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ISBN : 2757873679
Éditeur : Points (03/01/2019)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 59 notes)
Résumé :
Pas de corps reconnaissable, pas d'empreintes, pas de témoin. L'homme brûlé vif dans l'abri de jardin des Barlow est difficilement identifiable. Pourtant la police parvient assez vite à une conclusion : il s'agit d'un travailleur immigré estonien, Jaan Stepulov. Ils sont nombreux, à Peterborough, ceux qui arrivent des pays de l'Est, et de plus loin encore, à la recherche d'une vie meilleure. Et nombreux sont ceux qui voudraient s'en débarrasser. Les deux policiers q... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
Ziliz
  30 juin 2019
Il était mort, mais « sa famille [en Chine] poursuivrait le cours de son existence en pensant qu'il avait dû trouver là-bas quelque chose de mieux, quelque chose qui faisait qu'il les avait oubliés. Une autre femme, peut-être. Une meilleure vie. C'était pour ça qu'on allait en Angleterre, après tout. »
L'Angleterre, Eldorado pour de nombreux migrants, notamment en provenance d'Europe de l'est.
Mais plus souvent qu'un bon job et le salaire décent qui va avec, ils y trouvent des marchands de sommeil, qui les font travailler pour rien ou quasi, les vendent/louent à des industriels, des employeurs du bâtiment, des exploitants agricoles, des proxénètes.
La vie de ces femmes et de ces hommes ne vaut rien, et si la façon dont ils sont traités ne les en a pas encore convaincu, la haine des sympathisants des mouvements nationalistes britanniques sera là pour le leur rappeler. De même que l'inertie des pouvoirs publics, qui ferment les yeux à double tour car cette économie souterraine est bien pratique.
« Ceux qui avaient le pouvoir d'arranger les choses profitaient trop de la situation telle qu'elle était pour vouloir qu'elle s'améliore. »
Voilà le contexte de ce polar social.
On y rencontre des exilé(e)s fraîchement arrivé(e)s au Royaume-Uni, des victimes, des bourreaux et leurs complices. Et deux flics enfants d'immigrés - l'une fille de Portugais, l'autre descendant de Croates. C'est sans doute grâce à leurs origines que ces deux-là se battront pour aller au bout d'une enquête aussi complexe que périlleuse.
Ce roman est un précieux témoignage sur les conditions d'accueil de certains étrangers en Occident et sur la xénophobie des populations locales - aggravée par la crise économique.
J'ai peiné à le lire malgré l'intérêt du sujet. Est-ce la chaleur, ou l'intrigue est-elle particulièrement lente ?
J'étais rassurée de lire cette phrase (p. 431/525, quand même) : « Enfin du mouvement dans cette enquête. »
A compléter avec le roman 'Les Echoués' (Pascal Manoukian), la BD 'Chantier interdit au public' (Claire Braud & Nicolas Jounin, collection Sociorama), etc.
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tynn
  27 mars 2018
Bien des atouts !
• Une intrigue policière qui ne joue pas la surenchère en rebondissements inappropriés ou irréalistes,
• Une équipe d'enquêteurs constituant une cellule d'investigations en Crimes Haineux, collant à l'actualité contemporaine liée aux problèmes des migrants et au racisme ordinaire associé,
• Un sujet controversé sur la cohabitation d'une population britannique et d'immigrants illégaux exploités, et l'impact sur l'économie locale,
• Un décor de laideur et de tristesse dans une petite ville éreintée par la crise et une ruralité désespérante.
Eva Dolan nous embarque tranquillement mais sûrement dans une Grande-Bretagne multiculturelle par ce livre social et militant qui brouille les pistes avec savoir-faire, nous donnant aussi l'impression de plonger en enquête journalistique. Elle évite le manichéisme, façonnant des personnages complexes tels les enquêteurs issus eux-mêmes de l'émigration.
Derrière la plume, l'indignation semble palpable et l'intelligence de l'intrigue accroche.
La lecture devient addictive, tant par le désir d'aboutir à la vérité que par le contexte en grisaille de bidonvilles, de trafiquants d'esclavage moderne, d'exploitation des femmes et de familles brisées.
