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EAN : 9782702868973
Éditeur : Le Grand Livre du Mois (30/11/-1)

Note moyenne : 4.31/5 (sur 102 notes)
Résumé :
Ce n’est pas seulement sa mère, la générale Stavroguine, ce n’est pas seulement son ancien précepteur, Stépane Trofimovitch, c’ est toute la ville qui attend l’arrivée de Nicolas, ce jeune homme séduisant, fascinant, inquiétant. Il a vécu dans la capitale, il a parcouru l’Europe ; on raconte sur lui d’étranges choses. Il arrive. De quels démons est-il accompagné ? Avant même la parution du roman en 1873, l’éditeur avait refusé de publier un chapitre jugé choquant, «... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  06 décembre 2014
— 900ème —
Avec Les Démons (ou Les Possédés, titre moins conforme mais plus célèbre en français, notamment en raison de l'adaptation théâtrale qu'en a faite Albert Camus, voir le nota bene au bas de cet avis), Dostoïevski s'attelle à un immense canevas politico-sociétal qu'il est difficile de définir en deux mots et dont les limites me semblent, elles-mêmes, assez floues.
Afin de situer quelque peu l'oeuvre, je vous propose de commencer par cet extrait, issu de la bouche de Stepan agonisant (Troisième partie, Chapitre VII, à la fin du sous-chapitre 2), qui me semble révélateur avant de commenter (N.B. : Dostoïevski vient de citer le passage correspondant dans les évangiles, pour ceux que cela intéresse, il s'agit de l'épisode du démoniaque gérasénien qu'on trouve dans les évangiles de Marc, Matthieu ou Luc) :
« Ces démons qui sortent d'un malade et entrent dans des porcs, ce sont toutes les plaies, tous les miasmes, toute l'impureté, tous ces grands et petits démons, qui se sont accumulés, pendant des siècles et des siècles, dans notre grande et chère malade, dans notre Russie. Oui, cette Russie que j'aimais toujours. Mais une grande idée et une grande volonté l'éclaireront d'en haut comme ce possédé du démon, et tous ces démons en sortiront, toute l'impureté, toute cette turpitude qui suppure à la surface... et ils demanderont eux-mêmes à entrer dans des porcs. D'ailleurs peut-être y sont-ils déjà entrés ; peut-être ! C'est nous, nous, et eux, et Petroucha... et les autres avec lui, et moi peut-être le premier, et nous nous précipiterons, déments et enragés, du haut du rocher dans la mer et nous nous noieront tous, et ce sera bien fait pour nous parce que nous ne sommes bons qu'à cela. Mais la malade guérira et "s'assoira aux pieds de Jésus"... »
On comprend bien je pense le message que cherche à nous délivrer l'auteur. En ces années 1870, la Russie connaît des troubles, l'ancien ordre établi vacille (notamment depuis l'abolition du servage en 1861), la religion vit une crise et les ferments de la révolte " à la française " commencent à voir le jour.
Des opportunistes de tous poils cherchent à souffler sur les étincelles à coups d'idéologies (socialiste, nihiliste, autres) pour mettre le feu à la Russie et se saisir du pouvoir quitte à s'adonner au bain de sang. L'aristocratie déchue et proche de la ruine (suite au partage des terres lors de l'abandon du servage) n'y est pas étrangère.
C'est donc ce faisceau de craintes et de menaces que l'auteur essaie de dépeindre dans cet étrange ouvrage, mi politique, mi social, mi romantique, mi mystique (les amateurs de Pagnol et qui savent mieux compter que moi noteront que comme César, moi aussi j'ai quatre tiers dans mon cocktail, voire même un peu plus mais je n'ai jamais réussi à dénombrer aussi loin).
Fiodor Dostoïevski bâtit un scénario à échafaudage complexe animé d'une myriade de personnages (les noms russes avec double prénom, à la longue, finissent par tous se ressembler, je vous conseille de mettre un repère à la page de présentation des personnages, ça vous sera utile jusqu'au bout) dont les principaux semblent être Nikolaï Vsévolodovitch Stavroguine et Petr Stépanovitch Verkhovenski.
Le premier symbolisant l'aristocratie décadente, le second, les classes supérieures arrivistes semant le trouble ; l'ensemble constituant " les démons " dont la Russie " possédée " devra se débarrasser pour recouvrer sa sérénité séculaire.
En somme, une lecture un peu alambiquée, mais pas désagréable, on ne sait pas trop où l'auteur nous emmène, mais il nous emmène. Un séjour en apnée dans la demie folie ambiante de presque tous ses personnages (comme presque toujours chez Dostoïevski), parmi les démons de la Russie tsariste. Tout ceci, bien sûr, n'est que mon diable d'avis, dont je vous invite à vous déposséder s'il ne vous convient pas car, à lui seul, il ne signifie pas grand-chose.
