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Gabriel Auer (Traducteur)
ISBN : 2742704620
Éditeur : Actes Sud (04/06/1999)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 8 notes)
Résumé :

Un pays, quelque part en Amérique du Sud, qui vient de vivre de nombreuses années sous une dictature militaire, passe douloureusement à un régime démocratique. Paulina et Gerardo vivent à l'écart du monde dans une maison retirée au bord de mer. Un soir, Gerardo rentre, accompagné de Roberto Miranda, dont il vient de faire la connaissance. Paulina croit reconnaître en cet homme son tortionnaire et pour d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Ziliz
  11 mai 2019
Dans ce pays d'Amérique latine, la dictature a officiellement laissé place à une démocratie, mais les tortionnaires/criminels n'ont pas été jugés. En vertu d'une loi d'amnistie, le pays est censé « se réconcilier dans la paix ».
Quinze ans après sa détention, Paulina n'est pas guérie. Il lui est par exemple impossible d'écouter des musiques qu'elle aimait 'avant' – avant de les entendre pendant que ses geôliers l'agressaient.
Lorsqu'il lui semble reconnaître la voix d'un de ses bourreaux, elle est déterminée à obtenir ses aveux.
« Pour quoi faire ? A quoi ça va lui servir ?
- Peut-être pour la libérer de ses fantômes, comment savoir ce qui passe par la tête de quelqu'un qui a été... mais je crois que je comprends cette nécessité qui correspond bien au besoin du pays tout entier de mettre en mots ce qui nous est arrivé. »
Texte court, pudique et intense sur la nécessité, pour les victimes, d'obtenir réparation après outrage(s). Sous quelle forme ? Au moins une reconnaissance publique des souffrances endurées et des torts des bourreaux, sans laquelle elles ne pourront panser leurs plaies, et risquent de faire justice elles-mêmes, si elles en ont la possibilité. Et c'est l'escalade de la haine :
« Comme ça, on continue la violence, toujours la violence. Hier, on vous a fait des choses terribles et aujourd'hui, c'est vous qui me faites des choses terribles. Demain... et ainsi de suite. »
C'est ce qu'on attend des instances de la Justice.
Quid de la défense ? Ces criminels méritent-ils d'être défendus ?
Cette pièce a été adaptée au cinéma en 1994 par Polanski (magnifique film, que je refuse de revoir, comme tous les autres de ce réalisateur).
J'ignorais alors que cette histoire s'adaptait si bien à lui. A travers la voix de Roberto, il plaiderait non-coupable, et refuserait même de se soumettre à un jugement ?
Le texte de la pièce – signé par Ariel Dorfman, militant des droits de l'homme argentino-chilien – reste néanmoins à découvrir, sans cette arrière-pensée désagréable d'une éventuelle 'récupération'...
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47library
  28 décembre 2012
à lire en écoutant "la jeune fille et la mort" de Shubert mais ce n'est pas gai
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
ZilizZiliz   14 mai 2019
- Découvre ce qui s'est passé. Tout ce qui s'est passé. Promets-moi que…
- Tout. Tout ce qu'on pourra. Nous irons aussi loin que… Aussi loin que…
- Autorisé.
- Limités. Disons que nous sommes limités. Mais à l'intérieur de ces limites, nous pourrons faire tellement… Nous publierons nos conclusions. Il y aura un rapport officiel. Ce qui s'est passé sera établi objectivement, afin que personne ne puisse le nier et pour que notre pays ne revive jamais les excès que…
- Et après ? Tu écoutes les parents des victimes, tu dénonces les crimes et qu'arrive-t-il aux criminels ?
- Ça, ça dépend des juges. Les tribunaux reçoivent une copie des dépositions et les juges à partir de là décident…
- Les tribunaux ? Les juges ? Les mêmes tribunaux qui ne sont jamais intervenus pour sauver une vie en 17 ans de dictature ? Tu vas remettre ton rapport au juge Peralta ? Le juge qui a dit à cette pauvre femme qui venait demander des nouvelles de son mari disparu d'arrêter de déranger, que son mari était probablement fatigué de vivre avec elle et parti avec une autre plus jeune et plus jolie ? Celui-là ? Des tribunaux pour rendre la justice ? Comment les as-tu appelés ? Des tribunaux ?
(p. 12-13)
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ZilizZiliz   12 mai 2019
Ecoute, tu sais quand j'ai compris que les travaux de la commission allaient réellement aider au processus de guérison des douleurs du passé ? Le premier jour quand une dame âgée est venue témoigner, elle a commencé à parler en se tenant debout. « Asseyez-vous, madame », lui a dit le président de la commission en lui tendant une chaise. Elle s'est assise et a commencé à pleurer. Elle nous a regardés et nous a dit : « C'est la première fois, monsieur le président » (son mari a disparu ça fait quatorze ans, et elle a fait des milliers de démarches, des milliers d'heures de queue). « C'est la première fois, monsieur le président, nous a-t-elle dit, c'est la première fois de toutes ces années que quelqu'un me demande de m'asseoir. » C'était la première fois que quelqu'un lui avait demandé de s'asseoir.
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ZilizZiliz   11 mai 2019
[ quinze ans après la fin d'une dictature en Amérique latine ]
- Quand j'ai entendu sa voix, hier soir, la première idée qui m'est venue à l'esprit, ce que je pensais depuis des années, quand tu me surprenais avec un air que tu qualifiais de… fuyant ou d'abstrait, c'est ça, non ? Tu sais à quoi je pensais ? A leur faire ce qu'ils m'ont fait à moi, minutieusement, systématiquement, instrument par instrument. Spécialement à lui, le médecin… Parce que les autres étaient tellement vulgaires, tellement… Mais lui, il mettait du Schubert, il me parlait de science, il m'a même cité Nietzsche une fois. (…)
J'étais horrifiée d'avoir de pareilles pensées. De posséder tellement de haine à l'intérieur de moi. Mais c'était ma seule façon de m'endormir le soir, de sortir avec toi dans des dîners en ville, à des cocktails en me demandant toujours si une des personnes présentes ne serait pas… qui sait, exactement l'un de ceux qui m'avaient… torturée, mais… moi, pour ne pas devenir folle et rendre chaque sourire que tu veux que je continue à faire… bon, je m'imaginais en train de leur mettre la tête dans un seau de merde, ou je pensais à l'électricité (…).
(p. 34-35)
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