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ISBN : 225310907X
Éditeur : Le Livre de Poche (31/01/2005)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 354 notes)
Résumé :
Salie vit en France. Son frère, Madické, rêve de l'y rejoindre et compte sur elle. Mais comment lui expliquer la face cachée de l'immigration, lui qui voit la France comme une terre promise où réussissent les footballeurs sénégalais, où vont se réfugier ceux qui, comme Sankèle, fuient leur destin tragique? Comment empêcher Madické et ses camarades de laisser courir leur imagination, quand l'homme de Barbès, de retour au pays, gagne en notabilité, escamote sa véritab... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (52) Voir plus Ajouter une critique
Zebra
  23 mars 2013
Fatou Diome a 32 ans quand elle écrit « Le ventre de l'Atlantique ». Enfant illégitime, Fatou est née au Sénégal puis elle a émigré en France, à Strasbourg, où elle termine en 2003 un doctorat de lettres modernes. Rejetée par les siens pour cause d'illégitimité, elle se propose dans cet ouvrage de nous expliquer l'Afrique, mettant l'accent sur la vraie nature de l'Eldorado que représente la France pour les jeunes Sénégalais.
Dans ce premier roman, Fatou se met en scène : elle raconte, sans pudeur, son émigration, ses joies et ses déboires. Son regard est lucide, acéré et sans complaisance : elle dénonce les obstacles à l'immigration, les rigueurs de l'hiver strasbourgeois, les chimères, la pauvreté, la précarité des exilés, leur misère, la promiscuité des foyers Sonacotra, la ségrégation, le racisme et la solitude de ses frères Sénégalais, partis à la recherche d'un petit coin de paradis. La France, terre d'accueil, a un gout amer pour Fatou Diome. Elle se souvient. Son frère, voulait la rejoindre pour entrer dans un club de foot, devenir un champion et gagner des millions : l'argent, synonyme d'ascenseur social, était censé faire des miracles. Il la relançait au téléphone, sans arrêt, et lui demandait de lui payer un aller simple en avion pour venir en France. Fatou arrivera à l'en dissuader. Elle a eu du mal à lui faire comprendre et à faire admettre aux siens que cette France mythique vers laquelle ils portaient tous leurs regards ne valait pas leur petit coin de terre, Niodor, petite ile située au sud-ouest du Sénégal, lieu de naissance de la narratrice.
Le style de Fatou Diome est vivant, assez coulé, attachant, fleuri et parfois passionné. Vous découvrirez des scènes de vie du village, la gastronomie locale réduite au couscous de poisson, au thiéboudjéne et au poulet yassa, les coutumes ancestrales, les marabouts qui promettent monts et merveilles (« elle courra derrière toi comme un chien derrière son maitre »), les parents qui marient leurs filles de force, les petits commerce, les dettes qu'on ne peut rembourser, des émotions, des cris de désespoir et des joies. Dans le récit de Fatou Diome, l'Afrique en prend également « pour son grade », car, voyez-vous, l'Afrique n'est pas un Eldorado sauf pour quelques quinquagénaires occidentaux attirés par les beautés locales, tentés par de petits trafiques et se soulant au whisky dans des hôtels cinq étoiles pour touristes. Quelques touches de poésie émaillent l'ouvrage. Les personnages sont très typés : il y a Salie (en fait l'auteure) qui vit en France, Mandické qui veut devenir champion de foot dans un club Français, Sankélé jeune femme au destin tragique (puisque son mari jette en mer le fruit illégitime de ses entrailles), El-Hadj, l'homme de Barbès, revenu à Niodor après s'être enrichi à Paris, Paolo Maldini, superbe idole du football Italien, Ndogou, ex-collégienne et responsable du centre téléphonique de Niodor, Ndétaré, l'instituteur marxiste et syndicaliste qui apprendra quelques rudiments de français à Mandické, Moussa, immigré qui reviendra au pays en charter, encadré par les gendarmes, et qui se suicidera, incapable de se refaire une vie convenable au pays, Gnarelle, une seconde épouse (au Sénégal, c'est la polygamie), qui pour récupérer son mari n'hésitera pas à coucher avec un marabout, Garouwalé, grand adolescent toujours prêt à dire et à redire, et encore bien d'autres ...
