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ISBN : 2882505280
Éditeur : Noir sur blanc (23/08/2018)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 46 notes)
Résumé :
Après un braquage avec son frère qui se termine mal, Joseph Kamal est jeté en prison. Gardes et détenus rivalisent de brutalité, le jeune homme doit courber la tête et s’adapter. Il voudrait que ce cauchemar s’arrête. Une explosion nucléaire lui permet d’échapper à cet enfer. Joseph se cache dans la zone interdite. Poussé par un désir de solitude absolue, il s’installe dans une ferme désertée. Là, le temps s’arrête, il se construit une nouvelle vie avec un mouton et... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  03 septembre 2018
Joseph Kamal, marginal presque par accident, connaît après un braquage raté la violence et l'abjection en prison. Puis miraculeusement sauvé de l'enfer carcéral par une catastrophe qui tue la moitié des Français, Kamal découvre, en même temps que la liberté, la beauté de la nature, mais aussi la difficulté de vivre seul.
La prison, une catastrophe nucléaire, la solitude : trois fois la fin d’un monde pour le héros de Sophie Divry. L'enfer, c'est les autres disait le célèbre borgne, l'enfer c’est l’homme détruisant la planète, l'enfer c'est être seul face à soi-même. Sans toutefois éviter l'écueil des clichés, des thématiques développées (ou pas) avec pragmatisme par Sophie Divry qui, avec Trois fois la fin du monde, illustre parfaitement la dualité de l'homme qui, cherchant à échapper à sa condition et aux autres, se trouve confronté à la solitude, donc à lui-même. Plus personne à haïr, ni à aimer... « C’est terrifiant, s’il y pense, l’idée d’être le dernier. »
Merci à NetGalley et aux Éditions Noir sur Blanc pour leur confiance.
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thimiroi
  02 septembre 2018
De l'enfer au paradis ?
Le dernier opus de Sophie Divry commence comme un roman noir : le narrateur, Joseph Kamal, est condamné à être emprisonné pour sa complicité dans un braquage, braquage au cours duquel son frère a trouvé la mort. Il va subir l'enfer carcéral : la promiscuité, la saleté, la violence, les humiliations, le sadisme des matons, la protection ambiguë des caïds…
Le style adopté par l'auteure correspond tout à fait au statut du narrateur, un jeune homme sans éducation qui s'exprime par des phrases courtes et des notations crues pour décrire l'abjection.
Et puis intervient l'impensable : une catastrophe nucléaire irradie la moitié de la France ((Joseph ignorant les détails concernant l'explosion, le lecteur n'en apprendra pas plus), la prison est évacuée et Joseph en profite pour s'évader. Il décide de vivre seul, en pleine nature, à l'écart d'un genre humain qui a révélé toute sa bassesse et pour ne pas être repris par les autorités.
La suite du roman, écrite à la troisième ou à la première personne, décrit une renaissance, la renaissance d'un homme qui redécouvre ce dont il a été privé par son incarcération, les mille merveilles de la nature : c'est un véritable chant du monde, pour reprendre le titre d'un roman de Giono, que l'auteure exprime en nous faisant partager les sensations et les sentiments de son personnage.
Mais, pour ce Robinson misanthrope, la solitude se fait parfois très pesante, la vie n'est pas toujours facile, notamment en hiver, il faut aller toujours plus loin pour trouver de quoi se nourrir : les nuages s'accumulent sur le paradis que s'est construit Joseph...
Une belle réussite romanesque et poétique.
Merci à Babelio et aux Editions Noir sur Blanc pour cette découverte.
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Kittiwake
  18 juillet 2018
Sophie Divry est une auteure protéiforme : si l'on repense à le diable sort de la salle de bain ou encore à La Condition pavillonnaire, les sujets et le style étaient déjà très différents. Et c'est avec Trois fois la fin du monde un nouvel exercice de style : la parole est donnée à Joseph, qui s'est fait chopé lors d'un flag, sur un braquage qui a mal tourné : son frère Tonio a été abattu par la police et Joseph se retrouve sous les barreaux.
C'est tout un univers que découvre le jeune homme : avec sa cruauté, ses trahisons, les choix impossibles, la violence, qu'elle vienne des co-détenus ou des matons. de quoi se forger une armure psychique , avec le risque que ce qui restait de bon en vous disparaisse à tout jamais.
C'est un événement inopiné, mais une bonne aubaine pour Joseph, l'explosion d'une centrale nucléaire, qui lui permet d'échapper à l'univers carcéral, pour découvrir une extrême liberté, qui a tout d'une robinsonade . Seul dans les ruines d'un monde qui semble disparu, Joseph apprend la survie et découvre le manque des autres.
