AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2363391187
Éditeur : Finitude (22/08/2019)

Note moyenne : 4.32/5 (sur 45 notes)
Résumé :
"Le Maroc, c’est un pays dont j’ai hérité un prénom que je passe ma vie à épeler et un bronzage permanent qui supporte mal l’hiver à Paris, surtout quand il s’agissait de trouver un petit boulot pour payer mes études."

Marwan et ses deux frères ne comprennent pas. Mais ­pourquoi leur père, garagiste à Clichy, souhaitait-il être enterré à Casablanca ? Comme si le chagrin ne suffisait pas. Pourquoi leur imposer ça. C’est Marwan qui ira. C’est lui qui ac... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  14 octobre 2019
Un destin écrit sur une trentaine d'années, peut voir son parcours totalement infléchi par les aléas de notre condition de mortel.

L'histoire d'une famille s'accommode des non-dits, comblés par ce que l'imagination attribue à la logique, jusqu'à ce qu'un événement vienne bouleverser les bases de l'édifice. Pour Marwan, c'est le décès subit du père avant ses soixante ans, à l'issue d'une vie de labeur incessant. le dernier souhait de l'homme, être enterré à Casablanca, qu'il a quitté des décennies plus tôt, vient semer le trouble parmi ses trois fils, dont l'entente laisse à désirer.
Marwan est celui qui accompagnera la sépulture en avion, avec Kabic, l'ami de toujours, compagnon d'émigration du défunt. La famille se retrouvera à Casa pour suivre les rites et la tradition qui entoure les décès. Mais plus qu'un dernier hommage rendu au père, c'est un rendez-vous avec l'histoire de sa famille, bien loin de ce qu'il imaginait.
Le récit est émouvant, l'auteur sait transmettre les sentiments qui animent les personnages. Les révélations sont distillées après avoir été suggérées, suscitant une attente propice à l'envie trouver les pages.
C'et aussi l'occasion de rendre compte de la difficulté persistante pour toute cette génération « issue de l'immigration » d'être serein vis à vis de son identité. Avec un sentiment d'usurpation que ce soit dans le pays d'origine de la famille ou dans la contrée d'adoption, au terme d'un parcours souvent complexe.
Le regard posé sur les coutumes marocaines autour du deuil, jugé par le fils qui se sent français avant tout, est doublement interessant. On se plie aux rites pour ne pas blesser les proches, malgré le sentiment de ne pas porter au défunt tout le respect dont d'autres coutumes donneraient l'illusion.
Un roman digne et perspicace.
Lien : https://kittylamouette.blogs..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          680
Bazart
  07 septembre 2019
"Avec "CEUX QUE JE SUIS" le franco britannique , exilé parisien à Londres depuis plus 20 ans, Olivier DORCHAMPS nous raconte une quête identitaire sur le rapport complexe aux origines.
En suivant nos pas dans ceux de Marwan, on découvre avec lui l'histoire de ses parents, de sa famille, de ses origines. Au fil des pages se dénouent les fils d'une histoire familiale dont ,le rapport au pays, soit la France ou le Maroc, est différent d'une génération à une autre .
Dans ce récit doux et sensible aux entrées multiples, il est question de double culture et de cet héritage familial qui fait de nous ce que l'on est ( d'où le titre) à travers un récit écrit avec une grande sensibilité et une simplicité donnant lieu à des scénes souvent savoureuses.
Olivier Dorchamps écrit avec des mots choisis cette subtile et profonde réflexion sur l'identité et ce qu'on reçoit des générations passées.
« Mon père ne s'était jamais fait naturaliser. Il disait qu'à la douane, que ce soit à Paris ou à Casa, il serait toujours un Marocain en exil, jamais un Français en vacances, alors à quoi bon ? »