N. B. : Selon les éditions et les traductions, le titre est transcrit soit sous la forme " Les Possédés ", soit sous la forme " Les Démons ", mais il s'agit bien du même livre. Traditionnellement et parce que les premières traductions françaises l'ont transcrit ainsi le titre Les Possédés s'est popularisé tandis que les traductions plus récentes et plus soucieuses de la lettre ont tendance à privilégier Les Démons.
Cette différence d'ailleurs se résout à une histoire de contenant et de contenu, c'est selon. Certains mauvais esprits ont tendance à croire qu'il y aurait peut-être aussi une toute petite motivation financière à faire croire à du nouveau sous le soleil avec ces changements de titre, mais personnellement je serais fort surprise qu'un quelconque démon de l'appât du gain puisse animer un quelconque éditeur, allez savoir ?...
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Nuageuse
  26 mars 2020
Après avoir abandonné la Rabouilleuse de Balzac, je suis retournée à un de mes amours d'écrivain. Après de nombreuses lectures de son oeuvre, je viens de me rendre compte que Dostoïevski était croyant. Il l'est devenu à la fin de sa vie.
Je ne peux pas résumer Les Démons alias Les Possédés tellement ce roman est foisonnant de personnages et de situations. Il fait environ 1 000 pages. On pourrait croire qu'avec ce nombre il y aurait des longueurs, des passages à vide... et bien pas du tout ! Je ne me suis jamais ennuyée.
Je suis une fois de plus admirative par son talent pour décrire la psychologie des personnages. Nous vivons avec eux tous leurs états d'âme.
Dostoïevski écrit un pamphlet contre le socialisme : athée de nature car, selon lui, la raison et la science vont à l'encontre de la religion qui réussit à donner une signification au bien et au mal.
Les Démons est un grand roman de Dostoïevski où ses thèmes de prédilection sont présents ( la folie, les mariages qui ne plaisent pas à tout le monde, l'ambivalence de ses personnages que l'on retrouve ici pour tous!, son désir de renverser l'autorité).
Un roman imposant qui m'a secouée par tant de maîtrise.
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bobbysands
  19 décembre 2017
Oeuvre phare de la période sombre et prolifique de l'écrivain, les Démons est un livre pamphlétaire, un brulot antirévolutionnaire ou son auteur se désolidarise de la pensée néo-libérale qui s'abat sur la Russie de l'époque. Pour l'auteur, rien de bon dans ce libéralisme fachisant et dangereux, ce libéralisme totalitaire qui s'apparente plus à un rouleau compresseur, à une marche inéluctable et fatale à laquelle ceux qui n'adhèrent pas doivent mourir. Pas de compromis pour ces révolutionnaires en herbe qui gagneront leur crédibilité par le sang d'un des leurs. Pas de pitié pour cette bande d'étudiants bourgeois possédés tel le troupeau de moutons de l'épigraphe tiré astucieusement de l'Evangile selon Saint-Luc. C'est avec une plume des plus sanguinaires que Dostoïevski va tout bonnement massacrer ces jeunes loups…
Le livre, contrairement à ce que certaines critiques affirment, peut-être par devoir de trouver quelque choses à redire, est plutôt bien structuré et s'articule en deux grandes parties auxquelles vient s'ajouter un sombre et terrifiant Chapitre : la Confession de Stavroguine.
Comme souvent chez Dostoïevski, c'est à partir d'un fait divers dans un village, que l'on extrapole la vision du monde et que l'on développe une pensée quasi mystique et purement visionnaire. Visionnaire par la description d'un mécanisme historique contemporain à l'auteur mais que l'on retrouve en fait lors de chacune des révolutions. Comme une démonstration mathématique…
Dans un premier temps, on nous présente dans un genre pathétique une société Russe "bourgeois-bohème", ouvert aux idées libérales venues d'Europe. Une société frivole, qui se veut cultivée et bien-pensante mais qui ouvre en fait sa porte au Diable par la déstructuration progressive de la famille, la perte des valeurs, le goût pour le scandale, le mépris de Dieu, la paresse intellectuelle et l'orgueil moral… Tout ceci nous est représenté à travers une galerie de personnages bouffons et vaniteux, persuadés de posséder un talent critique, une intelligence artistique supérieure et de comprendre la société emmuré dans des salons et des réunions pseudo-intellectuelles. Ces personnages, sans honneur, sans dignité mais fort de la velléité de refaire le monde du haut de leur médiocre fonctionnariat sont parfaitement représentés par le triste et absurde Stépane Trophimovich.
