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André Markowicz (Traducteur)
ISBN : 274272768X
Éditeur : Actes Sud (02/05/2000)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 35 notes)
Résumé :
Le 23 avril 1849, Dostoïevski est arrêté pour complot politique. Dès qu'on lui permet d'avoir une bougie, du papier et de l'encre, il compose Le Petit Héros qui explore le thème, fondateur pour lui, de l'enfance "pensive". Son personnage, un jeune garçon de onze ans, y découvre les joies, les espoirs fous et les souf¬frances de l'amour, en s'éprenant d'une belle dame mariée.
Jamais auparavant, sans doute, Dostoïevski n'avait parlé de l'enfance avec une telle... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Eve-Yeshe
18 février 2017
Une année seulement sépare cette nouvelle de « Un coeur faible » dont j'ai parlé précédemment et Dostoïevski livre ici un petit chef-d'oeuvre. Il est vrai que la situation a changé puisqu'il a été arrêté et emprisonné pour complot politique, et c'est là qu'il a écrit ce texte.
On retrouve une nouvelle fois cette société aisée baignant dans l'oisiveté, où l'on discute sans fin, jetant l'argent par les fenêtres.
L'auteur raconte de façon subtile l'enfance, les premiers émois amoureux pour une femme mariée, la manière dont son corps réagit, le coeur qui s'accélère, les pensées qui n'arrivent pas à s'exprimer, les actes de bravoure quand il n'hésite pas à monter un cheval rétif qui a découragé les adultes, pour prouver à sa belle ce dont il est capable.
Dostoïevski nous livre un texte magnifique sur les espoirs et les souffrances qu'engendre l'amour, sur la beauté des sentiments tout en rendant un bel hommage à la nature, la campagne russe et ses paysages qui vont rester gravés mais on sent qu'après cette expérience amoureuse, rien ne sera plus jamais pareil, comme un rite initiatique d'entrée dans le monde adulte.
On peut faire aussi un parallèle avec l'emprisonnement qui changera la vie de l'auteur, car au moment où il écrit cette nouvelle, il ne sait quelle sera la condamnation et s'attend au pire.
Il analyse de façon très fine les tourments de l'enfant, à hauteur d'enfant, et on sent poindre à l'horizon la manière si particulière dont l'auteur parlera plus tard de ses héros torturés.
Bref, j'ai adoré…
Challenge XIXe siècle 2017
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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PiertyM
18 octobre 2014
Une paisible histoire avec un style simple qu'on ne saurait reconnaître de l'auteur de Crime et Châtiment, l'auteur à la plume sombre. Dans le petit héros, il se plonge dans le regard d'un adolescent à la découvre des sentiments, des passions, de l'amour. En effet, notre petit héros subit une initiation non pas avec les jeunes de son âge mais avec des femmes mariées, ce qui fait de son initiation une étape assez particulière pour sa vie car il doit hausser sa vision et ses sentiments au même niveau que ces hommes mariés, à plus forte raison de pénétrer les secrets de la vie conjugale, l'illusion du mariage où l'apparence d'une joie est souvent trompeuse...
Agréable à lire!
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ninamarijo
23 novembre 2015
En 1849 Fyodor Dostoïevski écrit cette nouvelle alors qu'il est en prison et attend son jugement, le ton est léger, il ne connait pas encore le verdict qui va le conduire à un simulacre d'exécution.
Le récit de ce petit garçon s'éveillant à l'amour est d'un réalisme savoureux. Nous retrouvons les myriades de sensations, l'émoi et les jeux attendrissants des premiers amours qui nous plongent dans ces tendres souvenirs. Dans cette campagne printanière où les oiseaux pépient , il souffle un vent de fraicheur et de jeunesse, ce récit dégage beaucoup de sensualité, on se penche avec bonheur sur cette âme enfantine troublée par la beauté et la douceur féminine, Déjà des sentiments contraires l'assaillent et pour épater, notre héros accomplit un acte de bravoure en chevauchant un étalon fougueux. Il arrache ainsi , l'admiration de tous et la tendresse de celle qui sème le trouble dans son coeur.
La fin est sublime, Dostoïevski nous touche, nous émeut et nous ravit.
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seblac
03 mai 2016
Le 28 avril 1849, Fiodor Dostoïevski est arrêté avec les membres du cercle Petrachevski. Un cercle progressiste auquel était associé de manière plus ou moins direct l'écrivain. A cette date la réaction conservatrice bat son plein dans l'empire russe. le tsar Nicolas Ier, hanté par le soulèvement décembriste de 1825, réprime impitoyablement tout ceux qui entendraient critiquer ou remettre en cause l'ordre établi par l'autocratie.
