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ISBN : 2070376931
Éditeur : Gallimard (18/02/1986)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 51 notes)
Résumé :
L'orgie de spéculations boursières, la chasse aux dollars qui se termine par la crise des années 30, tel est le sujet de La Grosse Galette. Ainsi s'achève dans un climat de tragédie la grande trilogie de Dos Passos, U.S.A., un des romans les plus importants du XXe siècle. Les personnages principaux en sont Charley Anderson, héros de la guerre qui veut s'enrichir vite, Margo bowling, vedette de Hollywood, Mary French l'idéaliste, et aussi Sacco et Vanzetti dont ce li... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Warrenbismuth
  01 décembre 2018
le roman de tous les dangers, de la migraine par intraveineuse, de la spirale infernale, de la démesure érigée en sacerdoce, en profession de foi (mais sans Dieu car c'est DOS PASSOS, et DOS PASSOS ne parle jamais de Dieu). Dernier volet d'une trilogie très ambitieuse, peut-être l'une des plus ambitieuses de toute la littérature : « U.S.A. », où l'auteur va faire revivre l'Histoire et le destin des États-Unis de 1900 à 1930. Une telle fresque – chaque volume mis bout à bout réunit quelque 1700 pages d'écriture minuscule et tassée - n'est bien sûr pas résumable en quelques lignes, aussi me contenterai-je de dresser un plan assez succinct du volume final devant l'ampleur d'une telle lecture.
L'originalité, le talent et le génie de cette oeuvre résident dans son plan : l'histoire fictive et romancée de personnages inventés par DOS PASSOS qui évoluent tour à tour (avant de se croiser) dans des États-Unis où après une révolution industrielle très remarquée perce le capitalisme triomphant mais où résistent des groupuscules d'extrême gauche, notamment anarcho-syndicalistes. C'est à la fois le triomphe et le cercueil du libéralisme, l'Eden du confort, du matérialisme et l'enfer de la pauvreté, le règne de la spéculation et celui de la faillite. L'esclavage s'est démocratisé, banalisé, il est devenu salariat.
Nous pouvons « souffler » grâce à des intermèdes sous forme d'actualités d'époque où l'auteur reprend des manchettes et des extraits de journaux et de livres sortis pendant la période où se situe l'action. Il y a aussi ces biographies expresses d'américains, souvent immigrés, qui ont marqué le pays pour diverses raisons. Enfin, il y a ces interventions de « l'oeil de la caméra » dans lesquelles DOS PASSOS poétise presque sans ponctuation, le rendu ressemblant à des anecdotes brumeuses ou des cadavres exquis où l'auteur se plait à emmêler le récit à loisir.
Côté fictif, chaque personnage tient une place à part, entière, est présenté avec son vécu, son enfance, son histoire propre. Il va de soi qu'il représente une partie de la société Etats-unienne de ces trois premières décennies du douloureux XXe siècle. Une galerie impressionnante de ces très nombreux américains qui sont à leur manière le nouveau monde en marche (ah ! le rêve américain !). le génie de DOS PASSOS est de rendre ce véritable labyrinthe littéraire cohérent. Mieux : cette mosaïque est comme imbriquée, ces quatre thèmes qui sont fiction, actualités, souvenirs personnels et biographies, se répondent, se font écho même. C'est tout à fait impressionnant et vertigineux d'imaginer le travail qu'il a fallu abattre pour rédiger puis assembler ces tonnes de notes éparses, de mettre en oeuvre d'un côté le scénario fictionnel, d'un autre chaque biographie, chaque souvenir, chaque salve de coupures de journaux. On ne peut que se sentir minuscule, désorienté. Comme le tout est mêlé, il peut être difficile de s'y retrouver mais la réaction première ne peut être que l'admiration et l'ébahissement devant l'immensité du travail accompli par un DOS PASSOS qui fait preuve d'un exceptionnel talent en peignant cette fresque à couper le souffle. « U.S.A. » est à coup sûr l'un des grands miroirs littéraires du XXe siècle, l'un des plus aboutis, des plus affolants. « La grosse galette » le clôt, comme un désenchantement, un échec, sauf celui de l'égoïsme : « Mais laisse-moi faire ma petite ! Je vais leur montrer de quel bois je me chauffe. Dans cinq ans, ils viendront à moi en rampant sur le ventre. Je ne sais pas comment ça se fait, mais je flaire les grosses affaires, la grosse galette ».
