AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
EAN : SIE176689_227
Le Livre de Poche (30/11/-1)
3.7/5   27 notes
Résumé :
L'expérience ressemble aux cure-dents: personne ne veut s'en servir après-vous.


Après les livres de guerre (dont le plus connu est ''Les Croix de bois''), Dorgelès passe à des récits et des romans qui ont pour thème la vie libre et joyeuse, la bohème, dans lesquels il égrène ses souvenirs agrémentés d'amusantes anecdotes : ''Le château des brouillards'' se passe à Montmartre où il a vécu et où il y a fréquenté chansonniers, peintres et mauvai... >Voir plus
Que lire après Le château des brouillardsVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
En lisant ce livre j'ai fait le rapprochement avec le poème d'Arthur Rimbaud "Ma bohème" ou encore la mélodie "Rue Saint-Vincent"... L'auteur, Roland Dorgelès, a vécu sur la Butte Montmartre, et ce roman est certainement très inspiré par les gens qu'il a pu y fréquenter, à sa sortie de l'école des Beaux-Arts (chansonniers, peintres, mauvais garçons...) avant la Grande Guerre. D'ailleurs, il leur offre cette dédicace : "Aux camarades de mes vingt ans qui le 2 août 1914 ont quitté la Butte en chantant et ne sont jamais revenus."
Beaucoup de nostalgie dans ce livre, beaucoup de misère aussi... Des braves gens, mais aussi des crapules, des escrocs à la petite semaine, qui magouillent, se débrouillent, survivent au crochet des plus riches ou plus généreux... Un reflet de toute société, finalement... dans un Montmartre d'il y a plus de cent ans, avec ses lieux restés célèbres... Des portraits qui semblent un peu forcés aussi, l'artiste rêveur qui pense réussir, le hâbleur, la crasse, la faim, la violence, l'alcool, le désespoir, mais aussi l'amour... Une bohème proche de celle chantée par Charles Aznavour, celle que les moins de vingt-ans ne peuvent pas connaître.
Bien écrit, naturellement, ce roman de qualité n'égale pourtant pas "Les croix de bois" ou "Le cabaret de la belle femme" du même auteur, dont j'ai cependant retrouvé le ton dans le dernier chapitre : "Où l'auteur évoque des ombres".
Commenter  J’apprécie          160
La Bohème si célèbre chanson écrite par Jacques Plante et chantée par Charles Aznavour semble avoir été intimement inspirée par ce livre « le château des brouillards » qui raconte de manière jouissive la vie de cette communauté hétéroclite : marlous de tout poil, faux-monnayeurs, anarchistes, lorettes, midinettes, mauvais garçons, « escrocs honoraires », « filous fantaisistes », poètes, peintres et rapins , dessinateurs, musiciens, sculpteurs, aux poches vides… , tour à tour titillés par les muses, illuminés par Dionysos ou en mal d'inspiration, qui partagent leur misère dans des galetas, qui se retrouvent, le soir, pour décliner leur passion, et leur mal de vivre au Lapin agile.
Paul -Gérard Clair , un jeune poète vient y vivre une bohème dorée, « un bonheur facile » avec l'héritage d'une grand-mère, une « fortune qui tenait sur une planche de placard : rien que des louis ficelés dans du papier gris. »
Gérard partira à la guerre ,celle qui devait être la der des der, et il n'en reviendra pas.
Un Montmartre bien loin des clichés actuels, où s'agglutine la foule des touristes.
A lire pour retrouver la vraie butte, un voyage nostalgique, une époque révolue .
Commenter  J’apprécie          144
Rendez-vous des poètes et rimailleurs, des chansonniers et musiciens, des peintres et des rapins, le Lapin agile (anciennement Lapin à Gil) accueille une faune diverse et variée. Sans oublier petits truands et anarchistes, ainsi que les représentants d'une société plus huppée désireux de frayer avec la plèbe.

