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EAN : 9782080689160
314 pages
Flammarion (09/01/2006)
3.66/5   95 notes
Résumé :
Roxane arrive à Paris. Comme bagage, elle n'a que son enthousiasme, sa naïveté, son désir et sa rage d'apprendre le français. Elle veut devenir française par la langue. Mais la langue française se révèle implacable, une compagne infidèle. "Quelle belle garce cette langue, la plus belle. Quelle belle grâce cette langue, la plus belle."

Les bribes d'une enfance iranienne troublent son monde parisien. Les souvenirs murmurent tout bas. Elle se
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
3,66

sur 95 notes

zabeth55
  30 juillet 2018
Comment peut-on être français ?
Difficile en effet quand on débarque à paris à 25 ans, seule, sans parler la langue.
D'abord c'est l'éblouissement, arpenter Paris de long en large, s'émerveiller des lieux, de la liberté des gens, de la profusion des marchandises dans les magasins…….
Puis des phases d'abattement devant les difficultés de la langue, devant la galère à trouver un emploi, devant la solitude.
Mais Roxane est courageuse, volontaire, obstinée.
Avec acharnement, elle apprivoise la grammaire, se plonge dans les dictionnaires.
Avec la série des Lagarde et Michard, elle explore la littérature française et découvre entre autre Montesquieu avec qui elle va entretenir une correspondance posthume.
Ne disait-il pas dans les Lettres persanes : « Comment être persan ? »
Son héroïne ne se nommait-elle pas Roxane aussi ?
Elle lui parle de son amour pour la littérature française, de religion, de son enfance, de sa vie en Iran, l'absence totale de liberté, l'attente d'un ailleurs, ce « là-bas » qu'elle imagine depuis l'enfance.
‘C'est aussi passionnant quand elle parle de Paris que de l'Iran, que de littérature
Et son amitié avec Montesquieu au-delà des siècles est tellement évidente.
Vraiment, j'ai adoré Roxane dans laquelle entre certainement une grande partie de la vie de l'auteur.
Cette Roxane enthousiaste, persévérante, sensible, lucide, forte mais fragile à la fois.
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Dosamuse
  27 août 2014
Très beau roman, autobiographique en partie, sans prétention, drôle et pertinent.
J'ai surtout été touchée par :
- Cette ôde à la langue française. Cette jeune iranienne qui débarque à Paris sans connaître un mot de français s'obstine à l'apprendre à travers les grands auteurs classiques. Proust ne se lit qu'au jardin du Luxembourg, elle écrit des lettres à Montesquieu parce qu'elle s'appelle Roxane comme dans les Lettres persanes...
- L'objectivité dans la description de la société iranienne et plus généralement de la société musulmane. J'apprécie moyennement ces auteurs étrangers venus expliquer aux lecteurs occidentaux la difficulté de vivre dans leur pays : on force les traits, on tombe vite dans le cliché, on essaye de choquer sans relativiser. Là c'est très subtile et au lieu de se perdre dans les descriptions larmoyantes de la dureté des mollahs, l'auteur tente plutot d'analyser cette société en la comparant à la société française, l'obscurentisme contre les Lumières. J'ai rarement lu des analyses aussi pertinentes.
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JeanPierreV
  25 septembre 2016
