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EAN : 9782264055699
96 pages
Éditeur : 10-18 (04/04/2013)
3.27/5   333 notes
Résumé :
Elle rêve d'être professeur, mais échoue au certificat et se fait bibliothécaire. Bienvenue dans les névroses d'une femme invisible. Bienvenue à la bibliothèque municipale, temple du savoir où se croisent étudiants, chômeurs, retraités, chacun dans son univers. Jusqu'au jour où, pour cette quinquagénaire esseulée et soumise aux lois de la classification de Dewey, ce bel ordre finisse par se fissurer...

Sophie Divry signe avec un humour contagieux le m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (101) Voir plus Ajouter une critique
3,27

sur 333 notes

si-bemol
  20 avril 2020
Acariâtre, névrosée, maniaque de l'ordre et du rangement, obsessionnelle, élitiste, vindicative, frustrée, et surtout très seule… tel est le portrait que brosse Sophie Divry de cette bibliothécaire vieillissante que sa hiérarchie (on se demande bien pourquoi !) a condamnée à végéter dans le sous-sol de la bibliothèque, assignée au rangement du fonds des 900-910 : les ouvrages de géographie.
Quelle vieille bique ! Ayant découvert au matin un lecteur enfermé par mégarde depuis la veille dans ledit sous-sol, elle se répand sur le malheureux égaré en un soliloque ininterrompu où elle déverse en vrac toute sa hargne. Tout y passe… les hommes, la vie, les décisions “arbitraires” (la cote 400 vidée de son contenu… Impardonnable !), le déclin de la culture, sa hiérarchie, ses collègues… et surtout les lecteurs, à qui elle voue - c'est un comble ! - une haine féroce : ils font du bruit, annotent les livres, arrachent les pages, bref, un fléau dont elle ferait volontiers l'économie car “de toute façon, les hommes, les lecteurs, ça n'apporte que du désordre, que du désordre. Et moi qui ne supporte pas l'anarchie, j'ai tiré un trait dessus, un trait bien net. Je préfère la compagnie des livres”. Mais on se rend compte, au fil de son discours (qui évolue d'ailleurs d'une manière assez paradoxale), que ce n'est pas si clair, et pas si simple...
Je ne sais pas quel épisode traumatique a bien pu subir Sophie Divry au cours de ses pérégrinations en bibliothèque… Toujours est-il qu'avec “La cote 400” elle signait il y a dix ans un premier roman assez drôle et quelque peu corrosif. Mais au-delà de l'humour et du pamphlet - et c'est ce qui ajoute de l'intérêt à ce tout petit livre - elle se sert également de cette caricature de bibliothécaire particulièrement mal embouchée pour apporter aux non initiés un éclairage, pour le coup tout à fait sérieux, sur la classification décimale de Dewey, le travail en bibliothèque, les évolutions du métier, la valeur culturelle des médiathèques et leur utilité sociale en tant que “troisième lieu” - espace refuge aux contours assez flous offrant un moment de réconfort, d'écoute et de partage à la détresse et à la solitude.
En ces temps de confinement où le virus, par la force des choses, me prive de la médiathèque où je travaille et de mes chers lecteurs (car oui nous les aimons, nos lecteurs, comme nous aimons notre métier, riche, vivant, joyeux et sans grand rapport avec le tableau déprimant qu'en dresse “La cote 400” !), je me suis agréablement divertie avec l'humour grinçant de Sophie Divry… comme quoi, je ne suis pas rancunière ! Un tout petit livre d'une soixantaine de pages, plus anecdotique qu'autre chose, mais qui a eu au moins l'avantage de me faire sourire. Et ce d'autant plus que, derrière l'humour et l'ironie, "La cote 400" est également un très bel hommage aux bibliothèques, à leur mission, aux livres et à la culture.
[Challenge Multi-Défis 2020]
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Annette55
  04 avril 2015
Je ne ferai pas un long commentaire et remercie une amie de Babelio pour m'avoir fait découvir " la cote 400 "que ni ma médiathéque préferée , ni ma libraire à qui je l'ai commandé ne connaissaient ....
