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EAN : 9782253023227
248 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/02/1979)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 25 notes)
Résumé :
Le Cabaret de la Belle Femme ! Un nom qui les faisait rêver, les poilus, sevrés d'amour ou tout simplement de féminité, au long des nuits de la guerre... Mais quand ils y parvinrent, pour une fois volontaires de bon cœur, afin de repérer et occuper la position, il n'y avait plus qu'un tas de gravats et de tuiles brisées. Le romancier des Croix de bois, un des classiques de la Grande Guerre à l'égal des chefs d’œuvre de Barbusse ou E.M. Remarque, nous raconte ici la ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Philmurph
  16 novembre 2020
La période 11 novembre m'a donné envie de lire ce livre que je ne connaissais pas et que j'ai découvert il y a quelques mois dans une bouquinerie.
L'auteur, Roland Dorgelès, avait obtenu le Prix Goncourt avec son roman « Les Croix de bois ». Il nous livre ici différentes histoires qu'il a personnellement vécues lorsqu'il était soldat en 14 18. La première donne son titre au livre. le lieutenant ayant demandé des volontaires pour aller occuper une position au cabaret de la belle femme, il s'était présenté avec d'autres, afin de quitter leurs tranchées et pouvoir profiter du confort et des richesses d'un cabaret et voir une belle femme. Après des heures de marche sous la pluie, les hommes découvrirent en arrivant les ruines d'un cabaret sous lesquelles se trouvait peut être la belle femme… le cabaret étant isolé dans la campagne, les hommes passèrent plusieurs jours sous la pluie, loin des tranchées qui leur apparaissaient alors bien confortables.
Parfois humoristique, parfois ému, souvent désenchanté, Roland Dorgelès s'intéresse peu aux idées générales, à L Histoire avec majuscule. Il s'intéresse à l'homme, à l'humanité ordinaire, à ses misères, ses cocasseries, ses petitesses et quelquefois sa grandeur. Et c'est pour cela qu'après des décennies, il reste à lire ou à relire.
On y découvre différents personnages et différentes situations : le nouveau colonel un peu myope qui rêve de gloire mais ne parvient pas à diriger ses hommes ; le jeune poète un peu paumé qui ne comprend pas ce qu'il fait là ; le camarade débrouillard qui monte en grade malgré lui et se retrouve perdu lorsqu'il faut commander ;les heures de veille par deux, de nuit, dans la tranchée, les discussions pour passer le temps et les secrets ainsi partagés ; les moments passés au repos dans les villages et les rapports avec les civils, dont certains se montrent généreux et d'autres ayant un objectif plus vénal.
Dans les histoires survenues lors des périodes de repos, Dorgelès en raconte une qui l'avait marqué. Son unité étant récemment arrivée dans un village, Dorgelès et des camarades étaient allés à la messe. Dans son sermon, le curé, sans la nommer directement, avait fustigé une femme qui tenait un commerce en l'accusant d'être infidèle à son mari parti au front.
La belle dans son commerce était sympathique, beaucoup de soldats venaient plus pour son sourire que pour acheter quelque chose. Sa simple présence et son sourire étant quelque qui manquait aux soldats. Mais d'autres, plusieurs autres, auraient voulu en avoir plus et la belle était lasse de repousser tant de propositions. Cependant, quelques-uns, parfois, se voyaient promettre quelques bons moments dans la chambre.
Elle leur disait qu'elle laisserait la fenêtre ouverte et poserait une échelle au sol, le long du mur. Elle précisait de faire attention, si l'échelle était déjà dressée contre le mur, c'est qu'il y aurait déjà quelqu'un et que ça serait peut-être leur commandant. Il ne fallait surtout pas être vu et il fallait attendre que l'homme ressorte avant de monter à son tour. Tous les « élus », un soir différent, étaient venus et avaient trouvé l'échelle dressée. Certain étaient repartis, d'autres avaient attendu toute la nuit en vain. Ils étaient plus tard repartis au front sans savoir s'ils reviendraient encore dans ce village. Une nuit, ne sachant pas dormir, Roland Dorgelès était parti marcher et passa près de la maison de la belle. Il passa là juste au moment où elle sortait de sa cuisine et il la vit mettre elle-même l'échelle contre le mur pour ensuite aller paisiblement s'endormir sachant qu'elle ne serait pas dérangée.
Dans ce livre figurent aussi trois chapitres des « Croix de bois » qui avaient été supprimés par la censure dans la première édition.
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Laerte
  12 août 2017
Ce livre est une sorte de suite aux Croix de bois, le plus célèbre roman de Roland Dorgelès. C'est une suite d'anecdotes, de portraits et de scènes de la vie quotidienne des poilus de la Grande Guerre, mais peut-être en plus léger que les Croix de bois.
On y prend conscience de la morne attente des hommes pendant leurs courtes périodes de repos en deuxième ligne, mais aussi de leur simple espoir d'entrevoir une femme. D'où le titre du livre puisque le Cabaret de la Belle Femme qui suscite tant d'enthousiasme, n'est finalement qu'une amère désillusion.