C'est durant son emprisonnement avec des moyens de fortune que Dostoïevski a écrit cette nouvelle, le petit héros.
Une nouvelle véritablement à part dans l'oeuvre de cet écrivain passé maître dans l'évocation des pires tourments humains. Bien sur, il est tout de même question de tourment ici : les tourments amoureux d'un jeune garçon de onze ans. Un jeune garçon qui n'est plus tout à fait un enfant mais pas encore un homme. Et pourtant le voilà qui devient la coqueluche d'une jeune femme quelque peu fantasque...mais surtout le voilà qui tombe éperdument amoureux d'une femme marié, Madame M….
Alors oui, ce jeune garçon passe par bien des tourments mais l'ensemble dégage une grande douceur, une véritable poésie même dans laquelle Dostoïevski décrit de manière lumineuse les êtres comme la nature qui environne les lieux de l'intrigue. Promenade en forêt, cueillette de fleurs, paysans fauchant les champs, cavalcades...il se dégage de ces lignes une quiétude qui ne peut que contraster avec la situation désespérée qui était alors celle de l'écrivain. Ce petit héros, ce jeune homme amoureux a pu être finalement l'un des points lumineux permettant à l'écrivain de ne pas sombrer dans les ténèbres.
Un écrit véritablement à part donc, au point qu'on se demande si c'est bien un livre de Dostoievski qu'on a dans les mains...Mais si car malgré tout cela, on retrouve aussi la patte, disons plus habituelle de l'écrivain...notamment sa capacité à jeter dans ses pages l'hypocrisie des rapports humains dans une société corsetée : les descriptions du mari de la « persécutrice » du narrateur, du mari de madame M viennent nous rappeler que Dostoïevski sait mieux que quiconque tremper sa plume dans le vitriol. Mais malgré tout, ces portraits acerbes ne viennent pas changer le ton général de la nouvelle qui reste véritablement d'une rare douceur. de mon point de vue, c'est un des plus beaux textes de Dostoïevski qu'il m'ait été donné de lire. L'effet de surprise a probablement beaucoup joué dans cette appréciation sans nuance ; mais j'aime à penser que c'est aussi cela la force d'un grand écrivain : surprendre son lecteur, ne pas toujours aller dans le sens auquel il s'attend. Alors bien évidemment, le contexte très particulier de la rédaction de cette nouvelle pèse probablement très lourd dans la balance ; mais il faut y voir cette capacité incroyable que peut avoir l'écriture dans les circonstances les plus noires. Un récit initiatique à la mode impressionniste (bonjour l'anachronisme). Impressionnant et troublant.
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jwpack
18 août 2012
Les premières amours sont souvent les plus passionnées. La plupart du temps, c'est au début de l'adolescence qu'elles se produisent et avec viennent la découverte. Dans la littérature, nombreuses sont les oeuvres relatant cette étape importante dans nos vies. Dostoyevsky ne fait pas exception.
Il écrivit en 1857 dans « les Annales de la Patrie », sous le nom russe « Маленький герой », la nouvelle « le Petit Héros ». Il semblerait que ce récit fut rédigé lors de son incarcération en prison. Il est disponible chez Gallimard (1969, 38 pages, traduction par Gustave Aucouturier) ou aux éditions Actes Sud (2000, 69 pages, traduction par André Markowicz).
Dans ce récit, la plume de Dostoyevsky se veut très facile à lire. Peut-être son séjour en prison, pour complot politique, lui donne l'envie d'apaiser son écriture avec quelque chose d'un peu plus positif et de léger? C'est frappant, ce changement de ton, comme si nous surprenons l'auteur à rêver de jours heureux à la campagne. le thème de l'amour est sous l'oeil d'un adolescent, ce qui apporte une note un peu naïve à la trame.
Les personnages sont forts et démontrent bien le vécu d'un jeune homme. Il y a cette impression d'être persécuté et de tenter de se démarquer. Les femmes jouent les rôles de bourreaux, mais aussi de tendresse et d'émotivité. Malgré que le narrateur soit de sexe masculin, ce sont les dames qui sont mises à l'honneur. Il décrit merveilleusement bien les sentiments nouveaux au balbutiement de la vie.
Non seulement la plume se veut joyeuse, mais la campagne y est présentée de manière sublime. Les décors et l'ambiance sont assez atypiques chez lui. Contrairement à sa façon obscure et philosophe, il laisse place ici à l'émotion, tout simplement. La chute est, quant à elle, attendrissante.
