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ISBN : 2070300358
Éditeur : Gallimard (17/11/2005)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 49 notes)
Résumé :
"Je viens d'ailleurs" raconte par fragments vingt ans de la vie d'une jeune iranienne révoltée par la violence du régime islamique. Entre fiction et témoignage, ce roman donne à voir, à entendre , à comprendre l'Iran quotidien.
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  01 mai 2016
...Après les vrais coup de poing, coup de foudre et coup de coeur... de "ma" première lecture de cette auteure "Les putes voilées n'iront jamais au paradis", j'ai emprunté à la médiathèque trois autres textes , antérieurs... dont celui-ci... en attendant de dénicher un autre de ses ouvrages,tout aussi interpellant ,sur la condition des femmes, "Bas les voiles"...

Beaucoup d'émotion à découvrir le premier texte de cette auteure, à forte consonance autobiographique...tout ceci, exprimé dans la belle langue française...langue envers laquelle Chahdortt Djavann rend un très bel hommage ainsi que dans "La dernière séance" que j'achève... en ce moment. La beauté de la langue qui aide à changer de vie, de pays et contribue à une "Reconstruction- Renaissance.."...
Dans cet écrit...la langue aide à "dire" et à atténuer la violence des chagrins, des deuils et la perte du pays de ses racines...


"Il y a sept ans, je ne savais ni lire, ni écrire, ni parler. Pas un mot. C'était une nuit d'hiver, j'arrivais à Paris.
Je me promenai sur les quais de la Seine et sentis ma passion de l'écriture, ma passion d'enfance ressusciter. (..)
Cette langue a accueilli mon histoire, mon passé, mon enfance, mes souvenirs et mes blessures. Cette langue m'a accueillie. Elle m'a adoptée. je l'ai adoptée. Mais, quels que soient nos efforts mutuels, les vingt-quatre ans que j'ai vécus sans elle laisseront à jamais une lacune en moi. Une lacune qui n'est pas un vide.Une lacune remplie de langue persane. Et c'est pour cela qu'il y aura toujours du persan dans mon français.
On me demande souvent d'où je viens. Cette question, je me la suis posée à mon tour, et ce livre est ma réponse. Je viens d'où je parle. Je viens d'où je regarde. Je viens d'ailleurs. "(Autrement, 2002, p. 6-7)

Ce texte dit, redit l'exil, les années de terreur sous le voile, à partir de 1979, à la venue de Khomeiny...et de la montée des mollahs. Récit aussi des années d'études de la narratrice en France, son retour au pays, après des années...qui sera violent et désespérant, ne retrouvant que peu de ses anciens amis , avec lesquels elle avait débuté ses études, et avec qui elle avait partagé ses révoltes contre le régime montant...
Le bilan de ce retour dans son pays natal se révélera des plus sombres et attristants !!

" j'ai passé la nuit dans un délire fiévreux. Je pensais aux années perdues, à l'amertume des souvenirs qui s'étaient gravés dans ma mémoire, aux désillusions révolutionnaires, aux amis assassinés. Une haine implacable transperçait mon corps. La haine de l'endoctrinement religieux. La haine du capitalisme et de la politique néocolonialiste qui protègent et nourrissent l'idéologie islamiste afin de mieux exploiter le tiers-monde. La haine de tous ceux qui ont soif de soumission et qui, au lieu de réclamer leur droit à la vie, embrassent le rôle des opprimés. (...)
Sans l'islam, cette catastrophe historique qu'on a camouflée en révolution
n'aurait jamais été réalisable en Iran. sans l'islam, le sort de bien des pays
aurait été autre. (Autrement, 2002, p. 113)"

Un roman autobiographique aussi bref que dense, qui décrit au-delà de la vie malmenée de la narratrice, la privation de la liberté, liberté de penser, liberté d'aimer...le régime de terreur imposé qui oppresse toute une population .sans oublier les massacres engendrés par le fanatisme religieux, et la haine de la femme que cela induit , dans tous les recoins de la vie sociale, la vie quotidienne, l'Université, jusque dans le domaine privé !...
On se réjouit d'autant du courage inouï de la narratrice qui quitte son Iran natal, sa famille, ses amis... pour poursuivre, réussir des études , apprendre une autre langue, écrire et témoigner de ce qui se passe dans son pays de naissance, terre à la fois adorée et abhorrée à cause des viles transformations survenues avec la révolution ,l'arrivée au pouvoir de Khomeiny...et des mollahs, en 1979 !

