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ISBN : B003BPYJ94
Éditeur : Albin Michel (30/11/-1)

Note moyenne : 2.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Roman. Editions Albin Michel. 1921. (Littérature)
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
MichelCourty
  24 septembre 2017
Pourquoi dire que Roland Dorgelès a choisi un sujet trop vaste et trop difficile ? Les grands sujets ne sont nullement interdits aux Français de ce temps. Et sans doute une bonne partie de la littérature française de demain traitera-t-elle de « grands sujets ». Dorgelès n'avait-il pas réussi un livre sur un sujet aussi vaste et aussi difficile : la guerre ? [Les Croix de bois]. Avoir entrepris de peindre un saint dans la société d'après-guerre, et être allé jusqu'au bout de son entreprise, ce n'est pas un mince mérite. Il y fallait une grande ferveur et même quelque héroïsme. Il convient donc avant tout de rendre justice à Dorgelès et de lui renouveler notre sympathie et notre confiance.
Mais il convient aussi de constater qu'il a complètement échoué dans son entreprise. Son talent est hors de cause. Dorgelès prendra bientôt sa revanche. Mais Saint Magloire est un livre manqué.
L'anecdote de Saint Magloire est la suivante : Magloire Dubourg rentre en France en 1930 avec une réputation de saint. Il a passé quarante ans en Afrique à évangéliser les Noirs. On rapporte sur son compte des choses miraculeuses. le village de Barlincourt où il s'établit chez son frère est envahi par les journalistes et les malades. le saint guérit un coxalgique, un épileptique ; surtout il rend la vue à un aveugle. L'Église inquiète des miracles accomplis par ce simple laïque, intervient, s'effraie de ses doctrines. Magloire fait un scandale à la Chambre en protestant contre une expédition répressive au Congo. II prêche dans les rues de Paris, dans les rues de Barlincourt, semble encourager une grève, provoque indirectement le suicide de sa nièce, intervient en Cour d'assises si maladroitement qu'il fait condamner à mort celui qu'il voulait sauver, provoque des émeutes dans Paris, finit par être arrêté. Discrédité, honni, impopulaire, il doit repartir pour l'Afrique.
Je ne crois pas que la faiblesse doctrinale (très réelle) des croyances de Saint-Magloire, mélange incohérent où entrent des ingrédients bouddhistes, gnostiques, orphiques, fouriéristes, etc., mais qui témoignent d'une incompréhension totale de l'anti-naturalisme catholique, ait la moindre part dans la faiblesse du roman. Les causes de la non-réussite sont presque uniquement d'ordre littéraire. Dorgelès en effet prétend non pas nous convertir, mais nous émouvoir. Est-ce que les croyances des gens de Cromedeyre-le-Vieil [roman de Jules Romains paru en 1920] sont beaucoup plus cohérentes que celles de Saint-Magloire ? Mais dans Cromedeyre, nous voyons les rapports précis qui existent entre la croyance et les actions, comment la décision sort du sentiment. Chez Dorgelès, rien de pareil : nous voyons agir Magloire, nous ne le voyons jamais préparer son action. Nous ne savons rien de la genèse, de l'évolution de sa croyance, de son but, de son plan. Nous voudrions connaître ses espoirs, ses doutes, les rebondissements de sa foi. C'est en vain. Magloire agit, semble-t-il, au hasard. Et à aucun moment, Dorgelès n'a su nous communiquer l'intime frisson mystique qui devait animer son héros.
Une autre faiblesse littéraire de ce roman, c'est sa composition « à tiroirs », la monotonie des épisodes tous construits sur un même modèle, consistant tous (ou presque) en une entrevue du saint et d'une foule sympathique ou hostile. D'où un manque de progression interne dans le récit ; une simple juxtaposition de scènes pittoresques, que l'auteur fait « bien tourner » dans les deux-cents premières pages, « mal tourner » dans les dernières, sans autre préparation et sans autre nécessité que son pur arbitraire.
Ajoutez que toutes ces scènes, dont les journaux rendent compte le lendemain, au dire de l'auteur, sont traitées par lui comme du grand reportage très soigné et non pas comme des scènes de romans. Les détails savoureux abondent. La bêtise et l'idéalisme des foules sont mis en scène de main de maître. Mais toujours l'essentiel manque, l'essentiel, cet impondérable partout répandu, par exemple, dans Dostoïevski. C'est l'atmosphère qui fait défaut.
Dorgelès a essayé pourtant de créer cette atmosphère, et il a cru y parvenir en recourant aux procédés documentaires de Pierre Benoît. Il a évidemment lu et utilisé de nombreux ouvrages sur l'Afrique, les missionnaires et les hérésies, mais c'est sans résultat appréciable. On salue aussi au passage comme un hommage à Mac Orlan le faux Hollandais van den Kris, mais cet aventurier passif ne contribue pas à mettre en plus net relief Saint-Magloire.
Le style alerte et, comme on dit, bien troussé fait tantôt curieusement penser à Zola, celui de Lourdes ou celui du Rêve, tantôt à Alphonse Daudet. Changeons la formule du télégramme célèbre : « Naturalisme pas mort. Roman de Dorgelès suit. »
Benjamin Crémieux, NRF numéro 102, février 1922.
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