Roxane Khân, jeune iranienne, née en 1975, arrive à 23 ans à Paris pour fuir le régime des mollahs. Elle ne connait pas notre langue, ni notre pays. Éblouie par cette liberté nouvelle, elle déambule toute la journée et achète finalement un vélo pour découvrir encore plus rapidement cette nouvelle vie, cette ville. Elle a laissé en Iran des dizaines de frères et soeurs, elle est bien incapable d'en dire le nombre, son père Pacha Khan avait tant de femmes qu'elle ne connait même pas sa mère ni toutes ses soeurs.
Quel bonheur pour elle d'abandonner son tchador noir, uniforme taillé par le gouvernement, de monter à vélo, de s'assoir à une terrasse de café et d'y commander un verre de vin...toutes chose interdites là-bas!
Pour être admis en France, pour devenir français, une fois les papiers obtenus, rapidement en ce qui la concerne, il lui faudra gagner de l'argent, trouver du travail et maîtriser notre langue
"Chef des frites" à Mac Do et petits boulots pour subsister et surtout découverte du français, langue oh combien difficile qu'elle aime, malgré tout immédiatement. Dès qu'une difficulté est surmontée, une autre se présente. Comment assimiler le genre des mots qu'elle n'arrive pas toujours à comprendre : "Elle devint obsédée du sexe des mots, comme les fanatiques religieux l'étaient du sexe des femmes.". Ce difficile apprentissage du français, décrit par cette jeune femme, nous fait percevoir la complexité de notre langue et la difficulté qu'a, de ce fait, tout étranger pour de s'intégrer, afin que personne ne lui demande : "Vous venez d'où ?".
Une complexité dont nous ne nous rendons pas compte.
Secrètement amoureuse de Victor Hugo, elle va tout tenter, achats de dictionnaire, inscription à des cours, lectures des auteurs classiques...Une volonté à toute épreuve pour parler, comprendre notre langue, s'intégrer à notre pays, à notre culture, se défaire du passé qui lui colle à la peau, qu'on lui rappelle, difficile apprentissage, espoirs et désolation, regards des autres....
Parce qu'elle s'appelle Roxane, elle va écrire à Montesquieu, répondre à cette Roxane des "Lettres persanes" et à la question de l'auteur "Comment peut-on être persan ?".
Dix-huit lettres , ayant chacune une adresse de rue différente, toutes des rues à la mémoire d'auteurs français. Dix-huit lettres dans lesquelles tour à tour elle comparera entre ses deux pays de coeur, l'Iran et la France, les conditions de vie, la condition des femmes, la littérature, évoquera pèle mêle l'arrivée des mollahs, la place des enfants dans le monde occidental, la liberté en Iran, la religion, le sport, la vie en France, la sécurité, la science, la solitude...Dix-huit lettres qui lui reviendront : "N'habite pas à l'adresse indiquée"
On ne peut qu'admirer la persévérance de cette jeune femme, ses combats pour apprendre notre langue et s'intégrer et au travers du regard qu'elle porte sur sa nouvelle vie de réfugiée, s'interroger à notre tour sur la vie française, sur notre culture, notre perception des étrangers, l'accueil que nous leur réservons, notre police....notre regard.
Une question d'actualité
Ce livre, qui vraisemblablement est en partie une autobiographie de l'auteur, est un petit bijou d'humour, de sensibilité et d'enthousiasme. Sourire, gravité, drame et grande tristesse alternent, pages après page..Provoquant souvent, comme le titre
J'ai déjà dans ma liste de livres à lire, d'autres ouvrages de cette auteure;

