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Critiques sur Les chemins de la haine (36)
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Ziliz
  30 juin 2019
Il était mort, mais « sa famille [en Chine] poursuivrait le cours de son existence en pensant qu'il avait dû trouver là-bas quelque chose de mieux, quelque chose qui faisait qu'il les avait oubliés. Une autre femme, peut-être. Une meilleure vie. C'était pour ça qu'on allait en Angleterre, après tout. »

L'Angleterre, Eldorado pour de nombreux migrants, notamment en provenance d'Europe de l'est.
Mais plus souvent qu'un bon job et le salaire décent qui va avec, ils y trouvent des marchands de sommeil, qui les font travailler pour rien ou quasi, les vendent/louent à des industriels, des employeurs du bâtiment, des exploitants agricoles, des proxénètes.
La vie de ces femmes et de ces hommes ne vaut rien, et si la façon dont ils sont traités ne les en a pas encore convaincu, la haine des sympathisants des mouvements nationalistes britanniques sera là pour le leur rappeler. De même que l'inertie des pouvoirs publics, qui ferment les yeux à double tour car cette économie souterraine est bien pratique.
« Ceux qui avaient le pouvoir d'arranger les choses profitaient trop de la situation telle qu'elle était pour vouloir qu'elle s'améliore. »

Voilà le contexte de ce polar social.
On y rencontre des exilé(e)s fraîchement arrivé(e)s au Royaume-Uni, des victimes, des bourreaux et leurs complices. Et deux flics enfants d'immigrés - l'une fille de Portugais, l'autre descendant de Croates. C'est sans doute grâce à leurs origines que ces deux-là se battront pour aller au bout d'une enquête aussi complexe que périlleuse.

Ce roman est un précieux témoignage sur les conditions d'accueil de certains étrangers en Occident et sur la xénophobie des populations locales - aggravée par la crise économique.
J'ai peiné à le lire malgré l'intérêt du sujet. Est-ce la chaleur, ou l'intrigue est-elle particulièrement lente ?
J'étais rassurée de lire cette phrase (p. 431/525, quand même) : « Enfin du mouvement dans cette enquête. »

A compléter avec le roman 'Les Echoués' (Pascal Manoukian), la BD 'Chantier interdit au public' (Claire Braud & Nicolas Jounin, collection Sociorama), etc.
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tynn
  27 mars 2018
Bien des atouts !

• Une intrigue policière qui ne joue pas la surenchère en rebondissements inappropriés ou irréalistes,
• Une équipe d'enquêteurs constituant une cellule d'investigations en Crimes Haineux, collant à l'actualité contemporaine liée aux problèmes des migrants et au racisme ordinaire associé,
• Un sujet controversé sur la cohabitation d'une population britannique et d'immigrants illégaux exploités, et l'impact sur l'économie locale,
• Un décor de laideur et de tristesse dans une petite ville éreintée par la crise et une ruralité désespérante.

Eva Dolan nous embarque tranquillement mais sûrement dans une Grande-Bretagne multiculturelle par ce livre social et militant qui brouille les pistes avec savoir-faire, nous donnant aussi l'impression de plonger en enquête journalistique. Elle évite le manichéisme, façonnant des personnages complexes tels les enquêteurs issus eux-mêmes de l'émigration.

Derrière la plume, l'indignation semble palpable et l'intelligence de l'intrigue accroche.
La lecture devient addictive, tant par le désir d'aboutir à la vérité que par le contexte en grisaille de bidonvilles, de trafiquants d'esclavage moderne, d'exploitation des femmes et de familles brisées.

Une nouvelle voix dans le genre polar, qu'il conviendra de suivre si ses personnages deviennent récurrents.
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JIEMDE
  02 mai 2018
Une réussite !

Ça faisait bien longtemps que je n'avais pas lu un polar aussi bien ficelé et à l'intrigue totalement crédible et cohérente. Avec Les chemins de la haine, Eva Dolan réussit à nous tenir en haleine pendant 450 pages dont pas une n'est de trop !

À Peterborough, dans l'Est de l'Angleterre, les migrants des pays de l'est ne sont pas à la fête. Sitôt arrivés et sitôt alpagués par les gangmasters locaux qui leur promettent le gîte et le couvert en échange d'un travail dans le bâtiment. Derrière la promesse d'une épargne à venir pour bâtir un avenir meilleur, la réalité est toute autre : parqués dans des baraquements insalubres, exploités du matin au soir sans contrepartie financière, tout juste nourris, privés de liberté. Et parfois, en cas de velléité de rébellion, battus à mort.