C'est l'histoire d'une bibliothécaire confrontée à la solitude, cultivée, cantonnée dans son"sous- sol", au rayon géographie, un matin comme les autres, elle découvre un lecteur égaré dans les rayons....S'ensuit un long monologue tantôt érudit, parfois exalté, mordant, incisif, une mine de réflexions , pour nous, lecteurs.!
Elle y expose la vision de son métier, la classification Dewey, la hiérarchie, les collégues, le silence et l'ordre apaisants, le calme studieux de la bibliothéque....elle montre son utilité sociale, un lieu d'échange , un lieu de rencontre,un lieu de savoir oú se croisent retraités, chômeurs, sdf, étudiants, marginaux, chacun dans son univers, mais aussi des références culturelles riches: Maupassant, Durkheim,Simone de Beauvoir, la Révolution..... l'idée magnifique que La Bibliothéque doit apporter un supplément de culture au lecteur en l'aidant dans ses choix..ne pas le paralyser, l'accueillir avec simplicité..
Un opus instructif à l'humour cynique qui aide à ouvrir l'esprit du lecteur passionné et curieux ......un cri d'amour envers tous ceux qui fréquentent les bibliothèques, une fantaisie, un divertissement , une trés belle découverte , à lire avec du recul, bien sûr !
Je n'ai pas retrouvé du tout le personnel de ma médiathéque, les intervenants sont affables, souriants, prêts à répondre à toutes mes questions , à aller dans la "Réserve " me chercher un ouvrage oublié! À me téléphoner pour l'oubli d'un de mes carnets!
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Ziliz
  20 juillet 2018
Si pour vous, une bibliothécaire est forcément une quinquagénaire poussiéreuse et aigrie qui a renoncé aux plaisirs de l'existence (autres que la lecture et les livres, bien sûr), ce n'est pas ce court récit qui vous fera changer d'avis.
Il s'agit d'un long monologue d'une documentaliste plutôt antipathique et surtout très seule.
Le néophyte découvrira entre ces pages la classification de Dewey.
Celui qui rêve de ce métier prendra conscience de la routine des taches.
Et le bibliophile le plus convaincu risque d'avoir envie de fuir à toutes jambes cette médiathèque-là en particulier, tant les rayons y semblent austères et le personnel maussade.
Mais ouf, cela n'a pas terni l'image accueillante que j'ai de ma chère bibliothèque municipale !
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Under_the_Moon
  26 février 2014
"La Cote 400" : un titre pas très vendeur.
Sophie Divry : une auteure peu médiatisée dont je n'avais pas entendu parler jusqu'ici.
54 pages : c'st un bien petit format qui passe totalement inaperçu à côté des pavés littéraire, format très en vogue depuis quelques années.
Vous l'aurez compris : difficile de tomber sur ce livre par hasard. Si on le veut, il faut le chercher. Si j'ai décidé de le lire, c'est parce qu'une lectrice l'avait présenté de façon très convaincante lors d'une soirée "Coup de coeurs d'hiver des usagers", organisée par la médiathèque.
Les thèmes et l'histoire paraissaient bien attractifs pour la lectrice boulimique que je suis.
Une bibliothécaire quadragénaire qui s'est vue relayée au rayon géographie, rayon peu palpitant, découvre au sous-sol, qu'un usager s'est laissé enfermer ! Elle commence à lui parler avant que la médiathèque n'ouvre. Et là … c'est une longue liste de frustrations qui défile ! le capes raté, les lecteurs ingrats, le thésard à la nuque splendide qui ignore pour ainsi dire l'existence de cette pauvre femme.
C'est donc le manque de reconnaissance qui est le moteur de ce monologue où le personnage nous parle avec amour des livres et de leur pouvoir quasi curatifs sur les individus. Elle nous parle aussi de l'Histoire de France et de littérature française avec une vision de la culture et du divertissement très particulière, mais toujours avec humour - même si on ne peut pas dire que j'ai adhéré à tous les arguments.
