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Sylvain Dorange (Autre)Danièle Masse (Autre)
EAN : 9782413042716
136 pages
Delcourt (15/02/2023)
4.17/5   216 notes
Résumé :
Très tôt confrontée au racisme et aux inégalités, Gisèle Halimi comprend que seules les études la sauveront d'un destin tout tracé. Le récit de cette jeunesse tunisienne l'illustre de la résistance de Gisèle Halimi enfant puis adolescente face aux diktats tant familiaux que politiques, résistance qui porte en germe les engagements futurs de cette femme d'exception.




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Critiques, Analyses et Avis (100) Voir plus Ajouter une critique
4,17

sur 216 notes
"Tes souvenirs se voilent
Ça fait comme une éclipse
Une nuit plein d'étoiles"

"Tu verras, toi aussi tu subiras la loi de Dieu ! Pour nous, les femmes, c'est notre destin de subir."
Gisèle Halimi en a assez de subir, elle entamera une grève de la faim pour ne pas faire les corvées domestiques, Et pourquoi on épargne ses frères?

""Le vent de l'éventail
De ton père Edouard assis
Au Café des délices"
Edouard, le papa aime Gisèle et veut l'aider!

Gisèle argumente (une future avocate?), elle veut étudier. Sa mère ne comprend pas. Pourquoi, puisqu'une fille doit se marier dès qu'elle a ses règles?..

"Et la blancheur des voiles
Des femmes tenant un fils
Et l'odeur du jasmin"

Fritna, la maman, maudit ses enfants et surtout les filles. Elle est aigrie et cantonnée aux tâches ménagères...

"Tes souvenirs se voilent
À l'avant du bateau
Et ce quai qui s'éloigne" Patrick Bruel.
Gisèle part pour Paris, elle a 18 ans...

"Une vie qui s'arrête
Pour un jour qui commence
C'est peut-être une chance."
Il y a un dossier complet à la fin de la BD. Merci à Gisèle Halimi et à Simone Weil, à qui nous devons l'inscription du droit à l'avortement dans notre constitution!
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Il y a dans ma région une bibliothèque qui porte le nom de Gisèle Halimi. Je vous avoue que je ne connaissais pas du tout cette personnalité. Après renseignement pris, il s'agit d'une avocate tunisienne qui a été une militante féministe pour le droit des femmes.

Elle est célèbre pour avoir été l'une des premières à signer pour le manifeste d'un droit à l'avortement en France en 1971. Elle a obtenu des acquittements dans des affaires d'avortement illégaux. Elle a mené un combat pour un avortement libre et contre le racisme.

Une de ses caractéristiques est qu'elle pensait que cette lutte émancipatrice pour le droit des femmes ne peut se passer des hommes ce qui est sans doute mieux dans l'approche. Elle est décédée en 2020 à l'âge de 93 ans.

Les femmes jouent un rôle essentiel pour surmonter les plus grands défis auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui. Elles doivent être entendues, valorisées et appréciées dans l'ensemble de la société afin que s'y reflètent leurs perspectives et leurs choix pour leur avenir et celui de leur avancement. Gisèle Halimi y a contribué par un combat de toute une vie pour aller vers une société plus égalitaire.

Sa jeunesse est retracée dans cette BD afin de mieux comprendre et appréhender cette figure de la vie sociétale. C'est un parcours qui manifestement force à l'admiration car elle a dû se battre dans un monde fait pour les hommes. Il s'agissait d'abord d'aller au-delà des carcans familiaux, culturels et religieux pour pouvoir par la suite s'émanciper et s'accomplir.

En effet, on ne peut qu'être sensible à ces inégalités de traitement qui se jouent dès le plus jeune âge où le petit frère, qui d'ailleurs n'en fout pas une, est servi le premier à table par une maman en admiration et surtout qu'il soit dispensé des tâches ménagères que doivent subir les petites soeurs.

J'ai bien aimé le dessin qui met en valeur le décor des rues de Tunis, une ville que j'ai eu d'ailleurs l'occasion de visiter dans le passé. C'est un trait précis et qui rend la lecture agréable grâce à une colorisation chaude bien dosée. Il en ressort beaucoup de douceur.

