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Critique de Bernardbre


Bernardbre
  31 août 2015
« Bon d'la ! » comme on dit à Nantes. À l'intitulé de ce livre, on pourrait craindre que ses pages tiennent de l'hagiographie ou du dithyrambe pour couronner de lauriers Jean Blaise, héros de la culture nantaise, successivement premier directeur de la Maison de la culture de Nantes et de l'agglomération nantaise, du Centre de Recherche pour le Développement Culturel, du Lieu Unique et du Voyage à Nantes – après des postes de direction de centres culturels à Saint-Médard-en-Jalles, Chelles et la Guadeloupe.
Mais très vite, le ton et le propos rassurent, qui ne sont pas à la flatterie, et pas même au portrait. D'une plume alerte et déliée, Philippe Dossal raconte une histoire par les faits et parfois les anecdotes ; il ne dépeint pas un personnage, mais dresse la chronique rigoureuse, précise et vivante de près de trente ans d'action culturelle majoritairement régionale (Nantes et environs), sans toutefois s'empêtrer dans un excès de dates et de détails. Les manifestations et réalisations portant la signature de Jean Blaise et de ses équipes successives, dont le credo a toujours été d'aller à la rencontre du public, sont pourtant nombreuses, des plus discrètes aux plus spectaculaires : Festival de théâtre de Saint-Herblain - La Gournerie, Les Allumées, Nuit blanche (Paris), "L'Homme de Rezé" de Jean-Claude Latil, installation de Royal de Luxe à Nantes, Studio-théâtre, Trafic, Fin de siècle, Grenier du siècle, Estuaire, installations végétales de Claude Ponti, île de Nantes avec les anneaux de Buren, le bar "L'Absence" et la Cantine, etc., et sans compter une programmation de base s'intéressant au théâtre, à la musique, à la chanson, à la danse, aux arts plastiques et à la littérature. Actions parfois menées à la hussarde ou dénotant un goût certain pour le loufoque et le décalé ; ici et là, Philippe Dossal n'omet pas de faire état des erreurs, des polémiques et des critiques qui ont pu ponctuer cette histoire. Mais tout au long de l'ouvrage, en narrateur prudent, et comme distant, il se garde bien de qualifier Jean Blaise, pas plus que ses actions : l'apologie ou le panégyrique chargés d'épithètes ronflantes et triomphantes, dans lesquels aurait pu tomber un autre rédacteur, sont habilement évités et l'on ne pourra honnêtement pas faire ce mauvais procès à l'auteur. du coup, vrai de vrai, ce livre se lit d'une traite, comme un roman d'aventures.
Enfin, l'un de ses intérêts majeurs de cette publication est de fixer la mémoire de trois décennies d'action culturelle quand les archives, à cet égard, se révèlent d'une maigreur confondante – les cultureux ne cultivant guère la vertu de la conservation.
Une fois l'histoire racontée, ce sera donc au lecteur de se faire librement son opinion et de juger, sur les faits ici strictement rapportés, s'il voit Jean Blaise comme un histrion branchouille enfumeur de gogos et gaspillant les deniers publics, ou comme l'artisan inspiré d'une action culturelle novatrice.
(Chronique publiée par Mobilis)

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