Une nouvelle voix dans le genre polar, qu'il conviendra de suivre si ses personnages deviennent récurrents.
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JIEMDE
  02 mai 2018
Une réussite !
Ça faisait bien longtemps que je n'avais pas lu un polar aussi bien ficelé et à l'intrigue totalement crédible et cohérente. Avec Les chemins de la haine, Eva Dolan réussit à nous tenir en haleine pendant 450 pages dont pas une n'est de trop !
À Peterborough, dans l'Est de l'Angleterre, les migrants des pays de l'est ne sont pas à la fête. Sitôt arrivés et sitôt alpagués par les gangmasters locaux qui leur promettent le gîte et le couvert en échange d'un travail dans le bâtiment. Derrière la promesse d'une épargne à venir pour bâtir un avenir meilleur, la réalité est toute autre : parqués dans des baraquements insalubres, exploités du matin au soir sans contrepartie financière, tout juste nourris, privés de liberté. Et parfois, en cas de velléité de rébellion, battus à mort.
Alors quand l'un d'eux est retrouvé carbonisé dans l'incendie d'une cabane de jardin qu'il squattait, puis un autre déchiqueté sous les roues d'un train, c'est naturellement vers ce monde à part - que tous les bons Anglais ont sous les yeux mais qu'ils préfèrent ne pas voir - que le sergent de police Zigic va se tourner.
L'intrigue est remarquablement déroulée, sans artifices ni twists à deux balles à chaque fin de chapitre, dans un rythme particulièrement agréable - en grande partie dû aux dialogues enlevés - qui fait entrer Les chemins de la haine dans le cercles fermé des "livres qu'on ne peut pas lâcher sans les avoir terminés". Sauf qu'ici, c'est vrai.
Eva Dolan travaille ses personnages et les rend particulièrement attachants - avec une mention particulière pour Ferreira - ce qui laisse penser au début d'une série. Elle ajoute un côté social objectif et jamais moraliste, sur cette Angleterre moderne à deux vitesses et ces communautés parallèles qui tentent de survivre au coeur d'une crise qui permet le retour à un esclavage moderne, dont la société s'accommode facilement en regardant ailleurs.
Vivement le prochain !
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Bazart
  09 février 2018
Un corps calciné dans l'abri de jardin d'un pavillon d'une triste banlieue, peut-être le cadavre d'un travailleur clandestin, esclave moderne, travailleur pauvre qui ne peuvent pas se payer un logement. Insécurité, chômage, peur de l'autre, fracture sociale, la récession économique n'en finit pas dans cette ville ouvrière de l'Est du pays.
Marchands de travail, marchands de sommeil, marchands de survie, bétail humain, nationalisme rampant, Zigic et Ferreira les deux policiers chargés de l'affaire le savent, l'Angleterre promise n'existe pas et les chemins de la haine mènent au pire de la condition humaine.
Autopsie du travail au noir, de ses dérives, et de l'exploitation des travailleurs précaires venus de l'Est de l'Europe, « Les chemins de la haine » est une enquête minutieuse et chirurgicale.
Qu'au commissariat de Peterborough soit ouvert une section des crimes de haine est un marqueur, cette région du Nord-Est de Londres a pris de plein fouet toutes les crises successives depuis que le terme crise économique existe. Ecriture froide, style implacable, le premier roman d'Eva Dolan redonne au polar social ses lettres de noblesse.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Yaena
  15 avril 2018
Un policier qui se déroule en Angleterre... tout de suite cela m'évoque Sherlock Holmes, James Bond, les gentlemen au chapeau melon, le célèbre flegme britannique, Londres, Big Ben ... et bien pas du tout! Oubliez tout ça. Eva DOLAN a plus audacieux à proposer: une plongée dans les bas fonds de l'Angleterre, non pas ceux où sévissait Jack l'éventreur mais plutôt ceux où se retrouvent ces esclaves modernes venus chercher une vie meilleure mais qui n'ont finalement trouvé que des ghettos, de l'indifférence et de la haine. Cette haine de l'autre, de l'étranger qu'on ne connaît pas mais qu'on déteste parce qu'il est trop différent est au coeur du récit d'Eva DOLAN qui nous offre un policier engagé. Derrière les mots on ressent la colère de l'auteur face à tant d'injustice, sa révolte face à la situation est presque palpable et participe à l'ambiance sombre du livre.