On y voit aussi un voyou devenir un héros ou un général pacifiste et tant d'autres personnages, pauvres hommes arrachés à leurs vies pour aller se faire tuer.
Le livre est conclu par trois chapitres des Croix de bois qui n'avaient pu paraître à cause de la guerre encore trop proche.
J'ajoute à cela, une plume magnifique pleine de poésie, un style éblouissant digne des plus grands auteurs.
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herve_bleiz
  29 novembre 2015
Un classique

Ecrit il y a près de 90 ans, ces 14 récits décrivent la vie quotidienne des soldats de la Grande Guerre.
Dans un style simple et fluide, plus axé sur les moments de repos et d'attente que sur la furia des combats, très souvent drôle, ce recueil est une belle découverte.
Il faut maintenant que je retrouve mon exemplaire des Croix de Bois.
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Baslody
  07 juillet 2016
Formidables récits sur la grande guerre, pas sur la conduite et le déroulement de celle-ci, de nombreux historiens et hommes politiques s'en sont occupés pour justifier, à posteriori, ces milliers de morts.
Non, Roland Dorgelès nous fait vivre le quotidien des tranchées, mais avec une telle plume, que l'on est parmi ces soldats et que l'on vit leur quotidien. Pas de grands morceaux de bravoure, que du réel et de l'humain. Oui : voici le livre le plus humain qui ait été écrit sur la première guerre mondiale.
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pdbloti17730
  28 avril 2014
Suites d'historiettes sur le quotidien du poilu.
Pas de misérabilisme, mais la misère de tous les jours de ces combattants
Pas de haine pas de révolte, l'acceptation résignée de ses souffrances...
Image de mon grand père 160 cm de courage: 3ans de service militaire , 4 ans de guerre blessé plusieurs fois gazé , 1 an d'occupation en Rhénanie... 8 ans de sa vie
Dans chaque ligne je te vois Papy
Comment as tu fait?
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
michdesolmichdesol   05 septembre 2017
Dans le premier élan, nous enlevâmes deux lignes de tranchées, mais sur la position de repli le combat devint atroce. Les rafales de mitrailleuses et les salves de 105 faisaient de tels ravages qu'il fallut se blottir dans un boyau allemand. Seul, Boucard voulut se nicher à son idée et préféra un entonnoir, qu'il jugeait mieux garanti. La nuit s'écoula, mouvementée, et quand l'aube parut, nous aperçûmes ce pauvre sourcier inerte dans son trou, la tête fracassée.
- Pauvre gars, soupira Lousteau. Je l'avais bien dit qu'on avait tord de lui refiler une capote neuve.
Et ce fut là toute l'oraison funèbre de Boucard, le braconnier, que j'ai laissé quelque part en Artois, sur la terre à personne où les ronces sont de fer rouillé et les terriers creusés à coups d'obus.
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BaslodyBaslody   07 juillet 2016
Comme la guerre sera jolie, racontée dans cent ans !
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N’est-ce pas atroce de penser, devant ce jeune mort étend, que la guerre terminée, des milliers de sacrifices pareils tomberont dans l’oubli et que rien, jamais rien, ne paiera les héros : pas même un souvenir.
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Les hommes ont cela dans la peau, c’est leur bêtise, leur cruauté qui ressort, et lorsqu’ils se tiennent tranquilles, c’est simplement que la peur parle plus fort que leur instinct. Le malheur, c’est qu’avec la méchanceté, Dieu leur ait donné l’intelligence, sans cela on se battrait encore à coups de trique, et cela vaudrait tout de même mieux…
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rkhettaouirkhettaoui   03 septembre 2013
Mais je ne vous en veux pas, petite réfugiée. Ce que nous allions chercher chez vous, ce n’était pas des lunettes, pas de l’amour non plus, car vous étiez honnête. C’est un rien qu’on ne vend pas, une illusion…
C’était la joie fabuleuse, au sortir des tranchées, la capote brossée et les mains nettes, d’échapper un instant à cette vie brutale et de parler, de vivre un peu comme autrefois, d’oublier les obus, la boue, le riz froid, la vermine,les rats, tout ce morne tourment…
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rkhettaouirkhettaoui   03 septembre 2013
...elles prenaient des mines importantes, se pavanaient dans la grand’rue, tortillaient de la croupe comme un paon fait la roue et acceptaient tous les hommages comme de la petite monnaie, convaincues que leurs charmes n’en méritaient pas moins.
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rkhettaouirkhettaoui   03 septembre 2013
Leurs jupes, surtout, nous faisaient envie, abondantes,gonflées aux reins comme des sacs de grains, et l’on regardait goulûment leurs lèvres, ouvertes sur un sourire où il manquait des dents. Ces grosses filles,nées pour deux passades brutales de campagne et finir bonnes épouses dans les bras d’un charron, n’étaient pas du tout éblouies de se voir poursuivies par ces centaines d’hommes qui, civils, ne les auraient jamais regardées.
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Roland Dorgelès - Entretiens dans "Entretiens avec" (1966).
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