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ISBN : 2253003131
Éditeur : Le Livre de Poche (01/06/1975)

Note moyenne : 3.99/5 (sur 326 notes)
Résumé :
Les Croix de bois, chef-d'oeuvre de Roland Dorgelès, engagé volontaire, est un témoignage exceptionnel sur la Grande Guerre.
Avec un réalisme parfois terrible mais toujours d'une généreuse humanité, la vie des tranchées nous est décrite dans toute son horreur et aussi bouffonnerie, son quotidien et ses moments.
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Critiques, Analyses & Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
Fortuna
09 mai 2014
Roland Dorgelès a écrit ce roman en 1919 en hommage aux soldats français mobilisés lors de la première guerre mondiale qui fit des millions de victimes. Ce conflit, qui a pris une ampleur jamais atteinte auparavant, fut une immense boucherie, dénoncée par la suite comme inutilement meurtrière, voir barbare. Mais cela ne remet pas en cause le courage et le sacrifice de tous ces jeunes qui y ont laissé leur vie, leur santé ou une partie de leur corps.
C'est le récit de quelques semaines du quotidien de ces soldats – dont la majorité sera tuée – les tranchées, les marches dans la boue, le bruit de la guerre, la pluie, le froid, les poux, l'omniprésence de la mort. Mais aussi quelques bons souvenirs autour d'un repas, les blagues, l'optimisme de la jeunesse, la camaraderie, la volonté de vivre.
Un très beau texte, émouvant, témoignage d'un vécu qui le rend d'autant plus poignant. Un écrivain à découvrir.
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majolo
02 mars 2014
Ce livre est un Chef d'oeuvre, une référence pour comprendre ce que fut cette guerre, broyeuse de vie entre toutes, concentré absurde de peur et de souffrance. Je dédie s'il est possible, cette lecture, à mon arrière-grand-père mort en avril 1915 à l'âge de 22 ans fauché par un éclat d'obus, et à ma grand-mère, alors âgée d'un an, dont la vie fut à jamais marquée par l'absence de ce père tant regretté. Les lettres qu'il a écrites du front raconte la même immense terreur et la même terrible résignation que celles des personnages de Roland Dorgelès. A lire, malgré l'horreur, car au coeur du désespoir, restent l'humour, la camaraderie, l'amitié et le courage. Chef d'oeuvre, je vous dis.
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MissMarty
07 juillet 2012
Oui, comme l'ont dit certains lecteurs, ce livre est un chef d'oeuvre, criant de réalisme et de vérité sur la première guerre mondiale !
Le narrateur parle du départ au front, la fleur au fusil dans la joie, l'alcool, les brailleries et la bonne humeur et l'arrivée où les fusées lui rappelle le 14 juillet... un émerveillement en somme...
... mais il va bien vite déchanter. L'horreur l'attend comme il attend tous les autres soldats. Cadavres, manque d'hygiène, bruit permanent... quatre ans d'enfer qui ont fané pour ne pas dire carbonisé la fleur au fusil...
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ahasverus
14 janvier 2013
Les Croix de Bois sont celles bricolées en hâte pour les Poilus tombés au champ d'honneur. Anonymes et amovibles, elles finissent parfois en épée dans les mains des enfants. Il y en a tant...
Roland Dorgelès nous fait partager un peu du quotidien d'une escouade sur le front. de l'arrivée des jeunes recrues jusqu'au retour à la vie civile, il emprunte avec ses camarades un chemin tortueux, pavé de corps si nombreux qu'on les dirait partie du paysage. Les morts, écrit-il, guident les patrouilles, semblant se passer les vivants de main en main.
Prix Femina 1919 , battu par Proust pour le Goncourt, le livre de Roland Dorgelès n'est pas sans rappeler les quatre premiers chapitres du Voyage au Bout de la Nuit, ou les dialogues percutants du Weekend à Zuydcoote ("""A quoi que ça sert, d'abord, d'avoir deux yeux ? Tu vois aussi bien avec un... Tu vois même mieux, preuve que t'en fermes un pour mieux viser.""").
Dans une atmosphère qui sent le vécu, alliant le plus drôle au plus triste par une belle écriture au style qui ne laisse pas deviner son âge, Les Croix de Bois auraient le potentiel pour convaincre les derniers réfractaires de l'absurdité des guerres. Si seulement ils savaient lire...
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araucaria
01 mars 2017
Un très grand livre, qui témoigne de l'horreur de la guerre de 14/18, sur le front, dans les tranchées... Ce roman est devenu un grand classique de la littérature traitant de cette période, écrit par un homme qui avait connu cet enfer. L'écriture est belle, l'histoire poignante. Un livre à diffuser auprès des jeunes générations. Je l'ai lu et relu et le conseille souvent (au même titre d'ailleurs que "A l'ouest rien de nouveau" de Erik Maria Remarque). Un véritable chef-d'oeuvre et un coup de coeur!
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Citations & extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
VilloteauVilloteau25 février 2013
Voici la feuille blanche sur la table, et la lampe tranquille, et les livres... Aurait-on jamais cru les revoir, lorsqu'on était là-bas, si loin de sa maison perdue ?

