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ISBN : 2213677565
Éditeur : Fayard (21/08/2013)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 59 notes)
Résumé :
C'est un roman à deux temps où s’entrelacent des séances de psychanalyse que l’héroïne poursuit à Paris et le récit de son parcours d’émigrée. Suite à un viol collectif par les gardiens de l’ordre moral, Donya fuit Téhéran. Arrivée à Istanbul, elle décide d’avorter, apprend la mort de son père, et cherche désespérément un travail. Rien n’est jamais acquis pour une Iranienne désargentée qui doit partir tous les trois mois en Bulgarie pour renouveler son droit de séjo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  03 mai 2016
Après la découverte étonnante du dernier texte de cette auteure, d'origine iranienne, "Les putes voilées n'iront jamais au paradis", je me suis précipitée à la médiathèque pour emprunter d'autres écrits, dont celui-ci...afin de faire plus ample connaissance avec cette femme écrivain, courageuse, qui écrit directement en français !
Dans cette "Dernière séance"... la narratrice iranienne relate ses aventures à un double niveau, avec des flash-backs sur Téhéran, son pays, l'Iran, Istanbul où elle entreprend des études, Sofia et enfin Paris...et en alternance, elle nous raconte 6 années d' analyse... Psychanalyse mouvementée où la narratrice apostrophe souvent rudement et insolemment son psy...
Le texte est fort intéressant, parfois inégal... Personnellement, ... les passages qui m'ont le plus touchée sont les réflexions sur la langue française, à laquelle elle rend un vibrant hommage.
"C'est peut-être insensé de dire ça, mais en français, je veux dire dans la langue elle-même, j'ai trouvé un refuge...
-Oui
-...Chaque mot que j'ai arraché au dictionnaire m'a arrachée à son tour aux blessures que j'avais vécues en persan.(...)
-Je ne sais comment le dire...J'ai fait miens les mots français, et eux, ils ont fait leur mon enfance, mon enfance qui s'est passé sans eux.(...)
- Ils ont créé une distance, un espace entre moi et le passé que j'ai vécu dans ma langue maternelle, et c'est dans cet espace-là que je pourrais, peut-être construire une vie...
Dans cet entre-deux. (...)
J'aime cette langue comme on peut aimer quelqu'un... Elle est la plus belle rencontre de ma vie" (p. 198)
L'héroïne dit son mal-être, le mal du pays lancinant, les déchirures multiples (une mère mal-aimante qui désirait un garçon, lui reprochant régulièrement d'être une fille; un père brillant , mais dont la vie bascule avec l'opium et la folie...qui fut la terreur dans sa demeure..et pour sa fille !.), la nécessité de claquer la porte "familiale" pour tenter de survivre...
Comme il est connu, dans ces pays, être une jeune fille seule même des plus courageuse, est un péril de tous les instants...
Des allées-retours dans le récit, entre le déroulement des séances psy... et le vrai "parcours de combattante" de la narratrice pour fuir son pays , l'Iran, afin d'échapper à une famille mortifère,à un régime de terreur, ainsi qu'aux déconsidérations constantes, violentes, envers les femmes, et même les petites filles...
Une échappée vers la Turquie, puis vers la Bulgarie, puis à nouveau vers la Turquie, où Donya travaille avec acharnement pour obtenir des papiers, entrer à l'Université...
En sus de ce double niveau de récit, s' intercalent des poèmes...personnels !
La narratrice se débat en France, à Paris, dans sa chambre de bonne pour poursuivre ses études, et payer parallèlement ses séances d'analyse...On sent la narratrice à la fois , fascinée et exaspérée,méfiante envers la psychanalyse...

De nombreuses thématiques s'entrecroisent: l'exil, l'apprentissage d'une langue, se construire envers et contre tout lorsqu'on naît "fille" dans un pays non démocratique, où les discriminations envers les femmes sont "monnaie courante", et quasi "institutionnelles"....
"Et crois-tu que les choses ne vont pas changer pour les femmes ? Tu sais, avant d'aller en France, je me croyais seulement un homme, et depuis que je vis à Paris, je suis devenu un être humain.
Et ça, c'est grâce à des relatons amoureuses ou amicales que j'ai eues avec des Françaises. J'ai compris à quel point dans nos pays musulmans on abîme mentalement hommes et femmes. Cette virilité fruste, ce mépris de la féminité qu'on inculque aux hommes..."(p. 477)
Un texte qui m'a permis de faire connaissance avec l'univers de Chahdortt Djavann... même si personnellement, les séances psy auraient pu être réduites...autre bémol: la fin tragique de Donya...
On se surprend... à être heureux , soulagé de savoir l'auteure, vivante... et poursuivant par l'écriture, ses courageux engagements et dénonciations des "malheurs faits aux femmes" dans les espaces minés par la propagande et le fanatisme religieux...
En dépit de passages inégaux et de la conclusion qui m'afflige, ce texte est prenant, rythmé, réunissant colère, rébellion, indignation, poésie, et une insolence des plus salutaires ....!

