AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
4,08

sur 2071 notes
Marie-Laure Leblanc et Werner Pfennig ne se connaissent pas. L'un est un jeune allemand ayant grandi avec sa soeur dans un orphelinat jusqu'à être remarqué par la Wehrmacht pour ses talents de mécanicien et d'électricien, tandis que l'autre est une jeune française aveugle, vivant seule avec son père, conservateur au musée d'histoire naturelle de Paris. Pourtant leurs routes vont se croiser dans le Saint-Malo bombardé de l'année 1944…

De flashback en flashback, on va progressivement découvrir quelle a été la vie des deux adolescents et ce qui les a conduit dans la cité malouine, si éloignée de chez eux… Mais derrière la volonté de fuir la guerre ou de prouver sa valeur à travers des actes de résistance, se cache une quête bien plus grande, qui dépasse l'entendement des deux enfants et qui consiste à soustraire aux allemands un diamant d'une valeur inestimable…


Entre récit d'apprentissage, récit de guerre et roman d'aventures, « Toute la lumière que nous ne pouvons voir » se révèle être une histoire foisonnante et passionnante, comme pouvait l'être « Au revoir là-haut » de Pierre Lemaître, prix Goncourt en 2013 ! Si j'associe les deux, c'est tout simplement parce qu'ils m'ont procurée le même plaisir de lecture, le même attachement pour leurs personnages, le même intérêt pour leur intrigue et la même frustration à chaque fois qu'il m'a fallu interrompre ma lecture !

Anthony Doerr nous livre une fresque captivante et parfaitement rythmée sur la base de chapitres alternés, donnant tour à tour le premier rôle à Marie-Laure puis à Werner. Les deux enfants, que l'on voit évoluer et grandir dans des univers complètement différents, se révèlent être des personnages attachants et lumineux qui, malgré un contexte difficile, font preuve d'une humanité et d'une bonté des plus touchantes. le sujet quant à lui, bien que traité de manière très romanesque, s'avère, grâce à ses descriptions riches et précises, particulièrement intéressant et instructif et parvient à nous passionner pour cet épisode de l'histoire de Saint-Malo. L'écriture par ailleurs est fluide et agréable, faisant du roman un « page turner » pour le moins efficace !

Couronné du prestigieux prix Pulitzer, « Toute la lumière que nous ne pouvons voir » est donc un excellent roman, idéal pour ceux qui recherchent une lecture plaisante, prenante et intéressante ! Une très jolie découverte pour ma part !
Commenter  J’apprécie          1173
Voilà un roman que je termine sans déplaisir mais bizarrement je n'ai pas été emporté comme je l'espérais. Deux destins pendant la seconde guerre mondiale de l'occupation à la libération, Marie-Laure est une jeune française aveugle réfugiée à Saint Malo, Werner lui est allemand as des transmissions,après un périple dans l'Europe, se retrouve lui aussi dans la cité corsaire. Ajouté à cela un troisième personnage, un officier SS malade à la chasse d'un diamant qui aurait des pouvoirs d'immortalité. Anthony Doerr alterne chaque histoire dans des chapitres courts qui donne un rythme incontestable au roman. Pourtant les pages défilent et l'empathie tarde pour ces personnages que Doerr peine à nous faire aimer. Je m'attendais à un roman au souffle épique, une saga qui m'emporterai (avec un sujet pareil il y avait matière), je n'y ai vu et lu qu'un livre agréable mais bien loin du chef d'oeuvre annoncé.
Commenter  J’apprécie          1018
Toute la lumière que nous ne pouvons voir est un roman magnifique.
2 personnages sans lien l'un avec l'autre.
On s'attache à Marie-Laure, jeune fille française aveugle.
On s'attache tout autant à Werner, jeune homme allemand.
Tous deux sortent de l'enfance brutalement, rentrent dans cette 2nde guerre mondiale sans choix, inévitablement.
On passe de l'histoire de l'un, puis de l'autre, alternativement.
600 pages qui se lisent très rapidement grâce au rythme qu'a su insuffler l'auteur, grâce aux chapitres courts.
En fin de livre, on imagine très bien cette fin de guerre, du côté français comme du côté allemand, où rien n'est tout rose ou tout noir.
C'est la 1ère fois que je m'interroge sur ce que la guerre a pu être pour les Allemands.
De même on imagine souvent la joie des Français une fois que le débarquement a eu lieu, mais tout n'a pas du être simple après cette longue guerre. Les plaies physiques et morales ne se sont pas refermées d'un coup... La lumière n'a pas du réapparaître aussi facilement qu'on peut le croire...
Commenter  J’apprécie          870
Pendant la seconde guerre mondiale, deux destins que tout oppose, celui de Marie-Laure, jeune aveugle réfugiée chez son oncle à Saint-Malo, et celui de Werner, orphelin recruté par la Wehrmacht pour son génie des transmissions électromagnétiques, finissent par se croiser sous les bombes de la Libération qui pilonnent la cité malouine.