Lien : https://mesbelleslectures.co..
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Fandol
  01 avril 2018
Dix ans avant de publier Les putes voilées n'iront jamais au paradis, Chahdortt Djavann avait déjà confié beaucoup de choses à propos de son pays d'origine. Alors qu'elle utilise beaucoup le registre de l'imaginaire, elle nous plonge plus que jamais dans la dure réalité vécue par elle en posant la question : Comment peut-on être français ?
Bien sûr, elle s'appuie sur son expérience mais n'hésite pas à aller au-delà avec cette Roxane Khân, fille de Pacha Khân, ayant beaucoup de frères et de soeurs. Son père était un féodal, un ingénieur qui bâtissait dans tout le pays jusqu'à ce qu'un grave accident le plonge dans le coma et qu'il fume de l'opium ensuite.
Roxane est née dans les montagnes d'Azerbaïdjan, naissance prématurée à sept mois. Un siècle après l'assassinat de son grand-père, elle arrive à Paris, « Paris, son fantasme à elle. » Elle connaissait la ville dans les livres mais se retrouve dans une chambre de bonne tentant d'apprendre notre langue.
Elle explore les rues de la capitale, se rend dans des endroits célèbres comme le café de Flore : « Même dans ses rêves, elle n'avait jamais fait ça : boire un verre de vin rouge à la terrasse d'un café parisien. La réalité dépassait ses rêves. »
Au supermarché, elle ressent qu'elle vient vraiment d'un autre monde et elle tremble lorsqu'elle attend le renouvellement de sa carte de séjour. La conjugaison de nos verbes est un véritable cauchemar comme le genre des noms, ce sexe des mots, car en persan, l'article n'existe pas.
Les traumatismes de son enfance refont surface. Elle sympathise avec Kim, son voisin, coréen, fait les frites au McDo, garde Clara, la fille de Julie, journaliste, suit des cours à la Sorbonne et lit attentivement Les lettres persanes de Montesquieu. Elle n'en revient pas de la justesse des propos de l'écrivain, trouve une véritable complicité avec lui et… décide de lui écrire.
Ce sont alors dix-huit lettres, toutes retournées à l'envoyeur, qui lui permettent de confier ses états d'âme, ses pensées, ses émotions, ses espoirs, sa débauche d'efforts pour apprivoiser le français. Elle décrit aussi l'Iran d'aujourd'hui et insiste : « Pour ma part, je ne me suis jamais sentie à ma place, pas plus en Iran dans ma famille, que dans ma chambre à Paris. »
Il faut lire ce qu'elle raconte et ne pas l'oublier : « Sous le regard indifférent des gouvernements occidentaux, les autorités oppriment, condamnent, torturent, exécutent en toute impunité. Il n'est pas de l'honneur et de la dignité de l'Occident de s'allier avec des tyrans. Et pourtant il le fait, l'Occident, non seulement avec ceux de l'Iran, mais avec tous les tyrans. »
Plus loin, elle ajoute : « Que peut attendre ce peuple d'une religion qui l'humilie, le torture et ne lui laisse aucun esprit de vie ? » Elle ne rejette pas la responsabilité des Occidentaux dans la situation iranienne, souligne l'analphabétisme dans les pays musulmans et, suite à une arrestation malheureuse dans Paris et à l'attitude bornée de quelques policiers, revit le cauchemar atroce qui lui a fait fuir son pays.

