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EAN : 9782896944491
Éditeur : Alto Voce (15/04/2020)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Quand Hanna découvre, parmi les effets de sa mère récemment décédée, des carnets, photographies et coupures de journaux, elle décide de descendre le cours du fleuve jusqu’à Kamouraska pour tenter de trouver le fil qui rattachera son histoire à celle de Simone, cette femme silencieuse, absente de sa propre vie.

Remontant le siècle, le long du Saint-Laurent, de Montréal à Pointe-au-Père, suivant des marées parfois cruelles, Hanna retrouvera la trace du ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
bilodoh
  12 septembre 2020
Un roman de tragédies familiales dans le décor du fleuve Saint-Laurent et avec une belle écriture poétique.

À la mort de sa mère, une femme fouille le passé et découvre comment le malheur se transmet de mère en fille, comment des familles sont brisées sur plusieurs générations. Elle cherche à comprendre sa mère, mais en revisitant ses souvenirs, elle trouvera aussi des miroirs de ses propres images.

Un roman de naufrages, un bateau coulé dans le fleuve, mais aussi les naufrages des grandes amours toujours et des couples sans amour.
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Madame_lit
  11 mars 2020
Hélène Dorion vient de faire paraître chez Alto un roman intimiste et poétique. Dans ce dernier, elle nous présente l'histoire d'Hanna, une écrivaine. À la suite de la mort de sa mère, Hanna découvre une boîte contenant des coupures de journaux, des lettres, des cahiers, des photos. Intriguée par sa découverte, elle part en voyage en suivant le Saint-Laurent et elle se rend jusqu'à Kamouraska. Sa meilleure amie Juliette, une artiste viendra la rejoindre. Ainsi, elle est amenée à revisiter le passé de sa mère et de sa grand-mère en comprenant à quel point ces dernières ont été marquées par le deuil de l'Amour. À cet égard, la souffrance intérieure apparaît comme le fil conducteur des femmes de sa famille. Différents évènements historiques viennent modifier le parcours de ces figures féminines comme la Première Guerre mondiale ou encore le naufrage de l'Empress of Ireland. Ces dernières apprennent à survivre dans le silence, en retrait du monde. La souffrance peut-elle être transmise de génération en génération? Quels drames le fleuve Saint-Laurent abrite-t-il en son sein? L'Art peut-il assurer le salut d'Hanna?
Le fleuve Saint-Laurent
Je me suis beaucoup retrouvée dans cette histoire. J'ai grandi devant le fleuve Saint-Laurent. J'ai observé ses vagues, j'ai entendu le récit de ses drames, j'ai vu sa beauté, j'ai son odeur imbibé dans ma chair, je sens parfois son souffle sur ma peau. Ce dernier détient une place capitale dans cette histoire tout comme dans la mienne. Comme le mentionne Antoine, le grand Amour de Simone, la mère d'Hanna :
Quand je navigue sur mon voilier, poursuit Antoine, le fleuve devient un corps qui traverse les saisons – des vagues hautes pour le printemps, les vents chauds de l'été, les glaces de l'hiver qui s'entrechoquent, et déjà les secousses de l'automne ramènent les mois de dénuement où le cours s'immobilise. Tout ce temps, les poissons, les crustacés, les baleines, les cachalots, les phoques et les oursins disent une vie que la surface des choses connaît à peine. (p. 70)
C'est cela le fleuve et notre rapport au temps, à la nature, à la vie et à ses mystères. Hélène Dorion doit l'avoir beaucoup observé pour présenter autant de vérité par rapport à notre lien au fleuve. Ce dernier rythme les pages de ce récit, des personnages et des êtres humains le côtoyant. Elle a su déceler une parcelle de son mystère, de sa grandeur, de son intensité.
«Par le fleuve, on refait le trajet de l'amour et celui des conquêtes, on voit le bien et le mal au fond des mêmes eaux embrouillées du temps. (p. 68)»
Ainsi, Hanna le suivra pour tenter de refaire le trajet de l'Amour. Elle arrivera tant bien que mal à bon port.
Les racines de l'Amour
Mais encore, grâce à Hanna, j'ai repensé à ma grand-mère qui n'a pas pu épouser son grand Amour, un Juif alors qu'elle était chrétienne. Mon arrière-grand-père avait refusé la main de ma grand-mère Marianne à son amoureux. J'ai repensé à ma mère qui avait dû choisir entre deux amoureux la veille de son mariage. Ces histoires ont-elles marqué mon devenir? Comme il est mentionné dans le récit :
Nos racines courent sous le sol, invisibles, impossibles à déterrer toutes. On peut essayer d'en arracher une, espérer qu'elle nous mènera vers une autre qu'on pourra dégager, elle aussi, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'on perçoive un sens à cette histoire qu'on appelle notre vie. (p. 11)
Hanna est amenée à dénouer les noeuds silencieux de ses racines pour en arriver à retrouver son identité. La nouvelle vague la frappant pourra-t-elle lui donner accès à une certaine paix émotionnelle? C'est ce que vous devez découvrir par le biais de cette histoire.
Lire Pas même le bruit d'un fleuve, c'est se lancer dans une quête profonde, celle d'Hanna, où la nature, le pouvoir des mots et l'Art dévoilent la beauté cachée de l'univers.
Je vous recommande cette belle traversée du Saint-Laurent rythmée par le silence la marée.
Je tiens à remercier les Éditions Alto pour cet envoi en service de presse.
Avez-vous déjà lu du Hélène Dorion? Que pensez-vous de mon billet?
https://madamelit.ca/2020/03/11/madame-lit-pas-meme-le-bruit-dun-fleuve/
Lien : https://madamelit.ca/2020/03..
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Solange71
  22 février 2021
L'auteur :
Je suis très impressionnée par la carrière d'Hélène Dorion (et admirative). Elle a écrit des romans et récits, de la poésie, des essais, des livres pour enfants. Elle a gagné de nombreux prix littéraires. Elle marrie la poésie à la musique lors de concerts littéraires, elle dit : « La musique nous permet d'entrer dans le mouvement de la parole et des mots, de nous laisser porter. »

