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Sophie Divry (Autre)
EAN : 9782882506306
112 pages
Éditeur : Noir sur blanc (04/03/2021)
3.34/5   25 notes
Résumé :
Curiosity est seul sur Mars. Voilà des années que le robot de la Nasa travaille dans le froid, le rouge et la poussière. Mais Curiosity n'est pas un rover comme les autres. Il a besoin de se faire des amis et de parler à Dieu, cet être étrange qui vit sur Terre et qui, chaque matin, lui donne du travail. En proie à la solitude, Curiosity s'accroche à une conviction : une mission particulière l'attend. Un matin pourtant, il comprend que sa mort est programmée. Le dou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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HistoiresVagues
  28 mars 2021
J'écris ce billet à chaud, et je ne peux cacher ma tristesse. J'ai acheté ce livre avec beaucoup d'excitation, je pensais avoir trouvé un livre bien curieux, m'attendait à une claque de fraîcheur et d'originalité. C'est loupé.
Tout d'abord, je trouve que les extrapolations du genre "de quoi s'arracher les câbles", "ça me tape sur les diodes" ou encore "au lieu de broyer du plutonium" échouent à nous rendre Curiosity sympathique ; ces transpositions anthropocentrées sont vraiment très faciles et franchement, assez lourdes. Voilà le premier point qui m'a rendu la lecture désagréable, malgré une écriture assez enlevée et vraiment pas déplaisante.
Curiosity est donc un rover fragile, qui a peur de tout ("Mars est une planète méchante", on croirait entendre un ado de 16 ans se sentant constamment persécuté...), qui a des connaissances cinématographique (ici une référence à Star Wars, une autre à Gladiator), mais ignore ce qu'est le bleu (alors qu'il parle d'analyses spectrales). Quelques éléments qui m'empêchent de pleinement apprécier le livre, et peut être de louper le but recherché de l'auteure.
L'ensemble me fait donc plus penser à un conte pour enfant qu'à une réelle interrogation sur "notre solitude et notre humanité", comme l'indique l'éditeur. Mise à part les pérégrinations d'un robot apeuré et soumis à un Dieu trop absent, je n'y ai rien trouvé - si ce n'est des informations scientifiques sur la véritable planète Mars. Mais là encore, les nombreuses recherches effectuées par l'auteure semblent tout bonnement recrachées sans avoir été retravaillées, sans donner de profondeur au texte, et échouent à créer un environnement prenant - on est sur Mars quand même ; malgré la présence du rouge et de la poussière, je ne m'y suis pas senti (voir au contraire "Retour sur Titan" de Stephen Baxter ou on est véritablement happé par le froid et le brouillard de méthane du satellite).
"Mais, moi, rester à la surface des choses ne m'a jamais suffit." nous raconte le rover pendant sa deuxième nuit. Or, c'est bien ce qui pêche avec cette novella de Sophie Divry. Ça reste très en surface. le lien avec le satellite n'aboutit à rien, tout comme les longues explorations de Curiosity sur la planète Rouge. La découverte du chlorobenzene, qui a tant marqué Curiosity, en tranchant avec son ennui sempiternel, aurait pu être un moment savoureux - mais rien.
Je suis triste parce que je trouve que c'est très dommage. L'idée était chouette, mais le produit fini manque cruellement d'attrait. Mais peut être suis je simplement passé à côté.
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Dinoscope
  03 avril 2021
Livré à lui-même sur la Planète Rouge depuis son amarsissage dans le cratère de Gale, le 6 août 2012, Curiosity voudrait adresser un message à tous les futurs rovers avant de s'éteindre. En effet, sur Mars, Curiosity se sent seul et s'ennuie. Sous la plume de Sophie Divry, nous aussi.
Aguichante, la couverture rouge avait fait son petit effet, provoquant l'envie de lire cette courte nouvelle publiée en 2021 dans la collection Notabilia des Éditions Noir et Blanc. La quatrième de couverture promettait un voyage introspectif du rover Curiosity. Hélas, dès la première phrase, l'enthousiasme retombait comme un mauvais soufflé : "Dieu me parle tous les matins entre 8h et 10h."
