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ISBN : 9791090175617
Éditeur : Serge Safran éditeur (02/02/2017)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Un homme seul chez lui observe : la rue, les toits, tout ce qui s’offre à sa vue. Il se voit vivre, aussi. Au point que plus rien n’est ordinaire dans sa vie pourtant bien banale.
Un soir, à force de guetter, il aperçoit le reflet d’une fenêtre qui s’allume au-dessus de chez lui. Une femme ? Cette présence silencieuse va progressivement le hanter. Cela débouche sur un très long couloir qui le conduit au bout du monde – mais quel monde ? Car l’homme abandonne ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
ManouB
  06 février 2017
Je ne connaissais Jean-Philippe Domecq que de nom. Aussi, lorsque Babelio m'a demandé si je voulais tester son dernier livre, je n'ai pas pu dire non.
J'ai découvert en fait que "Deuxième chambre du monde" est le troisième roman d'un cycle intitulé "La Vis et le Sablier" qui comprend "Cette rue" (Fayard 2007) et "Le jour où le ciel s'en va" (Fayard 2010). Ce n'est pas une suite donc il peut être lu séparément.

C'est l'histoire d'un homme très seul, dont la vie est rythmée par le travail, la routine du quotidien, les rencontres avec sa petite amie du moment et ses rares sorties hors de son immeuble parisien.
Alors comme il s'ennuie, il passe son temps à observer et à s'observer, à réfléchir à haute voix, à analyser sa vie et celle des autres. Et comme il a une sensibilité particulière, il voit des choses que personne ne peut voir...
Un soir tout va changer pour lui : il entrevoit par la fenêtre une ombre projetée sur le mur d'en face, juste au-dessus de sa propre fenêtre, sans nul doute, une silhouette féminine qui n'apparaît, bien sûr, que lorsque la lumière de la chambre s'allume. Il se met alors à attendre la nuit, il guette les pas au-dessus de sa tête, il parle seul et ne vit plus que pour cette apparition éphémère et la personne qu'il imagine être derrière. Il en devient obnubilé jusqu'à l'obsession...

Un court roman, riche en réflexions et en dialogues qui m'a profondément surprise tant le style de l'auteur est particulier. Dès les premières pages, les phrases nous apparaissent quasiment toutes sans queue, ni tête. Elles sont courtes ou trop longues, à la fois littéraires et quasiment scientifiques, très poétiques ou désaccordées.
L'auteur vraisemblablement s'amuse beaucoup : il inverse les mots ou parfois les oublie. Il ne termine pas ses phrases ou les répète différemment ce qui en change le sens...mais le lecteur s'y habitue très vite !
Très vite donc, on découvre la réflexion philosophique qui se cache derrière l'histoire, somme toute banale. On est surpris par l'humour décalé et inattendu, voire carrément désopilant et surtout par ce personnage plein d'étrangeté qui vit en dehors de la réalité...
La fin bien sûr, nous éclaire et nous surprend !
L'auteur qualifie lui-même son dernier livre de métaphysique-fiction, et il sort d'ailleurs chez le même éditeur (Serge Safran) un livre où il explique de quoi il s'agit. Un éditeur remarquable qui sait trouver des auteurs originaux et des écrits de qualité et proposer au lecteur un véritable voyage en littérature...
Personnellement je n'avais jamais entendu ce terme et j'ai voulu bien sûr en savoir plus...
Si vous aussi, vous pouvez lire mon article sur mon blog...
Lien : http://www.bulledemanou.com/..
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Fx1
  26 janvier 2017
Chers lecteurs, chères lectrices, votre serviteur vous saluent.
Aujourd'hui, une nouvelle chronique.
En premier lieu, il convient de remercier très chaleureusement ce site remarquable qu'est Babelio, qui permet à des lecteurs de pouvoir decouvrir de nouveaux univers dans le cadre de l'opération "Masse critique ".
Cette initiative est particulierement profitable aux amoureux de littérature, et il convient de saluer ces initiateurs.