Ce que j'ai aimé :
C'est un livre très poétique. Au début j'ai été surprise par le degré d'introspection qui m'a un peu gênée, puis j'ai aimé le rythme des mots et des images. J'ai trouvé intéressant le récit de la filiation de Éva, Simone, Hanna. C'est pertinent de revisiter le passé de sa mère et de sa grand-mère pour comprendre à quel point ces dernières ont été marquées par le deuil de l'Amour.
Ce qui m'a un peu gênée : le va et vient entre les époques
Conclusion
Même si j'ai été déroutée par ce livre, je l'ai bien aimé, surtout pour son contenu poétique
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Jarseno
  04 janvier 2021
J'ai été littéralement envoûtée et transportée par cette lecture. Ce n'est pas compliqué, j'ai absolument tout aimé de ce roman : la délicatesse et l'intelligence du propos, la profondeur de la réflexion qu'il amène, la douceur de la poésie qui aide Hanna, le personnage principal, à traverser les vides de sa vie. Je l'ai dégusté du début à la fin.
Le roman commence d'ailleurs avec cette question-choc: Combien de jours vivrons-nous? qui donne, dès le départ, le ton de la réflexion proposée au lecteur. La narratrice va ainsi raconter comment elle est arrivée à mieux comprendre la distance qui l'a toujours séparée de sa mère, en découvrant les carnets laissés par celle-ci après son décès. L'auteure nous laisse entrevoir, petit à petit, l'entrelacement inextricable du destin des êtres humains. J'ai vraiment adoré l'écriture plutôt poétique de l'auteure, un baume sur la souffrance d'Hanna. Roman qui invite à une réflexion profonde sur la vie et la mort, l'amour et le vide, la souffrance et la renaissance, le désespoir et la résilience. Incontestablement mon coup de 💜 2020!
* Fait intéressant : l'auteure propose à la fin de son roman, la liste des pièces musicales qui ont accompagné l'écriture de ce roman afin que les lecteurs puissent aussi en profiter lors de la lecture.
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gielair
  18 avril 2020
La poète québécoise Hélène Dorion nous convie à une quête, une recherche de mémoire afin de trouver sa mère derrière la mer (à cette hauteur du fleuve, on peut l'appeler ainsi). Cela se fera au coeur d'un roman fait de sauts dans le temps et dans l'espace, de l'enfance à aujourd'hui, de la chambre à la mer, d'un quartier montréalais au fleuve toujours présent de Kamouraska, où le passé vient ressurgir, où les naufrages d'hier se répercutent sur les peines d'aujourd'hui. C'est en usant d'une magnifique plume poétique que l'auteure ou son alter ego Hanna nous fait voyager au travers des bribes de souvenirs, des artefacts qui ne trouvaient plus leur signification, vers un jeu de pistes qui, par la beauté des mots, la guidera vers une reconquête de sa mère Simone.
On ne peut, je crois, lire cette oeuvre sans replonger dans son propre passé et celui des nôtres, sans se questionner sur l'existence antérieure de celles et ceux qu'on a côtoyés depuis la naissance, sans tenter de revoir les liens qui nous rattachent au flux continu du temps depuis le monde d'avant. Et puis, pour ma part, je n'ai pu que me référer à un autre naufrage, une tragédie qui a eu lieu plus dans le golfe que dans l'estuaire, proche du bout du monde, des années auparavant. En 1847, un voilier arrivant de Sligo en Irlande transportait mes ascendants, les Kavanagh ou Kaveney. le Carrick s'est abimé une nuit de tempête sur un récif un peu au sud de l'actuel phare de Cap-des-Rosiers. La charge n'est pas la même, mais cette histoire a ému toutes les générations suivantes et on peut, comme Hélène Dorion, se questionner : « [...] ne devenons-nous avec le temps que les survivants d'une multitude de naufrages ? »

