franck Pavloff, Emmanuelle Favier, Eric-Emmanuel Schmitt, Frédéric Gros, Fatou Diome, Sébastien Spitzer Alexis Michalik et Amélie Nothomb vous présenteront en avant-première leur nouveau roman.
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