Le récit alterne le monologue intérieur du héros et la narration externe. Joseph utilise un lexique de petite frappe, auquel s'ajoutera le parler de la tôle. Et c'est une constante tout au long du récit, même lorsqu'adapté au cadre de solitude qui est le sien, et nourri de ce que les ruines lui offrent comme ressources de stratégie pour suivre, Jo reste un gamin paumé. Si l'enfer a pu être les autres, l'enfer est aussi présent sans les autres, sans infos, sans rumeurs, sans présence humaine même médiatisée.
Beau récit que l'on pourrait affiler au nature writing des anglo-saxons. Robinson des temps modernes, dont le passé lui interdit à jamais la recherche de ses semblables, Joseph s'est bien involontairement isolé, pour se retrouver face à lui-même au coeur d'une nature qui ne lui fait pas de cadeaux.
Un tout petit bémol, très personnel : c'est la voix de Sophie Divry, que j'écoute avec plaisir dans Les papous dans la tête, que j'entendais en parcourant le récit. Difficile alors de laisser Joseph se dessiner au fil de son monologue, et de permettre à l'histoire d'exister pour elle-même.
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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si-bemol
  13 août 2018
(Lu dans le cadre des Masses critiques Privilège)
Joseph Kamal, 22 ans. Un parcours scolaire ordinaire. Bachelier. Apprécié dans la boîte d'intérim où il travaille. Une petite vie sans histoires. Jusqu'à ce coup de main donné à son frère Tonio, sa seule famille, délinquant, braqueur, récidiviste, jusqu'à cet excès d'amour, de solidarité fraternelle, et sa vie qui bascule brutalement : son frère abattu sous ses yeux par la police, et son incarcération pour complicité de braquage.
Commence alors pour notre héros une longue descente aux enfers, qui va durer trois ans : la prison, où il fait le deuil de sa pureté et de son innocence, où il découvre la violence extrême et gratuite des matons comme de ses co-détenus, l'humiliation et la loi du plus fort. Un enfer où il apprend la haine. Une haine absolue, totale.
Et puis… coup de théâtre. Une explosion nucléaire, la “Fissure”, qui détruit la moitié de l'humanité. Evacuation de la prison. Evasion. Et une nouvelle vie qui commence. Une vie différente. Avec cette haine, toujours, fichée au plus profond du coeur. Brûlante. “Emmitouflé dans ses laines, Joseph regarde la fin de l'homme. Parce que, là-haut, il en est sûr, il n'y a plus d'hommes, enfin. Il faudrait parvenir à détruire ce monde.”
La haine. La peur. La solitude. La survie. le meurtre, aussi. Et le besoin de tendresse, inconscient mais intact.
Dans ce monde déserté où seuls subsistent de l'ordre ancien des panneaux dérisoires (“Défense de stationner”, “Attention alarmes”, “Propriété privée”...), il creuse le sillon de sa solitude, de sa liberté fragile et possiblement menacée, et naît lentement à un autre lui-même : “Il est là, sans pensée aucune (...) Il n'est pas dans un pays étranger, mais dans un pays parallèle. Un monde sans ces hommes et ces femmes-ci. Un monde de chênes et de pins, un monde qui griffe, qui chante, qui cailloute et cogne avec le soleil, un monde qui bruisse sous l'eau, et maintenant broute. C'est dans la grande Zone du contre-monde, son Domaine à lui.”
Seul avec lui-même, dans la simplicité de la nature, dans l'amitié des arbres, de la pluie et de quelques bêtes survivantes (un mouton, des oiseaux, des chats), est-il sur le chemin d'un apaisement, d'une forme de pardon, de reconstruction, de rédemption, peut-être ? Ce serait sans compter avec l'intelligence du récit dont fait preuve Sophie Divry. “Trois fois la fin du monde”... Après l'incarcération, après la Fissure, il y aura bien pour Joseph une troisième “fin du monde”, un désastre absolu qui viendra clore ce récit intense et bouleversant… dont je vous laisse découvrir la fin.
J'ai vraiment tout aimé de ce roman crépusculaire que j'ai lu d'une traite et quitté avec peine, le coeur serré : sa langue -ou plutôt ses langues- (celle de Joseph, tendance “9-3” contrastant fortement avec celle, somptueuse, de l'auteur), sa construction, la véracité des personnages, comme la finesse des analyses psychologiques et des situations, la poésie sensuelle et forte avec laquelle sont rendus (un peu comme chez René Frégni ou Christian Bobin) ces petits “riens”, si importants, de la nature. Et j'ai beaucoup aimé également l'originalité de ce livre qui n'est ni un récit carcéral, ni un roman post-apocalyptique… mais un “objet littéraire” un peu à part, une forme de quête personnelle à la fois lumineuse et sombre, une exploration tout en finesse de la solitude extrême et du chagrin, qui m'a beaucoup touchée.
