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ISBN : 2070767175
Éditeur : Gallimard (24/02/2005)

Note moyenne : 3.35/5 (sur 130 notes)
Résumé :
Une colline: superbe, couverte de maisons de luxe. Un drame: Lisa est retrouvée noyée dans le lac après une soirée pas très claire. Evy, son frère, quatorze ans, mutique et énigmatique, pourrait bien être responsable.
N'importe où ailleurs, les choses seraient vite réglées. Sur la colline, royaume de l'apparence, les façades cachent d'invraisemblables malentendus...
Après un détour par la forme brève qui avait abouti au superbe Frictions, Philippe Dji... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
brigittelascombe
  18 juillet 2011
Un monde déjanté, une société à la dérive, des ados paumés et sans repères dans un milieu hyper friqué de starlettes "has been", de producteurs sur le retour d'âge et d'écrivains sur le déclin. Et toujours ces mots crus qui frappent dur, nous remuent et nous interpellent. Impuretés: du pur Djian!
Philippe Djian, romancier de talent, dont Bleu comme l'enfer a été adapté au cinéma par Yves Boisset et 37°2 le matin par Yves Beinex, s'est essayé également à la nouvelle, nous propose ici un roman policier contemporain.
Evy Trendel,14 ans, au visage angélique, a t il tué sa soeur Lisa retrouvée noyée? Il se tait. C'est un accident.
Sa mère,Laure, actrice à succés sur le déclin, noie son chagrin dans l'alcool et son père Richard écrivain sur le déclin aussi, ancien drogué, se balade en porsche complètement dépassé par les évènements.Tous les parents de tous les ados de toute façon sont dépassés, étant eux mêmes pourris jusqu'à l'os. Quels exemples!
Un groupe d'amis , jeunes désoeuvrés et sans morale, gravite autour d'Evy.Son copain Andréas flirte sans vergogne avec la petite Michèle.
Anaïs, jeune obèse de 100 kilos refile de l'herbe à ces "petits merdeux".
Patrick, qui couchait à la fois avec Gaby séropo et Lisa, après avoir mis le feu au lycée, se suicide.
Sur la plateforme d'un arbre, où ils allaient fumaient, se trouve une malle pleine de souvenirs et de photos de Lisa. Contient elle des éléments qui expliqueraient les faits? Quels étaient les rapports entre le frère et la soeur? Pourquoi Evy scie t il une marche en bois quitte à provoquer un accident? Pourquoi se mutile t il? Et quelle est cette étrange pillule bleue qui fait perdre les pédales?
Avec son brio habituel, Philippe Djian capte l'ambiance "destroy" et nous ouvre grand les portes d'un monde inconnu à la Béverly Hills qui doit bien exister quelque part dans des beaux quartiers résidentiels de Los Angeles ou d'ailleurs!
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ancoline
  24 juin 2013
Un jeune adolescent Evy doit se remettre de la mort de sa soeur Lisa. de nature taciturne sa famille n'apprécie pas son silence et son mutisme quand on lui demande ce qui s'est passé. Cette introspection lui porte préjudice, et les amies de sa soeur le soupçonne d'en savoir plus qu'il ne le dit. Son entourage est singulier et perturbant pour ce jeune adolescent. Sa mère une actrice sur le retour, est provocatrice et aurait tendance à confondre son fils avec un jeune premier. Son père ancien junky et défaitiste accepte comme un purgatoire l'attitude cinglante de sa femme. Ses amis (es) le testent et ne peuvent pas vraiment le soutenir. Les amies de sa soeur le testent tout le temps voire lui porte préjudice. Un entourage où il est difficile de ne pas perdre pied. Mais il y arrivera, pus mûr que certains adultes.
Je n'ai pas aimé ce monde de provocation entre les adultes et les jeunes. Les rapports mère-enfant m'ont en particulier perturbée.
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BlueGrey
  27 août 2009
Evy est un ado, avec ses corollaires : un peu largué, pas mal désoeuvré, bien mal dans sa peau, totalement obsédé et entièrement désabusé. Et mutique. Surtout mutique. Alors que tout le monde autour de lui, son père ex-écrivain et ex-drogué, sa mère ex-star de cinéma prête à tout pour un come-back, son grand-père psychanalyste retraité, ses amis, ses camarades, ses professeurs, ses voisins, même ses plus vagues connaissances, tout le monde attend de lui qu'il parle. Qu'il raconte ce qui c'est passé. Comment sa soeur, Lisa, s'est-elle noyée. Mais Evy se tait. « C'était un accident. »
« C'était un accident. Une chute accidentelle dans les eaux glacées. Il n'en avait jamais dit davantage et n'en avait jamais démordu. Il demandait quel genre de détails on voulait, il évoquait un faux mouvement, un déséquilibre, un fichu plongeon par-dessus bord, et c'était là tout ce qu'il racontait, il ne voyait pas ce qu'il aurait pu ajouter. Au risque de passer pour un attardé mental.
