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André Markowicz (Traducteur)
ISBN : 2742727183
Éditeur : Actes Sud (02/05/2000)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 67 notes)
Résumé :
Figurez-vous un mari dont la femme, une suicidée qui s’est jetée par la fenêtre il y a quelques heures, gît devant lui sur une table. Il est bouleversé et n’a pas encore eu le temps de rassembler ses pensées. Il marche de pièce en pièce et tente de donner un sens à ce qui vient de se produire."

Dostoïevski lui-même définit ainsi ce conte dont la violence imprécatoire est emblématique de son œuvre. Les interrogations et les tergiversations du mari, anc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Luniver
  17 octobre 2016
Veillant sur le cadavre de son épouse qui vient de se suicider, le mari raconte l'histoire de leur rencontre. Prêteur sur gage, notre homme a l'habitude des gens qui viennent le voir avec beaucoup, énormément d'humilité et de déférence ; aussi, la jeune fille qui vient régulièrement lui apporter des objets la tête encore haute l'intrigue. Fort de sa position, il n'hésite d'ailleurs pas à punir ces accès de fierté en lui faisant sentir la différence de leur situation respective.
Quand il apprend que cette femme est sur le point d'être donnée en mariage à un marchand par la famille qui cherche à se débarrasser d'elle, il n'hésite pas une seconde et fait une proposition plus avantageuse pour remporter sa main.
Le voici aux anges, persuadé d'être honoré par une épouse reconnaissante d'avoir été tirée de la boue, et respecté par le voisinage pour avoir fait une aussi belle bonne action. Seulement voilà, on peut acheter un corps, mais pas un esprit ; tout ce que le nouveau marié récolte, c'est du mépris, qui se mue en haine au fil des discrètes piqûres de rappel sur la situation passée. S'ensuit alors une spirale infernale faite de menaces sourdes et de coups humiliants sur les points sensibles des deux époux.
Quinze jours après avoir refermé cette courte nouvelle, je reste surpris de la violence de mes propres sentiments envers cet homme, qui, sur le papier, ne semble pas particulièrement dangereux. Mais Dostoïevki a un don certain pour peindre ses personnages, et dans cette nouvelle, pour extraire toute la cruauté qui peuvent se cacher dans des remarques a priori anodines. Les dernières pages viennent adoucir un peu le portrait de l'époux, mais bien trop tard pour que je puisse changer d'opinion à son sujet.
En terminant ces 80 pages de pur plaisir littéraire, je me demande ce qui m'a pris de délaisser la littérature russe depuis aussi longtemps !
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GODON
  20 décembre 2016
Avec «La Douce», Dostoïevski nous livre une étude grattée jusqu'au sang, un huis-clos étouffant où la question «Pourquoi?» devient un cri de désespoir.
D'entrée, le décor planté est déchirant : Un homme veille la femme qu'il aimait et qui vient de se suicider. Pourquoi? Suit un soliloque où l'introspection est poussée à la limite. Deux écrivains ont su créer des personnages dont on a l'impression qu'ils existent et qu'ils ont une vraie conscience : Shakespeare et Dostoïevski. Je suis d'ailleurs persuadé que Dostoïevski a voulu souvent dans ses romans challenger Shakespeare, ici c'est le thème de la mort d'Ophélie qui est questionné : Pourquoi!
Les personnages : Un usurier encore bel homme, se marie à une très jeune femme et la sauve de la misère. Malgré une certaine bonne volonté de part et d'autre, rien n'y fera, ils ne pourront absolument ni se comprendre, ni s'aimer… Pourquoi? On voudrait envisager les causes classiques : Différence sociale, différence d'opinions, de préjugés, cela semble jouer mais rapidement Dostoïevski nous embarque dans un monologue de l'usurier qui repasse le film de sa vie avec elle. Il se rappelle toutes ses impressions, toutes ses réflexions pendant leur vie commune. Alors se dessine dans son point aveugle, les souvenirs où elle avait un comportement qui paraissait étrange, mais où en fait se révélait la vérité, la vraie cause : Une différence de caractères, une différence radicale. Ils ne pouvaient réussir l'impossible, sonder l'insondable différence de l'Autre, et c'est là que leur amour a fait naufrage.
Lui : Constamment il analyse ses faits et gestes et a tout faux parce qu'il projette sur elle sans cesse son mode de pensée introverti et basé sur le sentiment.
Elle : La différence de caractère entre eux est une évidence et cela la terrifie, elle n'a absolument aucun moyen de concevoir ou de se comporter avec cette différence. La douce est par ailleurs directe et sans compromis, à cent lieues des ratiocinations de son mari.