Décidément, une oeuvre complètement à part dans le registre de Dostoyevsky. Probablement trop, justement. Nous le sentons carrément à l'opposé de ce qu'il nous a habitués de lire. Évidemment, son emprisonnement y est pour quelque chose. Pour ceux qui apprécient sa plume sombre, cette nouvelle n'est peut-être pas pour vous. Si vous ne connaissez pas l'auteur, ne vous fiez pas à l'ambiance de celle-ci pour ses autres récits.
Finalement,
Une nouvelle complètement à part dans le registre de Dostoïeveskï. Un positivisme et une légèreté qui nous surprend venant de lui. 8 sur 10
On aime : le thème de l'amour naissant, le récit, les personnages, la chute
On n'aime pas : La plume atypique de l'auteur
Lien : http://www.sergeleonard.net/..
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Citations & extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
PiertyMPiertyM15 octobre 2014
Ils sont à peu près persuadés que le monde est fait pour eux ; que c’est une poire qu’ils gardent pour la soif ; qu’il n’y a qu’eux de spirituels, que tous les autres sont des sots, que le monde est comme une orange dont ils expriment le jus, quand ils en ont besoin ; qu’ils sont les maîtres de tout, et que si l’état actuel des affaires est digne d’éloges, ce n’est que grâce à eux, gens d’esprit et de caractère. Aveuglés par l’orgueil, ils ne se connaissent point de défauts. Semblables à ces fripons mondains, nés Tartufes et Falstaffs, si fourbes qu’à la fin ils arrivent à se persuader qu’il doit en être ainsi, ils vont répétant si souvent qu’ils sont honnêtes, qu’ils finissent par croire que leur friponnerie est de l’honnêteté. In-capables d’un jugement quelque peu consciencieux ou d’une appréciation noble, trop épais pour saisir certaines nuances, ils mettent toujours au premier plan et avant tout leur précieuse personne, leur Moloch et Baal, leur cher moi. La nature, l’univers n’est pour eux qu’un beau miroir qui leur permet d’admirer sans cesse leur propre idole et de n’y rien regarder d’autre ; ce pourquoi il n’y a lieu de s’étonner s’ils voient laid. Ils ont toujours une phrase toute prête, et, comble du savoir-faire, cette phrase est toujours à la mode. Leurs efforts tendent à ce seul but, et quand ils y ont réussi, ils la répètent partout. Pour découvrir de telles phrases, ils ont le flair qui convient et s’empressent de se les approprier, pour les présenter comme si elles étaient d’eux. La vérité étant souvent cachée, ils sont trop grossiers pour la discerner, et ils la rejettent comme un fruit qui n’est pas encore mûr. De tels personnages passent gaiement leur vie, ne se souciant de rien, ignorant combien le travail est difficile ; aussi gardez-vous de heurter maladroitement leurs épais sentiments : cela ne vous serait jamais pardonné ; ces gens-là se souviennent de la moindre attaque et s’en vengent avec délices. En résumé, je ne peux mieux comparer notre individu qu’à un énorme sac tout rempli, pour mieux dire bondé de sentences, de phrases à la mode et de toutes sortes de fadaises.
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Eve-YesheEve-Yeshe18 février 2017
Je parle toujours de mes onze ans, c’est qu’en effet j’étais un enfant, rien qu’un enfant. Parmi les jeunes femmes, plusieurs me caressaient volontiers, mais ne songeaient guère à s’informer de mon âge ; cependant, — chose étrange ! — un sentiment, que j’ignorais encore, s’était emparé de moi, et quelque chose s’agitait vaguement dans mon cœur.
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PiertyMPiertyM14 octobre 2014
On le disait un homme intelligent. C'est ainsi que, dans certains cercles, on appelle une race particulière de l'humanité, engraissée sur le compte d'autrui, qui ne fait absolument rien, qui ne veut absolument rien faire et qui, suite à sa paresse éternelle, à force de ne rien faire, a un morceau de gras à la place du coeur.
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PiertyMPiertyM14 octobre 2014
il y avait aussi des beaux parleurs, des conteurs, des faiseurs de bons mots. Certes, tout cela ne se passait pas sans médisances et sans commérages, car autrement le monde ne saurait exister, et des millions de personnes mourraient d’ennui.
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TheBookFetishTheBookFetish13 septembre 2013
Cette fois, il lui était arrivé un miracle, une chose impossible: elle était devenue deux fois plus belle. Je ne sais comment cela se fait, mais, les femmes, ce genre de miracles leur arrivent même assez souvent.
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