Alors quand l'un d'eux est retrouvé carbonisé dans l'incendie d'une cabane de jardin qu'il squattait, puis un autre déchiqueté sous les roues d'un train, c'est naturellement vers ce monde à part - que tous les bons Anglais ont sous les yeux mais qu'ils préfèrent ne pas voir - que le sergent de police Zigic va se tourner.

L'intrigue est remarquablement déroulée, sans artifices ni twists à deux balles à chaque fin de chapitre, dans un rythme particulièrement agréable - en grande partie dû aux dialogues enlevés - qui fait entrer Les chemins de la haine dans le cercles fermé des "livres qu'on ne peut pas lâcher sans les avoir terminés". Sauf qu'ici, c'est vrai.

Eva Dolan travaille ses personnages et les rend particulièrement attachants - avec une mention particulière pour Ferreira - ce qui laisse penser au début d'une série. Elle ajoute un côté social objectif et jamais moraliste, sur cette Angleterre moderne à deux vitesses et ces communautés parallèles qui tentent de survivre au coeur d'une crise qui permet le retour à un esclavage moderne, dont la société s'accommode facilement en regardant ailleurs.

Vivement le prochain !
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Bazart
  09 février 2018
Un corps calciné dans l'abri de jardin d'un pavillon d'une triste banlieue, peut-être le cadavre d'un travailleur clandestin, esclave moderne, travailleur pauvre qui ne peuvent pas se payer un logement. Insécurité, chômage, peur de l'autre, fracture sociale, la récession économique n'en finit pas dans cette ville ouvrière de l'Est du pays.

Marchands de travail, marchands de sommeil, marchands de survie, bétail humain, nationalisme rampant, Zigic et Ferreira les deux policiers chargés de l'affaire le savent, l'Angleterre promise n'existe pas et les chemins de la haine mènent au pire de la condition humaine.

Autopsie du travail au noir, de ses dérives, et de l'exploitation des travailleurs précaires venus de l'Est de l'Europe, « Les chemins de la haine » est une enquête minutieuse et chirurgicale.

Qu'au commissariat de Peterborough soit ouvert une section des crimes de haine est un marqueur, cette région du Nord-Est de Londres a pris de plein fouet toutes les crises successives depuis que le terme crise économique existe. Ecriture froide, style implacable, le premier roman d'Eva Dolan redonne au polar social ses lettres de noblesse.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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kathel
  22 janvier 2019
A Peterborough, en Angleterre, un homme est retrouvé brûlé vif dans un abri de jardin. Il semblerait qu'il s'agisse de Jan Stepulov, un immigré estonien. Étrangement, les propriétaires du terrain, dans leur maison toute proche, ont été les derniers à remarquer cet incendie. L'enquête est confiée à un duo qui travaille sur les « crimes de haine », dans cette région où les immigrés, et les personnes qui les exploitent, sont nombreux.
Avec des personnages intéressants, dont l'auteure creuse habilement les portraits, et une intrigue bien ficelée, on ne voit pas défiler les pages de ce roman, par ailleurs fort bien écrit.
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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Eroblin
  12 avril 2018
J'ai lu ce roman policier dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de Elle et je l'ai beaucoup apprécié. Parmi les 9 livres que j'ai été amenée à lire cette année pour le prix, il est le roman policier qui se détache nettement des huit autres. D'abord parce que l'auteur nous offre une intrigue complexe mais bien ficelée. Quand les deux policiers commencent leur investigation, ils pensent que le corps brûlé, retrouvé dans un abri de jardin est celui de Jaan Stepulov, immigré estonien, qui avait quitté sa famille depuis quelques semaines pour retrouver son frère Viktor, disparu après avoir lancé un appel à l'aide. le fameux Viktor est retrouvé ensuite ou plutôt ce qu'il en reste dans une morgue après avoir été écrasé par un train. Mais cet accident cache un meurtre maquillé. Qui a tué les frères Stepulov et pour quelles raisons ? L'enquête se tourne alors vers un clan de gitans peu respectueux de la loi (doux euphémisme !) qui exploite et terrorise de pauvres immigrés ayant atterri pour leur malheur entre leurs mains.