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sandrine57
  25 août 2013
Enceinte après un viol collectif dans les locaux de la police iranienne, Donya ne voit de salut que dans la fuite, l'exil vers un pays où elle pourra se faire avorter. C'est la Turquie qui sera sa terre d'accueil. A Istamboul, elle trouvera le soulagement, la liberté, mais aussi un travail et des amis. Elle y fera de brillantes études aussi, pour finalement partir pour Paris, invitée par un jeune homme amoureux. Des changements de lieux, de moeurs, de vie qui ne sauront pas la guérir de son mal-être. Après une tentative de suicide, elle commence des séances chez un psychanalyste parisien.

Avec cette suite à Je ne suis pas celle que je suis, Chahdortt Djavann continue son exploration de la psyché de Donya, femme de caractère, écorchée vive, qui a fui l'Iran et le régime des ayatollahs. On la suit à deux époques de sa vie, cette fois, à son arrivée en Turquie en 1991 et quelques années plus tard, lors de ses séances de psychanalyse à Paris.
Volontaire et éprise de liberté, Donya ne se dévoile pas à ses amis turcs. Elle ment pour se protéger, et par habitude aussi à force de vivre sous un régime où il faut dissimuler pour survivre. Mais grâce à sa force de caractère, Donya s'adapte très bien dans son pays d'adoption où elle mène une vie plutôt heureuse malgré les épreuves.
Mais peut-on vivre toujours en cachant ses failles? La psychanalyse va faire affleurer les blessures de l'enfance, le désamour de sa mère, la folie de son père, le drame d'être née fille dans un pays où les hommes font la loi mais aussi le spleen des exilés, étrangers partout, confrontés à une langue, un mode de vie, des idées, tant de choses différentes.
Livre-choc, La dernière séance raconte une femme qui se cherche, une iranienne engluée dans l'amour-haine de son pays, qui va mettre sa lucidité au service de la vérité, quel qu'en soit le prix.
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Zakuro
  29 mars 2014
Coïncidence heureuse, en lisant "la dernière séance" j'entendais pour la première fois la voix déchirante de la chanteuse libanaise Fairuz.
La voix de Fairuz et l'écriture de Chahdortt Djavann s'accordaient magnifiquement dans ma lecture.
Dans ce roman, Fairuz est aussi l'idole de Donya, adolescente iranienne dans les années 1990.
A l'extérieur, Donya est une brillante étudiante dont l'élan est brisé net par un drame qui la rend adulte de manière brutale.
Donya à l'intérieur est un être humain cisaillé par de profondes fêlures depuis son enfance.
Après ce drame qui renforce son mal être en intensité et en durée, Donya fuit l'Iran et s'exile en Turquie. Elle mène alors une vie presque clandestine souvent dangereuse et arrive à s'assumer financièrement en mutlipliant les activités professionnelles. Seule, elle prend parfois des décisions à l'opposé de sa sensibilité. Ce qui la tient en vie est la poursuite de ses études dans une université malgré la fatigue et la pauvreté.
Car son obstination à vivre est animée par l'obsession de rejoindre Paris, la ville de son amour pour la langue française.
A force de tenacité et de courage, Donya finit par se réfugier à Paris. C'est à Paris qu'elle parle enfin et se confie à un psychanalyste.
La narration peut surprendre car elle n'est pas linéaire mais repose sur deux temps : un temps, un chapitre où le lecteur suit Donya dans son échappée vers la liberté ; un temps, un chapitre où le lecteur est témoin de ses séances chez le psychanalyste. Une façon donnée aux lecteurs de lui venir en aide peut-être.
La dernière séance est un très beau portrait de femme luttant pour sa (sur)vie.
Un hommage à toutes les femmes porte-paroles des victimes de l'oppression et des discriminations quel que soit le pays.
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zabeth55
  21 août 2013
Donya, jeune iranienne, s'enfuit en Turquie au lendemain de son mariage. Deux ans plus tard, elle part à Paris.
Dépressive, révoltée, elle suit une psychanalyse.
Le récit alterne, en cours chapitres, sa vie à Istanbul en 1991 et ses séances de thérapie en 1996.
Ce découpage n'apporte pas grand-chose à l'histoire et tendrait plutôt à en laisser le lecteur extérieur. Je n'ai pas réussi à entrer vraiment dans la vie de Donya.
Mais j'ai quand même envie de savoir la suite, et elle est longue, encore 390 pages.
Et au final, la surprise est bonne. Ce roman nous offre le témoignage de la vie sous un régime obscurantiste et de la détermination à en sortir d'une jeune femme pleine de désir de fuite et de conquête.
Les envies de mort et la rage de survivre se battent en elle. Et pour s'en sortir, elle recourt à la psychanalyse.
Si le récit des séances se mêle à sa vie passée, on en sent de plus en plus la nécessité en découvrant la vie de Donya. Et si cette alternance m'avait perturbée au début, elle me semble finalement parfaitement cohérente.