Ce soir, Paul-Gérard Clair, plus communément appelé Gérard, un poète en devenir, s'est invité à une table, et pour s'attirer les bonnes grâces des consommateurs, offre une tournée, payant avec un Louis d'or. Clabaud l'anarchiste l'accuse de régler en fausse monnaie, ce qui provoque une petite émeute. Mais Gérard démontre son innocence, et bientôt il va intégrer ce cénacle dont bon nombre de membres sont logés chez Lucie Rapin, au château des Brouillards. Une grande bâtisse située entre l'allée des Brouillards et la rue Girardon, rendez-vous des artistes et des marginaux.

Gérard vit dans un galetas, remisant dans une armoire quelques rouleaux de pièces d'or, un viatique qui devrait lui permettre de vivre durant deux ans, si tout va bien. Mais il fait la connaissance de Marie-Louise, qui effectue des travaux de couture, et de sa soeur Cri-Cri. Elles vivent au quatrième étage. Marie-Louise est bien gentille et entre les deux jeunes gens s'ébauche une idylle dont la conclusion se trouve entre les draps.

Et pour aider Marie-Louise, Gérard n'hésite pas à se montrer généreux, le magot fondant comme iceberg sous le soleil des tropiques. Mais ce qui obère le plus son pécule, c'est lorsqu'il se montre dispendieux auprès de Daisy Bell, une comédienne américaine qui devrait interpréter une pièce qu'il a écrite et qu'il retravaille souvent. La pièce, évidemment.

Et puis il sympathise avec un vieux feuilletoniste, Gouttenoire, qui achète aux rapins des tableaux afin de leur permettre de subsister. Plus par philanthropie que par l'appât d'un gain éventuel et aléatoire. Ce qui énerve sa femme, parfois il faut peu de choses pour que les reproches acrimonieux éclatent bruyamment dans un ménage.

Le vieil amateur s'était ainsi offert à des prix raisonnables des Picasso, des Modigliani, des Utrillo, des van Dongen, tous ces produits de Montmartre que dédaignaient les grands marchands…

S'il côtoie le Marquis de la Dèche, Gérard pourrait bientôt s'affubler lui aussi de cet alias, vendant ses objets précieux et ses livres. Alors il se rend souvent chez Lucie Rapin, qui exerce la profession de relieuse, au Château, s'abouchant avec l'un ou l'autre des habitués. Jusqu'au jour où un paquet lui est confié… Et il se trouvera embarqué dans une histoire mêlant anarchistes et faux-monnayeurs.



Roland Dorgelès, qui a vécu dans ce quartier montmartrois avant la Grande Guerre, s'inspire d'expériences vécues, ayant fréquenté toute cette faune interlope.

D'ailleurs incidemment il se met en scène par une présence fugitive. Il est un observateur, un spectateur qui ne participe pas au récit.

Quand le bruit se répandit dans Montmartre que la pièce de Paul-Gérard Clair allait être jouée sur les boulevards, ce fut une telle stupéfaction que pas un de nous ne songea à le féliciter.

Le Château des Brouillards permet une incursion dans le passé, dans ce quartier qui depuis a gardé son charme, ses vieilles ruelles et impasses, son aura artistique, mais a bien évolué quand même devenant peut-être un peu trop touristique. L'avenue Junot n'avait pas encore été créée, elle le fut entre 1910 et 1912, dans cette zone connue sous le nom de Maquis de Montmartre, dans le quartier des Grandes Carrières. Mais une partie du pittoresque demeure même si les masures des bohèmes et des chiffonniers ont été rasées.

Lien : http://leslecturesdelonclepa..
Commenter  J’apprécie          40
"Les escaliers de la butte sont durs aux miséreux...".
Oui, comme dans la chanson la "Complainte de la butte", Montmartre en 1914 semble un village en-dehors de Paris où se mêlent poètes sans succès, artistes non reconnus, grisettes et anarchistes qui perpétuent le souvenir des Communards. Mais nous sommes en 1914, il y a donc déjà quelques touristes bourgeois étrangers venus s'encanailler dans les cabarets, l'urbanisation avance et grignote la butte, et surtout, la guerre va éclater.
J'ai été surprise par ce court roman emprunté dans une boîte à livres, car j'associais le nom de Dorgelès seulement à la guerre de 14. La guerre n'est présente qu'à la toute fin, les personnages survivants se comptant lors d'un enterrement. Si la - les - histoires d'amour sont prévisibles et sans grand intérêt, si le poète est peu intéressant car on ne se rend pas compte de son génie, si les personnages féminins sont particulièrement clichés, c'est surtout l'atmosphère plus que l'intrigue qui donne un petit charme au roman. Oui, cette insouciance de la Belle Époque dans le quartier bohème de Paris, où chacun rêve de gloire mais doit chercher quelques sous pour manger ou boire avant de pouvoir écrire, composer ou peindre. Et l'imminence de la guerre, que nous connaissons mais que ne connaissent pas les personnages, renforce une impression de tragédie à venir.
Commenter  J’apprécie          60
Pas très emballé par cette lecture mais je ne désespère de lire d'autres romans de Dorgelès.
Commenter  J’apprécie          10

Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
Quelle étrange créature! D'abord, le point de vue matériel ne comptait pas pour elle. Pourvu qu'elle eût assez d'argent pour payer ses oeufs, ses légumes, ses fruits et se commander une robe noire de temps en temps, elle s'estimait satisfaite. Si les commandes se raréfiaient, elle ne pleurait pas misère. "Tant pis, on fera la quête", raillait-elle à froid. Son luxe se bornait à acheter quelques antiquailles chez le bric-à-brac et, pour la coquetterie, il lui suffisait de distiller elle-même dans un petit alambic une essence de lavande qui parfumait toute la maison. Il y avait en elle un curieux mélange de tendresse et de dureté. Elle interdisait de dénicher les oiseaux ou d'attraper les papillons et se relevait la nuit pour soigner les petits chats que Sauvageon lui ramenait ; par contre, dans leurs discussions, elle devenait impitoyable et, à tout instant, on l'entendait réclamer la mort d'un homme d'Etat, d'un grand-duc, d'un financier ou d'un mouchard. Sa voix ne grondait pas, ses traits bougeaient à peine, mais ses yeux agrandis lui creusaient le visage et l'on n'échappait plus à ce regard d'illuminée. Les rapins l'écoutaient, la chair de poule aux joues. On eût dit qu'elle les envoûtait.
Commenter  J’apprécie          50
Elles étaient admirables ces nuits de neige et de glaçons, au Château des Brouillards. On eût dit, sous la lune, un verger féérique où les derniers flocons papillonnaient sans se poser. Un Noël pour enfants, avec des brindilles de sucre et des bourgeons fondants. Surtout à cette heure, tout semblait embelli et presque irréel. La haie avait un col d'hermine, le grillage devenait dentelle et un tapis givré recouvrait le perron. Pas un bruit. On croyait fouler du silence. Seule, la fenêtre de la relieuse veillait encore, laissant filtrer un rayon rose, couleur d'aurore sur le glacier.
Content de trouver son amie éveillée, Gérard, comme un gamin, roulait une boule de neige et la jetait dans ses carreaux. Tout de suite, la porte s'ouvrait.
- C'est gentil d'être venu.
Commenter  J’apprécie          80
On préférait se priver de tout, mais ne pas abdiquer. Prendre un métier? Jamais.
Il est vrai qu'avec les repas à vingt-trois sous et des loyers de cent cinquante francs, il ne fallait pas tellement. On place des dessins, on vend un portrait, on propose un contrat. Si on peut, on fait des dettes, s'il faut on ne mange pas. Autant de souvenirs pour plus tard, quand on sera arrivé. Car c'était là, le secret de leur force, leur richesse ignorée : ils espéraient. Peintres, musiciens, poètes, tous se croyaient appelés à bouleverser le monde. La confiance fermentait en eux comme le vin dans les tonnes. Ils ne désiraient même pas ; ils étaient sûrs d'atteindre.
Les gens arrivés les rebutaient, les éditeurs fermaient leurs portes, les marchands de tableaux leur riaient au nez. Tant pis! Ils s'admireraient l'un l'autre.
Commenter  J’apprécie          70
L'hiver. Un bel hiver rude et cinglant, traversé de rafales qui vous tranchaient les joues. Des trottoirs jusqu'aux toits, Montmartre était couvert de neige, et comme, en ce temps-là, les autos ne s'y hasardaient guère, la Butte, sitôt la nuit tombée, se transformait en village, personne hors de chez soi et les volets fermés. A la montée de paris, par la rue Lepic ou la place des Abbesses, quelques devantures éclairées traçaient encore la route, mais dès l'autre versant on se trouvait plongé dans l'ombre, les voyous du quartier s'exerçant au lance-pierres sur tous les becs de gaz, et il fallait chercher son chemin du bout de la semelle, en se cramponnant aux murs, à cause du verglas.
Commenter  J’apprécie          50
Peu de gens l’ont réellement connu, ce coin disparu du Vieux Paris. On le confond toujours avec le Montmartre d’en bas, celui des boîtes de nuit et des coiffeurs pour dames : c’est lui faire peu d’honneur. Chez nous, on se serait cru à la campagne. Pas d’autobus, pas de grands immeubles, pas de trottoirs encombrés. Chaque carrefour avait sa borne fontaine, chaque maison son bout de jardin, et les cafetiers vous offraient au lieu de moleskine, de rustique bancs de bois.
Commenter  J’apprécie          30