Vaste fresque épique et foisonnante, cette histoire très romanesque centrée sur deux adolescents est un récit d'aventures et d'apprentissage sur fond de guerre. Alternant entre le Paris de l'Occupation qui tente de sauver ses trésors, comme ceux du Museum d'Histoire Naturelle où travaille le père de Marie-laure, et une Allemagne jetée dans une folie meurtrière et dévastatrice qui n'épargne pas sa population, embrigadée, exploitée et terrorisée, la narration converge vers la cité corsaire de Saint-Malo, dans un décor magique de pierre et de mer bientôt voué à l'enfer du feu et de la destruction lors des bombardements de la Libération.


Dans ce maelström, Marie-Laure et Werner sont deux galets roulés et usés par la tempête, tous deux emportés malgré eux dans une vague qui leur dérobe leur innocence. Les confrontant au pire et à ce qui devrait les dresser l'un contre l'autre, elle finit par les pousser aux choix les plus essentiels, ceux qui préserveront leur humanité, et, à travers elle, l'avenir du monde. Un curieux mélange de poésie et de réalisme imprègne les pages de ce roman aux multiples niveaux de lecture. Derrière la restitution historique pleine d'exactitude et de discernement, où les populations, y compris allemandes, se retrouvent toutes victimes du conflit qu'elles subissent, se dessine une fable symbolique, porteuse d'espoir et de réconciliation, comme celle qui unira les descendants respectifs des familles de Werner et de Marie-Laure.


S'accrochant coûte que coûte aux beautés d'un monde qu'on croirait pourtant devenu fou, l'auteur s'émerveille de curiosités autant naturelles que scientifiques : oiseaux, diamant fabuleux, ingénieuses maquettes de villes pleines de compartiments secrets, magiques transmissions radio… Habité par Jules Verne dont les Vingt mille lieux sous les mers jalonnent le récit, ce roman historique teinté de poésie fabuleuse, où la lumière refuse de céder le pas à l'ombre, m'a aussi parfois évoqué Marina de Carlos Ruiz Zafon. C'est d'ailleurs avec le même étrange envoûtement que l'on parcourt chez l'un la cité de Saint-Malo, et chez l'autre la ville de Barcelone.


Aucun temps mort ne vient rompre le rythme de cet épais roman qui se dévore avec le plus grand plaisir. Entre Histoire, aventure et fable, il emporte le lecteur dans une intrigue originale, pleine d'intelligence et de sensibilité, dont le point d'orgue est sans aucun doute son extraordinaire évocation de la cité malouine et de sa libération en août 1944.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
Commenter  J’apprécie          840
L'enfance envolée.

Marie Laure est aveugle et fuit le Paris de l'Occupation pour se réfugier à Saint Malo avec son père dépositaire d'un étrange trésor de Musée parisien.
Werner, orphelin sans avenir, petit génie des maths et de la physique est enrôlé pour son talent de télégraphiste dans l'armée allemande, dérivant dans la furie nazie, pistant sans relâche par triangulation des ondes radio les poches de résistance.
Par une narration temporelle imbriquée, le fil rouge qui les relie nous conduit dans une cité corsaire de nuit, brouillard et fracas des armes, site hallucinant des bombardements alliés de 1944.

Livre historique, roman d'apprentissage et de perte de l'innocence, expérience poétique et sensorielle, ce livre apporte plusieurs niveaux de plaisirs littéraires. Les expériences croisées des deux jeunes enfants grandissant dans un monde de furie et de pertes personnelles nous sont relatées avec une intelligence de structure romanesque, une distanciation qui évite le pathos dans la dramaturgie. Il y a comme un filtre qui nous fait vivre ces années de guerre par procuration, par les yeux, les sentiments et l'extrême maturité de l'enfance envolée trop vite.

Cette mise en hauteur de l'occupation, pourtant très réelle, meurtrière et bruyante, est bien illustrée par la passionnante approche du monde impalpable des ondes radio, par la magie de la compréhension des choses par les sens, par l'écho des événements en parallèle avec un livre de Jules Verne. J'ai vécu le bombardement de Saint Malo par la perception de la cécité de Marie Laure, expérience effrayante.

