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EAN : 9782290327913
380 pages
Editions 84 (18/09/2002)
3.49/5   287 notes
Résumé :
Réunis par le hasard, Ned, Carol, Henri et Lili roulent à travers les paysages désertiques d'Amérique.

Pour fuir Franck, flic hargneux et désespéré, pour rejoindre Lucie, hippie suicidaire, pour sortir Jimmy d'une mauvaise passe, ou tout simplement pour vivre.

Au gré des rencontres et des courbes de la route, ils suivent un chemin indéterminé, parsemé de haine et de violence, mais où fleurissent, malgré tout, des sentiments qui pourrai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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Aaliz
  07 mars 2013
Bleu comme l'enfer est le récit d'une cavale, d'une chasse à l'homme à travers le désert américain.
Ned, un jeune trentenaire un peu paumé, doit livrer une Buick à certaines personnes apparemment peu recommandables. Mais il ne trouve rien de mieux, sur le trajet de livraison, que de braquer un snack. Il embarque au passage un des clients et s'enfuit avec les flics aux trousses. Nos deux larrons se font finalement arrêter, la Buick est confisquée et les deux lascars emmenés par un des policiers, Franck. Mais ce dernier ne semble pas très respectueux des procédures et ramène ses prisonniers chez lui. Ce qu'il n'avait pas prévu, c'est qu'ils finiraient par s'enfuir embarquant au passage sa femme et sa fille ( de leur plein gré, il faut bien préciser). le quatuor va tenter de récupérer la Buick mais Franck les prend en chasse.
Les cinquante premières pages ont été laborieuses et je me suis demandée si je n'allais pas abandonner. J'ai eu, en effet, un peu de mal avec le style cru et parfois vulgaire, les scènes de sexe. Mais malgré ça, j'ai persisté et j'ai bien fait.
Oui, le style de Philippe Djian est particulier. Il s'agit surtout d'un style oral où le lecteur a l'impression d'entendre les pensées des personnages rapportées telles quelles. Ce qui donne certains passages où de courtes phrases s'enchaînent sur plusieurs pages avec juste des virgules pour les séparer, entrecoupées aussi d'interjections, de jurons. de même avec les dialogues, qui commencent de façon classique au style direct avec passage à la ligne et chaque réplique bien marquée, puis Djian ne précise plus qui parle, le marquage disparaît, le saut à la ligne aussi, tout s'enchaîne et seule la logique permet de distinguer chaque réplique et qui en est l'auteur ( ça m'a rappelé un peu Cormac McCarthy ).
Alors même si c'est un peu difficile à la lecture, j'ai trouvé cette façon d'écrire géniale, ça rend le récit très vivant, très spontané, le lecteur est immergé et ne reste pas simple spectateur.
Ce qui peut gêner aussi, c'est le langage très cru, l'atmosphère assez malsaine pleine de violence, de sexe, de drogue et d'alcool. Les personnages sont tous des paumés, Franck est un alcoolique obsédé sexuel, sa femme Lili une grande consommatrice de joints. On les trouve plutôt antipathiques et pathétiques au premier abord mais on se rend vite compte que tout cela exprime un profond malaise et un grand mal de vivre. Tous ne parviennent pas à trouver leur place dans cette société des années 80 qui se trouve être déjà la société de consommation que nous connaissons. Et Djian parsème alors son récit de ses petites phrases qui semblent anodines mais qui en disent très long sur la vision des personnages ( et SA vison ?) de la vie et du monde qui les entoure, tout comme au détour d'une page, après une scène violente, on se surprend à lire quelques lignes pleines de poésie aussi incongrues et éphémères qu'une fleur sur un cactus. Certaines scènes et dialogues m'ont également beaucoup fait rire.
Philippe Djian retranscrit aussi à merveille l'ambiance de son récit. Il évoque beaucoup les sons et les couleurs, et cette chaleur accablante qui assomme les personnages tout au long de leur périple à travers le désert. On imagine les décors et on s'y croirait presque tellement Djian parvient à jouer avec nos sens. Les perceptions ont une grande place dans ce texte.
Un mot enfin sur l'intrigue elle-même : elle est passionnante. le récit alterne entre les points de vue de nos quatre fugitifs et celui du chasseur. le lecteur entre dans certaines confidences mais est aussi parfois bien surpris. J'ai été tenue en haleine tout au long de ma lecture, j'ai vraiment eu l'impression de partir en cavale avec eux, avide de savoir comment tout cela se terminerait même si on pressent, dès le début, que la fin sera tragique.
Pour un premier roman, Philippe Djian a vraiment fait fort. Bleu comme l'enfer est un chef d'oeuvre construit brillamment, extrêmement bien ficelé, profond et écrit dans un style bien plus riche qu'il n'y paraît. Philippe Djian écrit avec ses tripes et j'adore ça. le prochain que je lirai sera son très célèbre 37°2 le matin et j'espère y retrouver ce souffle rageur qui m'a transportée ici.
