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EAN : 9782370732972
313 pages
Éditeur : Allary Editions (10/10/2019)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Peut-on reprendre le contrôle d'une mondialisation débridée dont les dégâts se font sentir chaque jour sur la démocratie, l'environnement et la justice sociale ? Oui. Grâce aux nations. Un tel propos peut paraître contre-intuitif à tous ceux qui voient la nation comme un totem identitaire. Mais ce livre montre qu'elle reste le levier le plus efficace pour ne plus être les témoins impuissants des dérèglements en cours. Humanistes, progressistes, sociaux-démocrates, é... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
mondesfuturs
  26 février 2020
J'ai lu ce livre avec intérêt car il permet de comprendre comment, historiquement, on en est arrivé à ce semblant de démocratie en raison de la mondialisation. Les propos sont plutôt clairs, même si je ne suis pas en accord avec toutes les analyses de l'auteur, ni avec certaines de ses réponses.
David Djaïz cherche à appuyer l'idée que l'Etat nation est la meilleure échelle pour sauver la démocratie et résoudre les problèmes liés à la mondialisation. le contenu de ce livre amène donc, en plus d'une meilleure compréhension des mécanismes politiques et économiques à l'oeuvre, un vrai débat sur la structuration de nos sociétés. C'est pourquoi j'évalue positivement ce livre (4/5) bien que je ne sois pas d'accord avec le fond du propos qui est de remettre en avant la notion de nation.
Pour être plus clair, je me dois de détailler ma critique.

(Sur un livre politique, il me sera difficile de faire une critique sans y adjoindre mon point de vue personnel sur les thèmes abordés dans le livre : mes idées sont entre parenthèses).
L'objectif de ce livre est clairement défini dans l'introduction : il s'agit de montrer que pour rééquilibrer le capitalisme et la démocratie, remettre l'économie en phase avec la justice sociale et environnementale, il est nécessaire de réhabiliter la nation. Cette idée me parait plutôt originale et plutôt en opposition avec ma pensée profonde, j'ai donc hâte de lire ce livre à la lecture de cette introduction.
Le livre est découpé en 3 parties, de qualité décroissante à mon gout.

- Dans la 1ere PARTIE, David Djaïz explique avec brio comment les néolibéraux ont historiquement mis en place des institutions indépendantes de l'Etat (donc non démocratiques) pour éviter le poids des groupes d'intérêts dans le contrôle des marchés : Autorités de régulation, FMI, banques centrales, OMC, etc.
Les parlementaires, pourtant élus démocratiquement, s'en remettent aux avis de ces institutions, dont les représentants ne sont pas élus démocratiquement et sans même que les citoyens ne s'en rendent vraiment compte. C'est toute la logique de la structuration actuelle de l'Europe où le libre-échange est érigé en valeur absolue.

Comment les démocraties ont-elles pu laisser faire ça et continuent-elles de l'alimenter ? C'est la question centrale qui est posée.
Résumé (simplifié) des propos de l'auteur pour l'expliquer :

L'auteur évoque également le triangle de Rodrick selon lequel un pays ne peut avoir que 2 objectifs sur les 3 suivants : état-nation fort, intégration économique mondiale, démocratie vivante. Selon l'auteur, l'objectif de l'état-nation ne peut être abandonné car les peuples s'identifient fortement à la nation au point qu'ils privilégient leur identité nationale à la démocratie, notamment au respect de l'état de droit (qui protège notamment les minorités). Djaïz en déduit qu'il est illusoire de vouloir réduire l'idée de nation. (C'est un point sur lequel, j'ai une véritable divergence d'analyse avec cet auteur. Pour moi, l'attachement à la nation est historique mais n'est ni indépassable, ni souhaitable. le développement des technologies de communication facilitant les échanges de cultures, le développement de problématiques impliquant une réaction de solidarité internationale comme les problèmes environnementaux ou les périls de type pandémies sont de nature à privilégier le sentiment d'appartenance à une humanité commune sur l'appartenance à une nation).

