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ISBN : 2702868975
Éditeur : Le Grand Livre du Mois (30/11/-1)

Note moyenne : 4.27/5 (sur 62 notes)
Résumé :
Ce n’est pas seulement sa mère, la générale Stavroguine, ce n’est pas seulement son ancien précepteur, Stépane Trofimovitch, c’ est toute la ville qui attend l’arrivée de Nicolas, ce jeune homme séduisant, fascinant, inquiétant. Il a vécu dans la capitale, il a parcouru l’Europe ; on raconte sur lui d’étranges choses. Il arrive. De quels démons est-il accompagné ? Avant même la parution du roman en 1873, l’éditeur avait refusé de publier un chapitre jugé choquant, «... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  06 décembre 2014
— 900ème —
Avec Les Démons (ou Les Possédés, titre moins conforme mais plus célèbre en français, notamment en raison de l'adaptation théâtrale qu'en a faite Albert Camus, voir le nota bene au bas de cet avis), Dostoïevski s'attelle à un immense canevas politico-sociétal qu'il est difficile de définir en deux mots et dont les limites me semblent, elles-mêmes, assez floues.
Afin de situer quelque peu l'oeuvre, je vous propose de commencer par cet extrait, issu de la bouche de Stepan agonisant (Troisième partie, Chapitre VII, à la fin du sous-chapitre 2), qui me semble révélateur avant de commenter (N.B. : Dostoïevski vient de citer le passage correspondant dans les évangiles, pour ceux que cela intéresse, il s'agit de l'épisode du démoniaque gérasénien qu'on trouve dans les évangiles de Marc, Matthieu ou Luc) :
« Ces démons qui sortent d'un malade et entrent dans des porcs, ce sont toutes les plaies, tous les miasmes, toute l'impureté, tous ces grands et petits démons, qui se sont accumulés, pendant des siècles et des siècles, dans notre grande et chère malade, dans notre Russie. Oui, cette Russie que j'aimais toujours. Mais une grande idée et une grande volonté l'éclaireront d'en haut comme ce possédé du démon, et tous ces démons en sortiront, toute l'impureté, toute cette turpitude qui suppure à la surface... et ils demanderont eux-mêmes à entrer dans des porcs. D'ailleurs peut-être y sont-ils déjà entrés ; peut-être ! C'est nous, nous, et eux, et Petroucha... et les autres avec lui, et moi peut-être le premier, et nous nous précipiterons, déments et enragés, du haut du rocher dans la mer et nous nous noieront tous, et ce sera bien fait pour nous parce que nous ne sommes bons qu'à cela. Mais la malade guérira et "s'assoira aux pieds de Jésus"... »
On comprend bien je pense le message que cherche à nous délivrer l'auteur. En ces années 1870, la Russie connaît des troubles, l'ancien ordre établi vacille (notamment depuis l'abolition du servage en 1861), la religion vit une crise et les ferments de la révolte " à la française " commencent à voir le jour.
Des opportunistes de tous poils cherchent à souffler sur les étincelles à coups d'idéologies (socialiste, nihiliste, autres) pour mettre le feu à la Russie et se saisir du pouvoir quitte à s'adonner au bain de sang. L'aristocratie déchue et proche de la ruine (suite au partage des terres lors de l'abandon du servage) n'y est pas étrangère.
C'est donc ce faisceau de craintes et de menaces que l'auteur essaie de dépeindre dans cet étrange ouvrage, mi politique, mi social, mi romantique, mi mystique (les amateurs de Pagnol et qui savent mieux compter que moi noteront que comme César, moi aussi j'ai quatre tiers dans mon cocktail, voire même un peu plus mais je n'ai jamais réussi à dénombrer aussi loin).
Fiodor Dostoïevski bâtit un scénario à échafaudage complexe animé d'une myriade de personnages (les noms russes avec double prénom, à la longue, finissent par tous se ressembler, je vous conseille de mettre un repère à la page de présentation des personnages, ça vous sera utile jusqu'au bout) dont les principaux semblent être Nikolaï Vsévolodovitch Stavroguine et Petr Stépanovitch Verkhovenski.