Ceux que je suis est un roman aux entrées multiples. À la pudique chronique familiale sur le deuil s'ajoute une touchante évocation du déracinement et du rapport complexe aux origines.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          460
hcdahlem
  22 septembre 2019
Des racines profondément enfouies
Dans un premier roman à l'intensité dramatique croissante, Olivier Dorchamps nous entraîne au Maroc, sur les pas d'un fils accompagnant le cercueil de son père. L'occasion de (re)découvrir sa famille.
Marwan est un peu fatigué. Il rentre de vacances au Portugal et doit préparer la rentrée. C'est la première fois que ce prof d'histoire-géo aura des élèves de terminale. Il est aussi perturbé par l'annonce que lui fait Capucine, sa compagne: «on se sépare. Elle a dit on, comme quand elle lançait et si on allait au cinéma, ce soir? ou bien on devrait se faire un petit week-end à Barcelone ou encore on n'est pas allé au resto depuis des semaines. Puis le sempiternel on n'est pas fait l'un pour l'autre, tu comprends? a guillotiné tout espoir, alors j'ai répondu d'accord.» Aussi quand sa mère lui demande de passer voir son père qui ne se sent pas très bien, il préfère renoncer. Quand il se réveille le lendemain matin, un message de son frère lui annonce qu'il est décédé.
Culpabilisant un peu, il se rend au chevet du défunt, dans l'appartement de Clichy qu'il partageait avec son épouse et où il retrouve toute la famille, son frère jumeau Ali avec son épouse Bérangère et son jeune frère Foued. En état de sidération, il ne réalise pas vraiment qu'il ne verra désormais plus son père. Il ne réagira pas non plus quand sa mère lui demande ce qu'elle va devenir. Un silence pesant s'installe alors. Ce n'est que lorsque Madame El Assadi, une voisine qui attend sagement devant la porte pour rendre un dernier hommage à son ami, lui fait remarquer que Tarek allait désormais lui manquer qu'il prend conscience du drame, qu'il comprend qu'à lui aussi, il va manquer: «On m'a enlevé une partie de moi-même, une partie que je ne retrouverai jamais. Il n'est plus là. II ne reste que l'absence. Et désormais nos vies passeront sans lui. Finalement grandir c'est ça; c'est perdre des morceaux de soi.»
Quand sa mère lui apprend que sa dernière volonté était d'être enterré au Maroc, il encaisse un nouveau choc. D'autant qu'il a été choisi pour convoyer la dépouille. Lui qui n'a jamais vécu au Maroc, qui ne parle pas très bien l'arabe, ne comprend pas cette décision qui va empêcher ses proches de se rendre souvent sur sa tombe.
Mais il entend respecter la parole de son père et s'envole avec son oncle Kabic vers Casablanca.
Ce dernier va profiter de l'occasion pour lui raconter l'histoire de la famille, celle de ses grands-parents, lui dire «des choses que même son père ne lui a jamais dites». Né en France, il va comprendre alors qu'il ne doit pas occulter ce passé s'il veut trouver sa vraie identité. «Je ne me sens pas marocain. Et pourtant, où que je sois, en France ou au Maroc, je n'ai pas le choix de ma propre identité. Je ne suis jamais ce que je suis, je suis ce que les autres décident que je sois.» 
Olivier Dorchamps a construit son premier roman en ajoutant chapitre après chapitre davantage d'intensité dramatique jusqu'à l'épilogue et la révélation des secrets de famille restés jusque-là profondément enfouis.
Roman sur l'exil et sur la recherche de son identité, Ceux que je suis est aussi un bel hommage à la famille et aux valeurs qu'elle peut parvenir à transcender au-delà des frontières et au-delà de la mort.