David Djaïz souhaite un « moment constituant » impliquant une démocratie représentative et une démocratie directe – pour éviter que la 1ere empêche la seconde – (comme nous l'avons vu récemment avec l'échec du référendum d'initiative citoyenne sur la privatisation d'Aéroports de Paris) Il évoque notamment un traité de démocratisation de l'Europe qui permettrait de l sauver en la restructurant et en modifiant son fonctionnement.
Il est proposé notamment que
- Dans la 2eme PARTIE, David Djaïz explique comment s'est fait l'effondrement des classes moyennes dans nos démocraties, suite à la robotisation et la délocalisation des emplois d'ouvriers qualifiés.
Il explique (avec toujours autant de brio) comment une séparation s'est faite dans les pays industrialisés entre travailleurs nomades – dont le métier peut s'exercer n'importe où – et les travailleurs sédentaires – dont lé métier est dépendant du lieu de travail. Les premiers profitant de la mondialisation alors que les seconds la subissent.
Alors que les nomades souhaitent un environnement à bas coût (éducation, santé, loyer, eau…) pour être compétitifs à l'échelle internationale, les sédentaires ont davantage besoin d'un environnement solidaire -avec des services publics- Les nomades n'ont pas d'intérêt à ce que les sédentaires s'enrichissent (sinon la compétitivité diminuerait avec la disparition d'un environnement à bas coût). Leurs intérêts divergent. (Désolé, si je ne suis pas très clair, Djaïz explique cela bien mieux que moi !!!)
L'auteur évoque également une expérience de pensée de Paul Collier pour expliquer l'opposition qui peut être faite entre une identification à son travail et une identification à sa nation. (On comprend alors que les gens qui ont un salaire peu gratifiant se rabattent sur le nationalisme - le sentiment d'appartenance à une nation étant, pour eux, plus gratifiant).

Djaïz propose donc des solutions intéressantes (mais à mon avis loin d'être suffisantes) pour y remédier

- Dans la 3eme PARTIE (très décevante), David Djaïz explique comment une redistribution territoriale à l'intérieur des nations a permis jusque là, de compenser les inégalités économiques d'une région à l'autre. Il explique comment ce phénomène s'est fait moins prégnant depuis la crise de 2008, sauf en France où la solidarité nationale a résisté pour des raisons historiques.
Face aux néolibéraux qui somment de faire évoluer les institutions et structure démocratiques vers des échelles de décisions plus adaptées à la mondialisation- c'est-à-dire vers des structures supranationales. Djaïz indique qu'il n'y a que 3 échelles possibles : la tribu, la nation ou l'empire. Pour lui, la première (il prend l'exemple très douteux du djihadisme pour définir la tribu) et la dernière (il évoque le passé des empires pour en discréditer la notion de structures de gouvernance démocratique supranationale, là encore, c'est discutable) sont obligatoirement des instances aux décisions verticales -autoritaires et non démocratiques-. (Je considère que son argumentation est très pauvre et donc peu convaincante. Il oublie les dégâts historiques liés aux identifications nationales des citoyens. Il oublie également une échelle sans doute plus judicieuse et qui va dans le sens de l'histoire : l'échelle mondiale – même si je suis bien conscient, que ce niveau de décision est encore à ses balbutiements. On ne peut pas se baser sur le fait que la nation est l'échelle à laquelle se raccroche le plus de citoyen pour en déduire que ce sera toujours le cas et qu'il ne vaut pas la peine d'essayer de le dépasser. Sans cela, nous en serions encore à l'époque des tribus.)
Pour renforcer la nation, l'auteur fait des propositions afin de l'équilibrer :

Le SLOW DEMOCRATIE est (si j'ai bien compris) la mise en place de structures communautaires permettant de protéger les territoires de la course que représente la mondialisation.

Lien : http://millefaces.free.fr
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misstoupin29
  15 mars 2020
C'est un ouvrage que j'ai à certains moments dévorés et d'autres que j 'ai lu.
Je remercie Babelio qui m'a permis de lire cet ouvrage grâce à l'événement masse de critiques .
Un des points noirs du livre c'est de mettre les notes à la fin du livre.
Concernant les chiffres donnaient , j'aurai aimé savoir les sources par exemples sur les sondages.
Le début est un peu timide mais les pages passent et l'auteur nous fait rentrer dans le livre.
Un des exemples que j'ai préféré dans ce livre c'est il montre l'évolution de l'économie et celui de Fiat .L'idée est très bonne et cela permet de comprendre l'évolution de l'économie mondial de manière synthétique.
Il fait aussi à la Loi du marché de Stéphane Brizé qui hélas est et va être d'actualité après le choc que nous vivions avec le COVID-19.
A faire lire
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marsouche
  16 mars 2020