Le premier symbolisant l'aristocratie décadente, le second, les classes supérieures arrivistes semant le trouble ; l'ensemble constituant " les démons " dont la Russie " possédée " devra se débarrasser pour recouvrer sa sérénité séculaire.
En somme, une lecture un peu alambiquée, mais pas désagréable, on ne sait pas trop où l'auteur nous emmène, mais il nous emmène. Un séjour en apnée dans la demie folie ambiante de presque tous ses personnages (comme presque toujours chez Dostoïevski), parmi les démons de la Russie tsariste. Tout ceci, bien sûr, n'est que mon diable d'avis, dont je vous invite à vous déposséder s'il ne vous convient pas car, à lui seul, il ne signifie pas grand-chose.
N. B. : Selon les éditions et les traductions, le titre est transcrit soit sous la forme " Les Possédés ", soit sous la forme " Les Démons ", mais il s'agit bien du même livre. Traditionnellement et parce que les premières traductions françaises l'ont transcrit ainsi le titre Les Possédés s'est popularisé tandis que les traductions plus récentes et plus soucieuses de la lettre ont tendance à privilégier Les Démons.
Cette différence d'ailleurs se résout à une histoire de contenant et de contenu, c'est selon. Certains mauvais esprits ont tendance à croire qu'il y aurait peut-être aussi une toute petite motivation financière à faire croire à du nouveau sous le soleil avec ces changements de titre, mais personnellement je serais fort surprise qu'un quelconque démon de l'appât du gain puisse animer un quelconque éditeur, allez savoir ?...
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oblo
  01 juin 2015
Les démons est, pour Dostoïevski, une oeuvre peut-être plus personnelle qu'il ne le perçut lui-même. Les démons, ce sont ces révolutionnaires en herbe mené par Piotr Stépanovitch et qui visent à mettre à bas la Russie traditionnelle, éternelle même. Les démons, c'est une galerie de personnages à la fois loufoques et inquiétants, pleins de contradictions, tout proches de la folie, pleinement orgueilleux, pédants et fragiles, amoureux et iniques. Mais cette galerie de personnages, c'est aussi et surtout la personnalité complexe de Dostoïevski qui, dans Les démons, s'insurge contre les bouleversements que connait la Russie dans la deuxième moitié du 19ème siècle - tout en ne faisant aucune allusion à ce contexte dans le roman, qui baigne dans une atmosphère "Russie éternelle" - qui sont autant dus à la déliquescence des élites qu'à l'influence néfaste des socialistes européens et, pour Dostoïevski, à l'influence plus que probable du démon. Et aux scènes terribles de meurtre lâche et de suicide philosophique succèdent les salons grotesques des révolutionnaires et les bals ratés des grandes dames.
Un roman puissant, brouillon même, comme symbole du tourbillon de l'âme russe.
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bobbysands
  19 décembre 2017
Oeuvre phare de la période sombre et prolifique de l'écrivain, les Démons est un livre pamphlétaire, un brulot antirévolutionnaire ou son auteur se désolidarise de la pensée néo-libérale qui s'abat sur la Russie de l'époque. Pour l'auteur, rien de bon dans ce libéralisme fachisant et dangereux, ce libéralisme totalitaire qui s'apparente plus à un rouleau compresseur, à une marche inéluctable et fatale à laquelle ceux qui n'adhèrent pas doivent mourir. Pas de compromis pour ces révolutionnaires en herbe qui gagneront leur crédibilité par le sang d'un des leurs. Pas de pitié pour cette bande d'étudiants bourgeois possédés tel le troupeau de moutons de l'épigraphe tiré astucieusement de l'Evangile selon Saint-Luc. C'est avec une plume des plus sanguinaires que Dostoïevski va tout bonnement massacrer ces jeunes loups…
Le livre, contrairement à ce que certaines critiques affirment, peut-être par devoir de trouver quelque choses à redire, est plutôt bien structuré et s'articule en deux grandes parties auxquelles vient s'ajouter un sombre et terrifiant Chapitre : la Confession de Stavroguine.