Un soir, sa mère s'était enflammée comme un tonneau de poudre noire, arrosé de whisky pur, à cause de son mutisme. Elle l'avait empoigné, elle l'avait secoué, elle lui avait férocement postillonné au visage, elle l'avait assourdi de ses cris, trempé de ses larmes dans l'espoir de lui arraché trois mots de plus, mais elle n'avait obtenu aucune information supplémentaire, Evy n'avait pas tenté d'esquiver les coups qu'elle faisait pleuvoir sur lui mais elle n'en avait rien tiré. »
C'est donc une histoire de conflits de générations qui tourne autour d'Evy, adolescent accablé par ce deuil et par les insuffisances des adultes (des parents plutôt paumés et un entourage assez déjanté). Djian, incontestablement, a choisit le parti d'Evy, ce gosse qui prend la vie de plein fouet et ne supporte plus son univers cloaqueux. Cet ado tourmenté qui va être saisi d'une soudaine envie de pureté. Cet enfant que les adultes, impuissants et désemparés, ont "lâché". Ce gamin qui va se fracasser contre ses rêves.
Ainsi, sous le regard d'un énigmatique narrateur, qui semble toujours en savoir plus qu'il n'en révèle, Djian dissèque les échecs d'une microsociété friquée et repue qui ne semble avoir d'autre souci que de tromper l'ennui, d'autre finalité que jouir. Mais plus elle s'attache à ce but et moins elle est capable de l'atteindre. Elle se délite alors dans l'alcool, la drogue, le sexe triste et les désillusions et s'achemine ainsi inexorablement vers le drame.
J'ai aimé l'écriture de Djian, au cynisme réjouissant, qui use toujours du mot juste pour nous rappeler à l'ordre au moment où on allait presque compatir. J'ai aimé son érotisme brut et sa chair triste. J'ai aimé ses personnages à la dérive et le ton désenchanté de son roman. Certes, j'ai eu du mal à y entrer. J'ai aussi parfois eu du mal à y rester. Et puis, surtout, j'ai eu du mal à en sortir... Car on suit non sans fascination cette plongée aux abysses du désespoir existentiel dont on ressort troublé et inquiet, avec un sentiment de malaise qui persiste une fois le roman refermé. D'autant que l'émotion, qui va crescendo, n'empêche pas l'essentiel : la réflexion. Car Djian dit le monde tel qu'il est aujourd'hui : ordinaire, complexe et souvent confus.
Lien : http://descaillouxpleinleven..
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LiliGalipette
  17 mai 2012
Lisa est retrouvée noyée dans le lac. Toute la colline soupçonne son frère Evy. le mutisme de celui-ci ne plaide pas en sa faveur. Entre son père, ancien junkie, et sa mère, actrice dépressive sur le retour, tout semble rendre son existence cauchemardesque. Initié trop tôt aux drogues et au sexe, Evy sombre lentement dans un gouffre. Et tombent avec lui les proches de Lisa et tous ceux qui ne prennent pas garde à la force d'une jeunesse désabusée.
L'auteur a un don dérangeant, celui de mettre des mots sur le malaise, sur cette frontière ténue entre le moral et l'immoral. Les mots collent à la peau, visqueux et lourds. La narration, entre ellipses et faux-semblants, se traîne de page en page. C'est trop glauque pour moi.
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aranzueque-arrieta
  01 mai 2012
Impuretés
Philippe Djian
Gallimard

Evy Trendel, quatorze ans, est un adolescent taciturne, paumé. Sa soeur Lisa est morte noyée dans un lac, dans des conditions non-élucidées.
Il habite une colline, microcosme pour nantis.
Ses parents sont Laure, une actrice en perte de vitesse et Richard, un écrivain junky qui n'a rien écrit depuis des années.
Evy passe ses journées entre ses cours au collège privé de Brillantmont et les réunions avec ses amis Andreas, Michèle (qui leur taille des pipes sans prendre de plaisir) et Anaïs, la fille obèse du principal, adoratrice de feue sa soeur Lisa.
Le groupe carbure au cannabis, au Lexomil-alcool, à la bière, à la clope et aux cocktails alcoolisés. Les jeunes sont livrés à eux-mêmes, leurs parents étant déjà incapables de s'autogérer.