Lien : https://collectiondelivres.w..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          300
AMR
  09 octobre 2019
Parfois, les lectures des 68 premières Fois se suivent et se ressemblent.
Avec Ceux que je suis d'Olivier Dorchamps, j'arrive à mon cinquième livre et le hasard fait que je le lis juste après L'Imprudence de Loo Hui Phang… Ces deux premiers romans parlent d'un deuil et d'un retour au pays d'origine et mettent en scène des personnages français d'origine étrangère en quête de leurs racines profondes et d'eux-mêmes…
Le hasard fait plus ou moins bien les choses et me contraint à une posture comparatiste que je ne recherchais pas, d'autant que je me plains parfois de lire un peu toujours la même chose dans ce type de sélection…
Ici, je me suis plongée dans une histoire où je me sentais peut-être plus à mon aise… La plume est douce et pudique et les nombreuses thématiques s'entrecroisent naturellement, avec justesse et réalisme. Ce livre nous dit que l'on porte en nous une part de ceux qui nous ont précédés.
Je salue l'aspect documentaire du récit, la description des rites, la mise en lumière de la culture marocaine et la montée en puissance du déroulé de l'histoire familiale. Cette famille pourrait être la nôtre, il est aisé de s'attacher et de s'identifier aux personnages et à leurs parcours. Mais je me suis aussi un peu ennuyée, consciente que cette lecture tombait mal pour moi.
Un bon livre, une belle histoire, mais pas un coup de coeur.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
Foufoubella
  04 octobre 2019
Ceux que je suis est un roman qui m'a été conseillé par ma libraire préférée. J'ai la chance de travailler à deux pas de sa petite librairie indépendante et quand je vois qu'elle n'est pas trop occupée avec d'autres clients, je passe lui demander conseil. Ce que j'ai fait la semaine dernière, alors que ma PAL dégueule clairement, lui demandant de me choisir un livre qui lui avait plu dans la rentrée littéraire. Elle m'en a sorti six, puis son choix s'est arrêté sur deux sans savoir lequel elle avait finalement préféré. J'ai donc choisi en fonction de la couverture et ai pris celui-ci.
Ce que j'aime chez ma libraire est que, de un, elle est super souriante et super sympa ; de deux, elle est passionnée et parvient à transmettre ses ressentis (c'est pas compliqué, je repars souvent de chez elle avec plusieurs livres sous le bras, pour moi, alors qu'à la base j'y étais allée pour faire un cadeau) ; de trois, j'ai toujours aimé les livres qu'elle me conseillait alors que je ne serais pas nécessairement allée vers eux de prime abord.
Et encore une fois, elle a fait mouche.
Ceux que je suis est un livre que je n'aurais pas lu si ma libraire ne me l'avait pas mis entre les mains. Je l'aurais certainement pris en main, attirée par sa jolie couverture jaune orangé, mais le résumé en quatrième de couverture ne m'aurait pas suffisamment attiré. Ma Super Libraire a su me convaincre.
Marwan, notre narrateur, est issu de ce que l'on appelle l'immigration, de deuxième génération car il est né en France. Il le dit d'ailleurs très bien, il est français, né de parents marocains. Il se sent français, parle à peine l'arabe, les parents ont fait en sorte de s'intégrer dans leur nouveau pays tout en gardant quelques particularités liées à leur (double) culture. Au Maroc, Marwan et ses frères ne s'y rendaient que l'été, de temps en temps, afin de voir leur famille, particulièrement leur grand-mère qui les adorait. Alors, quand leur père décède brutalement, quelle n'est pas leur surprise de constater qu'il souhaite se faire enterrer à Casablanca et c'est Marwan qui est désigné pour accompagner le cercueil de son père, par avion. Ses frères et sa mère les rejoindront en voiture. Accompagné de Kabic, l'ami fidèle de la famille, Marwan va entreprendre ce voyage et découvrir enfin les raisons de ce retour aux sources.
Ce roman, écrit par un franco-anglais, nous parle bien entendu de la difficulté de se sentir soi dans un monde où cela ne va pas de soi, justement. Parce qu'on vous fait comprendre que vous n'êtes , en fait, jamais à votre place. Issue moi-même de parents franco-français, si je puis m'exprimer ainsi, je n'ai jamais connu cette difficulté ; par contre, j'avais des copines, à l'école, qui étaient d'origine algérienne ou marocaine et qui elles devaient y être confrontées. Plus tard, aussi, lors de ma brève expérience d'enseignante, je me rappelle m'être pris le bec avec un collègue qui qualifiait nos élèves « d'origine étrangère » d'immigrés alors qu'ils étaient nés en France, et leurs parents aussi pour certains, lui rappelant qu'ils étaient aussi français que lui ou moi, même peut-être davantage que lui si on venait sur ce terrain-là (il était lui-même d'origine polonaise, né en France mais de parents polonais, mais bon comme il était blond aux yeux bleus, ça ne se voyait pas hein)...
Ce roman, surtout, nous parle d'une histoire de famille et des secrets qui, s'ils ne sont pas dévoilés, peuvent être source d'incompréhension et de mauvaise entente.
L'écriture d'Olivier Dorchamps est jolie, elle a marqué des points auprès de moi. J'ai voyagé avec lui, j'ai souri parfois, j'ai versé ma larme à la fin.
Le titre est quant à lui génialement trouvé et il faut le comprendre dans sa polysémie.
Ce(ux) que je suis est un roman réussi, de mon point de vue.
Un dernier mot sur la couverture, à la fois sobre et superbe.