Alors, ce premier roman vaut-il le détour ? Oui, si vous êtes passionné par les problèmes de l'immigration. Mais, autant vous le dire, dans cet ouvrage le football est partout, alors si vous n'êtes pas accroc à ce sport vous aurez probablement du mal à poursuivre votre lecture. Un autre point à noter, « Le ventre de l'Atlantique » a manifestement été écrit par une auteure que les thèses marxistes ne laissaient pas indifférente : en Europe, vous êtes d'abord noirs, accessoirement citoyens, définitivement étrangers (page 202). Alors, au-delà de l'absence de concessions, vous aurez peut être l'impression de lire un tract stigmatisant la condition ouvrière des immigrés Africains en France car l'Afrique y apparait comme manifestement manipulée par l'occident : génération africaine de la mondialisation, attirée, puis filtrée, parquée, rejetée, désolée, nous sommes les Malgré-nous du voyage (page 250). Un peu grosse, la ficelle ? Peut-être, car si l'Afrique peine à retenir les siens c'est aussi parce qu'elle ne se presse pas de bâtir les conditions de la confiance dans un avenir local. Maintenant, prenons un peu de recul. Ce que nous conte Fatou Diome, c'est le mal-être de tout être humain déraciné. Elle sent manifestement qu'elle n'est plus tout à fait Sénégalaise et qu'elle ne sera jamais tout à fait Française. C'est probablement la triste réalité de tout immigré, qu'il soit Africain, Brésilien, Russe, Chinois ou d'une autre nationalité. Fatou est une exilée en permanence (page 294); elle est désespérément en quête d'une terre d'accueil (page 295). Douce utopie ? On est toujours rattrapé par son histoire personnelle, accroché à ses racines. Alors oui, Fatou Diome souffre : elle écrit, répondant à une voix intérieure qui lui intime d'obéir, pour dire et faire tout ce que sa mère n'a pas osé dire et faire (page 262) mais aussi pour exprimer sa solitude d'immigrée et son regret d'être rendue si loin du rugissement des pagaies, des parfums de la mer et des algues de l'Atlantique. le mal du pays dans toute sa splendeur !
Un livre authentique, simple, à mi-chemin entre politique et roman auto-biographique. A ne pas négliger.
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carre
  07 octobre 2012
Voilà un premier roman enthousiasmant qui montre avec un regard acéré, la chimère que représente la France pour de jeunes africains. Salie elle, est sur le sol français, seule après un mariage et un divorce qui la laisse seule et désemparée, elle découvre bien vite que l'Eldorado est jonché d'obstacles, bien loin de l'image rêvée. Que la précarité est le lot de nombreux exilés. Son jeune frère Madické, plutôt bon footballeur rêve de rejoindre sa soeur pour lui aussi « profité du Paradis idyllique ».
Un double regard que Fatou Diome (qui elle-même a vécu cette expérience en débarquant à Strasbourg) sait de quoi elle parle.
Son roman est réussit car il n'est jamais dictatique, l'auteur manie avec talent humour, légèreté, pour porter un regard lucide sur une triste réalité. le tout dans un style fluide, généreux et très attachant. L'espoir fait vivre, mais combien de temps ?
Un joli roman pour découvrir l'univers de Fatou Diome.
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aouatef79
  05 mars 2019
"Le Ventre de l' Atlantique", est le premier roman de l'écrivaine sénégalaise ,Fatou Diomé .Cette dernière , après quelques aléas de la vie ,s' est installée à Strasbourg après avoir divorcer d' avec son mari français .Elle s' est inscrite à l' université de cette ville où elle à fait des études supérieures et a obtenu son doctorat en Lettres françaises .
Ce roman est aussi autobiographique .Madické est le frère de Fatou il vit au pays , le Sénégal .Il a un rêve :devenir un footballeur professionnel à l'instar de son idole ,Paolo Maldini .En téléphonant chaque semaine à sa soeur pour lui venir en aide et rentrer en France pour réaliser son rêve .La soeur est harcelée et essaie de convaincre son frère qu' il y a une grande distance entre le rêve et la réalité .Elle lui explique la précarité des immigrés africains
en France .
Caustique et humoristique, le roman "Le Ventre de l'Atlantique",explore avec lucidité et perspicacité la question migratoire .L' auteure ,nous convie à
un voyage mental et social au coeur de l'immigration .Le thème de cette dernière est abordé à travers le prisme du foot-ball .
Il s' agit d' un récit poétique sur l' immigration ".Le Ventre de l' Atlantique",
est un roman qui a placé , son auteure ,Fatou Diomé ,comme une grande
figure de la littérature féminine africaine .