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Brooklyn_by_the_sea
  31 octobre 2018
C'est une curieuse expérience que de lire le premier roman de Philippe Djian après tous les autres. Alors que son style s'est épuré au fur et à mesure de ses publications, celui qu'il utilisait en 1982 se rapproche beaucoup de celui de Jack Kerouac -ce qui n'est pas pour me déplaire. J'ai pris beaucoup de plaisir à me plonger dans ses longues phrases pleines de couleurs et de sensations.
L'ambiance prime sur l'histoire, qui se résume à une poursuite (sur la route) entre flics pourris et voyous à la coule, ponctuée de retournements de situation sidérants (déjà).
Au final, c'est un roman fiévreux et plein de sève, où l'on retrouve toutes les caractéristiques de l'oeuvre à venir de Philippe Djian -mais avec un petit côté rétro-nostalgique charmant.
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sissou60
  22 août 2012
Je déteste ne pas finir un livre...mais là franchement, je n'ai pas réussi. le roman commence sur les chapeaux de roues, on ne sait plus qui est qui, qui fait quoi, les personnages se ressemblent au point de s'entremêler, le tout dans un contexte de violence et de sexe permanent...Cela rend sans doute très bien au cinéma mais ce livre-là n'est pas pour moi!
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FabriceHatteville
  11 mars 2022
D'un côté une petite frappe entourée de paumés.
De l'autre un flic sadique et quelques collègues verreux.
Au milieu deux filles et un Sud-Ouest Américain miteux.
Et voilà comment un minable trafic de voitures va entraîner tout ce petit monde dans une course poursuite et une spirale de violence qui conduiront tout le monde en enfer.
Ça se passe aux États-Unis. C'est écrit comme de la littérature américaine.
C'est entre polar, noir et thriller.
C'est trash et sans concessions, violent et sexuel. Rien n'est épargné au lecteur, et l'utilisation continue du flux de conscience pour tous les personnages élève tout cela à une sorte d'acmé permanent.
Ça nous change du consensuel et du policé de notre époque fragile et offensée, ça nous bouscule, bref c'est ce qu'on est en droit d'attendre d'une démarche artistique. Si les "sensitivity readers" qui sévissent de nos jours s'en emparaient il n'en resterait pas grand chose.
Philippe Djian est un grand auteur.
L'adaptation au cinéma par Yves Boisset, avec ses acteurs proprets à contre-sens, est un désastre et échoue totalement à rendre le tragique brutal et glauque du roman.
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Zinaida
  27 mars 2014
Une cavale à travers le laid, la violence, le sexe, la drogue, saupoudrée de petits papillons illuminés comme des libellules durant une nuit d'été ...
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
mandarine43mandarine43   06 janvier 2012
Il était dans un tel état qu'il ne pouvait rien ressentir de plus, bon Dieu les rues étaient vraiment belles et c'était encore plus horrible, cette beauté il la ressentait d'une façon plutôt bizarre. IL SE SENTAIT ENCORE PLUS MAL ! ! La beauté est une vraie saloperie quand vous souffrez, il y avait tout un tas de chiens et de gens, des filles et des hommes, le long des murs, des trottoirs, sur les murs blancs, de la musique, de la mauvaise musique et ces cons-là marchant au milieu de la rue, avec les chiens, les chiens se retournaient sur les filles et les murs blancs, les murs étaient d'un blanc intense, des guirlandes de fruits accrochées comme pour une fête et la rue montait tout doucement et au bout il y avait plus rien du tout, que la nuit, que la musique, les chiens passaient juste sous les roues du bus, il y avait des ampoules nues qui tombaient des murs et toutes ces saloperies de papillons qui tournaient autour dans cette musique de dingue, même les chiens étaient dingues, même les gens, les filles et les hommes sur les trottoirs, ils faisaient valser les ampoules et les ombres sur les murs, d'un bout à l'autre et rien de plus.
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AalizAaliz   07 mars 2013
- Oui, mec, c’qu’y a ?
- Ho, je peux te parler, t’es pas trop raide ?
- Mec, je suis raide, mais tu peux parler. J’entends super, t’es à côté de moi, ouais.
- Bon, je me suis fait piquer la Buick.
- Ouais, tu t’es fait piquer la Buick et moi je chie de l’héroïne pure ooouuoouuuaaaaaaaaaaaaa…
Ned écarta l’écouteur de son oreille, même comme ça le rire de Jimmy gardait un bon volume. Quand il se calma, il dit :
- Ooouuu, je me suis pissé dessus. Terrible.