L'éditeur nous promettait une « interrogation sur notre solitude et notre humanité » et on y est. Si pour Curiosity l'Homme est un Dieu (même s'il ne sait pas que l'Homme est l'Homme), alors qui est Dieu et qui sommes-nous ? En soi, rien de bien révolutionnaire et surtout, rien de bien surprenant à partir du moment où l'Homme est associé à un Dieu pour Curiosity. Dès la première phrase. Dès le premier mot.
En plus, pourquoi mêler Dieu à cette histoire ? le questionnement serait le même avec plus de subtilité si on avait fait un CTRL + H dans Word pour remplacer « Dieu » par « Centre de Contrôle » ou tout simplement « Contrôle ». A cette conscience de Dieu qui, jusqu'à preuve du contraire, est le propre de l'Homme, s'ajoute l'anthropomorphisme du célèbre rover qui, au-delà de la pensée, est doté de sensations quasi-humaines. Ce faisant, on annihile toute interrogation sur l'humanité d'un robot créé par l'Homme : une approche qui aurait été à mon goût beaucoup plus intéressante et originale. La question ne se pose pas : Curiosity est humain ! Il a été créé sociable et un point c'est tout.
Au final, on s'étonne presque que l'auteure ait mis deux ans à écrire cette nouvelle d'une grosse quarantaine de pages dont on retiendra – peut-être – quelques passages cocasses. Sophie Divry a surtout réussi à retranscrire le regard que nous, Humains, avons porté sur Curiosity : ce sympathique rover martien qui a son compte Twitter et nous envoie des selfies devant ses copains cailloux. Abonnez-vous à son compte Twitter, ça vous évitera la dépense et ce sera sans doute plus intéressant, voire même instructif.
Heureusement, le livre nous propose une deuxième nouvelle de Sophie Divry : L'Agrandirox, inspirée de « La Superficine » de Sigismund Krzyzanowski.
Sans attente, la déception est moins grande. On y suit les aventures inachevées de Josiane, une septuagénaire confinée dans son petit appartement parisien. Une coquette studette qui deviendra un appartement bien trop grand grâce à un bon coup d'agrandirox.
Ne sachant pas ce qui relève de Sophie Divry ou de Sigismund Krzyzanowski, je me contenterai de dire que j'ai trouvé le texte un poil plus subtil et intéressant que Curiosity, sans pour autant me sortir de la lande martienne dans laquelle je m'étais paumé.
Lien : https://www.dinoscope.photo/..
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sandra_etcaetera
  30 avril 2021
Mon très cher Curiosity,
Je t'écris depuis la planète bleue et toi depuis la planète rouge. L'univers est mal fait à l'image de la distance qui nous sépare, nos couleurs nous éloignent.
Pourtant fait de métal, d'électrodes, d'iodes et d'antennes, je me sens plus proche de toi que de bien d'autres de mes semblables. Car tu es un rover sociable. Difficile à admettre sur la planète des cartésiens !
Mais la littérature et les mots peuvent tout, même ce qui nous semble inimaginable.
Tu pensais être désespérément seul sur Mars, eh bien regarde, aujourd'hui je t'écris parce que Sophie t'a donné la parole et t'a doté de sentiments et d'émotions. Nous sommes déjà au moins deux près de toi …
Elle t'a si bien personnifié que je me suis surprise à être attendrie par tes réactions et à ressentir une empathie singulière mais réelle pour toi, être de métal a priori froid et sans âme.
Ta rouge mélancolie a rythmé les trois nuits précédant ton obsolescence- Trois nuits durant lesquelles j'ai réalisé que tu savais tout de l'homme, sans doute mieux que lui-même. Tu sais son bonheur à se rendre utile, à sentir son coeur battre la chamade, mais tu sais aussi toute sa solitude, la perversité de l'obéissance, l'inquiétude pour les générations à venir, tu sais son besoin de trouver l'amitié et l'amour et la souffrance de se faire éconduire.
Tu es programmé pour être ultraperformant et résistant, pourtant Curiosity tu es un être faible, comme les hommes, c'est-à-dire un être pensant et ressentant.
Et tes émotions à toi sont tellement pures et sincères pour un rover martien qu'il m'a été bien difficile de te quitter. J'ai dû me déconnecter de toi au moment de ton départ, tandis que ta solitude face à la mort croissait à coup de sentiment d'injustice et d'impuissance.