Un bon et beau roman qui mérite d' être lu et médité .


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litolff
  03 septembre 2012
Dans ce premier roman très prometteur, Fatou Diome insufflait beaucoup de sa propre histoire à son héroïne, Salie, jeune sénégalaise émigrée à Strasbourg parce qu'elle n'avait pas trouvé sa place dans son village et pourvue d'un talent, l'écriture. Son jeune frère, Madické, passionné de foot, voit dans le ballon rond la possibilité d'un avenir radieux en Europe, un avenir au pays de l'opulence, où l'argent coule à profusion et où tout est facile. Et Salie a toutes les peines du monde à tenter de l'en dissuader...
Ce texte, très pédagogique, tente "d'expliquer l'Afrique" aux cartésiens occidentaux que nous sommes, et décrypte le miroir aux alouettes que représente pour les sénégalais un pays comme la France. Parallèlement, Fatou Diome met aussi le doigt sur la difficulté à faire admettre aux Sénégalais que la France n'est pas le paradis qu'elle semble être, vue des tropiques.
On dévore ce texte, bercé par une langue fleurie, sans complaisance, et pleine d'humour.
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le_Bison
  08 mars 2012
Et, si pour changer, on causait FOOT !
Salie est partie en France. Son frère veut la rejoindre. Pour lui, la France représente le pays où tout est possible, où tout peut lui réussir, une Terre promise. Il a ses modèles : les footballeurs sénégalais. Ils sont les rois dans leur pays d'origine et leur avenir en France est une réussite, une intégration parfaite… Une seule idée en tête : fuir son triste destin. Mais Salie voit les choses différemment. Elle vit en France, rencontre quotidiennement des galères, se frotte à la ségrégation, au racisme, à la pauvreté. Comment faire comprendre l'autre coté du miroir à son frère ? Un frère qui ne comprend pas les craintes de sa soeur, qui ne veut pas croire en ses difficultés et n'accepte pas que la France ne soit pas le pays idéal alors que ses idoles arrivent si bien à le faire rêver là-bas…
Un constat bien amer de ce que peut être la vie d'une expatriée dans un pays qui est loin d'être une terre d'accueil. Je tiens à préciser que ce roman date de 2003. Toute ressemblance avec des footballeurs actuels serait fortuite. Si pour des millions d'africains, le football continue de faire rêver, pas sûr que l'image donnée en soit très flatteuse. Enfin, ceci est un autre débat, car le sujet principal du roman reste l'immigration, entre le rêve de partir vers ce pays "idyllique" et la triste réalité d'une expatriée qui ne rêve plus qu'à un retour improbable dans son pays d'origine...
Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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Citations et extraits (86) Voir plus Ajouter une citation
ZebraZebra   26 mars 2013
page 121
[...] Authentique guelwaar, Moussa flânait, altier, les mains dans les poches, les yeux gourmands d'images, les poumons remplis d'aise, se laissant guider par les fantaisies des urbanistes. Il ne remarqua qu'au dernier moment ce comité d'accueil, qui l'avait repéré à son air ébloui et le suivait depuis quelques dizaines de mètres.
- Tes papiers !
Il se retourna, surpris par l'ordre, et vit un képi qui ombrageait des sourcils fournis et deux miniatures d'océan. Un soleil frileux lança un dernier clin d’œil et se retira sur la pointe des pieds pour aller rendre compte à Dieu.
- J'ai dit tes papiers, négro !
- Ils sont chez le patron, dit-il, confiant.
- Quel patron, et puis où ça ? hurla l'autre képi.
- Le patron du bateau, là-bas, au port, assura-t-il.
- Voyez-vous ça, commenta le premier képi, monsieur est un seigneur, il a besoin d'un porteur pour ses papiers ...[...]