De très beaux personnages, soigneusement construits, décalés, attachants, une toile de fond magnifique de remparts et de bord de mer martyrisés. Rythmé par des chapitres courts jamais pesants, une écriture aisée, c'est un roman un peu mystérieux, lyrique, musical, coloré, qui renouvelle le genre Seconde Guerre mondiale, par son originalité et sa sensibilité.
Et un coup de chapeau pour un écrivain américain qui, par son travail de documentation, a su si bien me faire vibrer à la lecture de la destruction d'une ville qui me ravie toujours autant.
Commenter  J’apprécie          713
Anthony Doerr nous propose de suivre le destin croisé de deux adolescents, d'origines différentes et de milieux différents. L''un allemand, Werner, jeune orphelin élevé avec sa soeur dans un village de la Ruhr, enrôlé par les nazis pour son talent en radio et en transmissions.
L'autre, Marie-Laure, jeune française, fille d'un serrurier du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, gardien d'un diamant maléfique. Marie laure devient aveugle très jeune et trouve refuge à Saint Malo chez son vieil oncle Etienne.
Et ainsi l'on entre dans la peau de ces enfants bousculés dans un monde en guerre.
L'auteur nous emporte, dès les premiers chapitres. Happés par le destin et les hasards heureux ou malheureux ce jeune garçon et cette petite fille seront des « héros sans le savoir ». Mêlant à la fois poésie et lucidité, c'est un roman de vie, passionnant, profond, sensible avec une bonne dose de science et d'histoire parfaitement maitrisés.

Commenter  J’apprécie          660
C'est du roman historique comme j'aime, davantage roman qu'historique, même s'il s'ouvre sur une pluie de tracts sur Saint-Malo, le 7 août 1944: « Message urgent aux habitants de cette ville. Dispersez-vous dans la campagne ». L'Histoire nourrit le roman sans plomber l'imaginaire qui s'épanouit ici aussi bien dans de grosses et efficaces ficelles romanesques que dans des cheminements plus subtils.
Il y a la romanesque présence d'un énorme diamant nommé «Océan de flammes», soupçonné de faire pleuvoir les calamités autour de celui qui le possède, recherché par un opiniâtre bien que gravement malade stabsfeldwebel nazi, qui apporte au récit un souffle scintillant.
Il y a des personnages qui ont tout pour déclencher ces mécanismes de projection qui font de la lecture une activité aussi magique: Marie-Laure, une jeune et vaillante aveugle lectrice assidue de Jules Verne, dont le père est maître des clés au Muséum d'histoire naturelle; Werner, un garçon allemand pauvre mais surdoué, qui pour échapper à la mine où son père est mort va entrer dans une école d'élite du Reich.
Anthony Doerr construit de façon très efficace et bien rythmée son roman en passant d'un personnage à l'autre et j'ai eu la sensation qu'il réussissait à nouer un lien entre eux même avant qu'ils se rencontrent, qu'il réussissait le tour de force de faire planer comme du sentiment dans l'air romanesque entre deux personnages géographiquement éloignés, qui ne se connaissent pas.

Un beau roman prenant, un vrai bon plaisir de lecture, le prix Pulitzer 2015 était bien mérité. Et la perspective d'une mini-série avec Mark Ruffalo cet hiver me rend l'avenir un peu moins sombre ;-)
Commenter  J’apprécie          583
A plusieurs reprises j'ai abandonné Toute la lumière que nous ne pouvons voir pour d'autres lectures. Trop de descriptions, un texte trop fragmenté pour s'attacher aux personnages, bref, trop de mots et pas assez de concision ont failli avoir raison de ma volonté de poursuivre. Pourtant je ne regrette pas d'avoir persévéré. L'histoire de Marie-Laure Leblanc et Werner Pfennig en vaut la peine.

Pendant l'Exode, Marie-Laure, une jeune aveugle, quitte Paris pour Saint-Malo avec son père, serrurier au Muséum d'histoire naturelle. Quatre ans plus tard, quand la ville est bombardée par les Américains, sa route croise celle Werner Pfennig, un jeune Allemand surdoué des transmissions. C'est un instant de grâce dans un monde dévasté par la guerre.