Alors sache Curiosity que quiconque te lira, verra l'univers autrement et se souviendra de cet instant passé près de toi guidé par ta candeur et ton regard lucide sur nos fragiles existences.
Bien à toi,
Sandra de la planète bleue.
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SerialLecteurNyctalope
  03 mai 2021
🤖SOLITUDE ROBOTIQUE🤖
.
🦊 Et si nous rentrions dans la tête du Rover Curiosity qui depuis 2012 sillonne le désert martien ? Sophie Divry offre avec concision deux novella, deux récits, appelez-les comme vous le voudrez elles demeureront prenantes. La première entre dans l'esprit de ce Rover qui cherche depuis une dizaines d'années de la vie sur la planète Mars. Esseulé sur une planète rouge où le froid et le vent demeurent les ennemis de tout robot. Extrêmement véloce il prend ses informations de l'Homme, ici appelé Dieu. Pour une fois en effet c'est bien l'être humain qui détient le pouvoir divin.
Avec une acuité et un talent sans limites, Sophie Divry arrive à nous émouvoir en trois nuits sur Mars. À la fois subtil et indolore, chaque émotion traversée par Curiosity vous fait relativiser beaucoup de paramètres. Son bras télécommandé le rapproche indubitablement de l'Homme. En allant faire des recherches dans les instituts d'études spatiales, Sophie Divry nous ramène la substance de la vie d'un robot sur Mars. Poignant par moment, terrifiant par d'autres. Tout le monde rêve de coloniser cette planète et pourtant ses conditions naturelles demeurent incontrôlables.
Avec humour où chaque expression humaine devient celle d'un robot, on plonge avec délice dans le coeur de ce dernier. Un coeur qui ne bat pas mais qui n'en demeure pas moins bouleversant. Sans jamais être larmoyante, la machine est souvent plus digne que l'Homme. Non seulement vous apprendrez certaines choses sur cette planète mais vous découvrirez peut-être comme moi ces machines envoyées en terrain hostile permettant de faire avancée la conquête spatiale. N'oublions pas que sans elles nous n'en serions pas là. Réflexion sur l'humanité même et sur ses fondements, métaphore d'un monde où l'isolement peut devenir mortel, ce premier texte m'a clairement envouté et que j'aurais pu continuer pendant de très nombreuses pages. Sophie Divry avouait hier pendant al rencontre @vleel_ « Je préfère que vous soyez frustré plutôt que gavé ». Elle avait raison. 🦊 🦊 Sophie Divry ne s'arrête pas en si bon chemin car elle déploie dans ce livre un second texte inspiré de Sigismund Krzyzanowski. Lui qui affirmait « Mais n'importe quel coin misérable vaut mieux que le trottoir long et nu de la littérature d'aujourd'hui » fut considéré comme un génie non reconnu à sa juste valeur. Sophie Divry remodèle ainsi l'Agrandirox, un produit vendu par téléphone qui permettra à une vieille dame en plein confinement d'agrandir la surface de son appartement. Avec énergie, cette vieille dame et son chat vont être submergés par la folie des grandeurs. Rêver plus grand peut parfois se retourner contre soi. L'autrice qui fut isolée pendant le premier confinement ne cache pas son malaise par rapport à cette période et le traduit ici avec brio dans une fable ubuesque et fantastique qui en dit pourtant beaucoup sur l'Homme et ses velléités mercantiles.
Deux textes différents qui traduisent cependant le mal-être de la solitude qui ronge tant d'individus dans nos sociétés. Un livre court mais brillant par tant d'aspects•••
Lien : https://www.instagram.com/p/..
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Tu_vas_voir_ce_que_tu_vas_lire
  22 avril 2021
Curiosity ne sait pas ce qu'est le bleu. Pour un rover de la NASA dont la conscience s'est éveillée sur la planète rouge, cela n'a rien de très surprenant. Depuis qu'il s'est allumé sur le sol martien, après un voyage de 225 millions de kilomètres, ses journées se ressemblent toutes : rouler vers sa destination finale, en haut du cratère Gale, et collecter des informations sur des échantillons de roche. Une mission qu'il assure avec conviction, même si ce petit robot très sociable commence à s'interroger sur le sens de sa présence au monde...