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Marcelline
  01 juin 2012
Un petit livre au format et à la typographie très agréables (éditions Autrement), dont la très jolie couverture m'a attirée sur la table de la librairie...
...et me voilà partie en Iran, sur les traces d'une jeune iranienne révoltée par la violence du régime islamique installé par Khomeyni en 1979.
Née en 1967, l'auteure, Chahdortt Djavann, vit depuis sept ans à Paris et écrit en français, ce qui influe forcément sur son style.
Par bribes, sans fioritures, elle nous fait découvrir de l'intérieur la brutalité et les contradictions d'un régime qui cache ses femmes (individus de "seconde zone") derrière un voile, qui sépare officiellement les hommes et les femmes dans toutes les activités de la vie publique mais qui accepte les entorses à ses règles si l'on accepte de payer le régime en pièces sonnantes et trébuchantes!...
Débutant sur un magnifique passage décrivant l'arrivée de la narratrice à Paris, alors qu'elle réalise qu'en s'expatriant elle ne sait plus "ni lire, ni écrire, ni parler", le récit est poignant, émouvant et très réaliste.
Un très beau texte, à l'écriture parfois étonnante, clairsemée de subjonctifs inattendus et de phrases courtes qui claquent, qui fait toucher du doigt le prix de la liberté!...
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mimipinson
  05 février 2013
« Au bord de la mer, la brise fait voler le voile des femmes pour caresser voluptueusement leur cou. C'est fou comme l'interdit nous apprend à jouir de peu. »
Court et premier roman qui a l'allure autobiographique, Je viens d'ailleurs nous plonge au coeur de l'Iran noir, cet Iran des Mollah qui au nom d'Allah en ferme, brime, isole, et au final finit par tuer à petit feu les femmes de ce pays.
Depuis la fin du régime impérial, pas forcément au meilleur de sa forme, jusqu'à l'installation du régime théocratique, la narratrice nous narre cette traversée chaotique, cette jeunesse sacrifiée, ces vies volées. Si, elle, a pu s'exiler, partir faire ses études, et se reconstruire ailleurs, combien n'ont eu d'autres choix que de se recroqueviller, et s'étioler ?
Chahdortt Djavann, s'exprime ici directement en français, langue qui n'était pas la sienne au départ, et d'une bien jolie manière. Avec réalisme, elle montre l'absurdité du régime, ses horreurs, ses compromissions, et ses limites.
La muette, paru en 2008, m'avait laissé un excellent souvenir ; nul doute que je reviendrai vers d'autres ouvrages de cet auteur qui à lin sens est pleine de talent.