On parlait de sa vie comme d'une chose morte, la certitude de ne plus revenir nous en séparait comme une mer sans limites, et l'espoir même semblait s'apetisser, bornant tout son désir à vivre jusqu'à la relève. Il y avait trop d'obus, trop de morts, trop de croix; tôt ou tard notre tour devait venir.

Et pourtant c'est fini... La vie va reprendre son cours heureux. Les souvenirs atroces qui nous tourmentent encore s'apaiseront, on oubliera, et le temps viendra peutêtre où, confondant la guerre et notre jeunesse passée, nous aurons un soupir de regret en pensant à ces années-là.

Je me souviens de nos soirées bruyantes, dans le moulin sans ailes. Je leur disais: "Un jour viendra où nous nous retrouverons, où nous parlerons de nos copains, des tranchées, de nos misères et de nos rigolades... Et nous dirons avec un sourire "C'était le bon temps !"

Avez-vous crié, ce soir-Ià, mes camarades! J'espérais bien mentir, en vous parlant ainsi. Et cependant... C'est vrai, on oubliera. Oh! je sais bien, c'est odieux, c'est cruel, mais pourquoi s'indigner: c'est humain... Oui, il y aura du bonheur, il y aura de la joie sans vous, car, tout pareil aux étangs transparents dont l'eau limpide dort sur un lit de bourbe, le coeur de l'homme filtre les souvenirs et ne garde que ceux des beaux jours. La douleur, les haines, les regrets éternels, tout cela est trop lourd, tout cela tombe au fond...

On oubliera. Les voiles de deuil, comme des feuilles mortes, tomberont. L'image du soldat disparu s'effacera lentement dans le coeur consolé de ceux qu'ils aimaient tant. Et tous les morts mourront pour la deuxième fois.

Non, votre martyre n'est pas fini, mes camarades, et le fer vous blessera encore, quand la bêche du paysan fouillera votre tombe.

Les maisons renaîtront sous leurs toits rouges, les ruines redeviendront des villes et les tranchées des champs, les soldats victorieux et las rentreront chez eux. Mais Vous ne rentrerez jamais.

C'était le bon temps.
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LydiaBLydiaB17 mai 2010
Un tas de colis devant lui comme un éventaire de camelot, le fourrier appelait les lettres en souffrance, au milieu d’une cohue de soldats qui jouaient des coudes et s’écrasaient les pieds. C’était à notre porte, entre le lavoir communal, si petit que trois laveuses n’auraient pas tenu sous son auvent, et la maison du notaire, qui portait en sautoir une écharpe rouge de vigne vierge. Grimpés sur le banc de pierre, nous écoutions.

— Duclou Maurice, 1re section.