C'est Anaïs qui fournit les drogues à travers Dany Clarence, l'ex-dealer de Richard Trendel.
Evy tombe fou amoureux de Gaby, l'ex-maîtresse junky de sa soeur. Pour empêcher une érection, il met des morceaux de verre dans son caleçon, se mutilant ainsi le sexe. C'est finalement son père qui couchera avec la nymphette toxicomane.
Grâce à son agent, Laure Trendel parvient à signer un nouveau contrat qui relance sa carrière, en couchant avec le puissant producteur de MediaMax.
Richard quitte la maison avec Gaby, mais Anaïs trouve leur cachette et y amène Evy qui tente de cogner son père. Il revient à la maison.
Un déluge s'abat sur la ville. Pendant que Dany le dealer baise à l'arrière de son Opel Astra avec Gaby, une vague de boue les emporte.
Le groupe d'adolescents rejoint le lieu du drame pour récupérer une précieuse cargaison de drogues.
Sur la colline la vie reprend son cours médiocre et incertain.

Philippe Djian poursuit l'exploration de notre société, tout du moins de son versant aisé.
Toute éthique a disparu. Les personnages compensent leur absence d'« être » par l'« avoir » à outrance.
Le narrateur s'exprime à la première personne, témoin de cette déchéance humaine ; il ne nous épargne aucun détail, n'hésitant pas à sombrer dans le glauque, notamment la scène où Evy se fait violer par la mère d'une de ses camarades.
Le discours narratif utilise fréquemment l'ellipse, rendant ainsi le lecteur actif et alerte lors de sa lecture. Il est fréquent que d'un paragraphe à l'autre, le sujet (il ou elle) se réfère à un personnage différent ; on comprend le changement d'identité par rapport à la localisation de la scène et à l'action.
Le récit joue ostensiblement avec les symboles de la Bible (le déluge...) et de la psychanalyse (le désir de la mère, tuer le père...).
Djian se permet aussi quelques envolées lyriques comme il en a l'habitude lors des descriptions des paysages par exemple qui contrastent avec la crudité des dialogues (souvent minimalistes).
Impuretés est un roman sur le désespoir, sur une adolescence sans repères qui se sait condamnée, qui fuit la réalité en empruntant les sentiers tortueux qui mènent aux Paradis (infernaux) artificiels.
Le livre (2005) annonce déjà dans son esthétique narrative, les délires de la série littéraire Doggy Bag en six tomes que Philippe Djian publie entre 2006 et 2008.
Le roman nous conforte dans l'idée que l'auteur est en train de créer une nouvelle Comédie humaine hantée par un esprit Beatnik.

http://faranzuequearrieta.free.fr
Lien : http://faranzuequearrieta.sk..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
brigittelascombebrigittelascombe   18 juillet 2011
Tu dois savoir que tu vis dans un tel monde,reprit Laure en hochant la tête.Un monde où une actrice peut coucher,quel que soit son talent.Où une femme doit coucher.Mince,mais qu'est ce que tu croyais?Tu crois qu'ils m'attendaient?Tu crois qu'ils avaient encore mon numéro de téléphone?Tu dois savoir que tu vis dans ce monde là et pas dans un autre. Je sais que ça ne parait pas abominable, mais ça l'est je te le garantis.
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brigittelascombebrigittelascombe   18 juillet 2011
Connaissait- on un gachis semblable à celui qu'il avait fait de sa vie? Ca semblait difficile d'atteindre un tel degré d'erreur en tout genre, d'avoir été un mauvais père,un mauvais mari,un mauvais écrivain,c'était beaucoup pour un seul homme.
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brigittelascombebrigittelascombe   18 juillet 2011
Les femmes étaient ainsi:autant elles couchaient facilement pour rien, autant elles rechignaient à coucher pour quelque chose.
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brigittelascombebrigittelascombe   18 juillet 2011
Ce simple mot rendait quelques femmes un peu hystériques dans l'assistance car,s'agissant de leurs enfants,le suicide était ex aequo avec la drogue sur la liste de leurs cauchemars.
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brigittelascombebrigittelascombe   18 juillet 2011
Patrick Storer avait sauté du pont.Il n'était pas le premier, ce pont était connu pour ça.Les croque-morts adoraient ce pont,même s'ils ne voulaient pas le reconnaitre.
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Videos de Philippe Djian (53) Voir plusAjouter une vidéo
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26.04.18 - INTEGRALE - S. Tesson, P. Djian, É. Faye, N. Van Moerkerkenland et C. Gras.
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