Pour cet excellent moment de lecture, un grand merci à Babelio, aux éditions Noir sur Blanc… et à Sophie Divry, un auteur que je ne connaissais pas et dont il me tarde de découvrir les précédents romans !
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Iboo
  19 août 2018
Assaillie d'un doute, vers la cinquantième page, je me suis surprise à aller vérifier le nom de l'auteur. Je trouvais, en effet, le style très masculin. Ce n'est pas un reproche, c'est un constat. C'était, néanmoins, bien vu, car cela confère au personnage central une indéniable crédibilité.
Alors, certes, l'écriture n'est pas très académique. Mais est-ce bien important ? Juste avant d'ouvrir celui-ci, j'ai refermé temporairement un livre au tiers de sa lecture - Expiation de Ian Mc Ewan - dont l'écriture est irréprochable et... qui, pourtant, me tombait des mains.
L'été et ses emplois du temps surchargés, ne se prêtent pas, pour ce qui me concerne, à la lecture de chefs-d'oeuvres littéraires avec des phrases qui n'en finissent pas et des analyses de caractères alambiquées et pesantes.
"Trois fois la fin du monde" correspondait pile-poil à ce que j'avais envie de lire en ce moment. J'ai aimé la narration enlevée, les phrases courtes et l'originalité de l'histoire.
J'étais déterminée à lui mettre une excellente note jusqu'à ce que, à la page 219, je lise :
"Il pense alors au plaisir qu'il y avait à dormir dans la combe... C'est toujours une décision rapide au dernier moment. J'y vais cette nuit. Bientôt ça pèlera trop."
Énorme déception ! Toute la fin venait de m'être révélée par ces trois lignes et j'ai lu les quinze dernières pages assez dépitée car je savais très exactement ce qu'il allait se passer. Dommage !
Avec tous mes remerciements aux Éditions Noir sur Blanc pour m'avoir adressé gracieusement ce livre.
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critiques presse (1)
LaCroix   21 septembre 2018
Poursuivant son exploration littéraire, Sophie Divry signe un étonnant roman sous la forme d’une parabole moderne sur la solitude et la liberté.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
BazartBazart   21 septembre 2018
Le temps passe cruellement, lentement, et l'envie d'hurler, hurler comme un fou, me prend parfois en retour de promenade, quand la serrure tourne avec un bruit sinistre et que je suis enfermé pour 48 heures dans cette cellule noire. J'ai envie de tuer, de frapper et de mourir."
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BazartBazart   16 septembre 2018
J'ai tellement envie d'être seul maintenant. Entièrement seul. le besoin de solitude me torture presque physiquement. Ah, qu'on me donne de l'air, de l'espace. Combien je donnerais pour ne plus voir personne, pour ne plus les entendre, ces hommes, ces détenus, ces corps près du mien, ne plus les voir bouger, combiner, dominer, causer, ne plus les entendre mastiquer, se gratter, ronfler, pisser, et répandre autour de moi toute cette saloperie d'humanité.
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BazartBazart   14 septembre 2018
« Alors de plus caché de la terre, du plus profond, du plus humble, des millions de graines lancent un cri muet de désir. Toutes, sous l'oeil endormi, écartent la pellicule qui les tenait resserrées et déploient en même temps leur volonté opiniâtre de crever le sol. les rayons du soleil répondent à cet appel, tirent et attirent chacune de leurs tiges, les scindent en minuscules langues, en lianes, en feuilles claires, jusqu'à ce qu'elles se répandent enfin à la surface du sol. »
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BazartBazart   16 septembre 2018
Toute sa vie, il a été éduqué, habillé, noté, discipliné, employé, insulté, encavé, battu – par les autres. Maintenant, les autres, ils sont morts ou ils ont fui. Il est seul sur le causse.
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FleurDuBienFleurDuBien   13 septembre 2018
Joseph regrette de ne pas être une bête, de ne pas être un chevreuil se nourrissant de feuilles. Il regrette que ce soit lui qui doive diriger la ferme, s'occuper d'un mouton noir, de deux chattes innocentes et de sa propre subsistance. Il aimerait transmettre sa charge à une espèce supérieure qui aurait à son tour protégé sa vie.
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Vidéo de Sophie Divry
Sophie Divry présente Trois fois la fin du monde
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