Anthony Doerr évoque sans chronologie l'enfance et l'adolescence des deux jeunes gens, l'Exode, Paris, Saint-Malo, le front est, l'Occupation, la Libération, les bombardements, la Résistance, l'Allemagne nazie. Un diamant d'une taille et d'une beauté exceptionnelles constitue le fil conducteur de ce récit dédaléen qui s'est éclairé progressivement pour livrer son message ; il faut croire en l'homme, même quand les ténèbres submergent le monde, il existe une lumière que nous ne pouvons voir.
Commenter  J’apprécie          550
La guerre à travers deux vies. Deux jeunes vies. Deux adolescents. Un jeune allemand, Werner, dont les talents précoces dans le domaine de l'électricité et la transmission le verront bien vite repéré et enrôlé dans les jeunesses nazies.
Une jeune française, Marie-Laure, soudain aveugle, vit avec son père qui travaille dans un musée parisien. Devant l'invasion, ils sont contraints de quitter la capitale pour se réfugier chez un grand-oncle de la jeune fille à Saint Malo.
De l'Allemagne des années 30 au Saint Malo, sous les bombes, d'août 44, nous suivons en parallèle leur histoire.
Il y a bien des façons de raconter la guerre, ici les combats ne sont pas l'essence du récit, ici on s'attache à la personnalité des deux protagonistes, à leur passé.
C'est au travers du regard de ces deux jeunes gens, de ce qu'ils vivent, que l'auteur nous fait vivre la guerre qu'ils subissent.
Il y aurait tant à dire, l'endoctrinement, la lutte contre la résistance côté allemand. La lutte contre l'occupant, la libération, les bombardements alliés côté français et, en fil rouge, un mystérieux diamant objet de toutes les convoitises.
Fait de flashback et écrit en courts chapitres qui rendent la lecture fluide et rapide, un roman qu'on ne lâche pas facilement une fois qu'on l'a débuté.
Ce prix Pulitzer 2015 n'est pas un simple livre, c'est un GRAND livre.
Mais moi je dis qu'il y a en littérature des auteurs qui méritent le Panthéon des écrivains, avec ce roman Doerr y a sa place.
Un vrai coup de coeur.
Commenter  J’apprécie          534
Silence.
Arrivée à la fin de ce roman, j'ai eu besoin de silence. Mes pas m'ont conduite au jardin. Là je me suis assise et j'ai écouté. Ecouté le calme, les pépiements des oiseaux, le sang jouer sa partition dans mes veines.
Quel livre ! Quel roman éblouissant ! Quel bonheur de lecture !
C'est l'atmosphère poétique que je retiendrai avant toute chose de ce roman. Mais la guerre peut-elle être un poème ? Car c'est bien de guerre dont il s'agit ici. Y a-t'il eu des petits miracles de douceurs, de bonheurs, de partages lors de cette longue et abominable Seconde Guerre mondiale ? J'y crois. Je veux le croire. Je ne peux me résoudre à ne voir que du noir chez l'homme. Car il y a bien aussi « toute la lumière que nous ne pouvons voir. »

Dans ce roman, il y a Marie-Laure et Werner. Dans ce roman, il y a une profusion de courts chapitres dédiés à l'un ou l'autre de ces deux personnages. Dans ce roman, le lecteur est entraîné tantôt à Paris et Saint-Malo, tantôt en Allemagne. Dans ce roman, la cruelle Histoire côtoie la beauté, la sauvagerie la bonté. Dans ce roman, l'enfance est malmenée, l'avenir et les rêves troublés et l'innocence perdue.
Dans ce roman, Marie-Laure est une jeune française aveugle, réfugiée à Saint-Malo. Werner est un jeune orphelin allemand, passionné par les ondes électromagnétiques.

C'est un roman qui se lit facilement car jamais il ne tombe dans les descriptions horrifiques de la guerre, du moins ne s'appesantit-il pas. Et toujours, le lecteur peut-il continuer à s'émerveiller du talent des hommes, tel que celui du père de Marie-Laure et de ses miniatures féeriques, la connaissance des oiseaux de Frederick, le gramophone et la voix du grand-oncle qui distille musique et connaissances par delà les ondes, la force de caractère et la joie de vivre de madame Manec...

C'est un roman que j'ai lu avec grand plaisir, même si le dernier chapitre sur l'année 2014 me semble superflu. Les digressions sur les téléphones portables n'apportent rien à l'histoire, sinon pour dire que les ondes invisibles emplissent notre quotidien et troublent peut-être notre vision du monde. Mais là est un autre débat.
Commenter  J’apprécie          472




Lecteurs (4507) Voir plus



Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
3165 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre

{* *}