Un salut appuyé également à un éditeur qui confirme encore ici sa capacité et son aptitude à decouvrir des auteurs majeurs, innovateurs, dans le domaine de la fiction ou de l'essai.
Serge Safran éditeur, c'est la garantie d'un ouvrage de qualite, qui propose aux lecteurs un voyage dans une litterature exigeante, innovante, aux antipodes des productions commerciales.
Venons en a l'opus en questiôn...
C'est le premier ouvrage de cet auteur que votre serviteur découvre.
Ce ne sera pas le dernier assurément.
Il fut un temps pas si lointain, ou des auteurs de notre belle contree, refusant les contraintes de la production littéraire commerciale, deciderent d'innover, en ouvrant la voie à un nouveau style : le "Nouveau Romàn" ...
Dans le cas de l'opus qui est au coeur de cette chronique, nous avons une extension du Nouveau Romàn, un peu comme si celui ci c'était enrichi d'une profondeur supplémentaire...
Des les premieres pages, l'auteur nous plonge dans une narration qui de prime abord s'avère sans queue, ni tete, mais qui finalement prends la forme d'une reflexiôn philosophique sur la plàce de l'homme dans son quotidien , comment vit' ïl cette routine un tant soit peu aliénante, qui est commune à tout un chacun...
Il convient de dire qu'au fond, c'est de la solitude qu'engendre la routine aliénante de la vie quotidienne, solitude qui pousse à la folie, c'est de cela dont il est questiôn ici...
L'auteur nous attache dans les pas d'un homme qui pourrait être chacun de nous, qui tente de trouver un sens à cette existence, en etant en marge de la societe ...
Le style littéraire qui imprégne cette oeuvre confirme cette impression, d'un voyage introspectif au coeur d'une existence routinière, confrontée à un événement imprévu, qui vient bouleverser la mécanique a l'oeuvre depuis des années.
L'étude de l'effet de cette déflagration, qui de prime abord est minime, mais qui s'avère d'une fôrce rare, cette étude conduit à des passages d'une profondeur intellectuelle jubilatoire, qui côtoie un humour d'une intelligence rare...
Oui, on ris ici , mais pas d'une maniere vulgaire, l'auteur propose de rire en prenant comme base un texte formellement ambitieux...
Il est peu dire que le niveau est haut ici , tout en évitant les pièges de la suffisance ...
La langue chante, elle est belle , profonde, et tout cela conduit le lecteur à un "orgasme intellectuel " qui le laisse pantois mais jubilant devant la puissance er l'intensité de ce court mais majeur texte ...
Il est rare de saluer un éditeur, prenons donc le temps de dire merci à Serge Safran Editeur pour l'instant de jubilation intellectuelle qu'il nous offre avec cet opus d'une richesse rare .
Merci de votre attention chers lecteurs et chères lectrices .
Soyez heureux et bîen portants, et lisez des livres !!
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TRIEB
  27 février 2017
Dans ce roman, Jean-Philippe Domecq nous entraîne dans la métaphysique fiction, genre littéraire tendant vers un enrichissement de la perception du monde aux confins du romanesque et de l'interrogation de nature métaphysique .Deuxième chambre du monde met en scène un homme, qui semble vivre médiocrement, habité par la routine et la répétition mécanique de ses gestes et actes les plus quotidiens .Il semble ne pas avoir d'ailleurs une très grande estime de lui-même .Pour tromper son ennui, ou peut-être rechercher des sensations intenses, il scrute tout : son quartier, les lumières des immeubles voisins, la présence réelle ou supposée de ces derniers .Pourtant, un soir, sa persévérance est sur le point d'être récompensée : il croit voir le reflet d'une fenêtre qui s'allume, croit-il , au-dessus de chez lui. Il est envahi par cette présence, il en devient obnubilé.