Lien : http://notre-jardin-des-livr..
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VALENTYNE
  06 juillet 2016
Fin des années 1990, une jeune iranienne de 25 ans arrive à Paris, . Elle fuit l'Iran de l'ayatollah Khomeini et de ses mollahs. Au début elle exprime son enthousiasme de se retrouver dans la ville des Lumières et puis plus longuement elle aborde son difficile apprentissage de la langue, elle nous décrit ses difficultés et sa solitude.
Solitude choisie puisqu'elle pourrait se rapprocher d'iraniens vivant à Paris mais non, Roxane ne veut plus avoir à faire avec ce pays honni. Petit à petit, elle trouve un demi-travail (McDo) puis un autre (baby-sitter)
Un jour en cours de français, elle découvre les lettres persanes de Montesquieu et décide d'écrire son ressenti à celui ci. Elle lui envoie donc des lettres à des adresses parisiennes qu'elle invente, lettres lui reviennent NPAI on le comprend (ou comment recevoir une lettre la fait se sentir moins seule)
Tout m'a plu dans ce livre : la sensibilité de cette jeune femme, son humour par exemple quand elle explique ces difficultés avec les articles : (un rue ou une rue ?) , ses jeux de mots (des homme persans,des homme perçants) , sa vision sans concession de l'Iran, de la terrifiante condition des femmes dans ce pays, de là difficulté de s'intégrer dans un pays étranger.
Elle est libre maintenant mais n'arrive pas à se débarrasser du poids de son passé (que le lecteur connaîtra à la toute fin), de son enfance dans une famille où les enfants sont traités comme un troupeau. Ce n'est pas tant du français qu'elle souhaite s'imprégner c'est aussi oublier tout ce qui a précédé son arrivée en France.
La seule chose qui m'a un tout petit peu gênée est le prénom de la jeune femme : Roxane qui me semblait très français comme prénom (un petit tour sur wiki et les prénoms persans me dit que Roxana est un prénom persan et signifie « beauté lumineuse »
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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
Nat_85Nat_85   09 septembre 2021
C'est fou ce que les enfants ont de l'importance dans votre pays. Ils sont les maîtres de tout. Un enfant à lui seul possède des dizaines de jouets, que dis-je ? des centaines de jouets et de livres. L'étonnant, c'est que les enfants sont considérés comme de petits adultes. Les parents discutent, raisonnent avec leurs enfants. Les désirs des enfants, dans la mesure du possible, sont exaucés. Un seul enfant a plusieurs personnes pour s'occuper de lui : les parents, quand ils ont fini leur travail, la maîtresse d'école, et puis la baby-sitter.
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VALENTYNEVALENTYNE   06 juillet 2016
Elle commença le cours de civilisation française à la Sorbonne. Pour s’imprégner des mots, pour découvrir leur essence, pour aller au-dedans des mots, elle décida d’abandonner le dictionnaire français-persan et de se référer uniquement au Petit Robert. Apprendre les mots français par le truchement de leur équivalent en persan les rendait encore plus artificiels et étrangers ; en outre, les mots persans étaient inconciliables avec ce nouveau monde, tant ils rappelaient à Roxane les souvenirs d’un pays où des dogmes barbares faisaient office de lois. Roxane avait six ans lorsque le régime islamique s’était imposé en Iran, et le persan pour elle traduisait les félonies qui avaient assombri l’histoire de ce pays. La langue persane, depuis des années, d’un côté, s’était réfugiée dans la poésie d’antan, aussi sublime qu’oubliée, mal traitée, mal aimée, et de l’autre côté, elle était condamnée à une décadence irrémédiable ; elle était pervertie par les mensonges de l’histoire, par des trahisons, des souffrances, des humiliations et des afflictions.Cette langue ne rappelait que trop à Roxane les souvenirs d’un monde où chaque mot était sali, trahi par les mollahs, un monde qu’elle avait fui, un monde abhorré. La faute n’en était pas au persan mais aux iraniens. Une langue n’existe que dans un lieu, dans un pays, dans le coeur et la bouche des gens qui la parlent, elle raconte l’histoire d’u peuple, traduit le monde où elle vit, dit la vie, la vie des gens. (page 113)
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otakarotakar   18 novembre 2007
Le séjour de la famille de l´oncle Sam a bouleversé ma vie, et nous voila au coeur du sujet. Il m´a permis de comprendre les avantages qu´il y avait a ne pas comprendre la langue de sa famille! Comme il était déja trop tard pour que je ne comprisse pas le persan, je me suis dit que, quand je serai grande, j´irai moi aussi a l´étranger, loin, et apprendrai une autre langue. Comme ca, personne, dans ma famille, ne me comprendra. A l´époque, pour etre honnete, je croyais que ce serait l´anglais. Mais aujourd´hui, je préfere que ce soit le francais. D´une part, je peux vous écrire et, d´autre part, une partie de ma famille parle anglais, alors que personne n´entend le francais. Mon souhait est donc acompli.
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NewtaNewta   01 décembre 2016
Qu'une fille arpente les rues, ça n'existe pas en Iran. Une fille, quand elle sort, si jamais elle sort, marche la tête baissée et "va tout droit et revient tout droit", comme on dit en persan. Elle va directement d'un lieu à un autre sans faire de détours. Et même comme ça, elle menace les règles de la morale islamique.
Un rien ébranle la morale islamique.

Au pays des mollahs, les regards des hommes s'accrochent à vous, vous pénètrent, malgré le manteau et le voile, comme des rayons X, jusqu'à l'os. Méticuleux, ils vous auscultent, vous dépouillent. D'un seul regard, les hommes savent la taille de votre poitrine, sa forme, sa profondeur, la forme de vos hanches, de votre bassin, et même celle de votre pubis.
C'est ça le regard persan, le regard perçant.

A Paris, Roxane n'en croyait pas ses yeux. Toute la journée, elle flânait dans les rues et les ruelles, elle marchait la tête haute, la tête levée pour regarder les immeubles. Elle s'arrêtait devant les monuments, revenait sur ses pas, s'asseyait sur un banc, reprenait son chemin. Et aucun homme ne lui soufflait : viens, que je te montre la vie...
Comment peut-on être parisien ?
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DosamuseDosamuse   26 août 2014
J'ai maintenant une dizaine de cahiers de notes où j'écris les nouveaux mots et mes passages préférés de chaque texte. C'est peut-être un peu idiot de faire ça, mais j'aime l'illusion de croire ainsi les posséder.
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Chahdortt Djavann vous présente son ouvrage "Et ces êtres sans pénis !" aux éditions Grasset.
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