Cette BD bien réalisée m'a permis de combler une sérieuse lacune que je reconnais. Ce média permet une diffusion de la culture, de l'histoire politique et sociétale. C'est une bonne chose pour ne pas oublier le destin de ceux qui ont fait incontestablement bouger les choses dans une société profondément inégalitaire.
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« Fritna est l'explication de toute ma démarche. J'ai voulu que les femmes ne lui ressemblent pas. »
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Gisèle Halimi (Zeiza Gisèle Élise TAïEB), née en Tunisie de parents juifs en 1927, semble s'être construite en opposition à Fritna, sa mère. Cette femme était le modèle à ne pas suivre : cantonnée aux tâches domestiques, fatiguée et aigrie d'élever tant d'enfants, et par-dessus tout de parfois donner naissance à des filles. Elle les maudit autant qu'elle les plaint d'être vouées au même sort qu'elle : « Tu verras, toi aussi tu subiras la loi de Dieu ! Pour nous, les femmes, c'est notre destin de subir. »
Très tôt, Gisèle s'est opposée (à juste titre), se rebiffant contre les privilèges de ses frères, et a voulu combattre les injustices & les rôles assignés par la société selon le genre, la religion, la 'race'.
Malgré les revenus modestes de la famille, et grâce au soutien d'un papa à l'écoute, Gisèle a pu faire des études, celles envisagées pour le frère aîné que le père destinait à un bel avenir d'avocat.
On ne peut que s'en réjouir, égoïstement : un homme n'aurait pas fait tout cela pour les femmes, en France !
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Ce bel album est aussi instructif qu'agréable à lire - tons chauds aux couleurs du Maghreb, et visages expressifs (regardez sur la 1e de couv' l'air déterminé de la petite fille). Les auteurs nous racontent la jeunesse de cette célèbre avocate, au milieu des événements qui agitèrent la Tunisie (alors protectorat français) et le monde à partir des années 1930.
Les pages dessinées s'arrêtent sur le départ de Gisèle pour Paris ; elle a dix-huit ans. Une postface de quatre pages retrace à grands traits sa vie de femme, ses engagements et combats en tant qu'avocate, son passage en politique aux côtés de Mitterrand...
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Jeunes gens, lisez cette belle biographie illustrée, et retenez que rien n'est jamais acquis dans une société ; les retours en arrière sont possibles, regardez l'actu. Cramponnez-vous ! Descendez avec Môman dans la rue, au lieu de vous moquer d'elle... 😰😉
Et comme le disait madame Halimi en juillet 2020 aux jeunes filles/femmes : « Soyez indépendantes économiquement, c'est une règle de base [...] Ensuite soyez égoïstes ! Rebellez-vous ! Pensez enfin à vous. A ce qui vous plaît. Envoyez balader les conventions, les traditions et le qu'en dira-t-on. Vous êtes importantes. »
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Pour mémoire, quelques unes de ses actions (merci Wiki) :
• À partir de l'année 1960, elle assure la défense de l'activiste et militante Djamila Boupacha, accusée de tentative d'assassinat puis torturée et violée, en détention, par des soldats français. Aux côtés de Simone de Beauvoir, elle médiatise ce procès afin de mettre en lumière les méthodes de l'armée française au moment de la guerre d'Algérie.
• Figure du féminisme en France, elle est la seule avocate signataire du manifeste des 343 de 1971 réunissant des femmes qui déclarent avoir déjà avorté et réclament le libre accès à l'avortement, alors réprimé en France.
• En 1972, lors du procès de Bobigny, son action en tant qu'avocate de femmes accusées d'avortement illégal permet l'acquittement de trois des accusées ainsi qu'un sursis pour la quatrième, et contribue à l'évolution vers la loi Veil sur l'interruption volontaire de grossesse, en 1975.
• Aux côtés de Robert Badinter, en 1981, elle est à l'origine de la loi abrogeant la distinction de la majorité sexuelle pour les rapports homosexuels.
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Merci Mesdames Halimi, Veil, Beauvoir... 😘 ♥
... et merci à Babelio & Delcourt pour ce bel album.
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Gisèle Halimi, nous la connaissons, forcément, pour ses actions et son combat pour le droit des femmes. Mais que savons-nous de sa vie ? Je n'en avais pas pris conscience jusqu'à présent et cet album m'a permis d'entrer à pas feutrés dans sa famille. Fille d'un père berbère, Edouard Taïeb, et d'une mère juive séfarade, Fortunée Mettoudi, (dite Fritna), la petite Zeiza Gisèle Élise n'a pas eu une enfance facile. À cette époque, si l'on n'était pas un garçon, le déshonneur s'invitait dans la famille. Sa mère ne lui porte que peu d'intérêt. Et ce, d'autant plus que Gisèle apprendra vite à se rebeller. A 10 ans, elle fera même une grève de la faim pour ne pas avoir à faire « les corvées des filles ». Pourquoi son frère ne participerait-il pas aux tâches de la maison ? Elle veut passer son temps non pas à faire le repas ou la vaisselle, mais à étudier. Si Fritna ne comprend pas pourquoi, puisqu'une fille doit se marier dès qu'elle a ses règles, Edouard, lui, qui aime sa fille, est un allié de poids.