Une fois de plus, le problème de l'humour est qu'on peut vite tomber, dans le "meilleur" mais aussi dans le pire. Et quand on tombe dans le pire.. le personnage névrosé devient vite une tête à claque. Un exemple :
"Avant, j'allais en Italie. Maintenant je lis des livres aux rayons beaux-arts, j'en apprends davantage et ça me coûte moins cher. " Gggrrrrhhh raaahhhh
Puis j'ai fini par ne plus comprendre le but de l'auteur. Quel est vraiment LE but qu'elle s'était fixée? Quel est LE message qu'elle a voulu faire passer ? Que les livres c'est bien beau mais que sans amour on ne vaut rien et ces sympathiques objets ne servent à rien??? Que les auteurs sont des humains et sont aussi névrosés que les autres ? Que l'ont ne reconnaît pas nos bibliothécaires à leur juste valeur ???
A force d'aller dans tous les sens, on ne sait plus trop où elle veut en venir.
Alors certes, il y a de l'humour, et dans certains passages l'auteur fait preuve d'un sens de l'observation assez étonnant (au point que je me suis reconnue dans une des description de lecteur!) mais la structure m'a tout de même laissée sur ma faim...
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Lagagne
  09 novembre 2013
Bof, bof.
Je suis bibliothécaire et dire que je ne me suis pas reconnue dans cette image que véhicule l'héroïne est peu dire. Même si je dois avouer qu'elle s'améliore petit à petit, surtout avec son attention pour les "érémistes" et ses petits vieux.
Je vis surement au pays des bisounours, mais je crois bien qu'une majorité de bibliothécaires n'est pas psychorigide du classement et ne pensent pas que "les lecteurs n'apportent que du désordre". Cette bibliothécaire ne l'est pas par choix, et ça se sent. Elle porte beaucoup trop de jugement sur les gens. Alors j'en porte sur elle. Elle est aigrie, nous inflige ses opinions toutes faites, son absence de nuances, sa vision élitiste de la culture, sa logorrhée verbale.
Je me suis même demandé si j'irai au bout de ce livre, tant je trouvais négative la vision qu'il donnait du métier et du lieu que j'aime tant. Heureusement que cela s'améliore petit à petit. Elle devient plus humaine, moins rigide. Mais pas suffisamment pour me faire oublier la mauvaise impression du début.
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critiques presse (1)
Lexpress   05 juillet 2013
Difficile d'être insensible à pareille confession, tantôt érudite, exaltée, tantôt aigrie, et qui résonne in fine comme un vibrant plaidoyer pour la lecture.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (78) Voir plus Ajouter une citation
isabiblioisabiblio   14 novembre 2010
Quand je vois à la rentrée tous ces livres niaiseux qui envahissent les librairies alors qu'ils ne sont, quelques mois plus tard, plus bon qu'à se vendre au kilo.[...] Le pire ce sont les livres-express, les livres d'actualité : sitôt commandés, sitôt écrits, sitôt imprimés, sitôt télévisés, sitôt achetés, sitôt retirés, sitôt pilonnés. Les éditeurs devraient inscrire à côté du prix la date de péremption, puisque, ce sont des produits de consommation.
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mangeclousmangeclous   29 septembre 2010
Or, quand nous pénétrons dans une biblliothèque et que nous contemplons ces étendues livresques, que se passe-t-il dans notre âme, si ce n'est une grâce ? Spirituellement, nous pouvons enfin combler cet atroce sentiment de lacune faisant de nous des vers de terre dans ce bas monde. Les longs rayonnages nous renvoient une image idéale, celle des domaines complets de l'esprit humain. Alors tous les chemins s'aplanissent, tout est renouvelé, et nous nous approchons d'une vision mystique de l'Abondance. L'inépuisable lait de la culture humaine mis à notre portée. Servez-vous, c'est gratuit. Empruntez, car autant l'abondance matérielle appauvrit l'âme, l'abondance culturelle l'enrichit.