J'ai fini ce livre reçu dans le cadre de la dernière masse critique de #babelio.
L'auteur interroge: Comment peut -on reprendre notre destin en mains dans ce contexte de mondialisation débridée? Comment retrouver un équilibre qui ne bafoue plus la justice sociale? .
Les nations seraient dès lors l'élément central de la réponse. Il faut attribuer à nouveau à la nation, ce concept identitaire, son rôle démocratique. Sous de nombreuses analyses actuelles, Djaïz propose de nombreuses pistes pour retisser les liens des hommes, des individus au niveau de l'état et de son territoire. .
Le récit est richement documenté. Dommage que toutes les notes se trouvent à la fin du livre, je trouve que ce n'est pas agréable. le titre me semble ne pas vraiment révéler le contenu de l'ouvrage. le découpage en trois périodes clés permet de bien comprendre les événements importants de son analyse. .
En bref un livre intéressant et important nous ouvrant de nombreuses pistes de réflexion. Un style abordable malgré le sérieux du sujet. Un livre hors de mes habitudes de lecture que j'ai vraiment apprécié. de quoi me fournir de nombreux moments de réflexion
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
mondesfutursmondesfuturs   26 février 2020
[...] Capitalisme et démocratie auront alors définitivement divorcé. Un divorce d'autant plus brutal que la colère des classes moyennes gronde. Sentant que la mondialisation libérale a dégradé les sociétés de prospérité et de plein emploi construites par et pour elles durant les Trente Glorieuses, elles se jettent dans les bras de démagogues qui se prétendent les derniers défenseurs de la nation. Mais eux ne chérissent pas la nation comme une forme politique capable d'abriter démocratie, liberté individuelle, cohésion sociale et territoriale. Ils la voient comme un moyen d'exalter un peuple ethniquement homogène, de déclarer la guerre à tous ceux qui ne leur ressemblent pas, à commencer par les immigrés ou les minorités.
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mondesfutursmondesfuturs   26 février 2020
Les fins générales affirmées dans l'ordre international nous donnent simplement les limites dans lesquelles déployer notre action : l'échange économique entre nations ne connaissait aucune limite ; il devrait désormais être sommé de tenir compte du libre choix démocratique des nations , des capacités de charge limitées du système-Terre et du respect des droits des travailleurs . On peut dire que ces fins générales fonctionnent comme les coordonnées d'un plan qui définit le périmètre de notre action . Par exemple, si nous n ' atteignons pas la neutralité carbone en 2050 , la catastrophe climatique sera irréversible: tous les échanges économiques doivent désormais tenir compte de cette limite fondamentale, ce qui justifie de revisiter les accords de libre-échange.
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mondesfutursmondesfuturs   26 février 2020
Les nations démocratiques sont le produit de l'ingéniosité humaine la plus raffinée, celle de l'esprit des Lumières. Elles ont été conçues comme une réponse à la violence du monde, un moyen de le rendre vivable pour tous. A ce jour, elles sont la seule forme politique par laquelle nous pouvons tout à la fois nous gouverner nous-mêmes, directement ou par le truchement de représentants; exercer pleinement notre liberté; et être solidaires les uns envers les autres.

Tous les ouvrages humains, même les plus imposants, même les plus solides, finissent par se défaire si l'on n'en prend pas soin. Un ouvrage d'art a besoin d'être entretenu. Il suppose un souci et une vigilance constants. Il en va de même pour nos nations démocratiques.
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misstoupin29misstoupin29   08 mars 2020
Mervyn King, le très écouté gouverneur de la Banque Angleterre ,résumait la situation en une formule choc" Les banques sont mondiales dans la vie et nationales dans la mort;"
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misstoupin29misstoupin29   15 mars 2020
Lorsque le sentiment d'appartenance nationale n'est pas assez fort ,les individus ,les entreprises ou les religions riches refusent le principe de la solidarité.
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