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EAN : 9782070313341
435 pages
Gallimard (06/05/2004)
3.37/5   153 notes
Résumé :
« On lui avait cassé les dents. Tout d'abord, j'avais cru qu'on les lui avait arrachées. Mais non. Marie-Jo avait raison.
"Alors ? J'avais pas raison ?"
Je me suis relevé. Mon genou m'a fait souffrir.
J'ai soupiré :
"Cette pauvre fille. Quand même, cette pauvre fille. Hie? encore, je la voyais courir. Le tour complet du parc. Chaque jour que Dieu faisait. Cette pauvre fille.
— Tu veux dire cette petite pute.
— Je t'en p... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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Gehenne
  07 octobre 2020
Il est bien difficile de déjeuner en paix lorsqu'on a entamé un roman de Djian. Celui-ci est une sorte de polar d'où sourd une terrible colère contre la société, ses gardiens (policiers), ses profiteurs (capitalistes), ses déglingués (malfrats, drogués...)
Et dans le prisme Djian, ça donne un livre âpre, violent, teinté d'un érotisme agressif. Bref, du roman noir à l'américaine où le héros (anti-héros, plutôt) est tiraillé entre une profession dévastatrice (flic de terrain), une ex-femme engagée dans une croisade antisystème, une coéquipière qui est aussi sa maitresse et un mannequin qui a pris pension chez lui sans obtenir de sa part autre chose qu'un sentiment tiède et un refus de sexe. Excusez du peu...
Chargé de l'enquête sur la mort atroce d'une junkie prostituée qui est aussi la fille d'un magnat de l'industrie, il va s'y perdre et mélanger vie privée et professionnelle au point de dériver vers un enfer personnel tragique.
Le style Djian s'y déploie magistralement avec sa force d'expression et sa capacité d'évocation dont il est coutumier.
Un roman en forme d'uppercut dont le lecteur sort un peu sonné mais admiratif devant tant d'énergie.
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brigittelascombe
  04 juin 2011
Voici un polar, un genre différent auquel s'essaye Philippe Djian l'auteur du célèbre "37°2 le matin" avec toujours cet univers déjanté qu'il affectionne.
Un roman à deux voix celle de Nathan, flic paumé très branché nanas mais toujours amoureux de sa femme qui l'a quitté et Marie Jo sa coéquipière de 90 kilos obsédée par ses kilos et son point G.
Cramponnez vous,il faut suivre, sur fond de crack boursier et de crack fumette.
Jennifer Brennen, fille de milliardaire qui faisait occasionnellement des passes dans un hopital (Nathan a eu droit à ses faveurs) déguisée en infirmière, a été retrouvée étranglée, la machoire fracturée et les dents cassées. Elle appartenait pour se venger de son père à un mouvement mondialiste.
Nathan chargé de l'enquête couche occasionnelement avec Marie Jo,s'abstient de baiser avec Paula une top model installée chez lui toujours attiré sexuellement par son ex femme Chris qui l'a quitté pour Wolf homosexuel militant du mouvement mondialiste.
Marie Jo couche avec Franck dont elle partage l'existence, écrivain et prof et de temps en temps avec Nathan. Elle a déjà subi les violents assauts sexuels de Ramon qui lui s'est tapé Franck.
Un imbroglio flico-érotico-psycho-politico-écologique complètement décalé,un parler cru et imagé. Une enquête qui se perd dans les méandres glauques des solitudes d'êtres paumés et n'aboutit pas vraiment.
Bon ce n'est pas le meilleur Djian que j'ai lu!
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lalahat
  24 juin 2021
Comme dans tout bon polar, il y a au coeur du roman de Djian un couple de policiers, Marie-Jo et Nathan. Ils ne forment pas uniquement un binôme professionnel. Ils se retrouvent aussi sauvagement, comme poussé par une pulsion animale pour ce qui concerne Nathan, et pour d'autres raisons plus sentimentales malheureusement pour Marie-Jo. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur ce couple central dans le récit, tant leur relation est complexe. Pour compliquer le tout, une petite dizaine de personnages gravitent autour d'eux. Si l'on s'efforce de faire un schéma sur le papier pour mieux comprendre comment s'articulent les interactions de tous ces personnages, on obtient une toile d'araignée avec en son centre, Marie-Jo et Nathan. Encore une fois, dans le monde de Djian, tout le monde couche avec tout le monde, pour des raisons diverses et variées, et le sexe est omniprésent. A vous en dégoûter, s'il n'y avait pas l'humour de l'auteur pour faire passer tout ça.
Comme dans tout bon polar, on a bien sûr une intrigue. Marie-Jo et Nathan enquêtent sur la mort de Jennifer Brennen. C'est surtout Marie-Jo qui donne de sa personne pour faire avancer les choses. Djian s'est de toute évidence grandement défoulé sur son personnage. Nathan, lui, est trop préoccupé par ses affaires personnelles. Tout cela sur fond de manifs avec violences policières - Ca, c'est un baiser a été publié en 2002, mais le roman fait étrangement écho aux évènements de 2020.
Nathan lit Jack Kerouac et écrit, ce qui permet à Djian de rédiger quelques belles lignes sur l'écriture et la littérature. Nathan semble toujours être ailleurs que là où on l'attend. Il ne trouve sa place nulle part. Il souffre beaucoup de ses séparations et ne s'en remet pas. Il est très malheureux. Mais certainement pas autant que Marie-Jo ...