Lien : http://leblogdemimipinson.bl..
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Ingannmic
  02 février 2018
Par une succession d'épisodes extraits de ses souvenirs d'adolescente, puis d'étudiante et enfin de sa vie adulte, la narratrice, iranienne, évoque les mutations brutales subies par la société iranienne avec l'arrivée au pouvoir des islamistes.
Elle a douze ans au moment de la révolution iranienne, en 1980 : le shah, représentant d'une monarchie inique qui fait l'objet de la contestation populaire depuis plusieurs années, est renversé. Parmi la multitude de factions révolutionnaires -anarchistes, laïques, marxistes...- et de groupes religieux alors existants, c'est la figure de l'ex agitateur revenu d'exil, Rouhollah Khomeyni, qui émerge, et qui est portée au pouvoir, sous les couleurs d'un islamisme radical.
Finie la mixité : dès l'école, les garçons sont dorénavant séparés des filles, reléguée au rang de créatures impures, auxquelles on enseigne le dégoût de leur corps et de ses odeurs, source d'infâme tentation pour les hommes... Tout le monde est surveillé, et la délation, même au sein des familles, est encouragée : les comités de pasdaran (organisation paramilitaire au service du régime) font régner la terreur, débarquant jour et nuit dans maisons et sur les lieux de travail pour arrêter les ennemis de la révolution islamique qui, une fois incarcérés, subiront menaces et tortures.
Issue d'un milieu aisé, élevée dans l'amour des livres et la détestation des mollahs, l'héroïne, avec deux de ses amies, Mahsa et Sara, se rallie alors un groupe de jeunes communistes, manifestant contre le nouveau régime, dont les représentants n'hésitent pas, alors, à tabasser les collégiennes, à tirer sur les lycéennes.
Ces premiers mouvements de révolte réprimés, à coups d'arrestations et de disparitions massives, chacun fait profil bas. Les femmes se voilent, tout le monde se tait, il s'agit d'anesthésier tout sentiment de révolte, toute tentation de jugement ou d'analyse. Il s'agit, en somme, d'oublier ce que l'on est. le peuple iranien est abâtardi par la répression et la propagande des mollahs. La narratrice perd ses amies...
Lorsqu'elle intègre l'université, la situation n'a pas changé. Les étudiants ne pensent ni à leurs études, ni à ce qui se passe dans le monde ou autour d'eux, ils se focalisent sur des obsessions apparemment dérisoires, qu'exhaussent les interdits, leurs pensées étant dédiées aux différentes façons de les contourner. Ecouter de la musique, fixer des rendez-vous avec des membres du sexe opposé..., sont devenues leurs principales préoccupations.
La dernière étape du récit la fait revenir, depuis la France où elle s'est exilée, dans l'Iran de la fin des années 90, pour rendre visite à sa famille. Elle est alors témoin de la corruption qui a notamment permis aux mollahs de s'enrichir, et du contraste entre une jeunesse dorée qui peut se permettre tous les excès, tant qu'ils sont officiellement dissimulés, et un peuple soumis à la misère, à des conditions de vie déplorables, dont les enfants, abusés, maltraités, sont les premières victimes. La drogue fait des ravages, et les contestataires sont toujours susceptibles de tomber sous les coups des pasdaran... la tendance est d'ailleurs plutôt de rêver de partir que de songer à se révolter...
Avec ce court roman écrit comme un témoignage -il est d'ailleurs d'inspiration autobiographique- Chahdortt Djavann porte un regard très critique sur l'intégrisme religieux, dont elle fustige l'injustice et la barbarie, dénonçant avec une force particulière le sort subi par les femmes dans les sociétés islamistes.
Lien : https://bookin-ingannmic.blo..
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claraetlesmots
  01 août 2010
Iran, 1979, le régime islamique installé par Khomeny voit le jour. le narratrice a 12 ans, sa vie de tous les jours se retrouve bouleversée. On la suit à travers ces changements et les années qui passent.
Ce livre est avant tout le témoignage d'une femme engagée qui dénonce l'intégrisme islamiste.
Aves ses deux meilleures amies et sans rien dire à ses parents, elle va se révolter contre le nouvelles directives. Que dire devant la maturité des propos de ces collégiennes si beaux et empreints d'humanité:
"Personne n'a le droit d'imposer sa croyance et ses convictions à autrui. (...)Et voilà qu'aujourd'hui, les religieux, à peine au pouvoir, nous menacent, nous arrêtent, nous tuent parce qu'à leurs yeux nous ne sommes pas des croyants. Nous sommes tous des croyants. Nous avons besoin de croire pour vivre. Moi, je crois à l'humanité, à la vie, à la nature, à l'intelligence, à la justice, à la liberté. J'ai la foi et je suis croyante, mais ma croyance et ma foi ne sont pas religieuses, ne sont pas islamiques. Elles sont humaines."
La répression est sévère et brutale pour tout le monde : femmes, enfants, hommes. Certains y laisseront leur vie. le régime intégriste incite des êtres à devenir des martyres pour la religion et à dénoncer celui qui ne suit pas les règles.
Partie faire ses études en France, quand elle reposera le pied sur le sol de son pays, elle trouvera un régime corrompu par l'argent.
Un très beau témoignage où la violence d'un régime nous prend à la gorge, nous saute au visage sous prétexte d'un Dieu.

Lien : http://fibromaman.blogspot.c..
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   01 mai 2016
Il y a sept ans, je ne savais ni lire, ni écrire, ni parler. Pas un mot. C'était une nuit d'hiver, j'arrivais à Paris.
Je me promenai sur les quais de la Seine et sentis ma passion de l'écriture, ma passion d'enfance ressusciter. (..)