Qui sème le vent récolte la tempête, les fautes des pères donneront les péchés des enfants. Et le Diable est déjà là, il s'est emparé de la seconde génération qui, moins pathétique que celles des parents, envisage avec beaucoup plus de sérieux la révolution libérale. Mais pas de beaux salons et d'écrivain pompeux, les actes seront au bout des idées.
Nous entrons dans la deuxième partie ou apparaissent deux démons : Nicolas Stavroguine et Piotr Stépanovitch (= fils de Stépane), les enfants des premiers protagonistes. (Attention, beaucoup de personnages comme dans tous les romans de l'auteur).
Le premier personnage, Stavroguine, une des facettes du mal est un des plus troublants personnages que j'ai pu rencontrer dans la littérature. Cultivant l'ambiguïté, sa personnalité oscille entre droiture d'apparence et réputation dépravée. Deux chapitres approfondissent cette ambigüité : La nuit, terrifiante quête nocturne qui étend le mystère sur le passé débauché de notre personnage et sur une rédemption possible de ses pêchés encore méconnus. Puis La confession de Stavroguine, ou l'on plonge avec stupeur dans les ténèbres de son âme et dans les mystères de ce passé. Ces deux chapitres, soit dit en passant résument l'étendue du talent de l'auteur connu pour ses descriptions abyssales des profondeurs de l'esprit humain.
le deuxième personnage : Piotr Stépanovitch, est possédé par un démon plus énergique et déterminé, détermination comparable à celle de Staline. Avant de lancer la révolution et de combattre l'ennemi, il faut tuer le traître potentiel, celui qui laisse apparaître les marques d'une nuance ou d'une faiblesse morale. Sans limite, ce dernier représente l'action, l'offensive, l'acharnement. A grand coup de « que le diable m'emporte !», il frappe et réalise son projet destructeur sans laisser place à la moindre compromission.
Piotr est un personnage historique, Nicolas, un personnage romanesque.
Je m'arrête sur ces deux protagonistes pour résumer une infime partie de cette oeuvre qui offre une galerie riche en caractères fantastiques (Kirilov, incarnation du nihilisme dostoïevskien par excellence !), une montée en puissance effrayante, un changement de style du pathétique vers l'horreur et le terrifiant pour terminer en tragédie absurde.
Et cette plume incomparable qui écrit sans s'arrêter, déversant sur le papier, dans un rythme effréné et sans aucune relecture, un tourbillon d'excitations et de passions destructrices. Incontournable, moderne et fascinant, à lire dans les soirée orageuses.
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oblo
  01 juin 2015
Les démons est, pour Dostoïevski, une oeuvre peut-être plus personnelle qu'il ne le perçut lui-même. Les démons, ce sont ces révolutionnaires en herbe mené par Piotr Stépanovitch et qui visent à mettre à bas la Russie traditionnelle, éternelle même. Les démons, c'est une galerie de personnages à la fois loufoques et inquiétants, pleins de contradictions, tout proches de la folie, pleinement orgueilleux, pédants et fragiles, amoureux et iniques. Mais cette galerie de personnages, c'est aussi et surtout la personnalité complexe de Dostoïevski qui, dans Les démons, s'insurge contre les bouleversements que connait la Russie dans la deuxième moitié du 19ème siècle - tout en ne faisant aucune allusion à ce contexte dans le roman, qui baigne dans une atmosphère "Russie éternelle" - qui sont autant dus à la déliquescence des élites qu'à l'influence néfaste des socialistes européens et, pour Dostoïevski, à l'influence plus que probable du démon. Et aux scènes terribles de meurtre lâche et de suicide philosophique succèdent les salons grotesques des révolutionnaires et les bals ratés des grandes dames.
Un roman puissant, brouillon même, comme symbole du tourbillon de l'âme russe.
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Tagrawla
  27 novembre 2019
J'ai fini Les Démons et me voilà bien embêtée.
C'est un livre qui entre pleinement dans la catégorie « tout le monde devrait le lire ». Évidemment, ça n'arrivera jamais. Mais en plus, parmi ceux qui le feront, les deux tiers abandonneront sans doute avant la quatre-centième page. J'ai des statistiques très fiables à ce sujet : les précédents propriétaires de cet ouvrage acheté d'occasion ont laissé des marques pages bien avant ça et ne sont donc visiblement pas allés au bout. Je ne leur jetterai pas la pierre : la première partie est la moins intéressante, juste ce qu'il faut pour camper un décor, et il faut persister pour pouvoir apprécier pleinement l'oeuvre. Et je suis sûre que ceux qui s'accrochent ne le regrettent pas.