Comme souvent chez Dostoïevski, c'est à partir d'un fait divers dans un village, que l'on extrapole la vision du monde et que l'on développe une pensée quasi mystique et purement visionnaire. Visionnaire par la description d'un mécanisme historique contemporain à l'auteur mais que l'on retrouve en fait lors de chacune des révolutions. Comme une démonstration mathématique…
Dans un premier temps, on nous présente dans un genre pathétique une société Russe "bourgeois-bohème", ouvert aux idées libérales venues d'Europe. Une société frivole, qui se veut cultivée et bien-pensante mais qui ouvre en fait sa porte au Diable par la déstructuration progressive de la famille, la perte des valeurs, le goût pour le scandale, le mépris de Dieu, la paresse intellectuelle et l'orgueil moral… Tout ceci nous est représenté à travers une galerie de personnages bouffons et vaniteux, persuadés de posséder un talent critique, une intelligence artistique supérieure et de comprendre la société emmuré dans des salons et des réunions pseudo-intellectuelles. Ces personnages, sans honneur, sans dignité mais fort de la velléité de refaire le monde du haut de leur médiocre fonctionnariat sont parfaitement représentés par le triste et absurde Stépane Trophimovich.
Qui sème le vent récolte la tempête, les fautes des pères donneront les péchés des enfants. Et le Diable est déjà là, il s'est emparé de la seconde génération qui, moins pathétique que celles des parents, envisage avec beaucoup plus de sérieux la révolution libérale. Mais pas de beaux salons et d'écrivain pompeux, les actes seront au bout des idées.
Nous entrons dans la deuxième partie ou apparaissent deux démons : Nicolas Stavroguine et Piotr Stépanovitch (= fils de Stépane), les enfants des premiers protagonistes. (Attention, beaucoup de personnages comme dans tous les romans de l'auteur).
Le premier personnage, Stavroguine, une des facettes du mal est un des plus troublants personnages que j'ai pu rencontrer dans la littérature. Cultivant l'ambiguïté, sa personnalité oscille entre droiture d'apparence et réputation dépravée. Deux chapitres approfondissent cette ambigüité : La nuit, terrifiante quête nocturne qui étend le mystère sur le passé débauché de notre personnage et sur une rédemption possible de ses pêchés encore méconnus. Puis La confession de Stavroguine, ou l'on plonge avec stupeur dans les ténèbres de son âme et dans les mystères de ce passé. Ces deux chapitres, soit dit en passant résument l'étendue du talent de l'auteur connu pour ses descriptions abyssales des profondeurs de l'esprit humain.
le deuxième personnage : Piotr Stépanovitch, est possédé par un démon plus énergique et déterminé, détermination comparable à celle de Staline. Avant de lancer la révolution et de combattre l'ennemi, il faut tuer le traître potentiel, celui qui laisse apparaître les marques d'une nuance ou d'une faiblesse morale. Sans limite, ce dernier représente l'action, l'offensive, l'acharnement. A grand coup de « que le diable m'emporte !», il frappe et réalise son projet destructeur sans laisser place à la moindre compromission.
Piotr est un personnage historique, Nicolas, un personnage romanesque.
Je m'arrête sur ces deux protagonistes pour résumer une infime partie de cette oeuvre qui offre une galerie riche en caractères fantastiques (Kirilov, incarnation du nihilisme dostoïevskien par excellence !), une montée en puissance effrayante, un changement de style du pathétique vers l'horreur et le terrifiant pour terminer en tragédie absurde.
Et cette plume incomparable qui écrit sans s'arrêter, déversant sur le papier, dans un rythme effréné et sans aucune relecture, un tourbillon d'excitations et de passions destructrices. Incontournable, moderne et fascinant, à lire dans les soirée orageuses.