Le récit nous révèle, très graduellement, l'idée que le personnage central se fait de lui-même : « C'est là que la nuit m'a dit, ou elle, l'ombre : « Pourquoi avoir honte, c'est regimber contre ton inconsistance, quand telle est ta substance. N'est-il pas doux de se sentir creux au creux de l'air ? »
On le voit, cette présence de l'outre-monde est un cruelle révélateur pour notre personnage central : celui de l'oubli, de la censure des questions vraiment fondamentales. Au point qu'il demande à l'apparition de le laisser espérer : « Non, ça je n'espère plus, j'ai eu tort, d'espérer, réclamer en plus, non mais quel culot quel culot j'ai eu !(…) Tu as raison, tu as eu complètement raison, mais complètement, j'ai eu ce tort complet, espérer !.. »Les dernières pages du récit, comparables à un réquisitoire rendu à l'issue d'un procès, accablent l'illusion dont est victime, cet individu : « Sais-tu que je n'ai jamais connu plus trouillard que toi ? C'est pourquoi je t'ai choisi. »
Le lecteur aura la sensation, à la lecture de ce roman, d'être susceptible d'avoir vécu ce genre de situation : négliger l'accessoire au profit de l'essentiel. Dans un style ironique, teinté d'humour et de dérision, Jean-Philippe Domecq nous conte ce rappel salutaire.
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ADAMSY
  27 janvier 2017
Le narrateur est un être asocial qui s'évade facilement au plafond quant il est en société. Il vit seul une petite vie tranquille : métro, boulot, dodo. Il a bien une petite amie mais ils conservent tous deux leurs distances, leur liberté.
Un jour, il aperçoit par un jeu de lumière sa voisine du dessus, dans le reflet d'une lucarne. Il n'a plus qu'un désir, la retrouver la nuit. Il écoute ses pas feutrés et guette. Il se met à lui parler, à l'implorer de revenir, de lui faire un signe. Des signes, il en voit d'ailleurs plusieurs. Bref, elle le rend fou. Il abandonne tout : son travail et son amie, s'enferme. Il ne peut plus dormir, il guette. Jusqu'au jour où... Mais là on est à la fin de l'histoire et mystère !
Un court roman, burlesque, avec un personnage loufoque qu'on a évidemment des difficultés à comprendre. On ne peut se mettre à sa place. On rit, on s'impatiente, on se pose des questions. le suspense est total. L'écriture est originale. Merci à la masse critique de Babelio grâce à laquelle j'ai pu découvrir cet auteur.
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zazy
  28 février 2017
===========================
Les chapitres commencent par (Un jour, comme ça ou (une nuit encre ou la même) pour fixer le récit dans un espace non daté, juste pour me tenir dans sa réalité.
Le narrateur est un homme lambda dont la vie est rythmée par le très célèbre métro-boulot-dodo avec, parfois une partie de jambes en l'air avec son amie. Il ne semble avoir aucune passion, il est transparent. Lorsqu'il est en compagnie, il s'évade au plafond et regarde ses congénères en direct du plafonnier, « Je vous aime beaucoup, d'ici » bref, il se désincarne. « C'est une panique, la vie, voilà.»
Cet homme pas bavard parle dans sa tête, se parle ; un soliloque muet et je lis sa voix intérieure. Comme il dit « on est si bien, au bord du monde. » Il a des postures « philosophiques ».
Une vie bien monotone jusqu'au jour où il voit se reflétant sur le mur d'en face, une silhouette féminine se détachant de la lumière d'une lucarne… Il a une voisine. Depuis, il attend le soir, reste couché pour écouter le bruit furtif des pas de sa voisine. Il fait de sa propre chambre, la chambre d'écho de la sienne.
Le narrateur rentre de plus en plus en lui-même. Son imagination, sa fiction deviennent sa réalité. Il entre dans sa seconde chambre, celle de son esprit.
L'écriture n'est pas linéaire, il prend un mot, une phrase, il retourne dans un sens, dans un autre, laisse une phrase en suspens. le texte est aussi décalé que son personnage « Il y a ce qui se dit sous ce qui se dit, l y a ce qui se dit sous ce qui ne se dit pas, et ce qui ne se dit pas sous ce qui ne se dit pas alors là ! … La plongée ! »
Ce live est une plongée dans la chambre intime du personnage « Ici est le centre de la ville », centre de ses pensées, centre de sa vie.