Ce rebondissement met en lumière un des atouts de ce roman : c'est la réalité socio-économique de l'Angleterre en ce moment mais qui peut être la nôtre. Peterborough est une ville anglaise située à l'est du pays et comme bon nombre des villes européennes, elle souffre de difficultés économiques. Dans ce contexte difficile, l'arrivée de ces flux de migrants venus de pays de l'Est et du Sud de l'Europe dans l'espoir de démarrer une vie meilleure, cristallise toutes les rancoeurs et les haines des habitants du coin qui voient en eux des voleurs d'emplois alors qu'ils refuseraient de faire ces mêmes boulots mal payés. Dès lors que des individus sans scrupules exploitent et maltraitent quelques migrants ne dérange personne. Que ces mêmes migrants soient réduits à l'esclavage, tués quand ils se rebellent, ne scandalisera qu'un temps l'opinion publique quand elle sera mise au courant. Zigic et Ferreira qui mènent l'enquête et qui ont connu eux aussi les regards méfiants des autres « parce qu'à prononcer leurs noms est difficile » sont bien conscients que l'arrestation d'une poignée de ceux qui exploitent le malheur de pauvres immigrés isolés, n'est que le haut de l'iceberg. On sent beaucoup d'amertume dans ce roman policier et la nature humaine est bien désespérante. Une auteure à découvrir de toute urgence.

Lien : https://labibdeneko.blogspot..
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cathe
  07 août 2018
Dans une ville d'Angleterre déjà touchée par la désindustrialisation, de nombreux travailleurs immigrés d'Europe de l'Est se sont installés et la cohabitation est difficile. C'est dans ce contexte que l'un deux est retrouvé mort brûlé dans un abri de jardin qui lui servait d'habitation sans l'accord des propriétaires. Au commissariat, deux policiers sont chargés des « crimes de haine » et essaient de mener leur enquête. Personne ne souhaite témoigner, d'ailleurs personne ne s'intéresse à ce disparu. Il faudra toute la volonté des deux policiers pour remonter à la source, c'est-à-dire aux conditions inhumaines d'hébergement et de travail de ce sous-prolétariat, exploité à mort par quelques individus.

Ce livre est un véritable coup de poing à l'estomac. de même qu'Olivier Norek nous faisait vivre le quotidien des migrants dans la jungle de Calais dans « Entre deux mondes », Eva Dolan s'est minutieusement documentée pour ce roman très noir parfois à la limite du documentaire sociologique sur une partie de l'Angleterre actuelle. Les caractères des personnages sont fouillés et donnent de la vraisemblance à la vie quotidienne dans ces villes marquées par la récession économique et où les habitants en veulent aux plus pauvres qu'eux. Voilà un premier roman noir/social brillant et un auteur à suivre (ces deux policiers augurent peut-être le début d'une série…)
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Yaena
  15 avril 2018
Un policier qui se déroule en Angleterre... tout de suite cela m'évoque Sherlock Holmes, James Bond, les gentlemen au chapeau melon, le célèbre flegme britannique, Londres, Big Ben ... et bien pas du tout! Oubliez tout ça. Eva DOLAN a plus audacieux à proposer: une plongée dans les bas fonds de l'Angleterre, non pas ceux où sévissait Jack l'éventreur mais plutôt ceux où se retrouvent ces esclaves modernes venus chercher une vie meilleure mais qui n'ont finalement trouvé que des ghettos, de l'indifférence et de la haine. Cette haine de l'autre, de l'étranger qu'on ne connaît pas mais qu'on déteste parce qu'il est trop différent est au coeur du récit d'Eva DOLAN qui nous offre un policier engagé. Derrière les mots on ressent la colère de l'auteur face à tant d'injustice, sa révolte face à la situation est presque palpable et participe à l'ambiance sombre du livre.
Cette critique à la fois sociale et économique de l'Angleterre contemporaine pourrait aussi bien s'appliquer à la France, car de la jungle de Calais à la banlieue de Peterborough il n'y a qu'un pas.