J'ai adoré cette BD ! Je comprends d'autant plus le combat de cette grande Dame, courageuse à plus d'un titre. J'ai voyagé dans le temps mais aussi dans un autre pays. Les couleurs de cet album sont fabuleuses, de même que les dessins. le petit dossier à la fin nous éclaire d'autant plus sur la vie et le destin de celle qui a toujours mis un point d'honneur à combattre l'injustice. J'aime apprendre, m'enrichir, à travers l'univers de la bande dessinée. Un grand bravo à Danielle Masse pour le scénario et à Sylvain Dorange pour le graphisme !

Merci à NetGalley ainsi qu'aux éditions Delcourt pour cette belle découverte.

Lien : https://promenadesculturelle..
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Comment se construit l'adulte que l'on devient ? "Gisèle Halimi une jeunesse tunisienne" raconte l'enfance de la célèbre avocate, femme libre, militante qui dès son plus jeune âge refuse le sort réservé aux femmes (femme au foyer, attachée aux taches ménagères, mère de nombreux enfants, garçon de préférence etc...). Dans ce contexte, Gisèle Halimi montre très tôt son caractère bien trempé devant un patriarcat édifiant. Pourtant, la jeune fille trouve bizarrement un allié avec son père qui se montre bien plus tolérant que la mère d'Halimi. le roman graphique se lit d'une traite tant le récit est captivant avec en filigrane les évènements tragiques qui se préparent dans ces années 30/40. Soutenu par un dessin agréable, le parcours de cette femme exceptionnelle nous fait passer un très bon moment. Avec entêtement, courage et conviction, on peut renverser des montagnes d'injustice et de stupidité. A faire découvrir à nos adolescents qui voit peut-être un avenir étriqué. Un grand merci à Babelio et à Delcourt (et sa collection Grand Angle) pour cet envoi très agréable à lire.
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critiques presse (4)
Bedeo
17 avril 2023
Avec cette Jeunesse Tunisienne, la biographie de Gisèle Halimi ne s’enrichit pas seulement de dix huit années qui expliquent tellement, mais bien d’un beau livre sur un pays en pleine mutation et un monde qui ne veut qu’une chose : davantage de justice.
Lire la critique sur le site : Bedeo
Elle
21 mars 2023
« Gisèle Halimi, une jeunesse tunisienne », dresse en effet le portrait de Gisèle Halimi, une résistante œuvrant avec passion contre les injustices, à travers une bande dessinée inspirante.   
Lire la critique sur le site : Elle
BDZoom
21 mars 2023
À l’heure où tant de femmes de par le monde se retrouvent de plus en plus réduites à se taire, à se cacher, humiliées, voilà un album passionnant et un très beau portrait de femme libre, révoltée, exemplaire, qui arrive à Paris en 1945, à 18 ans, pour un nouveau parcours et de nouveaux défis racontés en quelques pages en fin d’album.
Lire la critique sur le site : BDZoom
BDGest
21 mars 2023
Avec la volonté d'éviter tout pathos. le scénario livre aux lecteurs les évènements qui vont avoir un impact déterminant sur le devenir de l'avocate. En allant chercher dans le passé des clefs d'explications, cela permet aussi de créer de l'empathie et, pour certains jeunes, de s'identifier à Gisèle.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
Quand je serai grande, moi aussi je serai une guerrière !
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[ Tunisie, 1932 ]
- Tu es né quand, papa ?
- Tu sais, ma fille, nous les Berbères on n'inscrivait pas notre date de naissance. Ce sont les Français qui ont marqué sur mes papiers 'Né présumé en 1898'.
- Mais alors, tu ne sais pas ton âge ?
- Quelle importance ? Une année de plus ou de moins... En tout cas, c'était le 18 avril ! Ma mère se souvient très bien qu'il faisait beau, ni sirocco, ni air humide... Le printemps donc...
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• 1937
- La fille : Ce qui m'étonne, c'est qu'il y a encore moins d'Arabes au lycée qu'en primaire...*
- La mère : Bah... les Arabes n'ont pas besoin de faire d'études et les filles encore moins. Pour ce qu'ils travaillent...
- La fille : Et nous les Juifs ? Au lycée, ce sont surtout des Européennes...
- Le fils aîné : Comme si tu savais pas que la Tunisie est un protectorat français... Diviser pour mieux régner : dans ce pays, toutes les communautés sont dressées les unes contre les autres. Et en Algérie, c'est pire...