Ce décalage tragique, n'est-ce pas une démonstration de la réalité de la diversité des caractères humains. A cause de cela, l'amour peut être cette maladie incurable, la conscience peut être ce miroir déformant. N'est-ce pas l'histoire sans cesse recommencée des ratages de l'amour : Je me construis une image illusoire où je ne vois pas les vrais raisons inconscientes qui me font tomber dans la maladie d'amour, pas plus que les vraies raisons conscientes parce que ma conscience est différente de l'autre. de ce système malade, je crois être capable d'aimer et d'être aimé en retour! de plus l'être aimé est dans le même état de confusion! Faut-il s'étonner qu'ensuite vienne la guerre, la destruction.
Dostoïevski met en abime et en question son propre caractère qui peut avoir l'illusion de tout comprendre… La conclusion est que même les plus doués peuvent se tromper lourdement. Dans cette histoire la vérité surgit trop tard : il ne voyait rien d'elle…
Le film de Robert Bresson qui met en scène la nouvelle dans «Une Femme Douce» suggère une dimension métaphysique que l'on peut être tenté de rajouter à cette histoire : Etrangeté de la vie, déréliction, terreur de l'autre. L'actrice Dominique Sanda irradie le mystère de cet amour impossible qui est filmée avec un raffinement génial. Pourtant, au final je reste sur une interprétation plus empirique : Dostoïevski nous livre une démonstration terrible sur l'amour qui doit intégrer la différence de l'autre, sauf s'il n'est qu'illusion et souffrance...
Comment l'Amour est possible? Ce récit poignant ne le dit pas, cela reste subtil et mystérieux, inconnu ou indicible…
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Entournantlespages
  23 mars 2016
Après l'excellente découverte des Carnets du sous-sol, j'ai souhaité approfondir mon expérience avec cet auteur. Alors que le premier volume de Crime et châtiment m'attends gentiment dans ma bibliothèque, j'ai voulu y aller en douceur, préférant pour le moment des nouvelles, dont La douce (puis Un coeur faible dont vous aurez bientôt une chronique). La douce n'a fait qu'amplifier mon appétit littéraire pour Dostoïevski et la littérature russe que je connais encore trop peu. À la lecture de cette nouvelle, j'ai retrouvé les mêmes impressions et sentiments que j'avais eu pour Les carnets du sous-sol. Un monologue captivant, des émotions profondes, un ton tranchant et un style envoûtant, voilà ce que vous réserve les oeuvres de Dostoïevski.
Un homme, prêteur sur gages, va nous raconter par un long monologue, l'événement tragique qui l'assaille depuis le début de cette journée : le suicide de sa femme. Il arrive à comprendre son geste sans l'accepter. Il n'arrive qu'à remettre l'entière faute sur ses épaules à elle, en jurant à son public imaginaire qu'il l'a toujours aimé mais que malheureusement ces deux êtres n'étaient peut-être pas faits pour être liés. Dès le début, nous connaissons la fin de l'histoire, ce qui n'empêche pas de rester accroché au récit grâce au style de Dostoïeveski qui parvient à attirer et accrocher son lecteur dès les premières phrases pour le relâcher qu'à la dernière ligne. Au lieu d'actions, il nous présente la psychologie de ces deux personnages, leur union. Une vie de couple faite d'une multitude de silence, de froideur, de peur, de haine pour l'une et d'amour pour l'autre.
Ce monologue intérieur recèle une profonde humanité, un langage parfaitement retranscrit et stylisé. C'est un classique, comme tant d'autres, intéressant à lire, nullement ennuyant et soporifique. L'intemporalité de ce texte, comme d'autres nombreux de cet auteur, est réellement présente et produit une fascination encore aujourd'hui pour Dostoïevski et pour ses oeuvres. Je pense maintenant que je ne vais pas attendre longtemps avant de commencer Crime et châtiment, un des livres les plus reconnus de cet auteur avec le joueur et L'idiot.
Lien : http://entournantlespages.bl..
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Biancabiblio
  02 mars 2013
Cette nouvelle est en fait un long monologue du mari face au cadavre de sa femme. L'auteur est un habitué des monologues, notamment dans Les carnets du sous-sol que je vous recommande au passage. Comme point de départ, je vous concède qu'il y a plus gai comme sujet, mais les romans russes du 19è sont rarement drôles. Ce long monologue, enfiévré et délirant, nous raconte l'histoire de cet homme et de sa jeune femme suicidée. le narrateur est un soldat exclu de l'arme car il n'a pas voulu se prêter à un duel. Il va connaitre la faim et la misère et décide de faire contre mauvaise fortune bon coeur en devenant prêteur sur gage. L'homme n'a qu'un but : amasser 30 000 roubles dans les 3 ans afin de laisser sa caisse d'usurier pour un état plus convenable. Avare, il l'est assurément, mais ça ne l'empêche pas de tomber amoureux d'une de ses voisines, une jeune fille d'à peine 16 ans, orpheline et sans ressource, maltraitée et asservie par deux vieilles tantes. Il achète sa liberté contre monnaie sonnante et trébuchante car il souhaite l'épouser et surtout faire son bonheur. Malheureusement, tout ne se passera pas comme prévu, et la jeune fille profitera d'une de ses absences, pour se jeter par la fenêtre.
