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EAN : 9782490239108
240 pages
Éditeur : Mü éditions (10/04/2019)

Note moyenne : 2.94/5 (sur 9 notes)
Résumé :
L’autre moitié du ciel donne la parole à celles que les mythes ont oubliées et pose les fondations d’un matriarcat imaginaire. Ici, les Princesses ne se morfondent pas en attendant le Prince Charmant, elles ont leurs propres combats à mener, à gagner. Ce sont des héroïnes. Des filles. Des femmes. Des mères. Des sorcières. Des guerrières…
Et toujours des rebelles.

« Neuf vagues de grâce sur toi,
Neuf vagues pour la donneuse de vie. »
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
JustAWord
  04 avril 2019
Second ouvrage des éditions Mü en cette année 2019 après l'excellent Livre Jaune de Michael Roch, L'autre moitié du ciel délaisse la forme longue pour la forme courte puisqu'il s'agit en réalité d'un recueil de onze nouvelles de la française Sara Doke.
Après son roman Techno Faerie en 2015, Sara propose ici un ouvrage engagé qui, plus encore que de féminisme, parle du droit à la différence et de tolérance dans une société moderne souvent oppressante.
Parmi les onze textes proposés, cinq sont des rééditions venues de Fiction et autres anthologies, et six sont des inédits offerts ici au lecteur curieux pour la première fois.
Traductrice (de Paolo Bacigalupi notamment), romancière…et nouvelliste, Sara Doke a-t-elle tous les dons ?
Il était une fois le féminisme
Comme on pouvait logiquement s'y attendre en regard de la personnalité de son autrice mais également de la promotion autour de l'ouvrage, les histoires de L'autre moitié du ciel parlent de femmes mais, surtout, de féminisme.
Si l'on excepte L'enfant sans nom et Camarade Petit Chat, toutes les nouvelles présentées ici implique des personnages féminins et s'intéressent à des problématiques féministes plus ou moins complexes.
Une bouffée d'air frais assurément qui permet de se plonger dans une série de textes à la fois originaux et engagés tirant le portrait de la moitié la plus sous-représentée de notre société moderne.
Souvent très personnelles, les histoires de Sara Doke parle de l'intime et de l'image de soi, du rôle de mère ou de guerrière (mais est-ce vraiment différent ?), de liberté d'être et de penser, de sensualité et d'humour même.
Pourtant, tout ne commence pas bien dans ce recueil. Pour preuve, La femme du miroir, un texte intimiste et quasi-introspectif qui, malgré sa poésie indéniable et son écriture limpide ne va pas bien loin.
C'est un peu la même chose pour Desperate Maratres qui, cette fois, part sur un postulat carrément génial — un club de femmes-trophées pour maris richissimes enfermées dans un mystérieux Complexe qui se réunissent pour programmer l'assassinat de leurs belles-filles — mais qui loupe le potentiel contestataire de la nouvelle pour en faire une histoire au twist ironique sans effleurer le véritable potentiel de son univers. Une lacune qui reviendra plusieurs fois dans les textes suivants.
L'autre moitié du ciel serait-il une déception ?
Légendes et contes à la rescousse
Heureusement, la suite rehausse le niveau. Particulièrement friande de légendes arthuriennes, Sara Doke s'appuie sur celles-ci pour livrer plusieurs histoires passionnantes qui revisitent le mythe à l'aune de la fragilité, de la féminité et de l'enfance.
Dans L'Enfant sans nom, c'est la fuite-quête d'un enfant touché par les fées qui émerveille le lecteur grâce à sa poésie au milieu des lochs écossais. Une poésie mise en sourdine le temps d'une autre histoire fascinante, Fata Morgana, où Sara Doke reprend à son compte la légende de la fée Morgane pour offrir un autre point de vue, plus héroïque et plus viscéral, sur l'une des femmes essentielles de la vie du Roi Arthur.
