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EAN : 9782081473324
240 pages
Flammarion (25/08/2021)
3.16/5   125 notes
Résumé :
Un « double Nelson », c'est une prise de soumission qui consiste, dans un match de catch, à faire abandonner l'adversaire. Mais on peut aussi s'en servir dans une relation amoureuse.

Tout commence par une séparation. Luc et Edith ont vécu quelques mois d'un amour intense, jusqu'à ce que le métier de cette dernière - elle fait partie des forces spéciales d'intervention de l'armée - envahisse leur quotidien au point de le défaire. Sauf que quand, récha... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
3,16

sur 125 notes
C'est le roman de la réconciliation entre Philippe Djian et moi. Les trois derniers m'avaient déçue, au point que j'avais décidé de ne plus le lire. Mais 37 ans de djianisme ne s'effacent pas aussi facilement, alors j'ai encore une fois cédé, et bien m'en a pris.
Luc est écrivain et aimerait bien terminer son dernier livre. Il vient de quitter Edith, première femme à avoir intégré les forces spéciales, et sympathise avec son nouveau voisin Marc. Mais Edith réapparaît sans prévenir -et en piteux état, rompant la tranquillité de Luc. Et comme toujours avec les bonnes femmes, les ennuis (re-)commencent.

Il n'y a toujours pas de tirets ni de points d'interrogation dans ce roman, ce qui nécessite un petit effort d'attention supplémentaire, mais confère également un charme un peu tordu à la lecture. Charme accentué par l'utilisation dans les dialogues d'expressions un peu désuètes comme "mon vieux", ou l'emploi d'un titre pour chaque chapitre ; cela m'a ravie. Et j'ai encore succombé à l'ambiance Djian, sa façon de planter un décor en trois phrases et de donner l'impression qu'on y est rien qu'en lisant. J'adore, et j'y vois la démonstration de l'immense écrivain qu'il est, inlassable manipulateur de mots en quête de beauté et d'équilibre.
Quant à l'histoire, elle est étonnamment rocambolesque, et plaisante à découvrir et deviner. Car Djian multiplie encore les ellipses, et j'aime cette façon un peu désinvolte de ne pas se préoccuper de l'intrigue, de laisser le lecteur croiser les informations, relier les faits, et imaginer ce qui a bien pu se passer entre deux paragraphes.
Enfin, si Djian cultive toujours cette manie de créer des personnages féminins au corps parfait et vêtu de lingerie raffinée (pitié !), il ponctue toutefois son roman de réflexions d'une grande justesse sur les femmes : " On finit toujours par les rendre malheureuses, enfin la plupart du temps, d'une manière ou d'une autre. C'est rare qu'on soit à la hauteur sur le long terme." (quelle lucidité remarquable !) J'ai également été touchée par ses observations sur le vieillissement, le temps qui passe etc., et j'ai ressenti toute la sagesse de l'homme de 73 ans.