Challenge multi-défis 2019
Challenge ABC 2019 - 2020
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60

critiques presse (3)
Liberation   30 septembre 2019
Le fils redécouvre ses parents qui se sont sacrifiés au nom d’une vie en France et admire leur douce résistance quotidienne au patriarcat. La disparition du père fait aussi s’envoler des secrets du passé. Une histoire de résilience, de famille et d’amitié à l’ombre des orangers. Premier roman.
Lire la critique sur le site : Liberation
LaLibreBelgique   30 septembre 2019
Petit-fils d’une grand-mère gantoise et d’un grand-père magistrat en Côte d’Ivoire et au Cameroun, neveu d’un oncle qui a vu le jour au Cameroun, né en France, domicilié en Angleterre, boxeur à ses heures, avocat avant de devenir écrivain, Olivier Dorchamps cumule les identités.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Bibliobs   10 septembre 2019
Un roman dont on goûte d’autant plus la justesse et la finesse qu’il aborde des sujets délicats : la schizophrénie de la double identité (ici, française et marocaine), le rapport complexe des immigrés avec leurs origines et les rituels musulmans du deuil.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
NadaelNadael   09 octobre 2019
« Pourquoi ne l’ai-je jamais questionné sur son pays? Je ne sais pas. J’avais honte ; de cette honte qui donne honte d’avoir honte. Comme lorsque je disais à mes camarades que ma mère était caissière alors qu’elle empilait des boîtes de conserve au supermarché. Mensonges minables de ceux qui ont vraiment la honte. J’aurais pu raconter qu’elle était secrétaire ou employée de mairie, mais on aurait tout de suite démasqué la supercherie. Alors que caissière, c’était suffisamment modeste pour être plausible et alléger ma honte. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
hcdahlemhcdahlem   22 septembre 2019
Llâ, llâ ! Non ! tu dois la garder. C’est toi que ton père a choisi pour rentrer chez lui. C’est ton héritage. De l’avoir revue me suffit. De l’avoir touchée et respirée, ça me rappelle de bons souvenirs. Toi, tu vas avoir besoin d’elle pour t’en forger de nouveaux. Et parfois, toi aussi tu l’ouvriras pour retrouver des odeurs oubliées, celle du Maroc ct celle de la France qui s’y mélangent si bien. Et celles de ton père aussi. Tu en as plus besoin que moi, Marwan. Elle me sourit sous l’œil protecteur de Kabic qui s’est assis à ses côtés sur le petit canapé près de la fenêtre, dans la caresse bienveillante du soleil. Quand je parle, même en arabe, Kabic traduit à l’oreille de ma grand-mère. C’est la première fois que je ressens à ce point la barrière de la langue comme un handicap. Je ne peux ni partager ma peine, ni prendre sur moi celle d ema petite grand-mère dont la fragilité m’émeut. p. 169
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
GerstelGerstel   18 août 2019
P16
« Pourtant il ne nous a jamais raconté nos racines. Ma mère et lui espéraient sans doute que nous deviendrions des français modèles, que nous prendrions moins de coups qu’eux. Eux, qui étaient arrivé de là-bas »

P 44
« Oui, c’est à vous ; à vous d’offrir à Maman le réconfort de l’amitié, de lui enseigner la solitude, de lui faire aimer le souvenir »