Cette critique à la fois sociale et économique de l'Angleterre contemporaine pourrait aussi bien s'appliquer à la France, car de la jungle de Calais à la banlieue de Peterborough il n'y a qu'un pas.
Ce sont dans de tels lieux que Zigic et Ferreira, ont l'habitude d'exercer leur métier. Ces deux policiers, issus eux aussi de l'immigration, sont chargés d'enquêter sur les crimes de haine. Quand un immigré est brûlé vif dans un abris de jardin qu'il squattait au grand désespoir de ses propriétaires, c'est tout naturellement à Zigic et Ferreira que l'on confie l'enquête. Une enquête au cours de laquelle le lecteur s'enfonce dans la noirceur de l'âme humaine, autant dire un abîme sans fond. On pénètre dans le quotidien de ces hommes et ces femmes dont les vies auraient pu inspirer Zola. Pauvreté, esclavage, prostitution, aucune lumière ne vient éclairer le bout du tunnel. Les souvenirs de cette autre vie où ils étaient des hommes et des femmes avec un avenir sont si lointain, qu'ils semblent appartenir à quelqu'un d'autre.
Le talent d'Eva DOLAN ne s'arrête pas là car qui dit policier dit intrigue et ici, elle est menée de main de maître. L'histoire est crédible du début à la fin tout en restant surprenante. Il y a juste ce qu'il faut de rebondissements pour ne pas tomber dans le surjoué et pour prendre le lecteur en otage. Impossible de lâcher ce livre avant d'en connaître le dénouement. le rythme va crescendo. Les personnages sont nombreux, pour autant le lecteur s'y retrouve aisément, car ils ont tous un profil différent, une personnalité propre qui empêche toute confusion.
Même si je suis conquise pas cette nouvelle plume au talent certain, je suis un peu frustrée, car si les personnages sont complexes et bien construits, on ne fait que découvrir Zigic et Ferreira. On nous donne bien quelques éléments par ci par là mais j'aurais aimé en apprendre plus sur eux. J'espère donc que cette enquête n'était que la première d'une longue série menée par notre duo de choc. D'autant que la plume d'Eva DOLAN est très agréable.
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critiques presse (4)
Telerama   06 août 2018
Il y a du Ken Loach chez cette jeune romancière qui parle de zones d’ombre, d’esclavagisme moderne et de misère quotidienne tout en composant une enquête au cordeau.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeFigaro   22 juin 2018
La mort atroce d'un travailleur immigré dans une ville anglaise frappée par la crise mobilise la toute récente section des crimes de haine. Par la nouvelle voix du roman noir britannique.

Lire la critique sur le site : LeFigaro
LePoint   26 janvier 2018
Loin des scones et du tea time, « Les Chemins de la haine » d'Eva Dolan inaugure une série qui raconte la Grande-Bretagne en proie au racisme et au populisme.
Lire la critique sur le site : LePoint
Actualitte   24 janvier 2018
Efficace, dense, d’une construction impeccable et rigoureuse, rythmé avec ardeur, témoin d’une actualité brûlante, le roman policier d’Eva Dolan révolte autant qu’il désespère.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   28 juin 2019
Combien d'hommes Tombak logeait-il au total ? Six dans la première pièce à l'entrée de la maison, sans doute six de plus dans la pièce d'en face et dans chacune des chambres. Une bonne trentaine de personnes entassées dans un espace conçu pour la famille nucléaire classique des années 70. Chacun lui versant 90 livres par semaine, sans compter les petits suppléments qu'il arrivait sans doute à leur soutirer.
(…)
[Mais] Tombak n'était pas seulement leur logeur. La maison lui appartenait, mais aussi les hommes. Non seulement il leur faisait payer le gîte et le couvert, mais il se chargeait de les placer chez les employeurs, et il contrôlait leur salaire, décidant quand il leur était versé et combien ils recevaient. Les horaires de travail étaient irréguliers et imprévisibles, et personne ne restait au même endroit assez longtemps pour savoir exactement combien le travail était censé rapporter. Tombak s'enrichissait sur leur dos et ils lui en voulaient, mais la situation était la même partout.