Mais c'est définitivement dans 333 où le talent de Sara Doke explose en rassemblant neuf femmes pour neuf destins et en discutant de ce qui a permis la domination des hommes. Au milieu de ces portraits, la française décrit la violence et l'injustice, la vieillesse et la jeunesse, la beauté et le malheur. Un hymne à l'émancipation qui demande d'agir pour modeler l'univers au lieu de le laisser glisser hors de portée.
En mêlant mythes et thématiques féministes, Sara Doke reprend la main sur un monde d'hommes qui semblent avoir construit l'univers à leur image, même la plus irréelle et fantastique dans le cas qui nous intéresse. le résultat s'avère délicieux d'intelligence et d'originalité.
Malheureusement, comme rien n'est jamais parfait, Sara Doke n'atteint pas cette même qualité lorsqu'elle tourne les contes traditionnels en dérision. Sneau et Anita Rossa ont beau être des boutades ouvertement assumées, elles n'en restent pas moins des textes anecdotiques revisitant simplement le mythe du Chaperon Rouge et de Blanche-Neige.
Laissez-moi exister !
C'est lorsque Sara s'embarque pour la dystopie qu'elle atteint de nouveaux sommets.
La longue nouvelle Lire ou mourir en est certainement la preuve la plus éclatante. Ici, un narrateur nous explique que sa vie tourne autour d'une activité désuète voire dangereusement transgressive : la lecture. Passionné par la science-fiction, voici que notre héros se retrouve la victime d'un régime totalitaire qui tente de contrôler les jeunes et la société en général.
Lire ou mourir esquisse les contours d'un futur asphyxiant et évite le name-dropping pour expliquer en quoi la boulimie des lecteurs de science-fiction, si décriée habituellement, devient une arme qui les prépare aux dangers à venir. Bouleversant et férocement engagé, la nouvelle nous ferait presque oublier le texte le plus brillant du recueil qui vient quasiment clore celui-ci.
Dans La Fille des Abjurés, Sara Doke imagine une congrégation de femmes qui n'acceptent que les femmes et rejette violemment les hommes, tous les hommes. Jusqu'au jour où une nouvelle arrivante leur explique qu'elles ne valent pas mieux que le patriarcat qu'elles combattent en agissant de la sorte. Ici, la française renvoie dos à dos les deux extrêmes et livre un vibrant plaidoyer pour le droit d'exister, tout simplement. Peu importe le sexe, le genre ou l'apparence, aucune généralité ne doit jeter l'opprobre sur une population entière et le premier pas vers l'acceptation de l'autre réside dans la capacité à toujours se remettre en question. Simplement brillant.
Pour parachever cette réflexion, Miroir de mon âme renoue avec la poésie et le sensuel pour livrer un texte où la femme redevient une seule et unique avec l'homme qui la tourmente tant. Envers et contre tout, Sara Doke offre le choix à ses personnages…et à ses lecteurs !
Globalement, on pourrait être déçu par L'autre moitié du ciel mais l'intelligence des nouvelles les plus longues et l'écriture toujours limpide et poétique de Sara Doke emportent finalement la décision finale. Voici un recueil certes inégal mais qui mérite largement votre attention, ne serait-ce que pour les réflexions qu'il offre sur la place de la femme et sa façon délicieuse de revisiter le mythe arthurien…et la dystopie !
Lien : https://justaword.fr/lautre-..
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orbe
  25 avril 2019
Un recueil de nouvelles très différentes mais qui évoquent toutes l'image de la femme.
Il y a des réécritures de contes, le petit Chaperon Rouge et Cendrillon, qui sont pour le moins modernisées avec des héroïnes dans un contexte revisité.
Puis, des mythes retravaillés avec "Fata Morgana", "333" et "L'enfant sans nom". Ce dernier, qui est le texte le plus long du recueil et qui porte une dimension plus philosophique et même anthropologique.
Les autres récits sont plus proches de la nouvelle. Il y est question de l'identité de la femme et de sa construction, ou encore du rôle des marâtres. Ils contiennent parfois de la poésie et des chants.
