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EAN : 9782915978742
66 pages
Éditeur : Editions Argol (30/11/-1)
4/5   9 notes
Résumé :
"Il reste assis devant sa toile, les doigts croisés. Il dit que c'est difficile. Il dit que peindre est presque impossible. Que la peinture, c'est l'homme devant sa débâcle. Il dit des choses que je ne comprends pas."
Parce que Djian sait la valeur du silence, pour Bram van Velde, comme pour un frère absent, il a inventé une fiction où tendresse et désespérance affleurent et coulent comme sa peinture.

Après une vingtaine de romans publiés à plu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
michfred
  04 mai 2017
Après Charles Juliet, après Samuel Beckett, je suis allée voir comment Philippe Djian parlait de Bram van Velde, ce très grand peintre taiseux et humble, et qui a accepté pour son art tous les sacrifices.
C'est en romancier, en poète que Djian parle de Bram. Et non pas en écrivain "bûcheron" comme il se qualifie plaisamment lui-même dans une pseudo-lettre constituant un des chapitres du livre, celle d'un intellectuel furieux du choix de Djian, fait par la maison d'édition-
Il fait le portrait du peintre hollandais comme on répond par métaphores successives aux questions d'un portrait chinois: chaque court chapitre de ce petit livre précieux- très jolie édition Argol, enrichie de vignettes raffinées représentant quelques-uns de ses tableaux- est une facette subjective, incomplète, mais vraie de son talent.
C'est donc un portrait par facettes , par éclats juxtaposés comme les touches de couleur des tableaux cubistes: regard de policier -Bram a disparu, Bram aurait sauté par la fenêtre de son atelier au 4ème étage, mais de corps de Bram , point- regard de passant, de voisin, de concierge , de groupie enamourée, de galeriste, de biographe, de chroniqueur d'art un peu people..
Tous ces regards se croisent, se renvoient leurs questions ou leurs constats et se heurtent au même mystère:" peindre, c'est difficile" et parler d'un peintre aussi discret, aussi muet que Bram c'est tout aussi difficile....
Peindre c'est une question de vie ou de mort, peindre c'est le travail de toute une vie, peindre c'est la vie.
Les silences, les épreuves, les cilices, les stations, les disparitions et les épiphanies de Bram en font une sorte de figure christique étonnante - un Christ du pinceau qui aurait écrit lui-même son évangile sous forme d'aphorismes puissants- que je connaissais déjà pour les avoir trouvés chez Juliet.
Récit étonnant, entre le poème et la nouvelle, mais surtout beau, très beau portrait, qui donne envie que se décide très vite, quelque part, une rétrospective des oeuvres de ce modeste plein d'exigences, de ce prodige (longtemps) oublié.
Bram van Velde redécouvert par Djian, pour nous, lecteurs, c'est la rencontre de deux écorchés vifs, à la marge des modes ou des courants, qui ont des choses à se dire.
Et à nous dire.
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RJuillet
  09 décembre 2012
De la peinture ; un peintre que je ne connais que de nom, ou pour avoir entrevu un de ses tableaux en courant un jour dans une salle de musée ...
Des textes ; un écrivain que j'apprécie et qui me passionne par ses romans.
Un mariage ; inattendu , qui unit deux univers et nous transporte à la découverte de l'un et à la redécouverte de l'autre.
On y comprend la fascination et l'admiration que Philippe Djian porte à Bram van Velde. Des mots, des illustrations et on se laisse rêver.
J'ai une affection particulière pour ces livres qui nous permettent de découvrir quelque chose qu'on aurait pu manquer ....
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
michfredmichfred   04 mai 2017
Tout son matériel tenait sur une petite table. Deux ou trois tubes de couleur, quelques assiettes, une poignée de pinceaux dont la moitié n'avait plus de poils. Très bien. Mais je lui ai demandé si elle trouvait ça normal. Un atelier tellement propre, tellement vide, presque sans odeur. Il y avait une toile en équilibre sur une chaise. Elle m'a expliqué que ça dégoulinait toujours ainsi. Qu'il mettait trop d'eau, à son avis. Si on me disait qu'il a mis au point une machine pour s'envoler, je le croirais. Plus facilement que si on cherchait à me démontrer que ce gars-là était peintre. J'ai même vu des patins, dans l'entrée, et il n'y avait pas une seule goutte de peinture sur le sol. Mais je ne vais pas m'étendre, de toute façon, j'ai simplement à justifier ma présence sur les lieux. Et il ne s'est rien passé. J'ai eu un doute dans la soirée. Mais j'ai rien trouvé à BRAM. Ni à VAN. Ni à VELDE. J'ai pourtant l'édition de 68. Normalement je devrais arriver à dormir.
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michfredmichfred   04 mai 2017
Il reste assis devant sa toile, les doigts croisés. Il dit que c'est difficile. Il dit que peindre est presque impossible. Que la peinture, c'est l'homme devant sa débâcle. Il dit des choses que je ne comprends pas
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RJuilletRJuillet   09 décembre 2012
Et moi, qu'est ce que je mets dans mon rapport ? Qu'il a sauté ou qu'il a pas sauté ... ? Et si je dis que je l'ai vu sauter dans le vide, que j'ai même entendu les gens frémir autour de moi, que cette femme s'est accrochée à ma manche ... hein, si je le disais ?! Mais je sais très bien à quoi je m'expose. On va me dire: "Alors, comment ça se fait que t'as pas trouvé le corps ? ... Comment ça peut se faire qu'un type qui saute par la fenêtre atterrit pas en bas, tu nous prends pour quoi ... ?"
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michfredmichfred   04 mai 2017
Il est resté silencieux pendant une longue minute, le visage rempli de souffrance. Alors j'ai dit:" Écoutez, laissez-le tranquille..!" Et je l'ai raccompagnée jusqu'à la porte. Je suis revenue vers lui et je l'ai entendu murmurer: "Je suis un être sans langue. Je ne peux rien dire. Je n'ai pas de mots." C'est vrai qu'il paraît tellement fragile. On a envie de l'aider, mais on sent que c'est impossible. Il ne faut pas obliger un aveugle à traverser la rue.
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Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2545193/philippe-djian-double-nelson
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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