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Floyd2408
  17 octobre 2014
J 'adore cet Auteur torturé qui livre son âme dans l 'écriture pour vivre de sa passion plutôt survivre ....Dans ce Roman Les Démons ou selon la traduction Les possédés qui diffère de l 'interprétation du Mot Russe alors optons pour les démons au dépend de Camus qui dans sa pièce sur ce Roman l 'intitula Les possédés ....Je ne vais pas parler de la rancoeur entre Dostoïevski et Tourgueniev qui serait une des clef de ce roman et d'autres personnages réels perdus .....Mais comme toujours du mal que l 'être humain parsème autour de lui ....ce mal qui le ronge de l 'intérieur Comme Paul avec cette phrase "je ne fais pas le bien que j 'aime ,mais le mal que je hais "Dostoïevski l'explore à merveille dans ce Roman ....Il navigue dans les eaux troubles de l'homme y puisse ses maux intérieurs pour inonder son environnement de cette ignominie....Cet acte de chair avec une enfant qui dans ce chapitre censuré ouvre une porte vers cet acte interdit mais dévoilé ....On aborde encore l'acte du suicide qu'on croise dans crimes et châtiments dans aussi l 'idiot que camus dans le mythe de sylphide parlera dans un chapitre avec le personnage de Kirillov....On parlera de Dieu chère à Dostoïevski qui panthéiste puis tant d'autres reste une idée complexe ....On voyage dans les sous sols de l 'homme qui sera le titre d'un de ses romans ...On se perd de tous ses personnages qui gravitent dans l'univers de ces Démons .....
J 'ai dévoré ...
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Cer45Rt
  28 juillet 2018
Les Démons sont sans doute l'un des livres les plus réussis que je connaisse. L'intrigue, complexe et fouillée, la réflexion que constitue ce roman extraordinaire, les personnages étranges, sombres et mystérieux, font de cette oeuvre un roman unique en son genre. C'est à la fois une belle oeuvre d'art et une magnifique oeuvre de fond. Dans Les démons, Dostoïevski nous livre une magistrale réflexion et un livre magnifiquement composé, qui reprend les procédés du roman-feuilleton. C'est une formidable méditation sur Dieu, la violence, le suicide, les dogmes qui piègent ( tels le communisme, dans le roman ) et qui mènent au pire. Je ne connais qu'un seul auteur, qui ait fait des oeuvres qui se rapprochent, par leur style, par leur manière, par leurs personnages, par leurs intrigues, de Dostoïevski : c'est Shakespeare. Avec ces personnages complexes et sombres, ces intrigues fouillées, il n'y a que Shakespeare, pour ressembler à cet auteur ; encore Dostoïevski dépasse-t-il Shakespeare ! L'on me dira peut-être que l'un était dramaturge et l'autre romancier ; ils ne peuvent dont pas, me dira-t-on, se ressembler tant. Mais il y a quelque chose de scénique dans Les Démons, et ce n'est pas un hasard, si Camus en a tiré une pièce. La forme et le fond sont d'une perfection sans bornes. Une grande oeuvre.
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Citations et extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
Cer45RtCer45Rt   10 août 2018
Von Lembke se mit décidément à réfléchir. Or réfléchir n'était pas bon pour sa santé et lui était interdit par des médecins.
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Cer45RtCer45Rt   03 août 2018
Pour ma part, je pense qu'il ne faut pas non plus dédaigner notre jeunesse. On crie que ce sont des communistes, mais, à mon avis, il faut les ménager et savoir les apprécier.
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Cer45RtCer45Rt   01 août 2018
Mais n'est-ce pas une traduction du français-et il rit en frappant des doigts sur le livre.
-Mais ce n'est pas une traduction du français ! s'écria Lipoutine avec une sorte d'emportement, en bondissant sur sa chaise, c'est une traduction de la langue universelle de l'humanité et pas de la française seulement ! De la langue de la république et de l'harmonie sociales universelles voilà ce que c'est ! Et pas seulement du français !
-Que diable, mais cette langue n'existe même pas !
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Cer45RtCer45Rt   01 août 2018
Il arrive que même un menu détail frappe notre attention exclusivement et pour longtemps.
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Cer45RtCer45Rt   31 juillet 2018
L'aube se leva enfin, maussade, sombre.
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Videos de Fiodor Dostoïevski (62) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fiodor Dostoïevski
Extrait de la nouvelle "Le rêve d'un homme ridicule" de Dostoïevski.
Voix : Lior Nadjar
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