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CalamityJahCalamityJah   04 novembre 2015
Chez moi ? Chez l'Autre ? Être hybride, l'Afrique et l'Europe se demandent, perplexes, quel bout de moi leur appartient. Je suis l'enfant présenté au sabre de Salomon pour le juste partage. Exilée en permanence, je passe mes nuits à souder les rails qui mènent à l'identité. L'écriture est la cire chaude que je coule entre les sillons creusés par les bâtisseurs de cloisons des deux bords. Je suis cette chéloïde qui pousse là où les hommes, en traçant leurs frontières, ont blessé la terre de Dieu. Lorsque, lasses d'être plongées dans l'opaque repos nocturne, les pupilles désirent enfin les nuances du jour, le soleil se lève, inlassablement, sur des couleurs volées à la douceur de l'art pour borner le monde. Le premier qui a dit : « Celles-ci sont mes couleurs » a transformé l'arc-en-ciel en bombe atomique, et rangé les peuples en armées. Vert, jaune, rouge ? Bleu, blanc, rouge ? Des barbelés ? Évidemment ! Je préfère le mauve, cette couleur tempérée, mélange de la rouge chaleur africaine et du froid bleu européen. Qu'est-ce qui fait la beauté du mauve ? Le bleu ou le rouge ? Et puis, à quoi sert-il de s'en enquérir si le mauve vous va bien ?
Le bleu et le rouge, les chants et les loups, je les ai dans la tête. Je les emporte partout avec moi. Où qu'on aille, il y aura toujours des chants et des loups, ce n'est pas une question de frontières.
Je cherche mon pays là où on apprécie l'être-additionné, sans dissocier ses multiples strates. Je cherche mon pays là où s'estompe la fragmentation identitaire. Je cherche mon pays là où les bras de l'Atlantique fusionnent pour donner de l'encre mauve qui dit l'incandescence et la douceur, la brûlure d'exister et la joie de vivre. Je cherche mon territoire sur une page blanche ; un carnet, ça tient dans un sac de voyage. Alors, partout où je pose mes valises, je suis chez moi. Aucun filet ne saura empêcher les algues de l'Atlantique de voguer et de tirer leur saveur des eaux qu'elles traversent. Racler, balayer les fonds marins, tremper dans l'encre de seiche, écrire la vie sur la crête des vagues. Laissez souffler le vent qui chante mon peuple marin, l'Océan ne berce que ceux qu'il appelle, j'ignore l'amarrage. Le départ est le seul horizon offert à ceux qui cherchent les mille écrins où le destin cache les solutions de ses mille erreurs.
Dans le rugissement des pagaies, quand la mamie-maman murmure, j'entends la mer déclamer son ode aux enfants tombés du bastingage. Partir, vivre libre et mourir, comme une algue de l'Atlantique.
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MarsupMarsup   10 mai 2010
"Il arrive qu’un individu devienne le centre de votre vie, sans que vous ne soyez lié à lui ni par le sang ni par l’amour, mais simplement parce qu’il vous tient la main, vous aide à marcher sur le fil de l’espoir."
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SophiePatchouliSophiePatchouli   06 mai 2015
Raconter ou pas raconter ? Comment raconter ? Avec ou sans pointillé ? Alors, que faire ? Quelques lignes se dessinent sur le plafond : narrateur, ta mémoire est une aiguille qui transforme le temps en dentelle. Et si les trous étaient plus mystérieux que les contours que tu dessines ? Quelle est donc cette part de toi qui pourrait remplir les trous de ta dentelle ? Qui es-tu?
Métamorphose ! Je suis une feuille de baobab, de cocotier, de manguier, de quinquéliba, de fégnéfégné, de tabanany, je suis un fétu de paille. Faux, puisque le vent ne m'emporte pas ! Métamorphose ! Je suis un bloc de ce mur, un carré de marbre, de granit, une boule d'onyx. Je suis un buste de Rodin, une statue de Camille Claudel. Le temps de la vie me contourne et je suis ce trou dans la dentelle du temps.
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carrecarre   01 septembre 2015
Mieux que le globe terrestre, le ballon rond permet d'arrêter un instant le regard fuyant de l'Occident, qui, d'ordinaire, préfère gloser sur les guerres, les famines et les ravages du sida en Afrique, contre lesquels il ne serait pas prêt à verser l'équivalent d'un budget de championnat.
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Videos de Fatou Diome (23) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fatou Diome
Le lundi 27 mai a lieu la présentation de notre Rentrée littéraire à la Maison de l'Amérique latine. Suivez cet événement exceptionnel en direct sur notre page Facebook dès 9h15 !
Tommy Orange, Dana Grigorcea, Sana Krasikov, Victoria Mas, Bruno de Cessole, Franck Pavloff, Emmanuelle Favier, Eric-Emmanuel Schmitt, Frédéric Gros, Fatou Diome, Sébastien Spitzer Alexis Michalik et Amélie Nothomb vous présenteront en avant-première leur nouveau roman.
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