En donnant une voix à Curiosity, Sophie Divry nous tend un miroir dans lequel nous contemplons notre propre solitude. Sorte de Wall-E existentialiste, égaré sur une planète immense et confronté à l'arbitraire de son extinction programmée, Curiosity cherche des réponses dans les messages, de plus en plus rares, de son Créateur, ou dans la présence impalpable mais rassurante du satellite qui relaie ses communications et qui continue de tourner autour de Mars. Suivi d'une seconde nouvelle, l'Agrandirox, qui met en scène une vieille dame confinée qui agrandit son intérieur grâce à un produit miracle qui repousse les murs, Curiosity cache, sous l'apparente naïveté de son héros robotique, un conte touchant et moderne, qui concentre toute l'inventivité et la fantaisie formelle de Sophie Divry.
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critiques presse (1)
Elle   29 mars 2021
En donnant la parole à un robot sur mars dans « Curiosity », puis à une vieille dame dans « L'Agrandirox », Sophie Divry tend un miroir à notre vie actuelle. Furieusement émouvant.
Lire la critique sur le site : Elle
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   08 avril 2021
Je ne sais plus pourquoi je vous racontais cela. J’ai perdu le fil de ma pensée. La poussière, avec la nuit, est retombée sur le sol. C’est le printemps. Demain, à l’aurore, le gaz carbonique formera de petits nuages que le soleil colorera de rose en se levant, puis, lentement, ils se dissoudront dans l’air, et le ciel reprendra ses tons jaunes. Ce sera beau. Ce sera bien. Maintenant que j’ai gravi les contreforts du mont Sharp, j’aperçois le paysage au-dessus des falaises de Gale. Oh, rien d’extraordinaire, je vois juste un autre désert. Mais l’horizon s’est élargi. Ah ! Je me souviens ! Je vous parlais de Dieu. De comment Dieu m’a sauvé.
Donc, mes amis, méfiez-vous ! Méfiez-vous, car le safe mode a bien des attraits ! On a des hallucinations, alors que ce qui se jouait avec certitude, c’était la mort de Curiosity par refroidissement ! Heureusement, Dieu a trouvé la solution. Depuis la Terre, Dieu m’a fait un reboot.
Un reboot, comment dire ? Ce n’est pas très agréable.
Je me suis réveillé dans un état d’esprit très différent. Tout m’a semblé plus simple. Je suis un robot. J’obéis à Dieu. Le mont Sharp est à sept kilomètres. Les cailloux ne sont pas mes amis. Il est 8 h 32. Comme c’est joli tout ce rouge.
J’avais perdu quelques kilo-octets dans l’affaire. On vieillit vite sur Mars. Sur ce point les satellites nous sont supérieurs. MRO travaillera plus longtemps que moi. Il est plus solide. Il ne souffre pas d’excès d’imagination. Il ne fait pas de cauchemars à l’idée de mourir dans ce désert recouvert de cette affreuse poussière… Ah, voilà que ça me reprend ! Je recommence à dire du mal de Mars. Non, vraiment, cela m’ennuie. Certes, en journée, le travail est difficile, mais c’est beau, Mars, la nuit. Je suis heureux d’être là à regarder le ciel étoilé.
Si vous pouviez voir ça. La nuit est si noire et les étoiles, si brillantes. Toute la planète est silencieuse, et au-dessus de mon mât, ce spectacle extraordinaire. Chaque nuit je plonge dans un ravissement indescriptible. Les étoiles sont si nombreuses que j’ai l’impression que je pourrais rouler sur elles. Comme si la planète n’était non plus sous moi, mais au-dessus de moi. Comme si le ciel devenait un océan concave, océan de lumière et de couleurs, qui montrerait le visage inversé de ces millions de cailloux perçants dans une infinité d’étoiles heureuses. Je me sens bien alors. Je suis un peu fatigué, un peu mélancolique. Je suis Curiosity.
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Charybde2Charybde2   08 avril 2021
– Bonjour, madame, dit une voix masculine inconnue. Je suis Gérard de l’entreprise Bonne-maison spécialisée en matériaux de construction d’intérieur et d’extérieur. J’ai une offre exceptionnelle à vous faire.