On est donc sur un très bon cru. J'ai retrouvé mon Djian préféré et ça fait un bien fou. C'est le genre de livre qui me comble et me laisse penser que tout ne va pas si mal en ce bas monde, puisque de tels écrivains continuent de nous enchanter. Un conseil : laissez-vous enchanter à votre tour.
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Reproche t-on à Patrick Modiano d'écrire toujours le même livre, à quelques nuances près ? Philippe Djian, dans un style très différent, ne fait pas autre chose et s'il est vrai que ses romans ont un grand air de famille et partagent des obsessions communes, chacun d'entre eux possède suffisamment de spécificités pour éviter la routine (ou pas). Double Nelson aborde une fois de plus la question des rapports entre homme et femmes, les conflits qui s'ensuivent et l'insurmontable constat que les uns et les autres sont aussi incapables de vivre ensemble que de s'éloigner durablement en choisissant la solitude. le thème est éternel et les variations innombrables, ce à quoi l'auteur de Double Nelson s'attelle depuis des décennies. Sans être un millésime remarquable, ce dernier roman n'a rien d'infamant, loin de là, à partir du moment où l'auteur se contrefiche du réalisme, s'attachant en priorité aux relations tumultueuses entre ses deux personnages principaux, un écrivain et son ex, qui pourrait ne plus l'être, membre des forces spéciales d'intervention de l'armée. Djian, qui ne manque pas d'humour, a donné à son héroïne un métier musclé qui brouille encore plus le rapport de genre entre les deux protagonistes, faisant de l'homme un personnage soit passif, soit seulement réactif. Un renversement des rôles traditionnels avec lequel le romancier s'amuse beaucoup, quitte à revêtir de temps à autre la panoplie du vieux ronchon misogyne, qu'il se plait à être ou à jouer. Outre le couple ci-dessus évoqué, le récit introduit aussi une jeune femme érotomane dont les apparitions et les actes oscillent entre le grotesque et le dramatique. Moyennant quoi, avec quelques recettes narratives toujours efficaces (les ellipses, les subits changements de perspective psychologique, les révélations a posteriori des événements les plus importants), Double Nelson maintient son cap et l'intérêt du lecteur, à condition que ce dernier repère, comme d'habitude, la virtuosité derrière l'apparente nonchalance d'un style largement éprouvé. Hommes et femmes, mode d'emploi : Djian ne cessera donc jamais de travailler sur le sujet.
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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Deux couples se séparent, Luc d'avec Edith et Marc d'avec Iris, les deux mâles échangent leur expérience avec force arguments, convaincus que leur décision de se séparer de leur compagne est forcément justifiée et irrévocable. Puis…..,les circonstances, les regrets, les atermoiements les conduisent à revoir leur copie. Un roman vaudeville abracabrantesque fleurant l'artificiel et la psychologie bas de gamme dans un style peu agréable à lire. Luc, un romancier qui renseigne sa compagne engagée dans des forces spéciales d'intervention sur les raisons d'une absence de captage possible des conversations de terroristes, Michèle, une érotomane désorientée, Georges, père de Luc, médecin, qui soigne aussi bien le blessures physiques que les peines de coeur, voilà les protagonistes d'une narration indigente dont on peut fort bien se passer.
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Philippe Djian est un romancier français né en 1949 à Paris. Longtemps présenté comme un héritier de la Beat Generation en France, il est notamment l'auteur en 1985 de 37°2 le matin qui lui apporta la popularité mais depuis, son style et son inspiration ont beaucoup évolué. Son nouveau roman, Double Nelson, vient de paraître.
Luc est un écrivain à la peine pour finir son roman. Il a vécu plusieurs mois de bonheur intense avec Edith mais ils viennent de se séparer et il en souffre. Petite précision qui ne manque pas de piquant, Edith dirige un commando des Forces spéciales ! Et justement, rescapée et blessée à la suite d'une mission, elle trouve refuge chez Luc, lui demandant de l'héberger et de la cacher. Bigre !
Oui, bigre ! Car depuis que Philippe Djian a décidé qu'il était temps d'écrire des bouquins avec une histoire, cette fois il s'est lâché. Les Forces spéciales avec des missions secrètes, une prise d'otages et tout le tralala, le Philou ne se sent plus. Bon, je vous rassure (ou je vous inquiète) nous sommes bien chez Philippe Djian, cet angle de son bouquin est complètement abracadabrant, inutile de vous précipiter dessus et venir ensuite geindre dans mon gilet que vous êtes déçus. Ajoutons une voisine érotomane qui lui colle aux basques et l'affaire est pliée quant au scénario. Mais ce n'est qu'une toile de fond, un décor sans plus.
Son propos reste le même depuis toujours, les rapports compliqués entre les hommes et les femmes, « Tu sais que moi, en tant qu'écrivain, les amours impossibles, c'est mon gagne-pain » alors il remet son ouvrage sur le métier dans chacun de ses livres. Je t'aime moi non plus, les portes claquent, la lingerie vient de chez Victoria Secret. La question que l'on est en droit de se poser, ce filon n'est-il pas tari ? Car même moi qui suis un fervent admirateur de l'écrivain je commence à me lasser…
Reste son écriture, légère et aérienne, sans gras superflu et ce je ne sais quoi qui fait son charme ; une sorte de second degré ou d'humour discret généré par l'exagération des situations afin de développer dans la bonne humeur son propos.
C'est court, ça se lit très vite, ce n'est pas désagréable. Point.
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Lors d'un match de catch, un « double nelson » est une prise qui vise à soumettre son adversaire qui n'a d'autre choix que d'abandonner la partie. Dans le dernier roman de Philippe Djian, le match se passe à domicile, celui de Luc. Avec Édith, ils se sont aimés, passionnément. Lui est écrivain, tandis qu'elle, elle fait partie des forces spéciales d'intervention de l'armée. le genre de boulot que vous ramenez à la maison, qui empiète sur votre quotidien… au point de détruire tout ce que vous avez construit. Alors, voilà, Edith et Luc se sont aimés, puis quittés.