P 50
« Ce jour-là, grâce à mon frère jumeau, j’ai réalisé que la plus grande honte, ce n’est pas d’avoir dit ou fait quelque chose que l’on regrette. Ce n’est pas non plus l’embarras que l’on peut ressentir pour ses parents ou ses origines. Non. C’est celle que l’on éprouve vis-à-vis de soi-même. La plus grande honte, c’est d’avoir honte de qui l’on est. »

P 51
« C’est un homme intègre. Un homme intègre qui a ses doutes quant à l’intégration et ses certitudes quant à l’intégrisme »

P 111
« Depuis la mort de mon père, j’ai pris conscience que le temps qui passe, c’est le temps qu’il reste »

P 164
« Tout me choque ici, ce n’est plus le Maroc de mon enfance. Mais le bon vieux temps c’est toujours le temps d’avant, non ? Que l’on soit Français ou Marocain. Passé un certain âge, on ne vit que des souvenirs que l’on idéalise. »

P 196
« Et comme souvent avec les secrets, on l’a enveloppé dans plusieurs couches de honte, et des vies entières, jusqu’à la mienne, en ont été tapissées. »

P 250
« Je remercie en silence mon père de m’avoir fait venir jusqu’ici pour comprendre qui je suis. Non pas comprendre. Apprendre. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
hcdahlemhcdahlem   22 septembre 2019
Hier soir il est rentré du garage, tard comme d’habitude. Il s’est plaint de douleurs dans la poitrine. Il a dit à ma mère que son cœur était comme pris dans un étau. Elle lui a demandé s’il avait soulevé quelque chose de lourd, Amine pourrait l’aider, l’est quand même là pour ça. Il a haussé les épaules en disant que c’était rien, qu’il avait juste besoin de repos. Il a fait le thé à la menthe pour eux deux, puis est allé se coucher dans la petite chambre pour ne pas la réveiller s’il était malade pendant la nuit. Sans dîner ? Mais elle a préparé le tajine, elle peut le passer au micro-ondes s’il veut. C’est pour ça qu’elle m’a appelé.
— Parce qu’en trente ans de mariage, Marwan, ton père, l’a jamais refusé mon tajine aux olives.
— Et Foued ?
— Foued ton frère non plus. Tout le monde il aime mon tajine aux olives !
— Non, Foued n’est pas là ?
— L’est chez Samira ce soir.
Je lui ai dit que j’étais fatigué. En réalité je n’avais pas envie d’épiloguer toute la soirée sur ma rupture avec Capucine.
— Fatigué des vacances, alors que ton père l’est mourant ?
— Il n’est pas mourant Maman. Prenez rendez-vous avec le Docteur Delorme demain matin, il a dû se froisser un muscle. J’enverrai un SMS à Amine pour lui demander de faire attention à Papa au garage et de ne pas le laisser porter trop de choses lourdes.
J’ai éteint mon téléphone et je suis allé me coucher. Je ne voulais plus de coups de fil, plus de messages, plus de problèmes. Plus de famille.
Quand je l’ai rallumé, tôt ce matin, il s’est mis à vibrer dans tous les sens. Puis j’ai reçu trois SMS de Foued.
Papa est mort
Cette nuit
Viens !
Il avait cinquante-quatre ans.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
BazartBazart   03 septembre 2019
Ce jour là, grâce à mon frère jumeau, j'ai réalisé que la plus grande honte, ce n'est pas d'avoir dit ou fait quelque chose que l'on regrette. Ce n'est pas non plus l'embarras que l'on peut ressentir pour ses parents et ses origines.Non. C'est celle que l'on éprouve pour soi même. La plus grande honte c'est avoir honte de qui l'on est.
Commenter  J’apprécie          80
Videos de Olivier Dorchamps (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Olivier Dorchamps
La Page en Parle CEUX QUE JE SUIS, premier roman d'Olivier Dorchamps, aux Editions Finitude.
autres livres classés : marocVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

L'Afrique dans la littérature

Dans quel pays d'Afrique se passe une aventure de Tintin ?

Le Congo
Le Mozambique
Le Kenya
La Mauritanie

10 questions
265 lecteurs ont répondu
Thèmes : afriqueCréer un quiz sur ce livre
.. ..