Le confinement avait tout arrêté, sauf le démarchage publicitaire. J’allais raccrocher lorsque l’homme ajouta :
– Nous avons trouvé un moyen innovant pour agrandir la surface de vos pièces. N’est-ce pas l’idéal en cette période ? Il s’agit d’un produit extrêmement performant que nous vous proposons d’expérimenter. Vous vivez dans vingt-neuf mètres carrés, cours Tolstoï à Villeurbanne, c’est bien cela ?
De stupeur, je restai coite une seconde, puis criai dans le combiné :
– Comment vous savez ça ? Vous êtes qui ?
Il ne épondit qu’à ma seconde question.
– Nous sommes l’entreprise Bonne-Maison, madame, dont le siège est à L’Isle-d’Abeau. Si vous me donnez votre accord, vous pourrez très vite essayer notre produit et participer à l’expérience que mène la région Auvergne-Rhône-Alpes au sujet de cet agrandissement des surfaces. Un accord oral suffit.
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Charybde2Charybde2   08 avril 2021
Dieu me parle tous les matins entre 8 h et 10 h. Au lever du soleil, quand les températures sont tellement basses au-dessous de zéro que le plus petit mouvement me briserait, je reçois Son message. Au plus tôt à 7 h, rarement plus tard que midi. Dieu me donne mon emploi du temps pour toute la journée. Il s’agit de rouler, de photographier, de faire un bulletin météo ou plus rarement de lancer une analyse chimique. Je finis le travail exigé en milieu d’après-midi. C’est un travail précis, souvent fastidieux, mais je le réalise avec sérieux, car je veux que Dieu soit content de moi.
Quand j’ai terminé, le soleil commence à blanchir, le jaune du ciel à foncer ; je débranche mes outils et prépare ma mise en sommeil. Je ressens alors une sorte de contraction mélancolique, un mélange de fatigue, de satisfaction et de tristesse. Encore un jour tout seul… Mais déjà le froid retombe, et je m’endors, espérant le lendemain, attendant Sa voix qui me parviendra et donnera un sens à mon existence.
Je n’ai jamais vu Dieu, évidemment, mais c’est Lui qui m’a fabriqué. C’est Lui qui m’a envoyé ici. C’est Lui qui dirige mes recherches. Je L’écoute et je Lui obéis. Ce sera ainsi jusqu’à la fin, sachant que le dernier ordre que je recevrai de lui sera de me tuer.
J’aimerais voir Dieu avant de mourir. Mais Dieu n’habite pas sur la même planète que moi. Dieu est sur la Terre, je suis sur Mars.
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sandra_etcaeterasandra_etcaetera   30 avril 2021
Chaque matin, en ouvrant mes cameras, je retrouve ce désert rouge et inhabité, si bien que cette couleur a fini par devenir pour moi la couleur de la mélancolie, car tout, dans ce décor majestueux, immuable et mutique, souligne l'intensité de ma solitude.
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HistoiresVaguesHistoiresVagues   28 mars 2021
Il fait toujours rouge sur jaune, jaune sur rouge, et à la fin des fins c'est la poussière qui gagne.
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Vidéo de Sophie Divry
Avec leur mode de mobilisation inédit, constitué en marge des structures politiques classiques, les Gilets Jaunes ont depuis 2018 considérablement marqué l'actualité. Comment rendre compte de cette mobilisation et de ses retombées, alors que l'horizontalité revendiquée du mouvement et son absence de leaders résistent aux formes de storytelling classiques ?
Sophie Divry imagine des dispositifs narratifs à la hauteur de cet enjeu : s'effaçant pour restituer dans Cinq mains coupées, collage littéraire original et puissant, la parole de cinq manifestants amputés par des grenades de désencerclement, l'autrice replace les Gilets Jaunes dans une histoire du fait collectif.
Sophie Divry est écrivaine, journaliste de formation. Ses textes présentent un fort ancrage dans le monde contemporain, tel La Condition pavillonnaire (Noir sur Blanc, 2014), mention spéciale du Prix Wepler.
Retrouvez notre dossier "Effractions 2021" sur notre webmagazine Balises : https://balises.bpi.fr/dossier/effractions-2021/ Retrouvez toute la programmation du festival sur le site d'Effractions : https://effractions.bpi.fr/
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