- Jimmy, je déconne pas.
- Hein ?
- C’est les flics.
- …
- Hey, t’es toujours là ?
- Iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii…
- Je sais, calme-toi.
- …iiiiiiiiiiiiii…
- Bon, écoute, je serai là dans la nuit. Je t’expliquerai…
- OH….OH….OUI MON SALAUD….ARRIVE, OOHHH…JE SUIS MORT.
- Tu n’es pas mort, tu me parles.
- JE SUIS MORT, JE TE DIS !
- Bon, j’aime mieux ça.
- JE T’AVAIS DIT DE FAIRE GAFFE !
- D’accord, tu l’avais dit. Ça change rien.
- TU AS FAIT LE CON, J’EN SUIS SÛR ! OH DOUX JESUS !
- J’arrive. Va t’allonger.
- OH BON DIEU, MON CRÂNE VA EXPLOSER ET IL CROIT QUE JE VAIS POUVOIR M’ALLONGER… IL EST DINGUE !
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mandarine43mandarine43   16 mars 2011
Elle savait pas trop comment s'y prendre avec lui, tout ce qu'elle lui avait dit était vrai, simplement elle espérait un peu plus. Elle se servit un deuxième verre, il se présentait une chance énorme pour elle, elle jouait à être amoureuse, même si ça devait la briser en deux, elle trouvait ça tellement bon, il était à côté, il pensait sûrement pas à elle, elle s'en foutait, il y avait rien de pire que la solitude, elle pouvait mettre son tapis, elle avait une petite jupe en jean boutonnée sur le devant et des rides précoces, une âme sensible et des gros nichons, il fallait faire avec ça.
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sissou60sissou60   22 août 2012
Le Gros apprécia, il tourna suffisamment la tête pour voir les deux types s'agiter dans la Buick et il plissa les yeux. Il se serra un peu plus, jusqu'à ce qu'il entende le bruit de la ferraille froissée et il y eut une première embardée. Il s'écarta de quelques centimètres et replongea, mais cette fois, la place était meilleure, il se trouvait plus en avant et un enjoliveur de phare traversa le ciel blanc devant ses yeux.
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mandarine43mandarine43   16 mars 2011
Ils appréciaient tous les deux la température du vent, la vitesse, en fait, ils avaient pas mal de points communs, ils étaient

VIVANTS
ACCROCHÉS
et SEULS.

En général, quand ces trois conditions étaient remplies, les malheurs ne tardaient pas à arriver.
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Vidéo de Philippe Djian
Découvrez l'émission intégrale ici : https://www.web-tv-culture.com/emission/delphine-saada-celle-qui-criait-au-loup-53274.html Quel lien peut-il y avoir entre la médecine et l'écriture. Delphine Saada ne se pose pas la question même si elle reconnait que le lien à l'autre, la volonté d'interroger et le souhait d'apaiser les maux sont peut-être des points communs. Delphine Saada s'est toujours rêvée médecin, elle s'est aujourd'hui spécialisée en dermatologie. Mais grande lectrice depuis l'adolescence, elle a répondu à une envie d'écriture il y a quelques années, s'essayant à des textes courts, pour le plaisir. Pourtant, l'idée de ce qui allait devenir son premier roman était déjà là. Il faudra la participation à un atelier d'écriture animé par l'écrivain Philippe Djian pour que Delphine Saada franchisse le pas et s'autorise à proposer son texte à un éditeur. Voilà comment nait ce livre, « Celle qui criait au loup » publié chez Plon. Anabelle a tout pour être heureuse. Une profession qu'elle aime et exerce avec rigueur, elle est infirmière dans un hôpital parisien, un mari attentionné, Sebastian, deux beaux enfants, Arthur et Emma, un appartement confortable. Pourtant dans cette vie réglée comme du papier à musique, Anabelle cache des failles. Au fil de quelques semaines, tout semble vaciller, des souvenirs resurgissent. Et bientôt, sa fille de 6 ans devient comme une ennemie. Son coeur de mère se dessèche face à cet enfant qui semble toute l'opposée d'elle-même. Sur le thème du désamour maternel, Delphine Saada nous offre un premier roman saisissant, violent, qui se lit comme un thriller psychologique tout en abordant des thèmes sociétaux universels. L'écriture, très maitrisée et littéraire, est intense et glaçante. L'intrigue est parfaitement menée et le malaise s'installe sournoisement dans cette famille bien sous tous rapports. Mais au-delà du plaisir de lecture avec ce roman à rebondissements où le suspense est habilement construit, le roman aborde des sujets sur la famille, l'éducation, les souvenirs, auxquels chacun pourra coller sa propre expérience. Ce premier roman est une vraie réussite. « Celle qui criait au loup » de Delphine Saada est publié aux éditions Plon.
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