Mais c'est aussi le combatif DOS PASSOS qui trempe sa plume dans le vitriol. Il est encore en partie bercé par l'idéal gauchiste, que l'on pourrait définir comme anarcho-communiste. « le 42ème parallèle » a été écrit en 1930, « L'an premier du siècle » en 1932 et cette « Grosse galette » en 1936, juste avant que l'auteur ne bascule dans l'autre camp. Pour l'heure, il est encore bien encré le poing levé contre les injustices, réclame vengeance : « … dans le bureau de la Loi nous sommes adossés contre le mur, la Loi est un gros homme aux yeux coléreux dans un large visage de citrouille. Il est assis et nous regarde fixement, nous autres les étrangers touche-à-tout, tandis qu'à travers la porte les soldats laissent dépasser leurs fusils ils montent la garde devant les mines, ils établissent le blocus autour des cuisines de secours, ils ont coupé la grand-route dans la vallée, les hommes payés avec leurs fusils sont prêts à tirer (ils ont fait de nous des étrangers dans le pays où nous sommes nés, ils sont l'armée conquérante qui s'est infiltrée dans ce pays sans qu'on s'en aperçoive, ils ont saisi par surprise les sommets des collines, ils lèvent les impôts et se tiennent aux puits des mines ils se tiennent aux élections ils sont là présents quand les huissiers emportent sur le trottoir les meubles de la famille chassée de son taudis de la cité, ils sont là quand les banquiers font vendre une ferme, ils sont en embuscade et prêts à abattre les grévistes qui marchent le long de la route qui monte et descend vers la mine ceux que les fusils ont épargné ils les mettent en prison) ».
Un monde révolu ? L'oeuvre de DOS PASSOS est frappante par sa modernité, l'exigence de son travail, son audace saisissante dans le copieux volume « U.S.A. » qui regroupe l'intégralité de la trilogie. En fin de volume, toutes les citations des trois livres sont répertoriées. DOS PASSOS a même écrit un « dictionnaire U.S.A. » dans lequel il note par ordre alphabétique tous les mots commun méconnus mais aussi tous les personnages historiques présents dans l'oeuvre. « U.S.A. » est en quelque sorte le « Guerre et paix » états-unien, une épopée pharaonique, titanesque, visionnaire même, où rien n'est laissé au hasard. DOS PASSOS a failli tomber dans l'oubli, les raisons sont sans doute nombreuses. Mais il serait très dommage de passer à côté de cette peinture d'envergure même s'il faudra s'accrocher au pinceau.
Détail amusant pour vous aider à décompresser après cette chronique : la traduction à laquelle je me suis frotté date de 1973. À cette époque, les anglicismes et les coutumes outre-Atlantique ne semblent pas avoir encore envahi la France, certaines notes de bas de pages expliquent ce qu'est du pop-corn, un hot-dog ou un barbecue. « La grosse galette » est le point final d'une trilogie gigantesque qui en fait sa rareté.
https://deslivresrances.blogspot.fr/

Lien : https://deslivresrances.blog..
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Kabuto
  11 mai 2014
On retrouve la même structure que dans le 42e parallèle et 1919. La vie de quelques-uns nous permet de suivre l'évolution des États-Unis après la Première Guerre mondiale. L'Amérique s'enrichit, les Américains boursicotent, Hollywood se développe mais surtout, les inégalités sociales explosent. Bref ! le pays de l'oncle Sam devient la grande puissance du XXe siècle tel que nous la connaissons. Encore une fois, Dos Passos intègre dans son roman des bribes d'actualités, des portraits de célébrités de l'époque et son oeil caméra - toujours aussi indigeste pour moi – mais ce qui fait avant tout la force de ce roman, c'est bien sûr sa galerie de personnages. Des nouveaux visages mais aussi quelques vieilles connaissances qui se débattent dans une société où il est bien difficile de se faire une place au soleil. Des héros malmenés, malheureux pour la plupart qui m'ont semblé subir leurs destins. L'ensemble est assez pessimiste mais très réaliste et on n'a aucun mal à s'identifier à ces jeunes gens.
Alors que dans les romans précédents l'espoir était encore possible, cette fois c'est l'heure du bilan. Les illusions de jeunesse sont bien loin et le constat est amer. J'ai quand même ressenti une certaine lassitude avec ce troisième volet de la trilogie U.S.A. l'impression de revivre toujours un peu les mêmes histoires, les mêmes désillusions mais heureux d'être arrivé au bout avec le sentiment d'avoir vécu au coeur des années folles.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   08 décembre 2015
— Que voulez-vous faire si la classe ouvrière oublie la solidarité. Chacun de ces saligauds d'étrangers s'imagine qu'il est le seul à valoir quelque chose, les Américains nous prennent tous pour des propres à rien, sauf, eux, bien entendu. Il n'y a tout de même pas si longtemps qu'on était tous étrangers dans ce satané pays. Bon Dieu, je me demande pourquoi je marche avec eux !
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gerard-lepapygerard-lepapy   19 mai 2019
Elle songea au travail qui restait à accomplir pour faire de ce pays ce qu'il devait être, pour améliorer les conditions sociales, les taudis et les maisons ouvrières tombant en ruines; pour aider les enfants de mineurs aux vêtements trop grands, les femmes penchées sur leurs fourneaux et succombant à la tâche; toute cette jeunesse qui aspirait à l'éducation dans les écoles du soir. Partout, elle apercevait la faim, le chômage, l'alcool, et la police et les juges toujours prêts à taper sur les plus faibles
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John Dos Passos
Rencontre chez lui, dans sa maison de Spence's Point en Virginie, un an avant sa mort, avec le romancier américainJohn DOS PASSOS, l'un des chefs de file de la "génération perdue".Rencontre croisée avec son traducteur Maurice Edgar COINDREAU qui s'exprime sur la personnalité de l'écrivain, sa situation de fils naturel et d'homme rebelle.Dans un premier temps, John DOS PASSOS répond, en...
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