Mon texte préféré est "Lire ou mourir" qui évoque l'invisibilité comme arme contre la manipulation des masses. Enfin, il est important d'indiquer deux récits qui ont pour thème l'intersexualité.
Un livre reçu dans le cadre de Masse critique, que je n'ai pas toujours compris et qui m'a parfois même dérangé mais qui n'est pas sans intérêt avec l'image de la femme rebelle comme fil de l'ouvrage.
A découvrir !
Lien : http://www.nouveautes-jeunes..
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MuseaUranie
  27 avril 2019
S'ouvrant sur une nouvelle introspective La femme miroir, celle-ci relate le rapport entre une femme et son propre corps en le personnifiant. Sans être marquante et un peu lourde, ouvrir le recueil par un monologue n'était pas le choix le plus judicieux de l'autrice et refroidit un peu mon enthousiasme de lectrice. Qu'à cela ne tienne, je poursuis ma lecture et une constatation rapide me vient à l'esprit : l'inégalité. 
Certaines nouvelles comme Fata Morgana, La fille des Abjurées ou SNEAU à Desperate Marâtre mériteraient un format plus long proche de la novella et sont porteuses de thèmes et problématiques fortes. Où l'on jongle successivement entre la réécriture pulp d'un conte de fée, les dangers d'un matriarcat trop extrême ou encore à un cercle de femmes assassines relève véritablement l'ensemble de L'Autre moitié du ciel. Ne l'oublions pas, le thème centrale est bien le féminisme et la femme. 
Malheureusement certaines nouvelles ne tiennent pas les promesses et on se demande alors ce qu'elles font là et font preuve d'un féminisme douteux. L'enfant sans nom par exemple et Camarade Petit Chat sont les deux propositions que j'ai le plus rejeté, ne les ayant même pas terminé. Je suis ressortie de ces lectures passablement agacée en me demandant où étaient le message et les valeurs de l'autrice. 
Comme le dit si bien Yuyine que je rejoins totalement dans le propos, je regrette une vision biaisée du féminisme où les deux sexes ne peuvent être sur le même pied d'égalité où la violence est forcement une résultante. Bien que certaines nouvelles soient bonnes, voir très bonnes, aucune ne fait mention de cette possibilité et c'est dommage. Je garde de cette lecture, une impression en demi-teinte avec de très bonnes propositions et d'autres en marge du propos. L'autre moitié du ciel est un recueil intéressant, mais qui souffre d'un manque de dosage cohérent et d'une vision du féminisme plus subtil (en évitant de nous faire passer pour de folles dangereuses sanguinaires). 
Lien : https://museaurania.wordpres..
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JulieJuz
  14 août 2019
Ce que je peux peut-être commencer par dire, c'est que la plume de l'autrice est bonne. Même si je n'ai pas accroché à tout, je ne peux pas lui reprocher cela et j'ai trouvé le travail plutôt réussi.
(...)
Au bout du compte, je ne suis pas sûre d'avoir compris le message que chaque nouvelle délivrait, ou même parfois l'histoire.
Le livre se présentait comme quelque chose de féministe, et là encore, je n'ai pas été totalement convaincue. Il y a quelques femmes fortes et des histoires un peu dystopiques où la place de la femme est remise en question, mais il y a aussi quelques intentions maladroites, j'ai trouvé.
Les nouvelles sont toutes placées dans une époque et un cadre bien différents, et en ça, l'exercice d'écriture est plutôt réussi. L'autrice a réussi à passer d'un ton à l'autre, d'un style à l'autre avec beaucoup de succès, et l'écriture permet de se plonger plus facilement dans la nouvelle histoire.
Je ne sais toujours pas que penser de ce livre. Je ne sais pas si je relirai quelque chose de l'autrice, mais la lecture était malgré tout une agréable rencontre.

Lien : https://juliejuz.wordpress.c..