Ce sont dans de tels lieux que Zigic et Ferreira, ont l'habitude d'exercer leur métier. Ces deux policiers, issus eux aussi de l'immigration, sont chargés d'enquêter sur les crimes de haine. Quand un immigré est brûlé vif dans un abris de jardin qu'il squattait au grand désespoir de ses propriétaires, c'est tout naturellement à Zigic et Ferreira que l'on confie l'enquête. Une enquête au cours de laquelle le lecteur s'enfonce dans la noirceur de l'âme humaine, autant dire un abîme sans fond. On pénètre dans le quotidien de ces hommes et ces femmes dont les vies auraient pu inspirer Zola. Pauvreté, esclavage, prostitution, aucune lumière ne vient éclairer le bout du tunnel. Les souvenirs de cette autre vie où ils étaient des hommes et des femmes avec un avenir sont si lointain, qu'ils semblent appartenir à quelqu'un d'autre.
Le talent d'Eva DOLAN ne s'arrête pas là car qui dit policier dit intrigue et ici, elle est menée de main de maître. L'histoire est crédible du début à la fin tout en restant surprenante. Il y a juste ce qu'il faut de rebondissements pour ne pas tomber dans le surjoué et pour prendre le lecteur en otage. Impossible de lâcher ce livre avant d'en connaître le dénouement. le rythme va crescendo. Les personnages sont nombreux, pour autant le lecteur s'y retrouve aisément, car ils ont tous un profil différent, une personnalité propre qui empêche toute confusion.

Même si je suis conquise pas cette nouvelle plume au talent certain, je suis un peu frustrée, car si les personnages sont complexes et bien construits, on ne fait que découvrir Zigic et Ferreira. On nous donne bien quelques éléments par ci par là mais j'aurais aimé en apprendre plus sur eux. J'espère donc que cette enquête n'était que la première d'une longue série menée par notre duo de choc. D'autant que la plume d'Eva DOLAN est très agréable.
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Bill
  16 mars 2019
Figurant en tête du classement des meilleurs polars de l'année 2018 pour le Monde,  qui l'avait déjà salué dans sa liste des polars de l'été, j'attendais depuis près de 6 mois le bon moment pour me plonger dans ce roman ... 

Je l'ai déniché fin février sur les rayons virtuels de la Bibliothèque numérique de la Ville de Paris, et je me suis régalée.

Les chemins de la haine est un polar atypique à plusieurs titres.

Le lieu, d'abord ... Qui connait Peterborough ? Son équipe de foot évolue en 3° division, elle n'abrite ni bâtiment remarquable, ni homme célèbre ... quelques vestiges de l'occupation romaine et le plus gros fossile de poisson jamais découvert ! C'est juste une ville moyenne des Midlands à quelques encablures de Leicester et de Birmingham. 

 Et après avoir lu ce roman ... qui irait ?

Eva Dolan décrit une ville où les différentes vagues d'immigration des années 60 (Polonais, portugais, puis "Pakistanais", jamaïcains) laissent aujourd'hui la place aux immigrants illégaux venus d'Europe de l'Est et du Sud, voire d'Asie ... 

Preuve de cette évolution, l'équipe d'enquêteurs qui entre en scène qu début du roman est composé d'un Polonais et d'une portugaise de 2ème génération.

 Au menu : un corps calciné découvert dans l'abri de jardin d'un couple banal ... 

Au fil de l'enquête on croisera des négriers modernes, des serveuses-prostituées, un estonien à la recherche de son frère ... 

Bref, sur fond de montée des mouvements nationalistes, un roman qui évoque la misère financière de la police britannique, des équipes qui manquent cruellement de personnel, des légistes surbookés ... tout ce qui est si bien édulcoré au pays de Midsommer où évolue depuis plus de 20 ans l'Inspecteur Barnaby.

Un bon roman, une écriture efficace malgré quelques longueurs dans le milieu du texte qui aurait gagné à être plus court de quelques dizaines de pages ... 

J'attends quand même le prochain opus de l'auteur pour savoir comment elle se renouvellera .... 
Lien : http://les.lectures.de.bill...
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cathulu
  02 avril 2018
Un homme est mort dans l'incendie d'une cabane de jardin de Peterborough. Il s'agit d'un travailleur immigré estonien, Jaan Stepulov. Un parmi tous ceux qui arrivent des pays de l'Est dans ce qu'ils croient être un Eldorado mais qui se révèle bien trop souvent un enfer.
Nouveaux esclaves, ils sont exploités sans scrupules et haïs par la population locale.Les deux policiers qui mènent l'enquête, Zigic et sa partenaire, Ferreira ,immigrés de la deuxième génération ont eux-mêmes , à des degrés divers, été en butte à ce racisme plus ou moins larvé de la part des Britanniques de souche.
Les chemins de la haine possède tous les ingrédients d'un formidable roman noir: personnages parfaitement croqués, intrigue à rebondissements et surtout un arrière-plan social passionnant. Addictif ! On a d'emblée hâte de découvrir le prochain roman de cette auteure.
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