Videos de Roland Dorgelès (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Roland Dorgelès
Nouvel horaire pour l'émission "Le coup de coeur des libraires" sur les Ondes de Sud Radio. Valérie Expert et Gérard Collard vous donne rendez-vous chaque dimanche à 13h30 pour vous faire découvrir leurs passions du moment ! • Retrouvez leurs dernières sélections de livres ici ! • • Les Vertueux de Yasmina Khadra aux éditions Mialet Barrault https://www.lagriffenoire.com/les-vertueux.html • Ceux qui restent de Jean Michelin aux éditions Héloïse d'Ormesson https://www.lagriffenoire.com/ceux-qui-restent.html • Rachilde, homme de lettres de Cécile Chabaud aux éditions Ecriture https://www.lagriffenoire.com/rachilde-homme-de-lettres.html • L'Inconduite de Emma Becker aux éditions Albin Michel https://www.lagriffenoire.com/l-inconduite.html • La Maison de Emma Becker aux éditions J'ai Lu https://www.lagriffenoire.com/la-maison-1.html • Ceux de 14 de Maurice Genevoix , Florent Deludet aux éditions Flammarion https://www.lagriffenoire.com/ceux-de-14-1.html • Les croix de bois de Roland Dorgelès aux éditions Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/les-croix-de-bois-1.html • Rachilde, homme de lettres de Cécile Chabaud aux éditions Ecriture https://www.lagriffenoire.com/rachilde-homme-de-lettres.html • Prof ! de Cécile Chabaud aux éditions de L'Archipel https://www.lagriffenoire.com/tu-fais-quoi-dans-la-vie-prof.html • L'Air était tout en feu de Camille Pascal aux éditions Robert Laffont https://www.lagriffenoire.com/l-air-etait-tout-en-feu.html • Poids plume de Mick Kitson aux éditions Métailié https://www.lagriffenoire.com/poids-plume.html • Nos tendres cruautés de Anne Tyler et Cyrielle Ayakalsikas aux éditions Phébus https://www.lagriffenoire.com/nos-tendres-cruautes.html • Nous, on n'aime pas les enfants ! de Lucille Dubisy et Grégoire Mabire aux éditions Mijade https://www.lagriffenoire.com/nous-on-n-aime-pas-les-enfants.html • Dico Châteaux de Raphaël Fejtö aux éditions Ecole des Loisirs https://www.lagriffenoire.com/dico-chateaux.html • Mon nom à moi, c'est Billy de Clément Loïc et Lefevre Clément aux éditions Little Urban https://www.lagriffenoire.com/mon-nom-a-moi-c-est-billy.html • La beauté du ciel de Sarah Biasini aux éditions Livre de Poche https:
+ Lire la suite
autres livres classés : Quartier MontmartreVoir plus
Les plus populaires : Littérature française Voir plus


Lecteurs (73) Voir plus



Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (2 - littérature francophone )

Françoise Sagan : "Le miroir ***"

brisé
fendu
égaré
perdu

20 questions
3582 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , littérature française , littérature francophoneCréer un quiz sur ce livre

{* *} .._..