(p. 99 & 107)
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ZilizZiliz   25 juin 2019
- Vous n'êtes pas anglaise, si ?
- Je suis née au Portugal. J'avais sept ans quand on est arrivés.
- Y avait pas de travail là-bas ?
- Disons que les opportunités étaient rares. (…) On est allés à Spalding d'abord, et quand mes parents ont mis assez d'argent de côté, on est venus s'installer ici.
- Et ils travaillent, vos parents ?
- Oui, dit Ferreira en allumant sa cigarette. Ils ont un pub.
- Ça leur a bien profité de venir ici, on dirait.
Ça leur a bien profité, se répéta intérieurement Ferreira. En trimant seize heures par jour, sept jours sur sept, son père dans les champs, sa mère dans des entrepôts gelés ? En vivant deux ans dans une caravane, puis cinq ans dans un trou à rats, elle et ses trois frères cadets entassés dans une chambre ?
- Ils doivent être fiers de vous, d'être rentrée dans la police.
- Ça a été quelque chose pour eux, oui.
- C'est toujours vous qu'on envoie quand un immigré est tué ?
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ZilizZiliz   26 juin 2019
Ceux qui partaient tenter leur chance à l'ouest préféraient ne pas faire le voyage seuls : ils demandaient autour d'eux jusqu'à tomber sur l'ami du cousin de quelqu'un, lui aussi décidé à partir. Ils faisaient alors équipe pour la traversée en bus, longue et monotone, de l'Europe et de la Manche. Ils dormaient à quelques centimètres l'un de l'autre, buvaient, jouaient aux cartes, évoquaient les montagnes d'argent qu'ils allaient se faire, la maison et la voiture qu'ils s'achèteraient. Ils se berçaient de rêves pour calmer l'angoisse qu'ils sentaient croître dans leurs tripes à mesure qu'ils s'éloignaient de chez eux. Deux jours ainsi passés ensemble, et ils devenaient comme des frères de sang.
Jusqu'à ce que, une fois parvenus en Angleterre, l'un des deux réalise que l'autre ne partageait pas la même conception du travail.
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JIEMDEJIEMDE   01 mai 2018
Derrière la maison, existait un dédale d'extensions illégales et de garages qui étaient reconvertis en logements pour les travailleurs immigrés trop fauchés pour se payer un lit dans une vraie maison. Officiellement, la mairie désapprouvait. Mais il devait y avoir une tolérance tacite. Il était bien plus économique de faire comme si de rien n'était que de mettre à disposition des logements avec l'argent public. Et tant pis si des gens se faisaient extorquer et vivaient dans des endroits insalubres.
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ZilizZiliz   30 juin 2019
Elle avait toujours eu envie de travailler dans un bureau. Avoir un ordinateur, un téléphone, porter un tailleur élégant et déjeuner à sa table comme faisaient les femmes dans les publicités. Elle ne savait pas trop ce qu'elle ferait dans un bureau, mais soupçonnait pas mal des gens qui y travaillaient de ne pas trop le savoir eux non plus. Ils déplaçaient des papiers d'un endroit à un autre, jouaient à leur ordinateur.
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Videos de Eva Dolan (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Eva Dolan
Trois auteurs imaginent une enquête criminelle dans le chaos politique et social. Pendant la "semaine sanglante", dans les derniers jours de la Commune de Paris. Dans l'Angleterre pré-Brexit d'une ville touchée de plein fouet par la crise. Dans le Paris de la fin de la guerre d'Algérie, entre 1959 et 1961. le polar à son meilleur ! Une émission animée par Michel Abescat et Christine Ferniot.
"Dans l'ombre du brasier" de Hervé le Corre (Rivages/Noir) "Haine pour haine" d'Eva Dolan (Liana Lévi) "Requiem pour une République" de Thomas Cantaloube (Gallimard/Série Noire)
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