C'est un beau portrait de femme, écrit dans un style simple et limpide. Une femme de fort caractère, d'une grande intelligence, qui souffre de son enfance et de son pays, qui va jusqu'au bout de tout pour s'en sortir.
Sa personnalité nous accompagne bien après que ne soit fermé le livre.
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Bazart
  18 septembre 2013
En refermant « La dernière séance » le coeur serré, aucun doute n'est possible Chahdortt Djavann est une formidable conteuse. Téhéran 1991 première phrase du roman : « le lendemain de son mariage, Donya décida de s'enfuir ». Nous ne quitterons plus Donia, l'auteure nous prend par la main et nous accompagnons son héroïne sur le chemin de la liberté, mais une femme Iranienne, où qu'elle soit, peut- elle être libre à l'aube de l'an 2000 ?
Deux récits se répondent,1991 Donya à Istanbul, première étape vers la femme qu'elle rêve d'être et 1999 Donya à Paris, dans le cabinet de son psychanalyste ,toujours en quête de la femme qu'elle n'arrive pas à être .
Entre les deux, c'est une véritable Odyssée qui attend la jeune femme : une logeuse Stambouliote bienveillante, un prétendant Anglais persuadé d'avoir à faire à une princesse Iranienne, donc très riche, un voyage jusqu'à la frontière Bulgare dans un autobus bordel rempli de prostituées, de clients et de maquereaux, un suspens au mariage blanc juste avant son arrivée à Paris, un psychanalyste Parisien en pleine débâcle amoureuse ; Chahdortt Djavann a la force et le talent des grands romanciers, elle nous fait vivre les aventures de son héroïne au rythme de ses battements de coeur.
Tout est puissant dans ce roman, la charge féministe bien sûr, mais aussi et surtout, une véritable déclaration d'amour à la langue française que la romancière maitrise à la perfection.
Qu'elle dénonce de la condition de la femme en Iran à la fin du 20e siécle,qu'elle règle son compte à la misogynie de Houellebecq ou bien qu'elle compare les théories analytiques de Freud et Lacan avec Onfray son écriture est intelligente, fine et serrée,beaucoup de choses sont dites en peu de mots « La dernière séance »est, un des grands roman de la rentrée.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   26 avril 2016
En fait, je n'ai jamais vraiment eu de langue maternelle.
- Oui ?!
- Une grande partie de moi n'a jamais trouvé sa place en persan.
- Vous vous souvenez, je vous avais raconté qu'au moment de la dictée, à huit ans, d'un coup, j'avais oublié l'alphabet... C'est que j'étais tombée de l'autre côté de la langue, de l'autre côté du langage. Je sais que ça ne fait pas sens., parce que personne ne sait où est l'autre côté du langage et que, précisément, c'est le néant; et voilà, je suis tombée dans quelque chose qui n'existe pas, dans le néant. (p. 189)
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fanfanouche24fanfanouche24   27 avril 2016
Dans sa chambre, elle note dans son cahier:

Quand j'étais petite
je jouais avec les étoiles
dans une cour abandonnée.
Je leur confiais mes rêves
mes histoires
mes pleurs et mes peurs.
Quand j'étais petite
le ciel était si bleu
si beau et si proche
que je pouvais murmurer à l'oreille des étoiles.
Elles m'écoutaient toutes
en silence.
Quand j'étais petite
le ciel
les étoiles
m'aimaient beaucoup. (p. 214)
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somsom   23 juin 2014
p. 320 « C’est si rare de partager la joie de l’autre. Nous accueillons souvent le malheur de nos proches avec compassion et bienveillance, car nous nous sentons utiles. Réconforter des amis dans le malheur nous persuade de notre noblesse d’âme et de notre générosité. En vérité, la faiblesse et l’échec des autres nous aident à supporter les nôtres. Etre là pour un proche lorsqu’il va mal n’a rien d’extraordinaire, mais être là pour lui quand il va bien, pouvoir supporter sans jalousie son bonheur et sa réussite exige une générosité bien plus grande. L’empathie avec l’autre est plus noble dans la joie que dans le malheur. »
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fanfanouche24fanfanouche24   02 mai 2016
Elle passait son temps à étudier soit à l'ancienne Bibliothèque nationale, rue de Richelieu, qu'elle adorait, soit dans sa chambre de bonne. Myriam essayait parfois de la faire sortir de sa tanière, mais sans succès. (...)
Je m'enferme pour que les autres ne m'enferment pas. (p. 384)
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fanfanouche24fanfanouche24   03 mai 2016
Et crois-tu que les choses ne vont pas changer pour les femmes ? Tu sais, avant d'aller en France, je me croyais seulement un homme, et depuis que je vis à Paris, je suis devenu un être humain. Et ça, c'est grâce à des relatons amoureuses ou amicales que j'ai eues avec des Françaises. J'ai compris à quel point dans nos pays musulmans on abîme mentalement hommes et femmes. Cette virilité fruste, ce mépris de la féminité qu'on inculque aux hommes...(p. 477)
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