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ISBN : 2742742263
Éditeur : Actes Sud (28/04/2003)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 16 notes)
Résumé :

Pour retrouver François, un amant de vingt ans son aîné, Thelja quitte Paris. Les amours brèves mais fulgurantes de cette femme qu'un mari et un enfant attendent à Alger, et de ce Français veuf, tourmenté par le passé, dureront neuf nuits. Neuf nuits au cours desquelles se conjugueront leurs désirs, leurs émois, leurs plaisirs.

Au-dehors, la ville de Strasbourg se remet de son histoire récente et abrite d'autres personnages aussi troublan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Marple
  31 août 2013
'Les nuits de Strasbourg' raconte les faits et gestes, les pensées, les discussions et les amours de quatre femmes, installées à Strasbourg ou de passage, sur une période de 10 jours. Unité de temps et de lieu, mais diversité des situations et des ressentis, où se mêlent leur histoire et l'histoire. Drôle de résumé ? Oui, et ça donne un livre aussi surprenant qu'agréable.
Je ne pensais pas avoir (trop) de préjugés, mais apparemment si. En tout cas, je ne m'attendais pas à ce qu'une Algérienne, née en 1936 et membre de l'Académie Française de surcroît, écrive un livre où l'amour charnel occupe une telle place. Ni à ce qu'elle évoque aussi justement les blessures particulières de l'Alsace dans la seconde guerre mondiale. Et pourtant, elle le fait, avec beaucoup de talent !
J'ai été déroutée aussi par le nombre d'histoires et de thèmes qui s'entremêlent : le destin hier et aujourd'hui de Thelja, l'évacuation de Strasbourg en 1939, les amours débutantes, fécondes ou désespérées, la guerre d'Algérie, Antigone, les promenades dans la ville, l'abbesse du Mont Sainte-Odile, Irma et les enfants secrets, l'amitié entre femmes... Cela participe à la richesse du livre, mais c'est un peu déroutant car on peut avoir du mal à retrouver le fil après une pause.
C'était aussi un plaisir pour moi de lire sur ma ville, à la fois de reconnaître des endroits familiers (moi aussi, comme François, je travaille au Port du Rhin... et je connais presque tous les hôtels des neuf nuits de Thelja !), d'entendre une autre voix sur l'histoire torturée de l'Alsace ou même de lire quelques mots d'alsacien...
Bref, je croyais connaître les nuits de Strasbourg, mais celles d'Assia Djebar ont été pour moi une belle découverte, faite dans le cadre du challenge 'Vivent nos régions' de l'Oiseau-Lyre : http://loiseaulyre.canalblog.com/archives/2013/07/08/27593518.html
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andras
  12 février 2016
C'est un récit complexe et subtil que nous livre ici l'écrivaine Assia Djebar, récemment élue à l'Académie française (*) un récit qui entremêle plusieurs histoires, plusieurs vies toutes ecartelées entre deux pôles antagonistes, qu'il s'agisse de l'Algérie et de la France avec les plaies encore ouvertes qu'a laissées cette "Guerre d'Algérie" qui pendant longtemps n'a pas avoué son nom; ou qu'il s'agisse de la France et de l'Allemagne, jadis unies par le Serment de Strasbourg que s'échangèrent dans leur deux langues respectives 2 des 3 petits-fils de Charlemagne (Charles et Louis) sur le dos du 3eme (Lothaire), mais que la guerre a si souvent séparées depuis. Strasbourg est cette ville à la fois frontière mais aussi passage qui peut peut-être réconcilier les contraires. Strasbourg qui va être en neuf jours et neuf nuits le lieu hautement symbolique de ce récit.
Ces contraires on les trouve aussi au sein même des personnages comme chez Thelja, brûlante "neige" (c'est la signification de son prénom), comme chez Eve, la juive marocaine qui n'a jamais voulu mettre un pied en Allemagne mais qui va s'éprendre justement d'un allemand, et comme Jacqueline, Irma, Karl, Djamila, tous ambivalents au fond de leur être, tous cherchant sans concessions à concilier les contraires. Mais cette quête n'est-elle pas une chimère ? C'est ce que semble dire le dénouement tragique de ce magnifique roman, brûlant d'une sombre passion.
(*) Ma note de lecture a été écrite le 27 août 2005. Assia Djebar nous a malheureusement quitté le 6 février 2015.
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Puszi
  20 avril 2014
J'ai lu ce roman pour la séance de mon groupe de lecture sur la littérature du Maghreb.
Je ne conserverai pas un souvenir impérissable de ce roman. J'ai parfois eu du mal à suivre le fil de l'histoire. J'ai sauté certaines pages relatives aux prouesses sexuelles décrites durant les nuits à Strasbourg. Je ne trouvais pas qu'elles apportaient quelque chose d'essentiel. Je n'ai pas compris pourquoi Thelja ne parvenait pas à s'attacher réellement à François, pourquoi elle ne l'appelait pas par son prénom, pourquoi elle le vouvoyait et ne vivait avec lui qu'une histoire de sexe.
Au final, je n'ai pas trop accroché à ce texte d'Assia Djebar et cela ne me donne donc pas du tout envie d'en lire un autre (pour l'instant).
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CelineCDI
  22 février 2013
Une histoire d'amour, dans le cadre qui m'est familier de Strasbourg, ville cosmopolite entre toutes. Une histoire d'amitié aussi, entre 2 femmes originaires d'Algérie mais de religions différentes. Une écriture très travaillée, qui m'a permis de découvrir Assia Djebar, pensionnaire De l'Académie Française. Très beau texte !
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
SachenkaSachenka   26 mai 2018
- Souvenez-vous (Irma se tourna vers Eve) combien Canetti est bouleversé quand un Juif marocain, entendant le nom d'Elias Canetti, le rendit à sa manière : le son de sa voix, la scansion de son nom... Canetti comprend que ce Juif de Marrakech lui est plus proche que tous les Anglais et les Allemands avec lesquels il partage pourtant un trésor de culture... Les aïeux de Canetti, des siècles auparavant, étaient partis d'Andalousie pour l'Europe danubienne, sous protection ottomane. Ce Marocain parlait à l'écrivain comme s'il avait été un aïeul ressuscité : le son en langue arabe, pour Canetti, avait reproduit l'exact bruit originel!...
Un silence méditatif s'empara de l'auditoire.
- C'est pour cela (Irma retrouve une voix presque sereine) que je me suis attachée aux voix - à celles qui se cherchent, à celles qui se perdent, celles qui ont brusquement un trou, comme une maille filée... L'essentiel soudain glisse, va se diluer... Peut-on réparer?... Par la voix, tout parfois remonte, même l'essentiel entendu il y a des siècles!...
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SachenkaSachenka   27 mai 2018
C'était l'époque où je me répétais : «il n'y a de héros que mort!»
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