Lien : https://rivesderives.blogspo..
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
leonceleonce   16 avril 2020
Une vague se forme au loin. De quel brouillard surgit-elle, et quelle hauteur
aura-t-elle atteinte lorsqu'elle attendra la berge où Simone marche vers sa fille, la regardant déchirer un autre voile qui les relient ? Hanna reçoit aussi , intact, le secret qui , pareil à une bouée sans ancrage, a remonté les eaux troubles du fleuve jusqu'à elle.

Simone prend la main de sa fille . Ensemble elles avancent vers le large .Leur douleur surplombe le fleuve, ne sait d'où viennent les vagues ni où va la lumière. L'absence s'est changée en une étendue bleue qui jamais ne se refermera.
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leonceleonce   17 juillet 2020
Allongée sur le dos, les bras en croix, ouverts comme des voiles à la surface de l'eau, la tête immergée, Simone n'entend plus que le bruit sourd du monde .C'est le son des souvenirs, des voiles déchirées, des mâts cassés, les vagues trop hautes qui broient les navires. Elle se met à réciter spontanément un poème qu'elle a recopié dans un cahier :

Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n'est pas moins un gouffre moins amer.
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leonceleonce   11 avril 2020
Enfant, je détestais dessiner. C'étaient les mots qui m'intriguaient . Quand Juliette prenait ses crayons de couleur, je traçais ce qui , sans en être, ressemblaient à des lettres. J'avais hâte qu'elles se transforment en mots devant mes yeux , puis en phrases. Le jour où je suis rentrée de l'école ayant lu un mot pour la première fois, tout a changé . J'avais désormais accès à un autre univers que celui où les paroles étaient projetées sur les murs de la maison .
Les mots touchaient les choses pour les rendre vivantes.
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leonceleonce   06 juin 2020
Je raconterai des histoires, car n'est-ce pas ce que nous laissons , des récits ?
N'est-ce pas ce qui reste de nos vies, ces histoires de naissance, d'amour et de mort qui en sont les tissus ? Je confierai aux mots cette étrange aventure pour qu'ils lui donnent sens, pensait-elle, ils la garderont vivante. au-delà de nos pas qui s'effaceront , les mots en réservera la mémoire, et ce qui a vécu avant moi , je le donnerai à qui viendra après moi.
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bilodohbilodoh   21 août 2020
Puis j’ai voulu écrire, ouvrir moi aussi la fenêtre des mots pour qu’ils réinventent l’horizon. C’est ainsi qu’a commencé cette étrange entreprise qui, d’un livre à l’autre, m’incite à creuser dans la langue des sillons d’espoirs et de questions.

(Alto, p.48)
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Vidéo de Hélène Dorion
poème et interprétation : Hélène Dorion réalisation et montage : Geneviève Allard images : Geneviève Allard et Marco Dubé musique originale : Frédéric Dufour + extrait de "Summertime" de George Gershwin figuration : David Dallaire, Jean-Philippe Lepage, Calypso Lemoine, Madeleine Roy Forest, Charles-Antoine Forest Leblanc
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