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LesNotesdAnouchka
  07 juillet 2019
L'un des premiers mots qui me vient à l'esprit après la lecture de ce recueil est "inégal". de jolis moments de grâce, certaines nouvelles qui auraient mérité un développement plus long (Fata Morgana), une autre qui part très bien, avec une plongée en immersion dès les premières lignes mais qui finit par tirer un peu en longueur pour un final décevant (L'enfant sans nom), des parodies ou re-visites de contes qui ne s'arrêtent qu'au stade de l'idée (Anita Rossa, Sneau) et des textes qui m'ont assez dérangée d'un point de vue idéologique (Camarade Petit Chat, La fille des Abjurées, etc.). Pour autant, les nouvelles ne manquent pas de qualité, l'écriture de Sara Doke est fluide, prenante, et elle parvient rapidement à nous faire entrer dans chaque univers.
Si je me revendique féministe, je ne suis pas militante et peu au fait des différents courants. Mais si toute critique constructive d'un militantisme parfois aveugle dans ses extrêmes est, j'imagine, bonne à prendre et qu'il ne faut pas en taire les dérives, j'aurais tout de même apprécié voir dans ce recueil plus de nuances, moins de femmes ennemies des femmes et plus de textes profonds susceptibles d'éclairer des matriarcats positifs. Parce que, quand on a subi des horreurs à cause de la société patriarcale et des différents types de domination, il y a peut-être d'autres options pour s'en sortir que celle de se dégoter un mari riche et se débarrasser de sa belle-fille. Ou de vouloir simplement inverser l'ordre des choses, en disant les femmes plus aptes à exercer le pouvoir que les hommes. Ou encore d'être fataliste : on est rebelle, on le paie, mais l'ordre des choses reste le même et au fond, rien ne change (Miroir de mon âme).
L'intégralité de ma chronique sur mon blog.
Lien : http://lesnotesdanouchka.com..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
JustAWordJustAWord   04 avril 2019
Les vieux ont le pouvoir. Ils ont l’argent. Ils ont l’influence. Mais ils en perdent inéluctablement, irrémédiablement, le contrôle. Et ils détestent cela. Cela a toujours été comme ça. Chaque génération dessine le monde selon son fantasme, mais il n’y a qu’en Corée du Nord qu’on n’a jamais pu arrêter le changement. Et ce sont toujours les jeunes qui s’y adaptent le mieux. Qui le maîtrisent le mieux. Qui l’intègrent. Plus on vieillit, moins on apprend, plus on s’installe dans des habitudes de pensées. Ils ne nous aiment pas, nous sommes une menace. Nous sommes l’avenir qu’ils ne modèleront pas.
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JustAWordJustAWord   04 avril 2019
Elle est née au Soudan, après les guerres, et pour ses cinq ans, pour respecter la coutume et la religion, ses parents l’ont emmenée chez l’exciseuse.
Elle n’a plus de corps. Cela fait longtemps qu’elle le sait. Elle n’a plus qu’on outil qui lui permet de survivre dans un monde où le plaisir est roi. Le plaisir, elle sait depuis toujours qu’elle n’en aura pas. Elle a été condamnée à la douleur.
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MuseaUranieMuseaUranie   27 avril 2019
Imaginez seulement, Filles des hommes, Fille d'Eve, imaginez seulement un monde où le sexe d'une personne n'aurait jamais la moindre importance pour quoi que ce soit, pour qui que ce soit. Un monde où les enfants auraient tous exactement les mêmes choix, les mêmes possibilités dès le départ, sans considération de genre. Un monde sans sexuation. Une société qui n'est pas concentrée sur son sexe ; où les hommes et les femmes n'existent pas, où il n'y a que des êtres humains épanouis qui ont choisi leur vie à chaque instant sans qu'on leur dise ce qui est pour les filles, ce qui est pour les garçons. Tout est possible pour devenir humain. 
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YuyineYuyine   26 avril 2019
Il n'y a ni homme ni femme, aucune vie, aucun choix n'appartient à la société. Il n'y a que des êtres humains.
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MuseaUranieMuseaUranie   27 avril 2019
Rien ne m'était impossible, rien ne me faisait peur si ce n'est la norme et ses censeurs.
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Avec Karin Tidbeck, Sara Doke et Jean Dagron
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