Luc, petit à petit, reprend possession de sa vie et trouve un équilibre entre l'écriture de son roman et son quotidien. Malgré l'immense vide laissé par Edith. Puis, un jour, Edith resurgit dans sa vie : sa dernière mission a mal tourné et elle a besoin d'un endroit où se cacher le temps que l'histoire se tasse. Avec son retour, c'est leur vie à tous les deux qui va basculer… obligeant une des parties à s'incliner.

Dans son dernier roman, Philippe Djian livre un récit plus proche, à mon sens, d'une ébauche de film à la Tarantino, que d'un roman. C'est complètement déjanté, plein d'humour noir et très bien écrit. Sous sa plume, nos deux adversaires se livrent une lutte acharnée de laquelle aucun des protagonistes ne ressortira indemne. Ne vous attendez pas, ici, à un récit du réel : pour l'apprécier, il va falloir lâcher prise… parce que, peut-être que le double nelson, finalement, c'est le lecteur qui en est la victime.

Bref, l'amour sauce Djian, ça vous met K.O.
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critiques presse (1)
LeSoir
17 mars 2022
Une histoire d’amour commence sur un malentendu. Luc, écrivain, n’était pas l’homme qu’Edith, membre des forces spéciales, cherchait. Ils ne se quittent plus, ils continuent à se taper dessus. Ça va vite, comme dans un film à la trame lâche – de dangereux adversaires sont tapis dans l’ombre, pas loin. Une voisine perturbe un jeu déjà bien chaotique. Djian fait du Djian, c’est plaisant mais ceci ne restera pas comme un de ses meilleurs romans.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Il payait cher la décision qu’il avait prise. Mettre fin. Certes, Edith avait un côté rigide pas toujours facile à vivre, mais il ne détestait pas ça, il s’en serait facilement accommodé. Sauf que ce n’était pas le but. Flanquer le feu aux poudres était le but. Rechercher la tension. Cela ne servait plus à rien d’en parler à présent. Il avait fait la seule chose qu’il y avait à faire. Il fallait savoir se couper un bras. La douleur était le gage d’être toujours en vie. (…) Provoquer l’orage. Faire tonner la foudre. Larguer Edith au moyen d’un Post-it était la meilleure façon de se la mettre à dos. Ca n’avait pas loupé.
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En parfait adepte de la Rupture Créatrice, dont le succès ne s’était pas démenti au fil des ans, Luc avait appliqué à Edith cette méthode qu’il connaissait sur le bout des doigts. Où trouver l’énergie, sinon, où trouver la rage nécessaire ailleurs que dans la rupture, le changement, les tensions, l’inconfort. Edith était en train de tout flanquer par terre. Il était allé jusqu’au bout avec elle, il n’avait brûlé aucune étape et griffonné la fin de leur histoire sur un papier collant. Conclusion nette et sans bavure. Sauf qu’elle était revenue et appliquait désormais ses propres règles. Du jamais-vu, pour ce qui le concernait. Quelque chose n’avait pas fonctionné, mais quoi.
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Il ne les avait pas bien vus à cause de la pénombre. Il trouvait un peu bizarre ce déménagement à la tombée du soir mais les gens étaient timbrés pour la plupart, de sorte qu'il ne s'en émut pas davantage, éteignit la lumière et regagna son salon en pensant que la journée avait été rude, il ne s'était pas menti.
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Elle dormit jusqu'au soir. Il aurait pu en profiter pour travailler mais il n'essaya même pas. La tension était trop forte pour qu'il puisse en tirer quelque chose. Ecrire dans ces conditions n'était qu'une perte de temps, rien de bon ne pouvait en ressortir. Autant faire autre chose.
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Des monticules de neige glacée, noircie, encombraient encore les trottoirs et ce maudit roman semblait consentir à reprendre sa route.
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Videos de Philippe Djian (57) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philippe Djian
Le romancier Philippe Djian, adapté de nombreuses fois au cinéma (notamment dans "37°2 le matin" de Jean-Jacques Beineix, "Impardonnables" d'André Téchiné, "Elle" de Paul Verhoeven), publie un nouveau roman, "Sans compter". Un polar qui ne dit pas son nom et s'approche par moment du fantastique. Il est l'invité d'Olivia Gesbert.
#litterature #polar #cinema _____ Écoutez d'autres personnalités qui font l'actualité de la culture dans Bienvenue au club https://youtube.com/playlist?list=PLKpTasoeXDrqYh8kUxa2lt9m1vxzCac7X ou sur le site https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/bienvenue-au-club
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