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DanielGauthier
  10 mars 2010
Sous ce titre abscons (c'est une habitude chez Djian) se cache un roman policier doté de tous les ingrédients du genre : intrigue, rebondissements, suspense...
Certes, le contexte politico-écologique manque de réalisme (d'autant que Djian ne prend pas vraiment partie, se contentant de reprendre les arguments des uns et des autres).
Certes, les thématiques "djiannesques" n'ont pas bougé : rapports déshumanisés dans les mégalopoles, sexe, drogue, musique, confusion intime des uns et des autres, impossibilité radicale de comprendre la réalité et de s'y situer, couples à la dérive...
Mais là, Djian est en forme : il y a de l'humour (souvent), de l'érotisme, et toujours cette écriture décalée, avec de vrais fulgurances de style (bien intégrées à l'ensemble).
Et du coup, on passe un bon moment, ce qui est quand même l'essentiel !
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fran61
  11 mai 2010
Un polar étrange avec des passages terrifiants, et des personnages décalés se débattant au coeur de situations impossibles. Heureusement l'humour de Djian est toujours omniprésent. Cet auteur a un style irréprochable.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
ChezLoChezLo   27 novembre 2010
Quand je voyais le mal qu'elle se donnait pour perdre un misérable kilo, je la plaignais de tout mon cœur. Vous l'auriez vue, en plein hiver, sortir d'un banc de brouillard glacé, le souffle court, le visage tordu par une grimace douloureuse, trempée de sueur jusqu'aux os après avoir sillonné le parc dans tous les sens, monté et descendu les marches de pierre qui menaient au bassin, zigzagué entre les arbres, sauté par-dessus les haies en serrant dans ses poings des poids de trois kilos, vous l'auriez vue tituber vers la balance, fermer les yeux puis les rouvrir et annoncer fièrement qu'elle était repassée sous la barre des quatre-vingt-dix, elle vous aurait épatée.
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PinceauPinceau   26 juillet 2016
Ces putains d'informations.Elle s'en abreuvait comme si elle avait traversé un désert.Cette source immonde.Ce torrent de feu et de sang perpétuel, ce torrent de souffrances et d'injustices, d'obscénité, de lâcheté, de stupidité, de mensonges, de duplicité.
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myriampelemyriampele   19 mars 2012
- Comprends-moi bien, Paula. Je ne suis pas en train de me plaindre de quoi que ce soit. Est-ce que tu saisis? Le monde est mal fait, c'est tout.
- Je sais bien. On en est tous là. Mais tu en connais un autre? Moi non. Alors je fais ce que je peux.
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GehenneGehenne   07 octobre 2020
La circulation était dense, on était emporté dans un torrent de lave qui sillonnait la ville dans toutes les directions et hoquetait comme le sang dans des artères thrombosées.
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RollMeFurtherRollMeFurther   02 juillet 2016
Mais qui donc souriait encore aujourd'hui, à moins d'une seconde d'inattention, à moins d'être sous antidépresseurs ?
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Découvrez l'émission intégrale ici : https://www.web-tv-culture.com/emission/delphine-saada-celle-qui-criait-au-loup-53274.html Quel lien peut-il y avoir entre la médecine et l'écriture. Delphine Saada ne se pose pas la question même si elle reconnait que le lien à l'autre, la volonté d'interroger et le souhait d'apaiser les maux sont peut-être des points communs. Delphine Saada s'est toujours rêvée médecin, elle s'est aujourd'hui spécialisée en dermatologie. Mais grande lectrice depuis l'adolescence, elle a répondu à une envie d'écriture il y a quelques années, s'essayant à des textes courts, pour le plaisir. Pourtant, l'idée de ce qui allait devenir son premier roman était déjà là. Il faudra la participation à un atelier d'écriture animé par l'écrivain Philippe Djian pour que Delphine Saada franchisse le pas et s'autorise à proposer son texte à un éditeur. Voilà comment nait ce livre, « Celle qui criait au loup » publié chez Plon. Anabelle a tout pour être heureuse. Une profession qu'elle aime et exerce avec rigueur, elle est infirmière dans un hôpital parisien, un mari attentionné, Sebastian, deux beaux enfants, Arthur et Emma, un appartement confortable. Pourtant dans cette vie réglée comme du papier à musique, Anabelle cache des failles. Au fil de quelques semaines, tout semble vaciller, des souvenirs resurgissent. Et bientôt, sa fille de 6 ans devient comme une ennemie. Son coeur de mère se dessèche face à cet enfant qui semble toute l'opposée d'elle-même. Sur le thème du désamour maternel, Delphine Saada nous offre un premier roman saisissant, violent, qui se lit comme un thriller psychologique tout en abordant des thèmes sociétaux universels. L'écriture, très maitrisée et littéraire, est intense et glaçante. L'intrigue est parfaitement menée et le malaise s'installe sournoisement dans cette famille bien sous tous rapports. Mais au-delà du plaisir de lecture avec ce roman à rebondissements où le suspense est habilement construit, le roman aborde des sujets sur la famille, l'éducation, les souvenirs, auxquels chacun pourra coller sa propre expérience. Ce premier roman est une vraie réussite. « Celle qui criait au loup » de Delphine Saada est publié aux éditions Plon.
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