Quoi qu'ancrée dans l'époque de Dostoïevski, Les Démons restent une oeuvre intemporelle. On nous décrit ici les déboires d'une société où les puissants méprisent les pauvres tout en s'égarant eux-mêmes dans les futilités les plus absconses. Et ce ne sont pas les quelques proto-socialistes tous issus de milieux nobles ou bourgeois qui relèvent le niveau. C'est bien simple, et le titre l'annonçait bien : aucun des personnages n'est autre chose qu'odieux. Les moins affreux ne sont que lâches et chouineurs, et les pires sont des criminels pervers.
Si le roman ne manque pas de crimes, de mépris et de décadence, on peut être plus surpris par des passages vraiment plein d'humour. Drôle n'est peut-être pas le premier mot qui vient en tête quand on évoque Dostoïevski, et pourtant il ne manquait absolument pas d'humour.
Ne mentons à personne : oui, c'est une lecture ardue, par sa longueur, mais aussi du fait du nombre de personnages conséquent. En outre, si on ne maîtrise pas les constructions patronymiques russes, l'affaire devient compliquée : il faut savoir que Nicolaï, Vsévolodovitch et Stravoguine sont la même personne, qu'on le nomme Nicolaï, Vsévolodovitch, Stravoguine, Nicolaï Vsévolodovitch, Nicolaï Stravoguine, Nicolaï Vsévolodovitch Stravogine ou le fils de la Générale qui n'est pas Générale mais veuve de Général et qui se nomme elle-même Varvara Petrovna, ce qui n'a rien à voir et donc n'aide pas. Et forcément, si on multiplie tout ça par le nombre de personnages, il y a de quoi s'égarer. Mais c'est un exercice mental auquel on s'habitue et la construction de la psychologie des personnages dont Dostoïevski est un très grand maître limite énormément les risques de confondre les uns avec les autres. En outre, que les réfractaires aux longues descriptions telles qu'en produisaient chez nous Balzac ou Zola soient rassurés : ça n'est absolument pas le genre de Dostoïevski. Lui s'attache aux personnages, à leur psychologie, à leurs pensées, à leur façon d'interagir les uns avec les autres, mais il se fiche bien du bouquet de fleurs posé sur la table ou de la forme exacte de la toiture de la maison. Pour le décor proprement dit, votre imagination suffira amplement.
Si vous n'avez jamais lu de roman de Dostoïevski, je déconseillerais de commencer par Les Démons : Crimes et Châtiments est infiniment plus abordable. Mais si vous avez déjà un peu d'expérience avec le grand auteur, ne vous laissez pas impressionner, faites preuve d'un peu de patience et je vous promets qu'à la fin, vous regretterez que ce soit déjà fini. Mais si vous n'y arrivez pas, ça n'est pas non plus un drame, au moins, vous aurez essayé.
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Citations et extraits (60) Voir plus Ajouter une citation
DanieljeanDanieljean   06 décembre 2015
Tous sont malheureux parce que tous ont peur d'affirmer leur volonté. Si l'homme a été jusqu'à présent si malheureux et pauvre, c'est justement parce qu'il avait peur d'affirmer le point capital de sa volonté et qu'il en usait furtivement, comme un écolier. Je suis terriblement malheureux car j'ai terriblement peur. La peur est la malédiction de l'homme... Mais j'affirmerai ma volonté, j'ai le devoir de croire que je ne crois pas. Je commencerai, et je finirai, et j'ouvrirai la porte. Et je sauverai. Cela seul sauvera tous les hommes et, dans la génération suivante, les transformera physiquement ; car dans l'état physique actuel, j'y ai longtemps réfléchi, l'homme ne peut en aucun cas se passer de l'ancien Dieu. J'ai cherché trois ans l'attribut de ma divinité et j'ai trouvé : l'attribut de ma divinité est ma volonté ! C'est tout ce par quoi je puis manifester sur le point capital mon insoumission et ma terrible liberté nouvelle. Car elle est terrible. Je me tue pour manifester mon insoumission et ma terrible liberté nouvelle.