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Lien : http://deslivresdeslivres.wo..
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Floccus
  26 septembre 2015
[Livre audio lu par Gabrièle Valensi]
« Mais c’est bien vrai que j’étais incompréhensible. »
Dostoïevski 1 – Lectrice 0
Je me suis pourtant accrochée. Ai écouté certains passages au moins trois fois. Me suis jetée dans l’empoignade. Mais survient toujours un moment où je n’y comprend plus rien. Je n’arrive pas à saisir les attentes et les motivations des personnages. Ce qui nait de leur interaction.
Gabrièle Valensi est pourtant en harmonie avec le texte. Elle va puiser douceur et tendresse sous les tourments et propose une lecture neuve. En l’écoutant, je n’ai plus peur de Dostoïevski. Je l’apprécie même, dans sa puissance à transcender mes propres errements.
« Je voulais qu’elle reste en prière devant moi pour mes souffrances et j’en étais bien digne. »
Mais pourquoi le narrateur se marie-t-il ? Quel est ce jeu du chat et de la souris, cette envie de domination qui flatte son orgueil mêlée d’une aspiration à un amour absolu ? Je suis passée à côté.
« La douce », un jour, j’aurai ta peau !
Lien : http://versautrechose.fr/blo..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
NuageuseNuageuse   22 avril 2016
C'est cette fiction d'un sténographe qui aurait tout noté (après quoi j'aurais retravaillé ses notes) qui est ce que je qualifie de "fantastique" dans ce récit. Pourtant, d'autres exemples existent déjà plus ou moins dans la littérature: Victor Hugo, par exemple, dans son chef-d'oeuvre "Le Dernier Jour d'un condamné" , a employé un procédé presque identique et , [...], il a admis une invraisemblance encore plus grande en supposant qu'un condamné à mort puisse (et qu'il en ait le temps) écrire ses carnets non seulement jusqu'à son dernier jour, mais jusqu'à sa dernière heure, et même littéralement, sa dernière minute. Pourtant, s'il n'avait pas admis cette fantaisie, son oeuvre elle-même n'aurait pas existé, une oeuvre qui est la plus réelle, la plus criante de vérité de toutes celles qu'il ait jamais écrites.
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jujusorel75jujusorel75   27 février 2015
- Moi qui croyais que vous alliez me laisser comme ça... Soudain, cette phrase lui était sortie de la bouche, sans qu'elle le veuille, tellement sans qu'elle le veuille, peut-être, qu'elle n'a même pas remarqué ce qu'elle venait de dire, et, néanmoins, c'était le plus essentiel, sa parole la plus fatale, celle que je pouvais le mieux comprendre ce soir-là, et c'était comme un coup de couteau tout le long du cœur !
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Bruno_CmBruno_Cm   28 décembre 2017
Routine ! Oh, la nature ! Les hommes, sur la terre, ils sont seuls - voilà le malheur ! "Est-il homme qui vive en cette plaine ?" crie le preux russe de nos légendes. Je crie aussi, et je ne suis pas un preux, et personne ne répond. On dit que le soleil ranime l'univers. Le soleil se lèvera et - regardez-le, il n'est pas un cadavre ? Tout est mort - des cadavres partout. Rien que les hommes, autour d'eux, le silence - voilà la terre ! "Hommes, aimez-vous les uns les autres" - qui a dit ça ? de qui est-ce que c'est la parole ? Le balancier qui bat, insensible, détestable. La nuit. Deux heures. Ses petits souliers, là, devant son lit, on dirait qu'ils l'attendent... Non, sérieusement, quand ils l'emporteront, demain, qu'est-ce que je serai ?
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EntournantlespagesEntournantlespages   23 mars 2016
certaines idées, dès lors qu'on les prononce, si on les dit avec des mots, ça fait d'une bêtise terrible. Ça fait qu'on en rougit soi-même. Et pourquoi ? Pour rien. Parce que nous sommes tous de la saleté, que nous ne supportons pas la vérité, ou je ne sais pas pourquoi.
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Videos de Fiodor Dostoïevski (62) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fiodor Dostoïevski
Extrait de la nouvelle "Le rêve d'un homme ridicule" de Dostoïevski.
Voix : Lior Nadjar
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