— Il a été tué à Courcy, cria quelqu’un.

— Vous en êtes sûr ?

— Oui, des copains l’ont vu tomber devant l’église… Il avait reçu une balle. Maintenant, hein, je n’y étais pas…

Dans le coin de l’enveloppe, au crayon, le fourrier écrivit : « Tué. »

— Marquette Édouard.

— Il doit être tué aussi, dit une voix.

— T’es pas louf, protesta un autre… Le soir qu’on dit qu’il s’est fait descendre, il est allé à l’eau avec moi.

— Alors, demanda le fourrier, il serait à l’hôpital. Mais on n’a pas reçu sa fiche.

— À mon idée, il a été évacué par un autre régiment.

— Mais non, il était blessé ; les Boches ont dû le ramasser.

— C’est malheureux, c’est toujours ceux qui ont rien vu qui ont le plus de gueule.

Tout le monde parlait à la fois dans un tohu-bohu d’affirmations contradictoires et de démentis insultants. Le fourrier, pressé, les mit d’accord.

— J’m’en fous. Je le porte « disparu »… Brunet André, 13e escouade…

— Présent pour lui.
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MalivriothequeMalivriotheque02 juillet 2014
C'est vrai, on oubliera. Oh ! je sais bien, c'est odieux, c'est cruel, mais pourquoi s'indigner : c'est humain... Oui, il y aura du bonheur, il y aura de la joie sans vous, car, tout pareil aux étangs transparents dont l'eau limpide dort sur un lit de bourbe, le coeur de l'homme filtre les souvenirs et ne garde que ceux des beaux jours. La douleur, les haines, les regrets éternels, tout cela est trop lourd, tout cela tombe au fond...
On oubliera. Les voiles de deuil, comme des feuilles mortes, tomberont. L'image du soldat disparu s'effacera lentement dans le soeur consolé de ceux qu'ils aimaient tant. Et tous les morts mourront pour la deuxième fois.
Non, votre martyre n'est pas fini, mes camarades, et le fer vous blessera encore, quand la bêche du paysan fouillera votre tombe.
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akhesaakhesa20 novembre 2016
Il a fallu la guerre pour nous apprendre que nous etions heureux.Oui,il a fallu connaître la misere.Avant nous ne savions pas,nous etions des ingrats...
Maintenant,nous savourons la moindre joie,ainsi qu'un dessert dont on est prive.Le bonheur partout:c'est le gourbis ou il ne pleut pas,une soupe bien chaude,la litiere de paille sale ou l'on se couche,l'histoire drole qu'un copain raconte une nuit sans corvee...
Le bonheur?Mais cela tient dans les deux pages d'une lettre de chez soi,dans un fond de quart de rhum.Pareils aux enfants pauvres,qui se construisent des palais avec des bouts de planche,le soldat fait du bonheur avec tout ce qui traine.
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Mathilde17Mathilde1714 janvier 2016
"Les autres voix ont bourdonné un instant, puis se sont tues. Ils dorment à présent. Redressé sur le coude, je les regarde, à peine distincts; je les devine plutôt. Ils dorment, sans cauchemar, comme les autres nuits. Leur respiration se confondent: lourds souffles de manoeuvres, sifflements de malades, soupirs égaux d'enfants. Puis il me semble que je ne les entend plus, qu'elles se perdent aussi dans le noir. Comme s'ils étaient morts… Non, je ne peux plus les voir dormir. le sommeil écrasant qui les emporte ressemble trop à l'autre sommeil. Ces visages détendus ou crispés, ces faces couleur de terre, j'ai vu les pareils, autour des tranchées, et les corps ont la même pose, qui dorment éternellement dans les champs nus. La couverture brune est tirée sur eux comme le jour où deux copains les emporteront, rigides. Des morts, tous des morts… Et je n'ose dormir, ayant peur de dormir comme eux."p.81; Les Croix de Bois, Roland Dorgeles.
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