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* elle a 11 ans, donc équivalent du collège
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[ Tunisie ]
- Cette année 1935 s'annonce mal. Tu as vu ce qui se passe avec les Italiens ?
- Oui, au parti communiste on suit l'affaire de près. Laval a signé un accord avec Mussolini pour régler le problème colonial franco-italien. Le Duce revendique la Tunisie.
- Les privilèges des Italiens de Tunisie sont confirmés par la France.
- Vous avez entendu ce que chantent les fascistes dans les rues : "Avec la barbe des Français, nous ferons des brosses pour faire reluire les souliers de Benito Mussolini !" (...) Les Italiens sont aussi nombreux que les Français ici et les antifascistes d'Italie vont sûrement émigrer en Tunisie.
(p. 43)
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Tu verras, toi aussi tu subiras la loi de Dieu !! Pour nous, les femmes, c'est notre destin de subir.
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Spécial Eté ! Avant une petite trêve estivale !1,2,3 BD ! Chez les libraires ! présente les BD coups de cœurs de Jérôme et la librairie La planète Dessin à Paris !!! Et ce soir, ce n’est pas trois conseils de lecture mais plutôt la découverte des collections été des éditeurs à glisser dans les valises ! Lisez des BD et bonnes vacances. -Les incontournables du roman graphique(ALICE GUY Catel & Bocquet, LE CRÉPUSCULE DES IDIOTS Jean-Paul Krassinsky, GUIRLANDA Lorenzo Mattotti & Jerry Kramsky, MAGIC PEN Dylan Horrocks, QUATORZE JUILLET Bastien Vivès & Martin Quenehen, JOHNNY CASH - I SEE A DARKNESS Reinhard Kleist) chez Cas-terman -Version poche (La mémoire dans les poches Récit de Luc Brunschwig. Dessin d'Étienne Le Roux, Mauvais garçons Récit de Christophe Dabitch. Dessin de Benjamin Flao, La position du tireur couché D'après le roman de Jean-Patrick Manchette. Adaptation et dessin de Tardi, …) -La sélection BD poche (Seconds de Bryan Lee O'Malley, Glenn Gould de Sandrine Revel, Riche, pourquoi pas toi ? de Marion Montaigne, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, Opération Copperhead de Jean Harambat, Noire d'Émilie Plateau, d'après Tania de Montaigne, Lip, des héros ordinaires de Laurent Galandon et Damien Vidal, Le Retour de la bondrée d'Aimée de Jongh, Le Mystère du Monde Quantique de Thibault Damour et Mathieu Burniat, Guantanamo Kid de Jérôme Tubiana et Alexandre Franc) chez Dargaud -Sarbacane 20 ans (L’Aimant Édition poche Lucas Harari, Le dieu vagabond Édition poche Fabrizio Dori, Dans la forêt Édition poche Lomig, Un travail comme un autre Édition poche Alex W. Inker) -La Boîte à bulles 20 ans (La plus belle femme du monde Dorange et Roy, Dans les vestiaires Le Boucher, L’immeuble d’en face Vanyda, Kaboul Disco Wild) -Collection Nomad Urban Comics 1,2,3 BD c’est le jeudi à 18h30 sur la chaine Youtube et les RS. Trait pour Trait parcourt toujours les librairies de France pour des conseils de lecture. #GALERIE #BD #POPCULTURE #BANDEDESSINEE #COMICBOOKS #9EMEART#MANGA Retrouvez 1,2,3 BD ! Chez les libraires! sur :
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