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NuageuseNuageuse   26 mars 2020
Jamais encore, il n'y eut de peuple sans religion, c'est-à-dire sans notion du bien et du mal. Chaque peuple possède sa propre notion du bien et du mal, son propre bien et son propre mal. Quand plusieurs peuples mettent en commun leurs notions du bien et du mal, alors ces peuples tombent en décadence, alors la distinction même entre le bien et le mal s'efface et disparaît. Jamais la raison n'a été et ne sera capable de définir le bien et le mal ou même de séparer le mal du bien, ne fût-ce qu'approximativement. Au contraire, elle les a toujours honteusement et lamentablement confondus. Quant à la science, elle n'a fourni que des solutions fondées sur la force brutale ; et tout particulièrement la demi-science, le plus terrible des fléaux qui aient frappé l'humanité, pire encore que la peste, la famine, la guerre, et qui n'est apparue qu'en ce siècle. La demi-science est un despote, et l'on n'en a jamais vu de pareil jusqu'à nos jours.
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NuageuseNuageuse   25 mars 2020
Le trait distinctif de ces gens, c'est qu'ils sont incapables de dissimuler leurs désirs, mais sont possédés du besoin irrésistible de les exprimer, immédiatement dans toute leur laideur. Quand ils se trouvent dans une société qui n'est pas la leur, ils commencent d'ordinaire par se sentir gênés, mais aussitôt qu'on les y a laissés prendre pied, ils deviennent insolents. Le capitaine s'emballait déjà ; il marchait à grands pas en agitant les bras, n'écoutait plus les questions qu'on lui posait et parlait de lui-même avec une telle volubilité que la langue lui fourchait parfois ; alors, sans achever sa phrase il en commençait une autre. Il faut dire qu'il avait probablement déjà bu un coup ce matin.
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mancrismancris   15 février 2018
- Ecoutez, j'ai l'intention d'ouvrir ici un atelier de reliure, organisé selon les principes rationnels de l'association. Puisque vous vivez ici, qu'en pensez-vous ? Cela marchera-t-il ou non ?
- Eh ! Maria, chez nous on ne lit pas de livres et il n'y en a même pas. Et est-ce qu'il irait faire relier des livres ?
- Qui, il ?
- Le lecteur d'ici et l'habitant d'ici en général, Maria.
- Eh bien, vous n'avez qu'à parler plus clairement, au lieu de dire 《 il 》, et qui est cet 《 il 》, on n'en sait rien. Vous ignorez la grammaire.
- C'est conforme au génie de la langue, Maria, bredouilla Chatov.
- Ah, laissez-moi tranquille avec votre génie, vous m'ennuyez. Pourquoi l'habitant ou le lecteur d'ici ne ferait-il pas relier ses livres ?
- Parce que lire un livre et le faire relier sont deux stades tout à fait différents de l'évolution. D'abord il s'habitue petit à petit à lire, pendant des siècles bien entendu, mais il abîme le livre et le laisse traîner, ne le considérant pas comme une chose sérieuse. Or la reliure implique déjà le respect du livre, cela implique que non seulement il a appris à aimer la lecture mais qu'il l'a reconnue pour une chose sérieuse. La Russie n'en est pas encore toute à ce stade. L'Europe relie les livres depuis longtemps.
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TagrawlaTagrawla   27 novembre 2019
Si ça marche ? On ne peut mieux ! Je vais vous faire rire : le meilleur moyen d'action, c'est l'uniforme. J'invente tout exprès des titres et des fonctions : j'institue des secrétaires, des émissaires secrets, des trésoriers, des présidents, des régistrateurs et leurs adjoints. Tout cela plaît beaucoup et a très bien pris. Puis, bien entendu, il y a encore la sentimentalité. Le malheur, c'est qu'on tombe parfois sur des sous-lieutenants enragés qui se mettent à mordre. Ensuite, il y a les purs coquins; de braves gens, en somme, qui peuvent être fort utiles; cependant on perd beaucoup de temps avec eux, car il faut les surveiller de près. Enfin, la force principale, le ciment qui relie tout, c'est la crainte de l'opinion. C'est une force, cela ! Je me demande qui nous devons remercier pour avoir si habilement travaillé les esprits que personne n'a plus une seule idée à soi. Ils auraient honte de penser par eux-mêmes.
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Videos de Fiodor Dostoïevski (51) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fiodor Dostoïevski
Hommage à Dostoïevski par Luc Durtin avec Madame Roubéssinski et Pierre Descaves. Première diffusion le 20 avril 1956 sur Paris Inter. Un grand russe du siècle : Fiodor Dostoïevski, auquel était rendu un hommage, en 1956, à l’occasion du 75ème anniversaire de sa mort, au Théâtre des Arts à Paris. Gens de théâtre, une belle voix russe, des comédiens interprétant des extraits de pièces (adaptation des romans : “L’éternel mari”, “Crime et châtiment”, et “Les frères Karamazov”…), oui, l’émission sera très théâtrale.
Thèmes : Littérature| Littérature Russe| Roman| Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski
Source : France Culture
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