Cette langue a accueilli mon histoire, mon passé, mon enfance, mes souvenirs et mes blessures. Cette langue m'a accueillie. Elle m'a adoptée. je l'ai adoptée. Mais, quels que soient nos efforts mutuels, les vingt-quatre ans que j'ai vécus sans elle laisseront à jamais une lacune en moi. Une lacune qui n'est pas un vide. Une lacune remplie de langue persane. Et c'est pour cela qu'il y aura toujours du persan dans mon français.
On me demande souvent d'où je viens. Cette question, je me la suis posée à mon tour, et ce livre est ma réponse. Je viens d'où je parle. Je viens d'où je regarde. Je viens d'ailleurs. (Autrement, 2002, p. 6-7)
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fanfanouche24fanfanouche24   30 avril 2016
J'ai envie d'arracher de ma tête ce voile qui affiche une sexualité coupable. J'avais presque oublié cette sensation. J'essaie de penser à autre chose: à ma famille que je vais bientôt retrouver. Mais une sorte d'étouffement retient chaque battement de mon cœur. Mon corps se transforme malgré moi. Comme s'il devenait cet objet malsain condamné à l'enfermement, ce mauvais objet que les hommes convoitent. (Autrement, 2002, p. 70-71)
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fanfanouche24fanfanouche24   01 mai 2016
Ainsi la révolution marquait-elle d'emblée son existence sur le seuil de l'école. Au fil des jours, les changement se firent plus sensibles et affectèrent tous les domaines. Notre directrice, une quadragénaire élégante, fut remplacée .Certaines de nos professeurs se sentaient gênées, peut-être même menacées. Peu à peu, leurs attitudes se modifièrent: les jupes allongèrent, les maquillages pâlirent, les voix se firent discrètes. D'autres, qui n'avaient jamais été coquettes, se montraient maintenant plus à l'aise. Dans les classes, nous étudiions sans manuels, enfin presque. Les manuels d'histoire, d'instruction civique, de littérature persane et d'instruction religieuse nous furent retirés. Les manuels d géographie, de mathématiques et de sciences naturelles, jugés plus innocents, restèrent dans nos mains, mais nous reçûmes instruction de noircir la photo du chah sur la première page. Apparemment, l'histoire que racontaient nos livres ne tenait plus debout et il fallait écrire la vraie histoire, la bonne.
Notre instruction civique, monarchique et laïque, devait s'incliner devant les nouvelles lois religieuses. La littérature persane, héla ! se voulait trop littéraire: elle avait besoin d'une bonne injection de langage religieux. Quant à notre instruction religieuse, visiblement anémique, elle manquait de sérieux: quelques transplantations de dogmatisme, d'esprit belliqueux, de sens du sacrifice et de goût du martyre lui feraient le plus grand bien. Quelles que fussent les bonnes ou mauvaises raisons de ce diagnostic, l'élimination des manuels et l'allègement des programmes, en attendant l'année suivante et les nouveaux manuels, nous rendaient sur le coup la révolution très sympathique. (Autrement, 2002, p. 15)
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fanfanouche24fanfanouche24   30 avril 2016
Le secret du régime islamique, c'est qu'il assure le triomphe de l'interdit. L'interdit était notre véritable maître, car nous ne pensions qu'à lui. (...)
Nous étions dans l'incapacité de penser à autre chose, de penser tout court. Nous ne pensions guère à nos études, encore moins à ce qui se passait dans le monde, ni même à ce qui se tramait, au fil des jours, au plus près de nous. (Autrement, 2002, p.57)
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fanfanouche24fanfanouche24   30 avril 2016
Personne n'a le droit d'imposer sa croyance et ses convictions à autrui. Ns intellectuels étaient dans les prisons du chah parce qu'ils réclamaient la liberté d'expression. Et voilà qu'aujourd'hui les religieux, à peine au pouvoir, nous menacent, nous arrêtent, nous tuent parce qu'à leurs yeux nous ne sommes pas des croyants. Nous sommes tous des croyants. Nous avons besoin de croire pour vivre. Moi, je crois à l'humanité, à la vie, à la nature, à l'intelligence, à la justice, à la liberté. J'ai la foi et je suis croyante, mais ma croyance et ma foi ne sont pas religieuses, ne sont pas islamiques. Elles sont humaines. (Autrement, 2002, p. 18)
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Videos de Chahdortt Djavann (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Chahdortt Djavann
Alain de Mijolla, psychiatre, psychanalyste et historien de la psychanalyse Chahdortt Djavann, écrivaine Des mots de minuit - 12 octobre 2011
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