La faim amène à la fin. Que Jean-Philippe Domecq rassasie par ses mots, ses phrases, ses questionnements jusqu'à une fin…
Un livre qui sort des sentiers battus. Une découverte originale, surprenante, que j'ai aimée. Un livre à rapprocher de Grégoire Courtois, Jean-Daniel Dupuy pour l'originalité de l'écriture, mais sont-il métaphysique-fiction compatible, je n'en sais rien, je me contente de lire et d'aimer.

Lien : http://zazymut.over-blog.com..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
ADAMSYADAMSY   28 janvier 2017
Je la rouvre, cette porte, et je m'essuie les pieds en sortant. Là, j'ai un arrêt. Heureusement, que je l'ai eu. Mais l'arrêt a duré, porte en main. Comment m'en sortir je viens de m'essuyer les pieds pour sortir, pour sortir, que va penser le préposé ?... Que j'ai trouvé sale son local ? Aussi sale au moins que dehors, puisque je me suis essuyé les pieds en sortant exactement autant qu'en entrant ?! Que je me suis essuyé les pieds du local où il travaille, lui ! Qu'il entretient, si ça se trouve ! Où il accepte de travailler, en tout cas ! Dont il a la responsabilité pleine et entière, si ça se trouve !...
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ManouBManouB   06 février 2017
Parfois, je vois les trains et ils passent ; d'autres fois c'est l'inverse, ils passent et je les vois.
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ADAMSYADAMSY   28 janvier 2017
S'exprimer, ça !... Il y a ce qui se dit sous ce qui se dit, il y a ce qui se dit sous ce qui ne se dit pas, et ce qui ne se dit pas sous ce qui ne se dit pas alors là !... La plongée !
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Videos de Jean-Philippe Domecq (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Philippe Domecq
Maison de la poésie (10 nov 2017) - Texte et Lecture de Jean-Philippe Domecq, extrait du Dictionnaire des mots en trop (dirigé par Belinda Cannone et Christian Doumet, éd. Thierry Marchaisse, parution novembre 2017).
Le Dictionnaire des mots en trop :
Comment ? s?entend-on déjà reprocher, des mots en trop ? Mais les mots, on en manquerait plutôt.
Et pourtant. Ame, artiste, coach, communauté? ils sont légion ceux qui éveillent notre résistance intime à tout ce qu?ils charrient d?affects, d?idéologie, de pseudo-concepts ? notre résistance mais pas celle du voisin ! ? Quarante-quatre écrivains explorent ici les raisons pour lesquelles ils renâclent devant certains mots, et leurs réflexions critiques témoignent autant d?un état de la langue que des poétiques et des enjeux de notre temps.
Une expérience littéraire qui vient compléter, en l?inversant, celle du Dictionnaire des mots manquants.
Auteurs : Malek Abbou, Jacques Abeille, Mohamed Aïssaoui, Jacques Ancet, Marie-Louise Audiberti, Michèle Audin, Olivier Barbarant, Marcel Bénabou, Jean Blot, Jean-Claude Bologne, François Bordes, Lucile Bordes, Mathieu Brosseau, Belinda Cannone, Béatrice Commengé, Thibault Ulysse Comte, Seyhmus Dagtekin, Louis-Philippe Dalembert, Remi David, Erwan Desplanques, Jean-Philippe Domecq, Christian Doumet, Renaud Ego, Eric Faye, Caryl Férey, Michaël Ferrier, Philippe Garnier, Simonetta Greggio, Cécile Guilbert, Hubert Haddad, Isabelle Jarry, Cécile Ladjali, , Marie-Hélène Lafon, Sylvie Lainé, Frank Lanot, Fabrice Lardreau, Mathieu Larnaudie, Linda Lê, Guy le Gaufey, Jérôme Meizoz, Christine Montalbetti, Christophe Pradeau, Marlène Soreda, Abdourahman A. Waberi.
http://www.editions-marchaisse.fr/catalogue-dictionnaire-des-mots-en-trop
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