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joedijoedi   24 mars 2014
Pourtant, c'est évident : pénétrer dans une bibliothèque, c'est ni plus ni moins retourner dans le giron de maman ... Oui, comme maman, la bibliothèque fait un bisou magique et tout disparaît. Chagrin d'amour ? Misanthropie ? Désespoir sur le monde ? Mal de tête ? Insomnie ? Indigestion ? Cor au pied ? Je peux en témoigner, il n'y a pas une de ces pathologies qu'une bibliothèque n'apaisera.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   28 février 2014
Oui, comme maman, la bibliothèque fait un bisou magique et tout disparaît. Chagrin d'amour? Misanthropie ? Désespoir sur le monde ? Mal de tête ? Insomnie ? Insomnie? Indigestion ? Cor au pied? Je peux en témoigner, il n'y a pas une de ces pathologies qu'une bibliothèque n'apaisera. D'ailleurs pour soigner les agoraphobes, les psychothérapeutes nous les envoient, sachant que les malades ici rencontreront une foule pacifique, une humanité réconciliée.
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lanardlanard   31 janvier 2017
Mais avez-vous jamais entendu dans la rue une conversation du type: "Super, je vais passer la journée à la bib'!" - "Génial, quel chance tu as!" Aussi aurait-on très bien pur rester dans cette situation lamentable si un homme ne s'était levé un matin en disant: Non! Cet homme, c'est Eugène Morel. Vous ne le connaissez pas, bien entendu. Eugène Morel est complètement oublié aujourd'hui. Si un seul des primates que nous sommes peut aller se cultiver dans de lumineuses et sympathiques bibliothèques, c'est pourtant grâce à lui. Ce petit jeune homme a mené une enquête sur les bibliothèques en Europe et aux États-Unis, et l'a publiée en 1908. Un coup de tonnerre. La bande de vieux conservateurs issus de l’École des Chartes n'a pas apprécié ce bouquin. Pas du tout. Faut dire que Morel n'y allait pas de main morte. Ses revendications étaient claires: un prêt facilité, des heures d'ouverture élargies, des collections mises à jour, une disposition confortable, des places réservées aux enfants, et, sous-tendant tout cela, l'idée, l'idéal, l'objectif suprême: que le peuple puisse lire! Comment ça, "pas la peine de crier"? Je ne crie pas, je m'exalte, c'est différent. C'est vrai que j'aime beaucoup Eugène Morel. Vous savez pourquoi? Parce qu'il disait: "Il y a un ennemi des bibliothèques plus dangereux que l'archiviste, c'est architecte". Ah, ce style,, ce style mordant, enlevé, brillant, un sacré coco, mon Eugène. Mais ce n'est qu'à la Libération que les choses ont vraiment changé. A partit de cette époque, on commence à faire attention au peuple. Les Américains, qui nous regardaient avec mépris en nous distribuant de l'argent, voulaient nous apprendre ce qu'étaient des bibliothèques publiques. Mais, là, on a dit: "Stop! On a lu Eugène Morel, on sait ce qu'il y a à faire, merci."
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Videos de Sophie Divry (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sophie Divry
Avec leur mode de mobilisation inédit, constitué en marge des structures politiques classiques, les Gilets Jaunes ont depuis 2018 considérablement marqué l'actualité. Comment rendre compte de cette mobilisation et de ses retombées, alors que l'horizontalité revendiquée du mouvement et son absence de leaders résistent aux formes de storytelling classiques ?
Sophie Divry imagine des dispositifs narratifs à la hauteur de cet enjeu : s'effaçant pour restituer dans Cinq mains coupées, collage littéraire original et puissant, la parole de cinq manifestants amputés par des grenades de désencerclement, l'autrice replace les Gilets Jaunes dans une histoire du fait collectif.
Sophie Divry est écrivaine, journaliste de formation. Ses textes présentent un fort ancrage dans le monde contemporain, tel La Condition pavillonnaire (Noir sur Blanc, 2014), mention spéciale du Prix Wepler.
Retrouvez notre dossier "Effractions 2021" sur notre webmagazine Balises : https://balises.bpi.fr/dossier/effractions-2021/ Retrouvez toute la programmation du festival sur le site d'Effractions : https://effractions.bpi.fr/
Suivre la bibliothèque : SITE http://www.bpi.fr/bpi BALISES http://balises.bpi.fr FACEBOOK https://www.facebook.com/bpi.pompidou TWITTER https://twitter.com/bpi_pompidou
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